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Par litolff, le 19/08/2012
Dans la grande nuit des temps de
Antonio Muñoz Molina
A la guerre, personne ne comprend rien. Ceux qui semblent y comprendre quelque chose sont les plus hypocrites de tous, les plus fous ou les plus dangereux.
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Par patrick75, le 15/05/2012
Pleine lune de
Antonio Muñoz Molina
Dans quels labyrinthes vont s'égarer les sentiments des hommes et des femmes, en vertu de quelle loi se convertissent-ils alternativement en anges et en exécuteurs, en bourreaux et en victimes les uns des autres, régulièrement, sans apprentissage ni repos, sans que leur serve de rien l'expérience de la douleur ni que les décourage jamais complètement la répétition de l'échec.
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Par litolff, le 10/08/2012
Dans la grande nuit des temps de
Antonio Muñoz Molina
Les mots ne sont rien, le délire des désirs et des fantasmagories tournant en vain à l'intérieur de la dure concavité infranchissable du crâne : seuls comptent l'effleurement, le contact d'une main, la chaleur d'un corps, le battement mystérieux d'un pouls.
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Par VanessaV, le 11/03/2008
Séfarade de
Antonio Muñoz Molina
Il est certain que beaucoup d’entre nous aimeraient vivre dans le passé immuable de nos souvenirs, qui semble se répéter identique à lui-même dans le goût de certains aliments et dans certaines dates marquées de rouge sur les calendriers, mais sans nous en rendre compte nous avons laissé grandir en nous un éloignement que ne guérissent pas les voyages si rapides, et que ne soulagent ni les rares appels téléphoniques que nous passons ni les lettres que nous avons cessé d’écrire depuis des années.
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Par litolff, le 13/08/2012
Dans la grande nuit des temps de
Antonio Muñoz Molina
Ce qui dérange le plus les croyants d'une religion, ce ne sont pas les croyants d'une autre, et pas même les athées, mais quelque chose de pire, les sceptiques, les tièdes.
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Par patrick75, le 11/05/2012
Pleine lune de
Antonio Muñoz Molina
Elle perçut la banalité écrasante que même elle n'avait pas toujours été capable de remarquer avec autant de précision, les affreuses images de clowns ou de bouquets de fleurs, peintes bien des années auparavant par ses élèves de ce qu'on appelait aujourd'hui " expression plastique" et jamais décrochés, la photographie sous verre et décolorée du couple royal qui était déjà là quand elle était arrivée, les calendriers publicitaires d'une papeterie, les rayonnages garnis de vieux livres de textes et de liasses de compositions ou de dossiers, la machine à écrire qui n'avait pas encore été reléguée par l'apparition récente d'un ordinateur tout comme la photocopieuse n'avait pas réussi à supplanter totalement le papier carbone.
Des cendriers de plastique jaune avec les marques Ricard ou Cinzano, d'anciennes affiches de semaine sainte: chaque chose comme une offense personnelle , une preuve de traîtrise de l'écoulement de temps, comme les douleurs de dos, les lignes des rides aux coins des yeux, la graisse sous la peau des hanches et des cuisses, une dégradation et au fond une défaillance de la volonté, une reddition à la fatalité de l'ennui et du vieillissement.
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Par litolff, le 11/08/2012
Dans la grande nuit des temps de
Antonio Muñoz Molina
Le temps qui toujours se termine alors qu'au début, la ferveur de la rencontre l'avait fait paraître illimité.
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Par patrick75, le 11/05/2012
Pleine lune de
Antonio Muñoz Molina
L'école, déjà évacué par les enfants mais pourtant encore occupée d'une certaine façon par des vestiges d'agitation, de cris, de pas, de cavalcades dans les escaliers, par un reste d'odeurs enfantines et adolescentes répandues dans l'air. Un air qui, quand elle le respirait, lui semblait usé ou fatigué, aussi usé que le mobilier ou les livres ou les installations sanitaires, aussi fatigué que tous, les instituteurs, si épuisés à la fin de la journée en comparaison de l'incontrôlable énergie physique des élèves.
Tous les après-midi à cette heure là, quand elle se disposait à quitter l'école en longeant les couloirs plongés dans la pénombre, en descendant les escaliers déserts, elle remarquait en elle-même une fatigue montante qui était pas exactement physique pas non plus complètement mentale un mélange d'épuisement ancien et de découragement intime qui durait d'habitude jusqu'à qu'elle rentre chez elle.
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Par patrick75, le 09/05/2012
Pleine lune de
Antonio Muñoz Molina
Elle faisait ses devoirs comme chaque soir sur la table de la salle à manger dont elle avait soigneusement retiré la décoration de fleurs artificielles pour dégager l'espace qu'il fallait pour ses cahiers à double lignage, ses livres qu'elle avait elle même couverts de plastique adhésif, la trousse à fermeture éclair ou elle rangeait les crayons, le taille-crayon, la gomme, chaque chose à sa place et toutes singulièrement attrayantes pour elle, si douces à toucher, à regarder, à sentir.
Elle aimait beaucoup l'odeur des crayons et celle des cahiers, la volupté modeste de l'odeur de la gomme, du bois, de l'encre acide des crayons feutre, elle s'absorbait à écrire avec un crayon bien taillé, sans dépasser la double ligne bleue du cahier, ou à colorier un dessin qu'elle venait de finir, tout entière occupée, avec une délicate gravité d'enfant.
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Par patrick75, le 15/05/2012
Pleine lune de
Antonio Muñoz Molina
Je lui ai mis une chanson de Kurt Weil que chante Lotte Lenya :
Pauvre coeur imbécile,
qui fuit celui qui t'adore,
qui pleure celui qui t'ignore.
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