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Par Malaura, le 18/04/2012
Contrebande de
Enrique Serpa
La solitude en mer absorbe et purifie tout.
Elle règne sur toutes choses comme un despote sur le territoire de sa victoire. La raison en est qu’en mer la solitude, énorme et mystérieuse, frôle l’éternité.
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Par nadejda, le 15/03/2011
Contrebande de
Enrique Serpa
Un pêcheur, le pantalon roulé autour des mollets et la vareuse à l'épaule, gravissait la rue escarpée qui relie le quai au village. Tel un miracle de pourpre et d'argent, de sa main pendait un bouquet de perches de mer écarlates, de daurades argentées et de fins serrans qu'on aurait dit découpés dans de la soie.
Un gamin déguenillé s'approcha de lui, tendant la main et détournant le visage, dans l'attitude d'un mendiant. L'homme eut un mouvement négatif de la tête. Non. Non. Non. Et je sentis soudain une bouffée de haine à l'égard de ce passant anonyme qui répétait --- à l'image des rebuffades que je venais de connaître -- le geste dur et impitoyable du refus.
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Par nadejda, le 15/03/2011
Contrebande de
Enrique Serpa
__ Tu as raison, Antonio ; la vie est triste.
Alcorta ébaucha un sourire pétri de souffrance, de sarcasme et de confusion :
--- Oh, vous en avez de bonnes !... Si pour moi la vie était seulement triste, ce serait déjà la fête !
..... J'aurais voulu le haïr et le rudoyer pour avoir achevé de troubler ma joie. Mais sa détresse infinie m'émouvait.
..... Dans mon coeur commença à fermenter la levure de la solidarité humaine. Et je remarquai que mon énergie s'atomisait comme une vague qui se brise sur un rocher.
Le silence devint gênant. Alcorta s'en aperçut et s'éloigna. Je fus incapable de trouver les mots pour le réconforter.
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Par nadejda, le 15/03/2011
Contrebande de
Enrique Serpa
Des pins immenses se dressaient comme des fantômes décharnés dans la lumière diaphane de juin. Le vent berçait, dans un murmure de prière, leurs sombres branchages. En harmonie avec la prière des branches, les voix langoureuses d'un groupe d'hommes noirs transmuaient en rêveries lyriques, en amour, en poésie et en souvenir leur douleur ancestrale.
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Par nadejda, le 12/03/2011
Contrebande de
Enrique Serpa
La goélette s'appelait "La Buena Ventura"...... La mer avait beau se transformer en gueule béante, immense et avide, et le vent abuser de sa violence terrifiante, la mort nous solliciter sans relâche depuis l'eau pétrie de ténèbres, l'ouragan hurler, personne à bord ne bronchait. Au milieu des périls, nous réussissons à esquisser un sourire d'espoir, car il suffisait que quelqu'un prononçât à voix haute le nom de la goélette pour que, soudain, un souffle de confiance vînt balayer craintes et inquiétudes.
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Par nadejda, le 15/03/2011
Contrebande de
Enrique Serpa
Requin débordait d'admiration ingénue à l'égard des contrebandiers. Il ne faisait aucune distinction entre le bien et le mal dans leurs actes. Seul l'intéressait le courage avec lequel ils défiaient le danger, ce qui pour lui, dans les ténèbres de sa conscience et sans qu'il s'en rendît compte, revenait à donner un sens à la vie.
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Par nadejda, le 12/03/2011
Contrebande de
Enrique Serpa
Le soir, aussi serein qu'une anse abritée, voguait lentement vers l'horizon. Le soleil, très bas, ressemblait au flotteur ensanglanté d'une palangre -- une grande palangre faite pour capter les regards --, tandis que la lune pointait au fond de la baie comme une bouée au milieu d'une forêt de mâts. Le couchant était rouge et soyeux comme les ouïes des poissons-scies et, par endroits, comme le ventre d'une conque de nacre.
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Par nadejda, le 12/03/2011
Contrebande de
Enrique Serpa
Entre Santa Clara et le quai de la Luz se déployait, telle une pupille chassieuse, un fragment de mer calme et sale, d'un vert éteint. A gauche s'alignaient des goélettes crasseuses à deux mâts, bourrées de bois et de charbon végétal.... Au milieu du bassin de radoub, un destroyer battant pavillon américain détachait sa silhouette d'acier nette et élégante.