-
Par Sesheta, le 14/12/2008
La Fontaine pétrifiante de
Christopher Priest
Autrefois je croyais que la force des mots était garante de vérité. Qu'à condition de trouver le mot juste, il ne dépendait que d'un acte de volonté approprié que je parvinsse à consigner sous une forme affirmative tout ce qui était vrai. J'ai appris depuis que les mots n'ont d'autre valeur que celle de l'esprit qui les choisit, de sorte qu'il entre dans l'essence de toute prose d'être une forme d'imposture.
-
Par Sesheta, le 14/12/2008
La Fontaine pétrifiante de
Christopher Priest
Désormais j'étais coupé de toutes ces choses. C'était de ma propre volonté, et pourtant, de façon aberrante, tout cela me manquait jusqu'à me donner l'impression d'un dénuement complet. [...] mais je découvris que mes besoins n'étaient pas tournés vers l'extérieur. Le vide était en moi.
-
Par Sesheta, le 14/12/2008
La Fontaine pétrifiante de
Christopher Priest
A mesure que les jours passaient mon humeur s'assombrit. Je devins moins soucieux de mon environnement. Je restais des jours sans changer de vêtements, je cessais de me laver et de me raser et je ne me nourrissais que des aliments les plus simples et les plus pratiques. Je me réveillais tard et j'étais presque toute la journée en proie à d'atroces migraines et à des raideurs dans tout le corps. Je me sentais malade et avais l'air malade, bien que j'eusse la certitude que rien n'allait de travers sur le plan physique.
-
Le monde inverti de
Christopher Priest
"J'avais atteint l'âge de mille kilomètres"
-
Le monde inverti de
Christopher Priest
Le soir suivant ,l'échelle du paysage avait repris des proportions plus normales à ses yeux .Les arbres ressemblaient à des arbres et non à des buissons rampants.Les cailloux étaient ronds et l'herbe poussait en touffes ,non plus comme une moisissure verte.
-
Par MonsieurO, le 12/11/2010
Le prestige de
Christopher Priest
Chaque tour de magie comporte trois parties ou acte :
La première s'appelle la promesse : le magicien vous présente quelque chose d'ordinaire, un jeu de carte, un oiseau ou un homme. Il vous le présente, peut-être même vous invite t'il à l'examiner afin que vous constatiez qu'il est en effet réel, oui, intact, normal. Mais il est bien entendu loin de l'être…
Le deuxième acte s'apelle le tour : le magicien utilise cette chose ordinaire pour lui faire accomplir quelque chose d'extraordinaire. Alors vous chezchez le secret, mais vous ne le trouvez pas parce que, bien entendu, vous ne regardez pas attentivement, vous n'avez pas vraiment envie de savoir, vous avez envie d'être dupé. Mais vous ne pouvez vous résoudre à applaudir parce que faire disparaître qqchose est insuffisant, encore faut-il le faire revenir.
C'est pourquoi pour chaque tour de magie il existe un troisième acte, le plus difficile, celui que l'on nomme, le prestige...
Le Prestige (Christopher Priest)
> lire la suite
-
Par TwiTwi, le 11/03/2011
La séparation de
Christopher Priest
Au fil des jours passés à la Boca do Inferno, j'en étais arrivé à me voir comme un parti neutre dans la guerre : un intermédiaire, un membre de la Croix-Rouge, qui composait ou traduisait des documents importants, susceptibles de modifier l'histoire - littéralement. Pourtant, quelques heures après avoir regagné l'Angleterre, je me sentis redevenir partisan : anglais, britannique, pas neutre du tout. L'expérience s'avéra instructive. Avant le voyage, j'avais pensé que le pacifisme m'excluait de la partialité, mais en temps de guerre, il est impossible de ne pas s'identifier à son peuple. Voilà qui me donna à réfléchir.
> lire la suite
-
Le monde inverti de
Christopher Priest
Un simple rocher pouvait prendre l'apparence d'une bande gris foncé, d'un millimètre de large sur deux cents mètres de long. La crête basse, couronnées de neige, devant lui, pouvait être en réalité une chaîne de montagnes; cette longue bande verte, un arbre. Cette étroite bande blanchâtre une femme nue.
-
Par gill, le 22/04/2012
La Machine à explorer l'Espace de
Christopher Priest
Au mois d'avril 1893, mes affaires m'amenèrent à demeurer quelques temps à l'hôtel de Devonshire Arms à Skipton, dans le Yorkshire.
J'avais alors vingt-trois ans et je débutais assez modestement dans la carrière de représentant de commerce, pour la société Josiah Westerman and sons, fournisseurs de maroquinerie et de nouveautés. Il ne sera guère question de mon emploi dans ce récit car, même alors, ce n'était pas ma principale préoccupation, mais il contribua, d'une façon bien peu glorieuse, à précipiter le cours des événements qui sont le sujet de cette histoire.
Le Devonshire était un hôtel de voyageurs en brique grise, aux corridors mal éclairés et pleins de courants d'air, aux sombres boiseries et aux peintures écaillées...
(extrait du premier chapitre "Une voyageuse de commerce")
> lire la suite
-
Par TwiTwi, le 10/03/2011
La séparation de
Christopher Priest
Certains aspects de la vie londonnienne n'avaient cependant pas changé : les autobus rouges à impériale étaient toujours là, de même que les taxis. S'ils n'avaient pas constitué l'essentiel de la circulation, on aurait pu croire par moments Londres immuable, malgré la guerre. Simple illusion bien sûr : à peine s'était-on persuadé de contempler une zone épargnée qu'en tournant à un coin de rue, on tombait sur une ruine noircie, un alignement rompu, une façade en bois construite à la va-vite pour dissimuler un spectacle de désolation. L'ampleur des dégâts était saisissante : ils s'étendaient, kilomètre après kilomètre, affectant semblait-il le moindre quartier de la métropole.
> lire la suite