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Par canel, le 01/05/2012
Mamie mémoire de
Hervé Jaouen
(...) le problème de Mamie n'est pas que sa mémoire s'en aille mais plutôt qu'elle déborde, par moments. Certains souvenirs très forts encombrent sa tête, s'entrechoquent comme des boules de billard et provoquent des crashs. (p. 94)
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Par mgeffroy, le 06/03/2008
Au-dessous du calvaire de
Hervé Jaouen
Naïg et son mari n’avaient pas jugé utile de se barricader derrière des murs et un portail.
Kermanac’h entra directement dans le jardinet de devant, lut le nom sur une plaque en faïence décorée façon Quimper – Monsieur & Madame Robert Cornec – et appuya sur le bouton de la sonnette.
Dans d’autres familles, la soeur aurait été dans le jardin ou dans la rue à attendre son frère, en se triturant les mains. Elle aurait couru, crié, se serait jetée dans ses bras. Pas chez les Kermanac’h où les vivants n’avaient pas l’habitude de se lécher le museau et où les morts comprenaient parfaitement qu’on ne leur chiale pas après comme des matous en chaleur miaulent des nuits entières après la lune.
La porte s’ouvrit, Naïg essuya ses mains dans son tablier.
— Alors, te voilà, dit-elle.
— Oui, puisque tu ne m’as pas abandonné.
— Toi non plus. Toi non plus, tu ne m’as pas laissée toute seule avec mon malheur.
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Par canel, le 01/05/2012
Mamie mémoire de
Hervé Jaouen
Représente-toi la mémoire sous la forme d'un damier avec des milliers de petites cases éclairées, reliées entre elles par de minuscules fils électriques. Si des fils cassent, des cases s'éteignent. Ca, ce serait une attaque cérébrale. Une tumeur produirait l'effet d'une bouteille d'encre qu'on renverserait sur le damier. Tout un tas de cases seraient obscurcies d'un coup. Le problème de Mamie, c'est que les cases pâlissent les unes après les autres, et s'éteignent doucement. (p. 57)
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Par phiphi, le 23/06/2011
Aux armes Zécolos de
Hervé Jaouen
J’ai observé que les gens, quand ils prennent leur retraite, se divisent principalement en deux camps. Soit ils se laissent glisser sur la mauvaise pente de l’oisiveté gastronome, en pagayant ferme de la fourchette dans la blanquette, le ragoût et autres plats en sauce ; ceux-ci meurent prématurément en scène, au restaurant. Frappés d’apoplexie, ils piquent du nez dans un navarin, puis finissent simplement étouffés ou carrément noyés, selon la profondeur de l’assiette et l’épaisseur de la liaison. Soit, à l’inverse, soudain malades de leur santé, ils grignotent de la biscotte sans sel, chipotent sur la margarine allégée, sculptent leur corps, s’infligent des joggings marathoniens, lestés d’un pèse-personne en bandoulière pour évaluer leur perte de poids tous les cent mètres ; ils prolongent ainsi leur existence, mais quelle vie de souffrances et de vexations ! Et comme personne n’est éternel, quand leur trépas survient, nul besoin de les momifier, ils n’ont plus que la peau sur les os.
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Par mgeffroy, le 06/03/2008
Au-dessous du calvaire de
Hervé Jaouen
De sa fenêtre, Kermanac’h avait vu les jupes des filles raccourcir et les cheveux des lycéens s’allonger. Il avait vu les DS remplacer les tractions avant, les 4L succéder aux Juvaquatre et les R16 aux Frégate, et les tracteurs éliminer les chevaux. Le monde n’avait pas arrêté de changer et pourtant le monde était toujours aussi dingo.
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Par canel, le 01/05/2012
Mamie mémoire de
Hervé Jaouen
On aurait tort de se figurer qu'une minifamille est unie comme les doigts de la main. Cette main-là, autant le dire tout de suite, ne ressemble pas à celle d'un palmipède. Enfin à la patte d'un palmipède. Il n'y a que deux doigts, aussi différents et aussi éloignés l'un de l'autre que le pouce et l'auriculaire. Entre les deux se situe le grand vide de fréquentations très épisodiques. Une question d'art de vivre. (p. 30)
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Ceux de Menglazeg de
Hervé Jaouen
Noire comme l'ardoise.
Quatrième volume d'une grande fresque qu'Hervé Jaouen consacre à la Bretagne à travers la saga d'une famille et de ses ramifications. L'éditeur nous rappelle que chaque volume est indépendant et par conséquence il est possible de les lire séparément et sans ordre imposé.
Au coeur des Montagnes Noires au bord du Canal de Nantes à Brest, Sylvaine regarde très troublée des traces de pneus qui laissent supposer qu'une voiture a coulé à cet endroit !
Est-ce la 2CV de la famille conduite par sa mère Aurore avec, à son bord, petit Louis et Capucine ? Est-ce un suicide, conséquence d'une énième dispute particulièrement violente entre elle et sa mère hier soir ? Pendant quelques instants, elle aussi pense se jeter à l'eau avec sa mobylette. Un dernier réflexe et seul le deux roues sombrera ! Mais la question est la suivante :
-« Que faire maintenant ?»
Lire la suite ici :http://eireann561.canalblog.com/archives/2011/09/01/21911373.html
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Par yv1, le 09/09/2011
Ceux de Menglazeg de
Hervé Jaouen
Les plus méchantes parleraient d'épouvantail à moineaux fabriqué aux Champs-Elysées : sur ces formes rebondies devant et derrière, sur toute cette chair, regardez donc cette robe cheuc'h [chic], enrichie -pour rappeler la collerette des gilles [la famille nordiste d'Aurore]- d'un mantelet en satin, aussi seyant à cette tête bouffie, à ces petits yeux derrière des lunettes d'écaille, à ces bajoues et à cette lèvre supérieure surlignée de duvet brun, qu'un col de gilet de sauvetage à une tête de veau sur l'étal d'un boucher. [...] Plus tard dans la journée, on apprendrait que la mariée [Aurore] compensait sa mocheté par sa gaieté et son appétit de réjouissances. A table, Aurore n'était pas du genre à laisser sa part au voisin, et jamais elle ne mettait sa main entre une bouteille de vin et son verre, et en pleines libations Madame n'était pas la dernière à pousser la chansonnette cochonne. (p27/28)
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Les ciels de la baie d'Audierne de
Hervé Jaouen
Entre la pointe de la Torche et la pointe du Raz,se situe la baie d'Audierne,une longue,très longue,interminable plage de sable fin, adossée aux dunes et à un paysage battu par les vents. Un coin sauvage...
La mer y est sans cesse agitée de rouleaux et la baignade y est interdite à cause des courants.
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Par yv1, le 09/09/2011
Ceux de Menglazeg de
Hervé Jaouen
L'Aurore boréale en cloque, l'assistante sociale qui surveille son bide comme un paysan le tour de taille de son cochon à l'engraissement, et la voilà à point, crac direction la maternité, et Madame pond son oeuf, le dénommé Eddy, comme Mitchell. Si elle avait continué à pondre, tout le hit parade y serait passé.[le premier enfant confié à la DDASS se nommait Johnny] L'oeuf, il a été ramassé tout frais pondu sous le cul de la pondeuse. comme si elle avait accouché en haut d'un toboggan. Poussez, poussez, qu'on lui dit, et hop, elle expulse le produit de la bête à deux dos, et hop il glisse direct dans le couffin de la DDASS. Adieu couvée ! C'est pas beau ça ? (p.54)
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