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Par durruti, le 30/08/2010
Peau noire, masques blancs de
Frantz Fanon
"Sale nègre" ou simplement : "Tiens, un nègre".
J'arrivais dans le monde, soucieux de faire lever un sens aux choses, mon âme pleine du désir d'être à l'origine du monde, et voici que je me découvrais objet au milieu d'autres objets.
(Pag 88)
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Par Piling, le 06/12/2008
Peau noire, masques blancs de
Frantz Fanon
Introduction : L'explosion n'aura pas lieu aujourd'hui. Il est trop tôt... ou trop tard.
Je n'arrive point armé de vérités décisives.
Ma conscience n'est pas traversée de fulgurances essentielles.
Cependant, en toute sérénité, je pense qu'il serait bon que certaines choses soient dites.
Ces choses, je vais les dire, non les crier. Car depuis longtemps, le cri est sorti de ma vie.
Et c'est tellement loin...
Pourquoi écrire cet ouvrage ? Personne ne m'en a prié.
Surtout pas à ceux à qui il s'adresse.
Alors ? Alors, calmement, je réponds qu'il y a trop d'imbéciles sur cette terre. Et puisque je le dis, il s'agit de le prouver.
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Par Grapheus, le 01/09/2011
Les damnés de la terre de
Frantz Fanon
Européens, ouvrez ce livre, entrez-y. Après quelques pas dans la nuit vous verrez des étrangers réunis autour d'un feu, approchez, écoutez : ils discutent du sort qu'ils réservent à vos comptoirs, aux mercenaires qui les défendent. Ils vous verront peut-être, mais ils continueront de parler entre eux, sans même baisser la voix. Cette indifférence frappe au cœur : les pères, créatures de l'ombre, vos créatures, c'étaient des âmes mortes, vous leur dispensiez la lumière, ils ne s'adressaient qu'à vous, et vous ne preniez pas la peine de répondre à ces zombies. Les fils vous ignorent : un feu les éclaire et les réchauffe, qui n'est pas le vôtre. Vous, à distance respectueuse, vous vous sentirez furtifs, nocturnes, transis : chacun son tour ; dans ces ténèbres d'où va surgir une autre aurore, les zombies, c'est vous.
Jean-Paul SARTRE
Préface , p. 13
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Par Grapheus, le 05/11/2011
Les damnés de la terre de
Frantz Fanon
Bâtissons ensemble une Algérie qui soit à la mesure de notre ambition, de notre amour... Nous sommes des Algériens, bannissons de notre terre tout racisme, toute forme d'oppression et travaillons pour l'épanouissement de l'homme et l'enrichissement de l'humanité.
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Par Grapheus, le 05/11/2011
Les damnés de la terre de
Frantz Fanon
Non nous ne voulons rattraper personne. Mais nous voulons marcher tout le temps, la nuit et le jour, en compagnie de l'homme, de tous les hommes. Il s'agit de ne pas étirer la caravane, car alors, chaque rang perçoit à peine celui qui le précède, et les hommes qui ne se reconnaissent plus, se rencontrent de moins en moins, se parlent de moins
en moins.
Il s'agit pour le Tiers-Monde de recommencer une histoire de l'homme...
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Par EFourn, le 18/02/2013
Peau noire, masques blancs de
Frantz Fanon
L’estropié de la guerre du Pacifique dit à son frère: "accommode toi de ta couleur comme moi de mon moignon; nous sommes tous les deux des accidentés". Pourtant, de tout mon être, je refuse cette amputation. Je me sens une âme aussi vaste que le monde, véritablement une âme profonde comme la plus profonde des rivières, ma poitrine a une puissance d'expansion infinie. Je suis don et l'on me conseille l'humilité de l'infirme... Hier, en ouvrant les yeux sur le monde, je vis le ciel de part en part se révulser. Je voulus me lever, mais le silence éviscéré reflua vers moi, ses ailes paralysées. Irresponsable, à cheval entre le néant et l'Infini, je me mis à pleurer.
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Par Rojda, le 14/03/2013
Les damnés de la terre de
Frantz Fanon
Le capitalisme, dans sa période d'essor, voyait dans les colonies une source de matières premières qui, manufacturées, pouvaient être déversées sur le marché européen. Après une phase d'accumulation du capital, il en arrive aujourd'hui à modifier sa conception de la rentabilité d'une affaire. Les colonies sont devenues un marché. La population coloniale est une clientèle qui achète. Dès lors, si la garnison doit être éternellement renforcée, si le commerce se ralentit, c'est à dire si les produits manufacturés et industrialisés ne peuvent plus être exportés, c'est la preuve que la solution militaire doit être écartée. Une domination aveugle de type esclavagiste n'est économiquement pas rentable pour la métropole.
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Par Rojda, le 14/03/2013
Les damnés de la terre de
Frantz Fanon
Le colonisé, donc, découvre que sa vie, sa respiration, les battements de son coeur sont les mêmes que ceux du colon. Il découvre qu'une peau de colon ne vaut pas plus qu'une peau d'indigène. C'est dire que cette découverte introduit une secousse essentielle dans le monde. Toute l'assurance nouvelle et révolutionnaire du colonisé en découle. Si, en effet, ma vie a le même poids que celle du colon, son regard ne me foudroie plus, ne m'immobilise plus, sa voix ne me pétrifie plus. Je ne me trouble plus en sa présence. Pratiquement, je l'emmerde. Non seulement se présence ne me gêne plus, mais déjà je suis en train de lui préparer de telles embuscades qu'il n'aura bientôt d'autre issue que la fuite.
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Par Rojda, le 16/03/2013
Les damnés de la terre de
Frantz Fanon
La violence du colonisé, avons-nous dit, unifie le peuple. De par sa structure en effet, le colonialisme est séparatiste et régionaliste. Le colonialisme ne se contente pas de constater l'existence de tribus, il les renforce, les différencie. Le système colonial alimente les chefferies et réactive les vieilles confréries maraboutiques. La violence dans sa pratique est totalisante, nationale. De ce fait, elle comporte dans son intimité la liquidation du régionalisme et du tribalisme. Aussi les partis nationalistes se montrent-ils particulièrement impitoyables avec les caïds et les chefs coutumiers. La liquidation des caïds et des chefs est un préalable à l'unification du peuple.
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Par Rojda, le 14/03/2013
Les damnés de la terre de
Frantz Fanon
La décolonisation ne passe jamais inaperçue car elle porte sur l'être, elle modifie fondamentalement l'être, elle transforme des spectateurs écrasés d'inessentialité en acteurs privilégiés, saisis de façon quasi grandiose par le faisceau de l'Histoire. Elle introduit dans l'être un rythme propre, apporté par les nouveaux hommes, un nouveau langage, une nouvelle humanité. La décolonisation est véritablement création d'hommes nouveaux. Mais cette création ne reçoit sa légitimité d'aucune puissance surnaturelle: la "chose" colonisée devient homme dans le processus même par lequel elle se libère.
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