Note moyenne : /5 (sur 5 notes)
Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1960
Les livres plutôt. Un conte philosophique de Voltaire comme Candide.
Superbe question. J`ai écrit récemment un article sur les étudiants en lettres, futurs professeurs, dont la vocation scripturale a été assassinée par les auteurs étudiés. Dans mon cas, Rabelais, Flaubert, Kafka, Joyce, j`en passe et des meilleurs.
Sans conteste, Italo Calvino qui associe humanisme, fantaisie ludique et subtilité géniale dans la réflexion sur la littérature et le langage (Si par une nuit d`hiver un voyageur). Voltaire + Queneau + Barthes pour le prix d`un.
«Voyage au bout de la nuit» par passion personnelle et dans le cadre de mes cours en fac.
« Ulysse» de Joyce, commencé et recommencé encore récemment (dans la traduction de Tiphaine Samoyault) avant un voyage à Dublin, interrompu encore une fois, direction monologue final de Molly Bloom, et jamais lu de bout en bout.
Pas méconnue, pire oubliée, alors que mes parents me l`ont transmise alors que j`avais douze ans : « «Le Silence de la mer» de Vercors, une nouvelle d`une infinie délicatesse qui met en scène un officier allemand cultivé et sensible, au moment de la Seconde Guerre mondiale.
L`œuvre d`André Malraux vieillit mal. Le styliste Gide risque de suivre la même pente.
« Ci-gît un pauvre con, Tout lui fut aquilon », de Beckett. L`autodérision qui rend le tragique de la vie irrésistiblement comique.
« Le Fétichiste » de Geoff Nicholson, une histoire de passion fétichiste pour le pied et la chaussure, en prévision d`un essai que je finis.
L`érotisme, ce qui a trait au corps physique et à la sexualité, me semblait trop réducteur. Une érotique renvoie à des enjeux qui sont aussi littéraires, philosophiques, éthiques. L`érotisme est trop lié à l`Image alors que l`érotique met en avant la représentation écrite du corps.
Question épineuse. J`avais rencontré fortuitement Grozdanovitch (par une amie interposée) et son œuvre sur l`hédonisme du tennis, Nabokov bien sûr, Sollers, pour la littérature, Tati, Allen, Antonioni, Hitchcock, pour le cinéma. La grande majorité des œuvres étudiées vient d`une traque, selon votre expression. Une traque voluptueuse qui m`a permis de découvrir le génial Foster Wallace, de lire Mathieu Lindon, Serge Joncour, Alan Pauls, de revoir Ken Park de Larry King, sous un autre angle, de dénicher une séquence oubliée comme anecdotique dans le Limier. Il a fallu réinvestir Proust, référence pourtant absolue des « écrivains du tennis », pour trouver quelques pépites…
Le terme de thèse me gêne un peu comme si j`avais voulu forcer un peu le sens des textes lus. Je pense honnêtement que la plupart des œuvres découvertes comportaient non un aspect érotique mais une dimension trouble, ambiguë, souvent perverse comme dans le roman de Gombrowicz. Chez les grands écrivains, le tennis est rarement exploité comme cadre réaliste à l`action. Il met en jeu des forces obscures…
Sans compter L`érotique des lunettes, Le Dictionnaire de la Pornographie (sous la direction de Philippe di Folco) et de La fellation dans la littérature. Plus que de me retrancher derrière une vision sociologique qui consisterait à montrer l`érotisation de la société, la marchandisation du sexe, l`idéologie de l`impératif de la jouissance, - ce qui m`intéresse bien sûr -, je dirais que le corps est depuis longtemps un objet de préoccupation personnelle. J`ai écrit une thèse sur l`Image du corps sartrien puis une thèse doctorale sur le corps cadavérique dans le théâtre contemporain. Après le corps travaillé par la nausée ou la mort, je suis allé vers des formes plus joyeuses de corporéité. Cette « obsession » du corps n`est guère originale : elle est la marque anthropologique du XX e siècle.
Ce sont deux sports que j`ai pratiqués comme amateur, et avec passion. Je joue encore au tennis quatre cinq heures par semaine. En revanche, je suis un piètre spectateur et suis gêné quand on me demande de commenter l`actualité sportive. Le choix d`explorer la relation de la littérature au football est né d`une irritation virulente par rapport à une approche intellectualiste, sociologique qui a certes raison de stigmatiser l`idéologie "sportiste", l`opium du peuple, mais qui ignore la singularité et la complexité de la passion. J`enfonce une porte ouverte mais seule la littérature et les écrivains parlent avec justesse du football entre idéologie critique et consentement sensoriel, sensuel.
Je dois reconnaître que vous avez raison mais le parti pris littéraire m`incitait peu à évoquer des joueurs et joueuses qui ne sont pas devenus des personnages ou des mythes (osons le mot) comme Mac Enroe ou aujourd`hui Federer (voir le dernier le Carré ou l`essai consacré au Silence de Federer).
Quelle que soit son imaginaire érotique, les corps féminins ayant les canons de la beauté classique (les joueuses de l`Est comme Sharapova) ou hermaphrodites (les sœurs Williams), bouleversant la notion de genre, gardent un pouvoir de séduction évident. Si l`érotisme est toujours présent, il est menacé par des réactions puritaines (la peur des cris trop animaux émis par les joueuses, l`épouvantail de sanctions pour les tenues trop sexys, etc.). le plus grand danger reste toutefois l`instrumentalisation commerciale des corps, nouveaux supports publicitaires.
Sans vouloir me défausser, c`est Patrick Besson qui soulignait l`hypocrisie du spectacle érotico-familial du week-end. Alors qu`il y a dix ans, le tennis féminin faisait le bonheur des amateurs de tennis (et même des professionnels) parce qu`il révélait la finesse des stratégies adoptées tandis que le tennis masculin de crocodiles sournois ou de bûcherons décérébrés faisait peine à voir, il semble que la tendance se soit malheureusement renversée. Resterait le seul plaisir d`un voyeurisme déplacé ! Aujourd`hui, les quatre meilleurs joueurs masculins offrent, avouez-le, un spectacle sportif souvent passionnant et beau.
Non mais je sais que des joueurs professionnels comme Pioline ou Bahrami étaient sceptiques quant à l`érotisme supposé par l`essai. Or, depuis Platon, le sport et le sexe, l`hygiène corporelle et l`émoi sexuel sont complètement dissociés. J`imagine mal un sportif de haut niveau évoquer la dimension sensuelle de sa pratique. le sexe ne réapparaît qu`en dehors, et n`a rien de sublime comme l`ont montré les affaires Zahia pour le football et Demongeot pour le tennis.
Oui, et des choses bien différentes. Un long chapitre sur le corps beckettien pour les éditions Aden, un dictionnaire du pied et de la chaussure en littérature que je suis en train de finir, et en attente d`éditeur, un essai sur Claude François et les sirènes de la postmodernité, ouvrage qui s`efforce de comprendre ce qu`est le postmodernisme à travers les réapparitions de Cloclo en littérature (de Marie N`Diaye à Yann Moix en passant par Daeninckx), philosophie (Deleuze) et au cinéma (Resnais, Ozon, etc.).
L'érotique du tennis de
Franck Evrard
L'érotique du tennis de
Franck Evrard
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Franck Evrard
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Franck Evrard
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Franck Evrard
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Franck Evrard
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Franck Evrard
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Franck Evrard
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Franck Evrard
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Lequel de ces romans de Diderot, publié anonymement, est un roman libertin ?
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