Note moyenne : /5 (sur 3 notes)
Nationalité : France
Né(e) à : Bourges , 1975
Le Cid de Corneille. C’est là que je me suis rendu compte de ce qu’était la littérature. J’étais en classe de 3ème et ça a été une révélation. Après je suis allé assez vite au XIXème : Mérimée, Stendhal. Chateaubriand, les poètes romantiques…
Aucun. Je connais mes limites mais je pense qu’un très bon livre donne toujours envie d`écrire. C’est la même chose pour le théâtre. Quand je vois une très bonne pièce, ça me donne envie d`écrire pour le théâtre plus que de me dire que je n’arriverai jamais à ce niveau-là. C’est plus motivant que désespérant.
Je relis certains passages parce que j’en ai besoin mais sinon je ne crois pas avoir jamais relu un livre cinq ou six fois.
Je n’ai lu aucun roman de Victor Hugo. Je n’ai pas honte mais c’est un manque, surtout quand on s’est spécialisé dans le 19ème ! Ce n’est pas l’auteur romantique avec lequel j’ai le plus d`affinités et on est obligé de faire des choix…
Sinon j’ai essayé de lire les romans de Dumas mais je n’accroche pas du tout. Je préfère de loin sa correspondance et ses récits de voyage.
J’aime beaucoup les mémoires et voyages du Marquis de Custine. C’est un personnage qui marque l’époque romantique et je trouve que son regard sur cette époque est intéressant.
Rimbaud et Louis Ferdinand Céline.Ce dernier a beaucoup apporté à la littérature, je ne le nie pas, mais je trouve qu’on en fait un peu trop, qu’on pourrait aussi laisser la place à d`autres. Il revient toujours dans l’actualité pour le moindre prétexte. On ressort toujours un dossier, des archives…
Dans Bérénice de Racine : « Si Titus est jaloux, Titus est amoureux. »
Je viens de terminer « Une histoire des bestsellers » de Frédéric Rouvillois. Je voulais en faire un billet mais je suis un peu déçue par le livre. Il brasse un peu trop large à mon goût et cela manque de réflexion.
Oui, j’avais à cœur de laisser les personnages plutôt que d`interpréter.
Tout le monde n’a va pas aller consulter leur importante correspondance ni consulter les mémoires de Marie d` Agoult et j’avais la volonté d`apporter aux lecteurs les meilleurs morceaux ou en tout cas ceux qui peuvent permettre de comprendre cette liaison sans forcément lire toutes les lettres. D’autant qu’il n’est pas toujours facile d`entrer dans cette correspondance : il y a des redites, des lettres qui sont plus ou moins intéressantes et des anecdotes qu’il faut parfois connaître pour savoir à quoi ils font référence. Ils ont un langage à eux.
D’une manière plus générale, j’ai toujours à cœur de laisser parler les personnages. Pas pour que cela me fasse des choses à écrire en moins mais pour être le plus honnête possible vis-à-vis d`eux !
Je suis d`abord partie des lettres. En les lisant je n’avais d`ailleurs à l’origine pas du tout l’idée d`en faire un livre. J’ai pris des notes et après avoir fini ma biographie de Musset, comme j’avais envie de me remettre sur quelque chose, j’ai repris Marie D’Agoult et me suis décidée à en faire un livre.
Ce couple est assez représentatif du romantisme mais j’ai voulu étendre cela à une relation de couples, même moins géniaux qu’eux, lui le grand compositeur, elle la femme de lettre. Je pense que dans leurs réactions ils sont très révélateurs de la nature masculine et féminine des relations amoureuses.
J’avais à cœur que des hommes et des femmes se reconnaissent dans leur façon d`aimer, pas en les érigeant en modèle mais en reflet.
Liszt devient abbé à la fin de sa vie. Chose qu’il ambitionnait de faire étant enfant. La religion tient une grande place chez lui qui croit profondément en Dieu. Marie d`Agoult est, elle toujours entre catholicisme et protestantisme. Anxieuse, elle est toujours en plein doute. Quand elle rencontre Liszt, celui-ci remplace Dieu. Elle veut faire de sa passion amoureuse une sorte de perfection divine. Que l’amour soit quelque chose de l’ordre du divin. Dieu s’invite dans leur vie amoureuse. Ils rendent tous les deux divin quelque chose qui devrait être de l’ordre de l’humain.
Ce sont tous les deux des mystiques, cela se ressent dans leurs échanges mais c’est quelque chose qui est très ancré dans l’époque. Il y a cette idée d`être au-dessus des mortels. On retrouve cela entre Hugo et juliette Drouet.
Non, on est à une période où l’enfant prend tout de même beaucoup plus d`importance dans le monde familiale. Le noyau familial ressemble beaucoup plus à celui d`aujourd’hui. Musset a grandi avec ses parents, Mérimée également. Même Marie d`Agoult passe très peu de temps au couvent.
Mais c’est vrai, Marie n’aime pas tellement s’occuper des bébés : elle préfère un enfant qui a déjà un peu de raison. Liszt, lui, n’y voit qu’une charge et des soucis supplémentaires. Marie se fait mal voir de George Sand parce qu’elle ne s’occupe pas de ses enfants. Chose qu’on reprochera moins à Liszt. On reproche moins à un homme de se désintéresser de ses enfants. Cela est vrai encore aujourd’hui.
Dominique Desanti a dit qu’elle n’avait jamais voulu avoir d`enfants, qu’elle n’avait pas d`instinct maternel mais jamais elle ne dit dans ses mémoires qu’elle n’a jamais voulu en avoir et quand on voit le chagrin qu’elle a eu en perdant sa première fille on peut penser cette affirmation n’est pas tout à fait exacte.
Ils se disputent et se séparent certainement à cause de leurs enfants. Mais on peut se demander si ce n’est pas un prétexte pour se séparer. Ils se reprochent tous les deux de ne pas parler de leurs enfants.
J’avais une image bienveillante quoique confuse. J’avais entendu parler d`elle à travers Liszt ou d`autres personnages romantiques en me disant : « est-ce qu’elle est vraiment cette personne froide un peu désagréable ?» Assez vite en lisant ses lettres cependant je me suis dit qu’elle avait quelque chose de touchant.
Sinon, ce qu’on peut trouver sur elle est assez décevant. Les biographes de Liszt, quand ils parlent d`elle, sont assez sévères. Ils ne s’intéressent généralement qu’à la carrière de Liszt et accordent peu d`importance à sa vie personnelle avec elle. le prestige de Liszt en tant qu’artiste éclipse le reste. Or, quand il est avec elle, il donne beaucoup de concerts en tant que virtuose mais ne compose pas beaucoup. Ses biographes rejettent la faute sur Marie d`Agoult.
J’ai pour ma part essayé d`être la plus objective possible mais chaque lecteur verra ce qu’il veut. On pourra me dire que je prends parti pour elle ou pour Liszt mais j’ai essayé d`être objective.
Liszt l’a toujours incité à écrire… On la compare aussi souvent à George Sand alors elle doit avoir des complexes d`infériorité.
On peut supposer qu’elle aurait donné plus de texte mais ce n’est que de la supposition. Peut-être avait-elle besoin de cette maturité pour écrire son roman. Si elle n’avait pas vécu cette vie peut-être n’aurait-elle jamais rien publié. C’est une femme qui a toujours écrit mais pour elle-même.
Leur amitié est en effet très confuse. Ce qui était une passion amicale finit brutalement suite à des malveillances de part et d`autres. Je pense qu’il y a de grandes jalousies entre elles et que Marie soupçonne George Sand de convoiter Liszt. Après elles se brouillent puis se réconcilient pour ne pas se nuire…
Oui, elle participe à ce mouvement d`émancipation des femmes, certes moins que George Sand, mais elle y contribue à travers des essais et des réflexions morales. Je pense qu’elle a essayé de faire évoluer les choses avec ses articles signés sous le nom de Daniel Stern. On sait tout de suite que Daniel Sterne est une femme et que c’est elle. Une rue à Paris porte d`ailleurs le nom de ce pseudonyme (ndlr : dans le 15ème arrondissement.)
George Sand et Marie d` Agoult se trouvent tout de même toutes les deux à une époque où l’on parle déjà de féminisme. Certaines femmes font avancer les choses. C’est aussi le cas d`Hortense Allart même si elle est moins connue puis de Louise Michel et de nombreuses autres.
Oui. Même si j’ai utilisé des sources réelles pour le roman ( lettres, témoignages, ...) il y a des trous dans sa biographie et j’avais tout le loisir de les remplir. Pour un roman on s’accorde une liberté beaucoup plus grande.
Ce sont deux travaux différents mais c’est peut-être plus exaltant d`écrire un roman du fait de cette liberté. Même si je me suis imposé de la respecter en tant que femme qui a existé.
J’ai l’impression qu’en Allemagne l’époque romantique est beaucoup mieux vue qu’en France. En France quand on dit « Lamartine » on a l’impression non pas de dire un gros mot mais de parler d`un poète oublié, vieillot ou sentimental alors que ce n’est pas vrai. C’est quelqu’un qui a écrit de très beaux poèmes, qui avait un rôle politique et qui avait des idéaux… Il y a un tas de lieux communs sur les poètes romantiques que l’on ne retrouve pas forcément ailleurs.
En France le romantisme est associé au sentimentalisme. Baudelaire et Rimbaud ont fait beaucoup de mal au romantisme en se moquant de ces poètes dont ils sont pourtant les fils ou petits-fils. Quand Rimbaud se moque de Musset cela révèle une connaissance plus que partielle de la poésie de Musset et en même temps on ne retient que ça. Depuis Rimbaud, le romantisme n’a cessé d`être moqué et d`être résumé à deux ou trois mots hâtifs qui ne sont pas exacts.
Pour moi, le romantisme met en valeur les richesses de l’âme humaine dans une très belle langue.
Je trouvais dommage que les auteurs invités pour les rencontres dans les librairies ou les cafés soient toujours des romanciers ou des essayistes mais qu’on ne mette jamais en valeur le travail des enseignants ou des spécialistes sur le patrimoine littéraire français ou étranger et donc avec Lauren on a eu l’idée de faire des soirées pour lesquelles on inviterait des auteurs qui n’ont pas forcément sorti un livre dans les trois mois et dans lesquelles on mettrait en valeur des périodes, des styles ou des auteurs qui ne sont pas forcément contemporains, qui ne sont pas forcément dans l’actualité.
La prochaine aura lieu le 2 novembre à l’Entrepôt sur le thème de l’enseignement des classiques à l’école. Venez nombreux !
Debussy de
Ariane Charton
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Ariane Charton
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Ariane Charton
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Ariane Charton
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Ariane Charton
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