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Bruno Martin (Traducteur)
ISBN : 207042149X
Éditeur : Gallimard (28/02/2002)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 309 notes)
Résumé :
J'avais atteint l'âge de mille kilomètres. De l'autre côté de la parte, les membres de la guilde des Topographes du Futur s'assemblaient pour la cérémonie qui ferait de moi un apprenti. Au-delà de l'impatience et de l'appréhension de l'instant, en quelques minutes allait se jouer ma vie.

Helward Mann est l'un des habitants de la cité Terre, une mégalopole progressant sur le sol inconnu d'une planète effrayante. Il ne sait rien de l'extérieur et doit m... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Pavlik
21 août 2016
★★★★★
★★★★★
Un très grand moment de SF !
Le roman démarre par un incipit marquant : "j'avais atteint l'âge de 1000 km"...Et l'on comprend d'emblée que des problèmes d'espace temps vont se poser. Mais attention, ne pas s'attendre à un récit de hard SF (où alors pas dans l'acceptation classique du terme)
Christopher Priest imagine une ville en perpétuel mouvement, qui se déplace sur des rails en direction de l'optimum. L'optimum est par nature inatteignable car, s'il est fixe, le sol, lui, ne cesse de bouger. Il est le point qui garantit à la ville et ses habitants de demeurer dans des conditions de vie terrestres. Quel est ce monde étrange, en forme d'hyperbole, qui manifeste de curieuse distorsions de l'espace-temps ? Vous ne le saurez que dans l'ultime partie du livre...La société de la Ville (ou Terre) est très rigide et très structurée. Au nom de la nécessité de survivre, le système des guildes maintient le plus possible les habitants dans l'ignorance de la réalité qui les entoure. Il existe 6 guildes majeures : les Bâtisseurs de Pont, les Voies (responsable du démontage et remontage des rails), la Traction (en charge des treuils qui font avancer la ville), les Topographes du Futur (en charge de cartographier la route à suivre pour ne pas trop s'éloigner de l'optimum), les Echanges (chargés des rapports avec les tooks, les autochtones) et la Milice (la sécurité). le conseil des Navigateurs est l'autorité suprême qui régit l'ensemble. On suit le parcours d'Helward Mann, depuis son intronisation chez les Futurs jusqu'à un âge avancé. C'est autant son évolution que celle de la ville qui sont le fil rouge de l'histoire....
"Le Monde Inverti" est un roman très aboutit, sur la forme comme sur le fond, et constitue, pour moi, un classique du genre. Non seulement l'évocation de la ville, dans ses rapports sociaux et politiques, est une totale réussite, et en fait un petit monde en soi, mais encore l'évolution d'Helward Mann, dans sa découverte de la réalité, ou à travers ses problèmes personnels, est tout à fait crédible et tangible. Par ailleurs, l'auteur prend bien soin de ménager le suspens jusqu'au bout et de nous balader sur des fausses pistes. Enfin, "le Monde Inverti" présente également de nombreuses résonances et réflexions avec les sciences humaines, et du point de vue de l'histoire du genre SF, il est tout à fait intéressant et révélateur de son époque de rédaction (les 70's) qui marque une évolution par rapport aux années 1950, davantage inspirées par les sciences dures. Chacun y trouvera midi à sa porte, mais il est difficile de passer à côté des questionnements sur la nature de l'instruction des générations futures, en rapport avec le maintient du système en place, également sur les contingences extérieures, qui semblent être les seules à même de faire bouger les structures sociales ou encore sur la nature même de la réalité : qu'elle est-elle ? Comment se construit-elle ? Et comment change-t-elle ? Comment la percevoir objectivement et est-ce seulement possible ? Vous l'aurez noté, de la philo à la physique quantique il n'y a qu"un pas et Christopher Priest réussit parfaitement à réaliser la quadrature du cercle !
Pour conclure, "le Monde Inverti" est pour moi un gros coup de coeur, un roman tout à fait saisissant et captivant à tout de point de vue. Comme le souligne Finitysend, il fait partie de ces oeuvres idéales pour découvrir le genre par la grande porte.
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Relax67
17 février 2017
★★★★★
★★★★★
« J'avais atteint l'âge de mille kilomètres »
Pendant des décennies, j'ai cru que cette phrase annonçait un bouquin qui emmenait le lecteur dans un monde trop difficile à conceptualiser, où le temps était remplacé par une dimension spatiale et où l'on se déplaçait physiquement dans la dimension temps. Je craignais que la réalité du roman ne soit trop difficile à appréhender.
Et puis Pavlik a écrit sa critique et là, j'ai complètement changé d'avis : il fallait que je le lise ! Nous l'avons sélectionné à la LC de l'Imaginaire de février et, résultat : un des plus beaux pieds d'imagination sur base scientifique que j'ai pris dans ma vie (égalité avec Tau Zéro de Poul Anderson) et une construction de monde parmi les plus originales (à égalité avec celui de L'Empire de Poussière de Nicolas Bouchard).
La décomposition du roman en parties très spécifiques – spécification accrue par des changements de rédaction 1ere / 3eme personne ou de point de vue – favorise l'insertion progressive du lecteur dans cet univers. Christopher Priest a pris le parti de nous faire suivre Helward alors qu'il quitte l'adolescence pour le monde adulte, dans une cité où l'éducation de « la crèche » ne prépare pas du tout le jeune à appréhender le monde tel qu'il est « réellement » (adverbe à employer avec circonspection). le début fait donc très roman initiatique. Helward découvre le fonctionnement de la cité ainsi que son éternel objectif à la Sisyphe quelque peu curieux. Puis Helward est investi d'une mission qui l'emmène dans le sud où il est victime des effets de ce monde qui apparaît de plus en plus bizarre. Là, heureusement ou malheureusement, il a suffi d'un mot écrit sur le 4eme de couverture pour que je comprenne ce qu'Heldward subissait « en réalité » (remember ? circonspection !), donc moins de surprise mais aussi une bonne compréhension des phénomènes décrits. J'avoue cependant avoir été surpris par les effets relativistes (je ne crois pas qu'ils soient scientifiquement fondés, mais bon). La suite montre de nouveaux voyages, vers le nord cette fois, qui sont l'occasion d'expliquer dans le détail ce qu'on nous raconte depuis le début (ne retenez qu'une chose : y=1/x).
Et là, pouf ! Changement de point de vue, perte de repères, questionnement sur la nature de la réalité. Au secours, P.K. Dick sors de ce roman ! le comportement d'Helward m'a surpris sur cette partie. On sentait bien l'anti-héros à la Robert-Charles Wilson en lui, mais là, je me suis demandé si Priest aimait vraiment son personnage.
La fin est un peu abrupte. Certains indices ont diminué l'intensité de la surprise en ce qui me concerne. le retournement des habitants de la cité est un peu facile. Bref, c'est peut-être un peu expédié. Mais après tout quelle importance ? L'essentiel du roman est passé : cette incroyable construction géométrique sur laquelle Christopher Priest a réussi à faire vivre des êtres humains attachants (au moins Helward) sans sacrifier l'histoire au décor. C'est un vrai tour de force.
J'irai à coup sûr fouiller à nouveau la bibliographie de Priest.
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OumG
14 février 2017
★★★★★
★★★★★
« J’avais atteint l’âge de mille kilomètres », la première phrase donne le ton. Relecture d’un classique. Avec toujours autant de plaisir, pour la mise en scène d'une sorte de « Dissonance du monde » que ressentent plutôt d'habitude les poètes.
Elevé dans un monde fermé qui cultive le secret (« Plus une société est sur la défensive, plus elle est conformiste », dit Beatson), Helward Mann va enfin en sortir pour entamer son initiation, découvrir le monde. Nous allons le suivre dans cette exploration. Mais partant d’un état de confiance relative, notre compréhension s’écroule à mesure que le monde se dévoile à ses yeux. Alors que s’établit la compréhension le mystère s’épaissit. Jusqu’à la révélation finale. Cette découverte progressive est sans doute le sel et le ressort du roman.
Un roman qui tord littéralement nos perceptions. Distorsion subjective et physique pour des mondes partageant le même espace selon des lois différentes. Ce n’est pas pour autant un roman de « hard science ». Je dirais plutôt une fantasy mathématique. Poussée logiquement (il paraît que Christopher Priest a fait des études de comptabilité).
Le reste est intéressant aussi. Nécessité ou inconvénients de la rigidité sociale, exploitation, cryptocratie, enseignement « heuristique ». Modélisation de la perception par la culture. L'ouvert et le fermé. La sécurité et la liberté. Le mouvement et l'immobilité. Ces personnes qui se parlent, mais à l’intérieur elles sont dans des mondes différents.
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moravia
24 avril 2013
★★★★★
★★★★★
Superbe livre qui est bien plus qu'un banal livre de science fiction.
L'auteur construit une ville qui vit en vase clos et nous fait découvrir une société qu'il explore tel un anthropologue.
Cette citée qui se déplace sur des rails doit avancer, et le personnage principal nous en fait découvrir les raisons au fil des pages.
Savons nous qu'est ce qui est réel dans cet univers ?
Porté par une écriture digne d'un grand styliste, nous entrons dans ce monde sans difficulté tant le talent de l'auteur est grand pour nous prendre par la main.
Livre pour tous les lecteurs qui veulent sortir des sentiers battus, et pas uniquement pour les fans de science fiction.
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finitysend
12 mars 2012
★★★★★
★★★★★
Un chef d'oeuvre .
Un grand roman de SF idéal pour découvrir le genre par la grande porte !
Le monde inverti est un pur délice au style très soigné et aux personnages réels .. divers et nuancés qui habitent ce monde envoutant et rendent cet univers palpable .
Une ville en route ,une ville très structurée dans ses structures sociales rigides et figées .
La ville est sous pression ...
Elle est condamnée à avancer perpétuellement sur des rails .
C'est vital car son environnement s'altère perpétuellement .
Elle est donc en fuite continuellement et ses habitants payent le prix de cette fuite en avant permanente en subissant un fort contrôle social.
Les effets d'une société hyper hiérarchisée et les doutes perpétuels sur la fatalité d'un environnement menaçant qui s'altère en permanence ....
Le personnage principal appartient à la guilde des rails et de l'exploration .
Il contribue à atteindre l'optimum lieu qui dans l'espace et le temps permet la vie dans des conditions terrestres et décentes et le lecteur le suit dans de nombreuses péripéties et découvertes ..
Le charme de ce superbe et solide roman vient de ce que la réalité environnante est constamment floue et mouvante ainsi que difficile à discerner et de surcroit.
il y a un Switch bluffant qui se met en place progressivement concernant le statut réel des choses et des environnements qui est remarquable et remarquablement amené !
Il faut mentionner que cette ville est somptueuse dans sa conception :
Un empilement en bois de plusieurs étages avec coures, terrasses, corridors et secrets bien cachés qui sont une incitation à la transgression tout comme la contemplation de l'horizon sème le doute, l'inquiétude et l'espoir ..
La route que parcoure la ville est parsemée d'embuches et ses couloirs de mystères .
De ce fait le roman est solidement ancré dans le suspense ?le doute et l'action ..
Bref : un must du genre à découvrir absolument et un ouvrage de qualité !
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Citations & extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
ange77ange7718 février 2017
« Il en est comme il doit être, dit Clausewitz. Helward Mann, je vous offre à présent de prêter le serment d'une guilde du premier ordre. Vous pouvez encore - même à ce stade avancé - refuser de le prononcer. Si toutefois vous prêtez le serment, il vous liera pour le reste de votre vie dans la ville. Toute rupture de serment est punie de mort. Est-ce parfaitement clair dans votre esprit ? »
(...)
« Eh bien ?
- Dois-je prendre ma décision dès maintenant, monsieur ?
- Oui. »
Il était parfaitement évident que je n'aurais pas connaissance du serment avant de m'être décidé. Son contenu jouait sans nul doute un rôle central dans le secret qui entourait le travail des guildes.
Je sentais que je n'avais guère le choix.
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Relax67Relax6716 février 2017
Je me rappelais une période au cours de mes derniers kilomètres à la crèche, lorsque notre professeur nous avait conduits au royaume du calcul différentiel. Les mathématiques sous tous leurs aspects avaient éveillé une seule et même réaction chez moi - une absence totale d'intérêt se soldant par des résultats désastreux - et cette danse de figures abstraites ne m'avait nullement paru différente.
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basileusabasileusa14 février 2017
Il y avait sur la planète terre des pénuries de produits essentiels et les habitants des pays civilisés étaient en mesure de monopoliser ces produits uniquement parce qu'ils étaient économiquement les plus forts . Ce déséquilibre semblait être le point de départ de toutes les querelles.
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TatooaTatooa14 février 2017
- On dirait qu'ils ont faim, dit-il (Malchuskin). Rien de tel qu'un ventre vide pour les tenir au boulot.
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OumGOumG11 février 2017
J'avais atteint l'âge de mille kilomètres.
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