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Par Grapheus, le 23/12/2010
Le Château de Cène Suivi de L'Outrage aux mots (10-18) de
Bernard Noël
Des cris. Ils recommencent encore. Je les entends, et pourtant je n'entends rien. Je voudrais savoir ce qu'ils disent. Je l'ai su. Je cherche ce qui les censure en moi, maintenant. Des cris, comme d'une femme rendue folle. En les écoutant je me disais : il ne doit rien se passer ici. li ne se passait rien que ces cris. La nuit. J'avais peur, et j'avais peur d'avoir peur. Sale bicot, m'avaient dit les gardiens. Il est facile de résister à la provocation, plus facile qu'à l'attente. J'écoutais. J'écoute, mais à chaque fois que cela revient, il n'y a plus que le creux du cri. Comment dire? Cela crie, mais ne dit plus rien. Quelque chose a effacé les mots, le sens qui peut-être me rassurerait. Au moment même, j'avais peur de ce qui allait suivre ; à présent, j'ai peur de faire de la littérature.
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Par brigetoun, le 29/01/2011
Le château de Cène de
Bernard Noël
L'ordre moral est moins obtus qu'on serait tenté de le croire. L'ordre moral, c'est l'ordre de l'esprit. Il peut fort bien se servir de ce qui, apparemment, le conteste, : l'érotisme, par exemple.
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Par brigetoun, le 23/01/2010
à bas l'utile de
Bernard Noël
Dans l’univers de la communication, tous les mots sont piégés à commencer par le mot « communication» lui-même qui, il n’y a pas si longtemps, désignait la meilleure part de la relation entre les humains : il s‘auréolait ainsi d’un caractère sacré alors qu’il nomme désormais un espace d’échange où comptent seulement la propagande et le commerce.
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Par brigetoun, le 29/01/2011
Le château de Cène de
Bernard Noël
la source, c'est la bouche qui nous gouverne et qui fait abus de sens comme de pouvoir - abus qui pourrit la langue et la communication - abus qu'il faut dénoncer, même ici - surtout ici - car il mine l'instrument de l'imaginaire puisque nous sommes solidaires de toute la langue à laquelle violence est faite
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Par meyeleb, le 31/10/2011
Castration mentale de
Bernard Noël
L'art ne peut se relever d'être devenu marchandise, cette perversion du sens est irrémédiable. Dieu n'a jamais été à vendre : il est mort sans avoir été abaissé. Le sens a besoin d'aller vers quelque chose d'intact : dès qu'il se négocie, il se dégrade.
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Par meyeleb, le 31/10/2011
Castration mentale de
Bernard Noël
Le corps social s'est dégradé en corps économique. La seule vitalité du corps économique est la consommation. (...) Incontestablement, on vit mieux, mais pourquoi vit-on? Ainsi reparaît le sens, mais dans son manque, dans son absence.
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Par meyeleb, le 31/10/2011
Castration mentale de
Bernard Noël
L'invention géniale du pouvoir économique est de nous combler avec le trou qu'il creuse en nous et d'installer là un spectacle, qui nous donne à consommer béatement notre propre mort.
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Par meyeleb, le 07/08/2011
Le livre de l'oubli de
Bernard Noël
Césaire d'Heisterbach s'en alla dans la forêt et il n'en revint pas : il avait oublié le temps en écoutant chanter un oiseau.
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Par brigetoun, le 23/01/2010
à bas l'utile de
Bernard Noël
Dans ce monde sans mémoire où la perspective a sombré dans le perpétuel présent, quelque chose de très ancien est en cours d’inversion. Cela portait autrefois le nom de « destin » et désignait l’influence faste ou néfaste de forces supérieures, indépendantes du pouvoir temporel comme du pouvoir religieux
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Par meyeleb, le 31/10/2011
Castration mentale de
Bernard Noël
Notre époque est en crise parce que les individus voudraient aller vers le sens, mais que leur appartenance au corps économique ne les porte que vers la consommation, qui est seulement mortalité.
Les artistes, les écrivains, sont les derniers à pratiquer une activité qui donne un sens à la vie...