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Par wictoria, le 29/01/2012
Nord-Michigan de
Jim Harrison
"Mon Dieu ! que l'esprit humain est étrange. Trop de whisky et pas assez de sommeil, ça n'arrange rien. Peut-être les fantômes existent-ils après tout. Mais ils ont sûrement une forme humaine.
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Par wictoria, le 29/01/2012
Nord-Michigan de
Jim Harrison
Joseph avait préféré "L'ours", mais il avait été profondément troublé par le livre de Dostoïevski. Comment un homme pouvait-il penser de telles choses sans se faire sauter la cervelle ? Le professeur avait grondé Joseph en lui disant que ce n'était pas Dostoïevski mais son personnage qui s'exprimait en fait. Celui qu'il avait le moins aimé était Sherwood Anderson parce qu'il n'écrivait que sur des choses que tout le monde connaissait. Mais le professeur avait souligné que c'était précisément ce qui faisait la qualité de son oeuvre, point de vue qui passa au-dessus de la tête de Joseph comme un vol d'oiseau en migration. le professeur interrogeait souvent Joseph mais Joseph avait l'impression qu'il se servait en fait de lui pour illustrer les erreurs d'interprétation à ne pas commettre. Il devint de plus en plus fermé et silencieux.
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Par Lyjazz, le 29/01/2012
Entre chien et loup de
Jim Harrison
Un peu plus tard, lorsqu'il fait une promenade au bord du lac, notre homme se rend un fier service en devenant littéralement "rien". Il oublie d'avoir tort ou raison, ce qui lui permet de regarder le temps lui-même scintiller à la surface de l'eau.
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En marge : Mémoires de
Jim Harrison
J'ai appris des autochtones américains que nous prouvons seulement notre appartenance à l'endroit où nous vivons sur terre en utilisant notre maison avec soin, sans la détruire. J'ai appris qu'on ne peut pas se sentir chez soi dans son corps, qui est la maison la plus authentique de chacun, quand on souhaite être ailleurs, et qu'il faut trouver par soi-même le lieu où l'on est déjà dans le monde naturel environnant. J'ai appris que dans mon travail de poète et de romancier il n'existe pas pour moi de chemin tracé à l'avance, et que j'écris le mieux en puisant dans mon expérience d'adolescent imitant les autochtones et partant vers une contrée où il n'y a pas de chemin. J'ai appris que je ne peux pas croire vraiment à une religion en niant la science pure ou les conclusions de mes propres observations du monde naturel. J'ai appris que regarder un pluvier des hautes terres ou une grue des ables est plus intéresant que de lire la meilleure critique à laquelle j'ai jamais eu droit. J'ai appris que je peux seulement conserver mon sens du caractère sacré de l'existence en reconnaissant mes propres limites et en renonçant à toute vanité. J'ai appris qu'on ne peut pas comprendre une autre culture tant qu'on tient à défendre la sienne coûte que coûte. Comme disaient les Sioux, "courage, seule la Terre est éternelle". Peu parmi les cent millions d'autres espèces sont douées de parole, si bien que nous devons parler et agir pour les défendre. Que nous ayons trahi nos autochtones devrait nous pousser de l'avant, tant pour eux que pour la terre que nous partageons. Si nous ne parvenons pas à comprendre que la réalité de la vie est un agrégat des perceptions et de la nature de toutes les espèces, nous sommes condamnés, ainsi que la terre que déjà nous assassinons.
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Par csapin, le 23/03/2011
Jim Harrison
Je n'ai pas d'espoir. L'espoir est en soi criminel. Le seul espoir, c'est de voter.
Aux Etats-Unis, nous en sommes au point où chaque Américain intelligent a été contraint de devenir le proctologue de l'anus putrescent du capitalisme effréné. C'est assez désagréable, d'autant que notre gouvernement nous a complètement lâchés. Nous avons été violés par la classe de nos dirigeants, et toute la communauté financière a manifesté le même sens moral qu'un cartel de la drogue mexicain.
George Bush, qui n'a jamais rien accompli sinon au service de sa propre classe, a commencé une guerre pour des raisons largement imaginaires, mais aussi en partie pour montrer à son père comment on s'y prend. C'est la crise oedipienne la plus coûteuse de tous les temps. Bush est sincèrement sidéré d'apprendre que les bombes intelligentes se révèlent à l'usage l'être beaucoup moins que les attentats à la voiture piégée. Même après Abou Ghraib, il s'étonne que le monde arabe ne nous aime pas. Bush et les autres escrocs de bas étage de notre gouvernement proposent 750 milliards de dollars pour renflouer la communauté financière, mais rien pour la sécurité sociale des enfants démunis.
Bien sûr, je suis poète et romancier, mais pas économiste ni l'un de nos innombrables nababs des médias qui pensent apparemment que parler, c'est penser. J'ai aussi remarqué que les politiciens n'aiment pas la bonne cuisine, car ils passent un temps fou à chier par la bouche.
Contrairement à la plupart d'entre nous autres, les proctologues amateurs, je ne reproche pas tout aux financiers et au Congrès. Je situe l'origine du désastre actuel dans notre système d'enseignement pourri et paresseux. Alors que je faisais des recherches pour écrire une longue nouvelle, j'ai récemment découvert qu'un pourcentage infime de nos étudiants, 10% au mieux, a une petite idée de l'endroit où ils se situent historiquement, géographiquement, géologiquement ou du point de vue de la botanique. Les adultes sont seulement des produits à peine améliorés du même système d'enseignement. Les gens âgés en savent davantage, car ils ont eu droit à un meilleur système. Les crétins étant incapables de reconnaître leurs semblables, ils ont voté deux fois pour George Bush et ses sbires. Les médias, pour la plupart méprisables, n'ont guère été d'une grande aide, car, jugeant la réalité tout à fait insupportable, ils font des pieds et des mains pour s'en tenir aux faits périphériques. Les médias en général se sont contentés de lécher les bottes des méprisables nouveaux riches qui, sans vergogne, nous dépouillaient de tout.
Ce matin, dimanche 19 octobre, j'ai entrevu une lueur* d'espoir. Colin Powell, un républicain, vient de déclarer son soutien à Obama. Barack Obama a été un étudiant extrêmement brillant à Harvard, notre meilleure université, alors que McCain est sorti parmi les derniers de sa promotion à l'école navale d'Annapolis. Quant à Palin, elle est issue d'un paragraphe répugnant de l'Ancien Testament.
Cette élection me plonge dans un tel désespoir que j'ai pour de bon envisagé de prier, peut-être de m'adresser à mon vénérable Odin, qui a deux de mes corbeaux bien-aimés posés sur les épaules. Nous sommes bien sûr nombreux à nous inquiéter d'une possibilité funeste : qu'Obama se fasse assassiner avant d'être élu.
Vers quelles consolations pourrais-je donc me tourner en ces temps de détresse, sinon vers le côtes-du-rhône, avec un petit verre de vodka en prime, sans oublier un peu d'antique poésie chinoise chaque matin, où nous autres humains sommes toujours présentés comme les victimes de nos dirigeants ? Bizarrement, je ne me suis pas vraiment soucié d'avoir perdu une bonne partie de l'argent mis de côté pour ma retraite. L'insécurité ne me menace pas, car je ne me suis jamais senti en sécurité. Je pourrais toujours prendre ma retraite en allant au crématorium. Bonne chance à vous, camarades proctologues ! J'avoue avoir dernièrement beaucoup parlé à mes chiens. Les chiens comprennent le monde grâce au langage des odeurs et les miens m'ont déclaré qu'il régnait dans tout le pays une affreuse pestilence qu'il fallait éradiquer.
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Par wictoria, le 27/01/2012
Sorcier de
Jim Harrison
Le seul inconvénient des grandes promenades le long de la mer est qu'il arrive un moment où il faut se décider à refaire le même chemin en sens inverse. Et c'est beaucoup moins drôle. En l'occurence, la plage était merveilleuse sous le vent chaud du sud ; merveilleuse mais étrangement déserte. Cela était probablement dû au fait que tous les milliardaires qui se construisent des maisons sublimes sur le rivage ne manquent jamais de se fabriquer également des piscines afin de démontrer qu'ils n'ont pas vraiment besoin de l'océan. C'est bête mais c'est ainsi.
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Par wictoria, le 27/01/2012
Sorcier de
Jim Harrison
Sorcier retrouvait dans cet endroit les souvenirs de ses vacances d'adolescent. Mais à présent, lorsqu'il contemplait la ravissante vallée qui s'étendait sous ses fenêtres, il arrivait à se dire que ce Nord ressemblait de moins en moins au Nord de sa jeunesse. Les petites fermes étaient rachetées par des médecins et des agents de change qui les transformaient en résidences secondaires. Les rives des lacs commençaient à disparaître sous les cottages de rondins et les villages eux-mêmes prenaient des allures artificielles de bourgades suisses.
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Par Outis, le 28/05/2008
Dalva de
Jim Harrison
C’était cette période de la vie où l’on veut être comme tout le monde, même si l’on commence à comprendre que ce « tout le monde » n’existe pas et n’a jamais existé.
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Par Outis, le 28/05/2008
Dalva de
Jim Harrison
Ma mère défend une théorie du travail un peu alambiquée, qui selon elle lui vient de mon père, des grands-parents, des oncles, bref de la nuit des temps : d’instinct les gens veulent se rendre utiles ; ils ne pourraient supporter l’impitoyable quotidienneté de l’existence sans travailler du matin au soir. C’est l’oisiveté qui met la mort dans l’âme et provoque des névroses.
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Par Outis, le 14/04/2008
Légendes d'automne de
Jim Harrison
Perdre une femme n’est pas une défaite ; on perd une femme et voilà tout. Ca arrive à tout le monde... J’ai perdu ma femme lorsque j’étais encore jeune mais à cette époque-là, j’étais aussi encore très bête. Elle était moins bête que moi et c’est pour ça qu’elle est partie.