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Par marina53, le 17/08/2012
L'adieu aux iles de
Hervé Jaouen
C'était la Bretagne et seule cette province leur semblait capable de rivaliser avec la beauté sauvage de leurs îles.
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Par zabeth55, le 06/09/2012
Les Filles de Roz-Kelenn de
Hervé Jaouen
Dans son grand âge, Jabel, devenue Jabel gozh, aimerait répéter : « Napoléon et moi on a été battus à Waterloo, lui par les autrichiens, moi par les curés », ce qui la faisait rire en claquant du dentier.
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Par tamara29, le 04/12/2012
Que ma terre demeure de
Hervé Jaouen
Il y a des combats qu'on perd avec plaisir parce que la défaite vous libère de l'obsession du défi.
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Par canel, le 01/05/2012
Mamie mémoire de
Hervé Jaouen
(...) le problème de Mamie n'est pas que sa mémoire s'en aille mais plutôt qu'elle déborde, par moments. Certains souvenirs très forts encombrent sa tête, s'entrechoquent comme des boules de billard et provoquent des crashs. (p. 94)
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L'adieu au Connemara de
Hervé Jaouen
L’attente est le plus subtil des supplices que les autorités infligent aux émigrants. Au dénuement, à la faim, au malheur, il faut ajouter le découragement. Le simple découragement. L’épice qui relève le plat qu’on ne leur sert pas, la pincée de sel qui avive les plaies. Qui devrait aviver les plaies. Or, le paradoxe de cette attente, c’est qu’au lieu de susciter de l’impatience elle engendre l’indifférence.
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Par phiphi, le 23/06/2011
Aux armes Zécolos de
Hervé Jaouen
J’ai observé que les gens, quand ils prennent leur retraite, se divisent principalement en deux camps. Soit ils se laissent glisser sur la mauvaise pente de l’oisiveté gastronome, en pagayant ferme de la fourchette dans la blanquette, le ragoût et autres plats en sauce ; ceux-ci meurent prématurément en scène, au restaurant. Frappés d’apoplexie, ils piquent du nez dans un navarin, puis finissent simplement étouffés ou carrément noyés, selon la profondeur de l’assiette et l’épaisseur de la liaison. Soit, à l’inverse, soudain malades de leur santé, ils grignotent de la biscotte sans sel, chipotent sur la margarine allégée, sculptent leur corps, s’infligent des joggings marathoniens, lestés d’un pèse-personne en bandoulière pour évaluer leur perte de poids tous les cent mètres ; ils prolongent ainsi leur existence, mais quelle vie de souffrances et de vexations ! Et comme personne n’est éternel, quand leur trépas survient, nul besoin de les momifier, ils n’ont plus que la peau sur les os.
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Par mgeffroy, le 06/03/2008
Au-dessous du calvaire de
Hervé Jaouen
Naïg et son mari n’avaient pas jugé utile de se barricader derrière des murs et un portail.
Kermanac’h entra directement dans le jardinet de devant, lut le nom sur une plaque en faïence décorée façon Quimper – Monsieur & Madame Robert Cornec – et appuya sur le bouton de la sonnette.
Dans d’autres familles, la soeur aurait été dans le jardin ou dans la rue à attendre son frère, en se triturant les mains. Elle aurait couru, crié, se serait jetée dans ses bras. Pas chez les Kermanac’h où les vivants n’avaient pas l’habitude de se lécher le museau et où les morts comprenaient parfaitement qu’on ne leur chiale pas après comme des matous en chaleur miaulent des nuits entières après la lune.
La porte s’ouvrit, Naïg essuya ses mains dans son tablier.
— Alors, te voilà, dit-elle.
— Oui, puisque tu ne m’as pas abandonné.
— Toi non plus. Toi non plus, tu ne m’as pas laissée toute seule avec mon malheur.
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L'adieu au Connemara de
Hervé Jaouen
Quand on aime un pays, rien de plus normal que de s’intéresser à son passé.
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Par canel, le 01/05/2012
Mamie mémoire de
Hervé Jaouen
Représente-toi la mémoire sous la forme d'un damier avec des milliers de petites cases éclairées, reliées entre elles par de minuscules fils électriques. Si des fils cassent, des cases s'éteignent. Ca, ce serait une attaque cérébrale. Une tumeur produirait l'effet d'une bouteille d'encre qu'on renverserait sur le damier. Tout un tas de cases seraient obscurcies d'un coup. Le problème de Mamie, c'est que les cases pâlissent les unes après les autres, et s'éteignent doucement. (p. 57)
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Par yv1, le 19/10/2012
Dans l'oeil du Schizo de
Hervé Jaouen
Monsieur le Président, vous possédez un Kärcher, moi aussi ! Faisons équipe ! Descendons ensemble, sans peur et sans reproche, dans la fosse aux grizzlis !
Et que sous les tirs croisés de nos jets purificateurs jaillisse du magma purulent ce cri que je pousse en vain : JUSTICE ! JUSTICE ! JUSTICE !
Créons notre entreprise de détartrage sociétal ! Formons un duo d'assainissement ! Nettoyons ensemble les silences excrémentiels ! (p.91)
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