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Par LSH, le 29/11/2008
Les Enfants de Salonique : La Femme secrète de
Bernard Lenteric
(...) Du coup, après les va-t-en-guerre et les romantiques, c'était au tour des esprits réfléchis et circonspects d'applaudir le même homme. La voix mâle et les talents oratoires de Démosthène faisaient le reste. Il prenait son auditoire au ventre et le lâchait plus. Il ne débitait ni plus ni moins de sornettes et de grands mots creux que la plupart des hommes politiques de toutes les époques, mais il le faisait à la perfection. Il y avait longtemps qu'il ne croyait plus une seule syllabe de ses discours, mais il les assenait avec la conviction d'un acteur de haute volée. Même Bousphoron, même Basile subissaient alors son charme. Démosthène était sympathique. Démosthène était chaleureux. Démosthène était humain. Il incarnait pour chacun le frère, l'ami, le compagnon d'armes, et pour les plus âgés le fils ou le gendre idéal... Tout cela n'était qu'un faux-semblant, il avait livré son ami Hélianthos aux Turcs, il avait trahi sa patrie, il avait bafoué sa femme, il avait assassiné un malheureux infirmier à Brindisi, mais nul n'en savait rien, et l'imprudent qui se serait levé pour dire la vérité se serait fait écharper par la foule. Il n'y avait pas de meilleur candidat que Démosthène. Si rien ne venait entraver son ascension, il serait élu triomphalement à la boulê et il entrerait bientôt au gouvernement.
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Par Endea54, le 18/02/2010
La Nuit des enfants rois de
Bernard Lenteric
Imaginez une armoire, un placard, une commode, enfin n'importe quel meuble où l'on range soigneusement des vêtements, du linge de table, des draps. C'est rassurant, banal, familier, ordonné. C'est l'été. On sent l'odeur du thym glissé entre les draps. Il y a dans l'air une tiédeur agréable, parfumée. Et pourtant au coeur de ces draps empilés, un bien dans un tiroir, se trouve un serpent lové, venimeux, mortellement dangereux.
Il a environ cinq ans et son intelligence anormale est comme ce serpent lové qui attend.
Qui attend.
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Par verobleue, le 31/10/2010
La Nuit des enfants rois de
Bernard Lenteric
Il appelait ça la "fièvre sombre de l'adolescence". D'après lui, elle se caractérise par une colère ou le dégoût. Avec deux solutions possibles : ou bien on se tue ou bien on rêve de détruire le monde entier, parce qu'il est complètement pourri et qu'il n'y a vraiment plus rien à en espérer.
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Par verobleue, le 31/10/2010
La Nuit des enfants rois de
Bernard Lenteric
Jimbo, je crois profondément, sincèrement, définitivement, à la cruauté naturelle de l'être humain. Je crois que la sympathie, l'amitié, l'affection, l'amour ne sont que des réactions de défense, qui nous font désespérément rechercher un soutien, une protection contre nous-mêmes et contre les autres.Et je crois que les enfants, parce qu'ils sont plus près de l'état de la nature, sont donc incomparablement plus aptes à la cruauté. D'où le nécessaire dressage que la société, qu'elle soit hottentote ou presbytérienne leur fait subir.
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Par Endea54, le 18/02/2010
La Nuit des enfants rois de
Bernard Lenteric
Malgré ses deux mètres et quatre centimètres, malgré ses vingt-quatre ans, son intelligence fulgurante, il y eut soudain dans ses yeux bleus l'expression d'un très jeune enfant considérant le monde pour la première fois, avec un mélange d'angoisse et de surprise, d'interrogation, de pure et vierge innocence. Durant quelques secondes, il fut un enfant , par son seul regard.
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Par LSH, le 19/03/2010
La Guerre des cerveaux de
Bernard Lenteric
Parvenu à ce stade, Arnold Wellman jugea qu'il avait établi les principaux éléments de son équation. Il prit une chaise et s'installa en face du tableau, décidé à se laisser aller à cette faculté propre aux enfants et aux grands créateurs : la perception syncrétique. Son bout de craie entre les doigts, les yeux à demi fermés, il s'appliqua à effacer de son esprit toute trace de raisonnement logique jusqu'à parvenir à ce état de demi-conscience où la vision analytique s'estompe au profit d'une imprécise rêverie. Les minutes passèrent, tandis qu'au-dehors la tempête redoublait encore de violence. Arnold Wellman oublia son tableau noir, il se laissa emporter par la fureur tourbillonnante de la tempête, il survola le parc et ses arbres agités par le vent, il survola l'océan et son écume, perçut le choc cinglant des lames contre les récifs de Gay Head, il s'endormit peut-être, rêva probablement, mais resta droit sur sa chaise, sans bouger.
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La Nuit des enfants rois de
Bernard Lenteric
Pas un instant il ne soupçonna ce qui se cachait derrière le miroir sans tain des grands yeux noirs apeurés de Gil Geronimo Yepes : un cerveau capable de deviner, d’enregistrer et de mettre aussitôt en mémoire des centaines de programmes et des milliers d’instructions. Et, mieux que cela, ayant percé les codes d’accès, capable de concevoir et d’exécuter le branchement qui allait permettre d’établir, à distance, le contact avec la mémoire centrale de l’ordinateur.
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Par Suny, le 21/06/2011
La Nuit des enfants rois de
Bernard Lenteric
Deux Martini-gin et le déclic se produit. Immanquable. Je me demande comment font les chiens ou les zèbres, qui ne boivent pas de Martini-gin. Il y a peut-être quelque chose dans les os à moelle?
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Par Sly, le 23/04/2011
L'Empereur des rats, tome 1 de
Bernard Lenteric
-Tu m'as chassé du paradis. tandis que je baignais dans un sommeil liquide, tu m'as expulsé de ton ventre. ma tête a cogné des os, mon corps s'est tordu pour franchir l'étroit passage. Et j'ai senti tomber sur ma peau nue, dans ma poitrine encore froissée, un froid mortel. A la rumeur qui berçait mes tympans ont succédé des bruits assourdissants, un fracas métallique, des grondements, des cris suraigus.
-Ma bouche est venue te réchauffer. Mon odeur t'a rempli de quiétude. Jamais je ne t'aurais laissé seul.
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La Nuit des enfants rois de
Bernard Lenteric
Je croyais que nous allions au Pentagone, remarqua Jimbo. Pentagone, du grec penta qui veut dire baïonnette, et du latin gono, qui signifie littéralement « s’asseoir dessus ».