-
Par Castellac, le 23/10/2010
L'Archangélique et autres poèmes de
Georges Bataille
Je bois dans ta déchirure
et j'étale tes jambes nues
je les ouve comme un livre
où je lis ce qui me tue.
-
Par ophrys, le 19/01/2011
Histoire de l'oeil de
Georges Bataille
A d’autres l’univers paraît honnête. Il semble honnête aux honnêtes gens parce qu’ils ont des yeux châtrés. C’est pourquoi ils craignent l’obscénité. Ils n’éprouvent aucune angoisse s’ils entendent le cri du coq ou s’ils découvrent le ciel étoilé. En général, on goûte les « plaisirs de la chair » à la condition qu’ils soient fades.
Mais, dés lors, il n’était plus de doute : je n’aimais pas ce qu’on nomme « les plaisirs de la chair », en effet parce qu’ils sont fades. J’aimais ce que l’on tient pour « sale ». Je n’étais nullement satisfait, au contraire, par la débauche habituelle, parce qu’elle salit seulement la débauche et, de toute façon, laisse intacte une essence élevée et parfaitement pure. La débauche que je connais souille non seulement mon corps et mes pensées mais tout ce que j’imagine devant elle et surtout l’univers étoilé…
> lire la suite
-
Par zohar, le 07/02/2011
Les larmes d'Eros de
Georges Bataille
Ces corps mêlés, qui, se tordant, se pâmant, s'abîment dans des excès de volupté, vont à l'opposé de la mort, qui les vouera, plus tard, au silence de la corruption.
En effet, l'érotisme est lié à la naissance, à la reproduction qui sans fin répare les ravages de la mort.
-
Par Colonel, le 31/10/2010
Oeuvres complètes, tome 11 : Articles I 1944-1949 de
Georges Bataille
C’est seulement s’ils se battent jusqu’à la mort ou s’ils sont pris par une émotion physique violente et contagieuse que des êtres humains sortent de cette difformité confuse de leurs intérêts qui en fait ensemble une accumulation de déchets inertes.
-
Par ophrys, le 19/01/2011
Histoire de l'oeil de
Georges Bataille
D’ailleurs les régions marécageuses du cul – auxquelles ne ressemblent que les jours de crue et d’orage ou les émanations suffocantes des volcans, et qui n’entrent en activité, comme les orages ou les volcans, qu’avec quelque chose d’un désastre – ces régions désespérantes que Simone, dans un abandon qui ne présageait que des violences, me laissait regarder comme en hypnose, n’étaient plus désormais pour moi que l’empire souterrain d’une Marcelle suppliciée dans sa prison et devenue la proie des cauchemars.
-
Le bleu du ciel de
Georges Bataille
[ Incipit ]
Dans un bouge de quartier de Londres, dans un lieu hétéroclite des plus sales, au sous-sol, Dirty était ivre. Elle l'était au dernier degré, j'étais près d'elle (ma main avait encore un pansement, suite d'une blessure de verre cassé). Ce jour-là, Dirty avait une robe du soir somptueuse (mais j'étais mal rasé, les cheveux en désordre). Elle étirait ses longues jambes, entrée dans une convulsion violente. Le bouge était plein d'hommes dont les yeux devenaient très sinistres. Ces yeux d'hommes troublés faisaient penser à des cigares éteints. Dirty étreignait ses cuisses nues à deux mains. Elle gémissait en mordant un rideau sale. Elle était aussi saoule qu'elle était belle : elle roulait des yeux ronds et furibonds en fixant la lumière du gaz.
- Qu'y a-t-il ? cria-t-elle.
En même temps. elle sursauta, semblable à un canon qui tire dans un nuage de poussière. Les yeux sortis, comme un épouvantail, elle eut un flot de larmes.
- Troppmann ! cria-t-elle à nouveau.
Elle me regardait en ouvrant des yeux de plus en plus grands. De ses longues mains sales elle caressa ma tête de blessé. Mon front était humide de fièvre. Elle pleurait comme on vomit, avec une folle supplication. Sa chevelure, tant elle sanglotait, fut trempée de larmes.
> lire la suite
-
Par Colonel, le 31/10/2010
Oeuvres complètes, tome 11 : Articles I 1944-1949 de
Georges Bataille
Il est temps d’abandonner le monde des civilisés et sa lumière. Il est trop tard pour tenir à être raisonnable et instruit — ce qui a mené à une vie sans attrait. Secrètement ou non, il est nécessaire de devenir tout autres ou de cesser d’être.
-
Le bleu du ciel de
Georges Bataille
La terre sous ce corps, était ouverte comme une tombe, son ventre s'ouvrit à moi comme une tombe fraiche.Nous étions frappés de stupeur, faisant l'amour au dessus d'un cimetière étoilé.Chacune des lumières annonçait un squelette dans une tombe, elles formaient ainsi un ciel vacillant, aussi trouble que les mouvements de nos corps mêlés.
-
Le bleu du ciel de
Georges Bataille
Je n'insinue pas qu'un sursaut de rage ou que l'épreuve de la souffrance assurent seuls aux récits leur pouvoir de révélation;j'en ai parlé ici pour arriver à dire qu'un tourment qui me rongerait est seul à l'origine des monstrueuses anomalies du Bleu du ciel; ces anomalies fondent Le Bleu du ciel.
-
Madame Edwarda ; Le mort ; Histoire de l'oeil de
Georges Bataille
[ "Madame Edwarda" ]
MON ANGOISSE EST ENFIN L'ABSOLUE SOUVERAINE. MA SOUVERAINETÉ MORTE EST A LA RUE.
INSAISISSABLE — AUTOUR D'ELLE UN SILENCE DE TOMBE — TAPIE DANS L'ATTENTE D'UN TERRIBLE — ET POURTANT SA TRISTESSE SE RIT DE TOUT.