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Par kolibri, le 28/07/2010
E = MC2, mon amour de
Patrick Cauvin
- "Dis moi quelque choses, que je l'emporte".
Panique. Je cherche, ça tourne, il faut trouver quelque chose dont elle se souvienne, quelque chose qui résume tout ce que nous avons été, quelque chose qui soit bien à nous, à nous deux seuls, où il y ait nos cerveaux trop gros et nos coeurs si larges, quelque chose qu'aurait dit... je ne sais pas moi, un type qui serait à la fois Einstein et Racine; Einstein et Racine !...
Alors, d'un seule coup je me penche au dessus de la rambarde, les mains en porte-voix, et hurle : e=mc², mon amour.
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Par nanet, le 28/09/2010
E = MC2, mon amour de
Patrick Cauvin
Ca s'ouvre et... Bingo, pour le coup, il n'y a plus de banlieue. Il n'y a plus de Paris non plus, plu sde France, ni d'univers, juste une fille plantée, unique sur la planète, devant moi et pour moi seul ; Oui, voilà ce que c'est, Lauren, en cette seconde, et je la verrai maintenant comme ça, avec son sacré sourire.
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Par Carosand, le 12/04/2012
Laura Brams de
Patrick Cauvin
Quel mot valait Laura ? Combien de milliards et de milliards de phrases fallait-il entasser pour qu'elles finissent, au terme d'une obscure alchimie, par former cette femme présente, là, entre ses bras, cet équilibre parfait d'âme et de chair, riche de tant de rires, de tendresse, de vie... Peut-être était-ce vrai après tout que l'écriture était proche de la mort... Les paragraphes s'entassaient là-haut, chez lui, sur les feuilles blanches, il changeait la cartouche de son stylo et il ne rendait pas compte qu'il tenait entre ses doigts une arme mortelle, chargée, dont il était la lente victime, combien d'années passées sans Laura ? Combien de nuits semblables auraient-elles pu avoir lieu ? Tant d'années à écrire pour venir à cet instant aveuglant où il savait que rien de compterait jamais davantage que de tenir cette femme entre ses bras, que rien n'avait été et ne serait plus important.
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Par nanet, le 01/10/2010
E = MC2, mon amour de
Patrick Cauvin
Enfin, il parle.
"ça va durer longtemps, cette pluie ?
- Treize minutes quarante-trois ", dis-je.
J'aurais pu ajouter les dixièmes, mais faut pas pousser.
Tout le monde me regarde. Nénette aussi. [...] Et Nénette éclate.
Je ne sais pas si elle sait faire grand-chose dans la vie, mais elle sait rire.
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Par Carosand, le 14/04/2012
Laura Brams de
Patrick Cauvin
Elle en était sûre maintenant : une vie n'était qu'un vie, une étincelle entre deux moments, un passage fugace et réel qui jamais ne se retrouverait, telle était la loi et telle sa grandeur. Laura Brams une fois et une seule.
Les hommes fuyaient lançant à la désespérée des ponts d'hypothèses pour aborder les rivages d'éternité... J'amais ils n'admettraient de ne pas être éternellement présents... Le vieux rêve lâche et imbécile : malheureux, humiliés, souffrants et torturés mais éternels surtout, surtout ne pas mourir, ne jamais n'être rien...
Je vivrai cette vie parce qu'elle finira et tout son suc, toute sa joie contenue, je l'extrairai de toutes mes forces, car je sais qu'elle n'a de sens que parce qu'un jour elle ne sera plus.
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Par latrace, le 01/08/2010
Torrentera, l'homme qui mourut deux fois de
Patrick Cauvin
Les mots tracés le matin sont-ils plus heureux que ceux écrits le soir? Peut-être contiennent-ils en filigrane l’espérance du jour qui s’annonce alors que les autres naissent de la plume porteuse de toute la fatigue du passé. Il y a de la mort en eux. Les écrivains du crépuscule ont sur leurs épaules le poids parfois trop lourd des heures vécues, ceux de l’aube sont riches de ce qui s’étend devant eux, cela confère à leurs écrits une couleur d’espérance.
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Par nanougo44, le 10/11/2011
Menteur de
Patrick Cauvin
Je m’emmerde.
Enfin j’essaie.
Ce serait idéal. Cela ferait taire la voix aigrelette et terrifiante, le crissement insidieusement méchant : “Alors, monsieur Berthier, on vient chercher ses résultats? Qu'est-ce qu'on s'imagine, monsieur Berthier, qu'ils vont être bons? Ah, l'incorrigible monsieur Berthier, avec son optimisme... Il a attendu trop longtemps, monsieur Berthier, il a voulu faire le négligent, le faraud. Pourtant, il a été prévenu: des douleurs diffuses puis plus précises. Et vous croyez que ça l'a fait bouger? Pas du tout, une aspirine et on n'y pense plus, enfin on tente de ne plus y penser... On se fie à sa bonne étoile, on aborde les raisonnements vasouillards et consolants: ça ne peut pas être grave... je ne maigris pas, donc ça ne peut pas être ça. Ça peut être tout bien sûr, mais pas ça.”
Et puis je me suis décidé, je suis arrivé chez ce con. Un homme qui est susceptible de vous annoncer une mauvaise nouvelle est toujours un con. Il m'a palpé... j'ai guetté la grimace, l'expression de sa tronche de faux jeton, pas un pli n'a bougé, pas un rictus, ni inquiétude ni satisfaction. Ce type devrait jouer les blocs de marbre dans les péplums, les Indiens dans les téléfilms. j'ai avalé ma salive, enfin ce que j'ai trouvé au fond de mes amygdales et qui devait être de la salive, et j'ai flûté :
- Alors ?
Il n'a pas bougé un cil.
- On ne peut rien dire. Il faut faire des examens.
Et voilà, c'était parti... des examens. C'est encore plus dur pour un prof Ça vous renvoie aux temps anciens... j'en ai toujours eu horreur, d'ailleurs. Je les ai tous faits, du certif à l'agrégation, en passant par le BEPC, le bac, les licences; je ne parle pas des concours par pelletées, des écrits par tombereaux, des oraux par charrettes, des maîtrises par paquets de douze, des thèses en vrac, et ce crétin qui vient me parler d'examens...
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Par vek, le 24/08/2008
E = MC2, mon amour de
Patrick Cauvin
Il n'est pourtant pas bien compliqué de se rendre compte qu'une ontologie fondamentale dont on veut renouveler la signification ne peut passer que par une phénoménologie de l'existence explicitant la structure globale de l'être-là.
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Par Rabanet, le 11/04/2010
Déclic de
Patrick Cauvin
Sans perdre Ariana de vue, jeme suis collé derrière le marbre qui m'a paru anormalement froid, ou bien était-ce moi qui, soudain, me trouvais empli d'un sang glacé. Je me sentais bizarrement calme. Mon coeur battait fort mais lentement, et ce gong mesuré qui retentissait dans mes oreilles avait quelque chose de rassurant que je n'expliquait pas. Plus peut-être que le fait de la trouver dans un endroit où elle n'était pas censée être, ce qui me stupéfiait était un détail annexe qui prenait une importance disproportionnée : elle ne portait pas les mêmes vêtements que lorsqu'elle avait quitté l'appartement.
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Une seconde chance de
Patrick Cauvin
- Votre ami a dû vous dire qui j'étais...
- Un savant, a dit Laurence.
Autre sourire triste de Lacombe.
- N'exagérons rien. Je suis un chercheur, ce qui veut dire que je ne trouve pas souvent.