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Par mila0707, le 31/01/2013
Ahmadou Kourouma
Mépriser son adversaire,
même petit et frêle,
est toujours une erreur
stratégique.
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Par Luniver, le 21/05/2013
En attendant le vote des bêtes sauvages de
Ahmadou Kourouma
Les Zendés sont une ethnie du nord-est du Pays aux Deux Fleuves. Un des peuples les plus intelligents et les plus sages du monde parce qu'il était le seul à considérer l'amour à la fois comme un grand art et comme un sport. Aux jeunes enfants, on enseigne l'amour à l'âge auquel, dans les autres pays, les jeunes filles apprenaient la musique. Dans les villages zendés, pendant les chaudes saisons, s'organisaient des joutes d'amour quand, chez les peuples voisins, s'ouvraient des championnats de lutte.
Les femmes se disputaient l'étranger qui s'aventuraient dans un village zendé. Et celle qui parvenait à se l'approprier l'entraînait immédiatement dans le lit, le balançait, le manipulait jusqu'à l'épuisement, jusqu'à la détumescence, jusqu'à l'anérection, et le chagrinait jusqu'à ce qu'il reconnaisse sa défaite, jusqu'à ce qu'il demande pardon à haut voix, « de sa pleine bouche ». Alors la femme zendé l'abandonnait vidé, inutile ; précipitamment nouait son pagne, sortait dans la rue, allait de case en case, de commère en commère, le caleçon à la main, et se vantait de son exploit.
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Par Luniver, le 15/05/2013
En attendant le vote des bêtes sauvages de
Ahmadou Kourouma
Il était méfiant, prudent, l'homme au totem léopard. Il ne quittait jamais son pays sans tout le trésor du pays et toutes les personnalités de sa République. C'est une ruse qui s'est révélée efficace et a fait échouer déjà trois complots. Des comploteurs par trois fois ont voulu profiter d'un déplacement du Dinosaure cleptomane (un des surnoms du dictateur au totem léopard) pour tenter leur chance. La perspective de se trouver, en cas de réussite, devant des caisses totalement vides, par trois fois les avait découragés.
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Par Piling, le 18/10/2008
Les Soleils des indépendances de
Ahmadou Kourouma
Il y avait une semaine qu'avait fini dans la capitale Koné Ibrahima, de race malinké, ou disons-le en malinké : il n'avait pas soutenu un petit rhume...
Comme tout Malinké, quand la vie s'échappa de ses restes, son ombre se leva, graillonna, s'habilla et partit pour le lointain pays malinké natal pour y faire éclater la funeste nouvelle des obsèques. Sur des pistes perdues au plein de la brousse inhabitée, deux colporteurs malinké ont rencontré l'ombre et l'ont reconnue. L'ombre marchait vite et n'a pas salué.
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Par Orphea, le 20/03/2009
Les Soleils des indépendances de
Ahmadou Kourouma
Les soleils des Indépendances s'étaient annoncés comme un orage lointain et dès les premiers vents Fama s'était débarrassé de tout : négoces, amitiés, femmes pour user les nuits, les jours, l'argent et la colère à injurier la France, le père, la mère de la France. Il avait à venger cinquante ans de domination et une spoliation. Cette période d'agitation a été appelée les soleils de la politique. Comme une nuée de sauterelles les Indépendances tombèrent sur l'Afrique à la suite des soleils de la politique. Fama avait comme le petit rat du marigot creusé le trou pour le serpent avaleur de rats, ses efforts étaient devenus la cause de sa perte car comme la feuille avec laquelle on a fini de se torcher, les Indépendances une fois acquises, Fama fut oublié et jeté aux mouches.
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Par Luniver, le 14/05/2013
En attendant le vote des bêtes sauvages de
Ahmadou Kourouma
Quand la force occupe le chemin, le faible entre dans la brousse avec son bon droit.
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Par Luniver, le 13/05/2013
En attendant le vote des bêtes sauvages de
Ahmadou Kourouma
Pendant huit siècles, la mythologie et les génies contentèrent les Songhaïs : les cultes holey restèrent immuables. Avec la colonisation qui les frappa, les réprima et les dispersa à travers toute l'Afrique de l'Ouest, les Songhaïs s'aperçurent qu'il manquait une catégorie à leur univers : la méchanceté ; des dieux à leur panthéon : les méchants. Ils créèrent les hawka. Les hawka sont des génies méchants. L'état-major des génies méchants est calqué sur l'organisation de l'administration coloniale. C'est ainsi que dans cet état-major on trouve le génie méchant Gommo (le gouverneur), le Zeneral Malia (le général des militaires), le King Zuzi (le roi des juges), le Sekter (le secrétaire de l'administration) et le Kaporal Gardi (le caporal des gardes).
L'administration coloniale Croccichia qui termina gouverneur des colonies voulut par la force interdire les danses de possession. Il n'y parvient pas et y gagna lui-même d'être divinisé sous la forme du plus méchant des méchants génies, le Krosisya ou Kommando Magu (le commandant mauvais).
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Par Luniver, le 07/05/2013
En attendant le vote des bêtes sauvages de
Ahmadou Kourouma
Ah ! Tiécoura, les Vietnamiens sont les Pygmées d'Asie, de frêles Pygmées. Ils ont chassé de leurs terres tous les grands peuples de l'univers. Peuples grands par le nombre de leurs habitants comme les Chinois ; peuples grands par les moyens techniques de leur armée comme les Américains ; peuples grands par leur culture et leur histoire comme les Français. Il est à parier que, si l'univers entier s'alliait pour occuper le sol vietnamien, les Viets vaincraient et jetteraient les soldats du monde entier à la mer.
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Par Luniver, le 10/05/2013
En attendant le vote des bêtes sauvages de
Ahmadou Kourouma
Chaque cordoua était dans son accoutrement effarant de cordoua. Sur la tête, un bonnet ayant comme visière un bec de vieux vautour ; un bec de vautour pour signifier que tout homme est un cupide et un charognard comme le vil vautour. Et rien autre. Au cou, une calebasse pour mendier sa pitance, un gobelet pour boire, une cuillère pour manger et un gros os. Un gros os pour signifier qu'un homme est aussi un chien errant en quête perpétuelle de sa nourriture. Et rien autre. En bandoulière, une besace contenant une flûte pour faire de la musique et un sachet d'antipoison. Un sachet d'antipoison pour ne jamais consommer ce qu'un homme peut t'offrir sans s'assurer qu'il ne t'empoisonne pas. L'homme n'aime pas son prochain et il ne lui offre à manger que pour le supprimer. Et rien autre. À sa ceinture, une peau de singe avec la queue qui bat sur les fesses. La queue de singe sur les fesses pour signifier que tout homme est un péteur. Et pas autre chose. Quand il ne joue pas de sa flûte, des insanités, des balivernes. Des insanités et balivernes pour signifier que l'homme est un mensonger, un arbre de mensonges et de bêtises. Et rien, absolument rien autre.
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Par skyso, le 08/12/2010
Allah n'est pas obligé de
Ahmadou Kourouma
Ingérence humanitaire, c’est le droit qu’on donne à des Etats d’envoyer des soldats dans un autre Etat pour aller tuer des pauvres innocents chez eux, dans leur propre pays, dans leur propre village, dans leur propre case, sur leur propre natte.