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Par aaahhh, le 13/05/2012
Le Pouvoir psychiatrique : Cours au Collège de France, 1973-1974 de
Michel Foucault
Le pouvoir disciplinaire a cette double propriété d'être anomisant, c'est-à-dire de mettre toujours à l'écart un certain nombre d'individus, de faire apparaître de l'anomie, de l'irréductible, et d'être toujours normalisant, d'inventer toujours de nouveaux systèmes récupérateurs, de toujours rétablir la règle. C'est un perpétuel travail de la norme dans l'anomie qui caractérise les systèmes disciplinaires.
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Par aaahhh, le 13/05/2012
Le Pouvoir psychiatrique : Cours au Collège de France, 1973-1974 de
Michel Foucault
Ce qui a donné naissance aux sciences de l'homme, ça a été précisément l'irruption, la présence ou l'insistance de ces problèmes tactiques posés par la nécessité de distribuer les forces de travail en fonction des nécessités de l'économie qui se développait alors.
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Par Outis, le 23/09/2007
Surveiller et punir de
Michel Foucault
De là, l’effet majeur du Panoptique : induire chez le détenu un état conscient et permanent de visibilité qui assure le fonctionnement automatique du pouvoir. Faire que la surveillance soit permanente dans ses effets, même si elle est discontinue dans son action ; que la perfection du pouvoir tende à rendre inutile l’actualité de son exercice ; que cet appareil architectural soit une machine à créer et à soutenir un rapport de pouvoir indépendant de celui qui l’exerce ; bref que les détenus soient pris dans une situation de pouvoir dont ils sont eux-mêmes les porteurs. Pour cela, c’est à la fois trop et trop peu que le prisonnier soit sans cesse observé par un surveillant : trop peu, car l’essentiel c’est qu’il se sache surveillé ; trop, parce qu’il n’a pas besoin de l’être effectivement. Pour cela Bentham a posé le principe que le pouvoir devait être visible et invérifiable. Visible : sans cesse le détenu aura devant les yeux la haute silhouette de la tour centrale d’où il est épié. Invérifiable : le détenu ne doit jamais savoir s’il est actuellement regardé ; mais il doit être sûr qu’il peut toujours l’être.
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Par Pingouin, le 15/04/2012
Surveiller et punir de
Michel Foucault
Dans un système de discipline, l'enfant est plus individualisé que l'adulte, le malade l'est avant l'homme sain, le fou et le délinquant plutôt que le normal et le non-délinquant. C'est vers les premiers en tout cas que sont tournés dans notre civilisation tous les mécanismes individualisants ; et lorsqu'on veut individualiser l'adulte sain, normal et légaliste, c'est toujours désormais en lui demandant ce qu'il y a encore en lui d'enfant, de quelle folie secrète il est habité, quel crime fondamental il a voulu commettre.
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Maladie mentale et psychologie de
Michel Foucault
"Un psychasthénique ne parvient pas à croire à la réalité de ce qui l'entoure; c'est une conduite, pour lui, "trop difficile". Qu'est-ce qu'une conduite difficile? Essentiellement une conduite dans laquelle une analyse verticale montre la superposition de plusieurs conduites simultanées. Tuer un gibier à la chasse est une conduite; raconter, après coup, qu'on a tué un gibier, est une autre conduite. Mais au moment où l'on guette, où l'on tue, se raconter à soi-même que l'on tue, que l'on poursuit, que l'on guette, pour pouvoir en faire aux autres, par la suite, l'épopée; avoir simultanément la conduite réelle de la chasse et la conduite virtuelle du récit, c'est là une opération double, beaucoup plus compliquée que chacune des deux autres, et qui n'est qu'en apparence la plus simple: c'est la conduite du présent, germe de toutes les conduites temporelles, où se superposent et s'imbriquent le geste actuel et la conscience que ce geste aura un avenir, c'est-à-dire que plus tard on pourra le raconter comme un événement passé. On peut donc mesurer la difficulté d'une action au nombre de conduites élémentaires qu'implique l'unité de son déroulement.
Prenons à son tour cette conduite du "recit aux autres", dont la virtualité fait partie des conduites du présent. Raconter, ou plus simplement parler, ou d'une façon plus élémentaire encore, jeter un ordre n'est pas non plus quelque chose de simple; c'est d'abord se référer à un événement ou à un ordre de choses, ou à un monde auquel je n'ai pas accès moi-même, mais auquel autrui peut avoir accès à ma place; il faut donc reconnaître le point de vue d'autrui, et l'intégrer au mien; il me faut donc doubler ma propre action (l'ordre lancé) d'une conduite virtuelle, celle d'autrui qui doit l'exécuter. Plus encore: lancer un ordre suppose toujours l'oreille qui le percevra, l'intelligence qui le comprendra, le corp qui l'exécutera; dans l'action de commander est impliquée la virtualité d'être obéi. C'est dire que ces conduites apparemment si simples que sont l'attention au présent, le récit, la parole impliquent toutes unes certaine dualité, qui est au fond la dualité de toutes les conduites sociales. Si donc le spychasthénique trouve si ardue l'attention au présent, c'est par les implications sociales qu'obscurément elle enferme; sont devenues difficiles pour lui toutes ces actions qui ont un envers (regarder-être regardé, dans la présence; parler-être parlé, dans le langage; croire-être cru, dans le récit) parce que ce sont des conduites qui se déploient dans un horizon social. Il a fallu toute une évolution sociale pour que le dialogue devienne un mode de rapport interhumain; il n'a été rendu possible que par le passage d'une société immobile dans sa hiérarchie du moment, qui n'autorise que le mot d'ordre, à une société où l'égalité des rapports permet et garantit l'échange virtuel, la fidélité au passé, l'engagement de l'avenir, la réciprocité des points de vue. C'est toute cette évolution sociale que remonte le malade incapable de dialogue."
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Par Outis, le 30/09/2007
Dits et Ecrits, tome 2 : 1976 - 1988 de
Michel Foucault
La connaissance ne constitue pas le plus ancien instinct de l’homme ou, inversement, il n’y a pas dans le comportement humain, dans l’appétit humain, dans l’instinct humain quelque chose comme un germe de connaissance. En fait, la connaissance a un rapport aux instincts, mais ne peut pas être présente en eux, et pas même être un instinct parmi les autres. La connaissance est simplement le résultat du jeu, de l’affrontement, de la jonction, de la lutte et du compromis entre les instincts. C’est parce que les instincts se rencontrent, se battent et arrivent finalement, à la fin de leurs batailles, à un compromis que quelque chose se produit. Ce quelque chose est la connaissance.
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Histoire de la sexualité, tome 2 : L'usage des plaisirs de
Michel Foucault
"Or il semble, du moins en première approche, que les réflexions morales dans l'Antiquité grecque ou gréco-romaine aient été beaucoup plus orientées vers les pratiques de soi et la question de l'askesis, que vers les codifications de conduites et la définition stricte du permis et du défendu. Si on fait exception de la République et des Lois, on trouverait bien peut de références au principe d'un code qui définirait par le menu la conduite à tenir, à la nécessité d'une instance chargée d'en surveiller l'application, à la possibilité de châtiments qui sanctionneraient les infractions commises. Même si la nécessité de respecter la loi et les coutumes-les nomoi-est très souvent soulignée, l'important est moins dans le contenu de la loi et ses conditions d'application que dans l'attitude qui fait qu'on les respecte. L'accent est mis sur le rapport à soi qui permet de ne pas se laisser emporter par les appétits et les plaisirs, de garder vis-à-vis d'eux maîtrise et supériorité, de maintenir ses sens dans un état de tranquillité, de demeurer libre de tout esclavage intérieur à l'égard des passions, et d'atteindre à un mode d'être qui peut être défini par la pleine jouissance de soi-même ou la parfaite souveraineté de soi sur soi."
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Par Pingouin, le 16/04/2012
Surveiller et punir de
Michel Foucault
La prison : une caserne un peu stricte, une école sans indulgence, un sombre atelier, mais, à la limite, rien de qualitativement différent.
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Par chartel, le 28/11/2008
Surveiller et punir de
Michel Foucault
La surveillance policière fournit à la prison les infracteurs que celle-ci transforme en délinquants, cibles et auxiliaires des contrôles policiers qui renvoient régulièrement certains d’entre eux à la prison.
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Par mathieupl, le 01/12/2010
Les Mots et les choses de
Michel Foucault
Ce livre a son lieu de naissance dans un texte de Borges. Dans le rire qui secoue à sa lecture toutes les familiarités de la pensée - de la nôtre: de celle qui a notre âge et notre géographie -, ébranlant toutes les surfaces ordonnées et tous les plans qui assagissent pour nous le foisonnement des êtres, faisant vaciller et inquiétant pour longtemps notre pratique millénaire du Même et de l'Autre.