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Travail fantôme (le) de
Ivan Illich
Jusqu’à nos jours, le développement économique a toujours signifié que les gens, au lieu de faire une chose, seraient désormais en mesure de l’acheter. Les valeurs d’usage hors-marché sont remplacées par des marchandises. Le développement économique signifie également qu’au bout d’un moment il faut que les gens achètent la marchandise, parce que les conditions qui leur permettaient de vivre sans elle ont disparu de leur environnement, physique, social ou culturel. L’environnement ne peut plus être utilisé par ceux qui sont dans l’incapacité d’acheter le bien ou le service.
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Par Outis, le 26/09/2007
La Convivialité de
Ivan Illich
Si nous voulons pouvoir dire quelque chose du monde futur, dessiner les contours théoriques d’une société à venir qui ne soit pas hyper-industrielle, il nous faut reconnaître l’existence d’échelles et de limites naturelles. L’équilibre de la vie se déploie dans plusieurs dimensions ; fragile et complexe, il ne transgresse pas certaines bornes. Il y a certains seuils à ne pas franchir. Il nous faut reconnaître que l’esclavage humain n’a pas été aboli par la machine, mais en a reçu figure nouvelle. Car, passé un certain seuil, l’outil, de serviteur, devient despote. Passé un certain seuil, la société devient une école, un hôpital, une prison. Alors commence le grand enfermement. (…) J’appelle société conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes. Conviviale est la société où l’homme contrôle l’outil.
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Travail fantôme (le) de
Ivan Illich
La famille nucléaire n’est pas nouvelle. Ce qui est sans précédent, c’est une société qui fait de la famille de non-subsistance une norme, impliquant ainsi une discrimination à l’encontre de tous les autres types de liens entre deux personnes ne prenant pas pour modèle cette nouvelle famille. / Cette nouvelle entité apparut au XIXe siècle sous la forme de la famille du salarié. Son but était d’accoupler un salarié principal et son ombre. Le foyer devint le lieu où était dépensé le salaire. […]
Ceci demeure vrai de nos jours, même lorsque tous les membres d’un foyer, d’une part gagnent leur vie, et d’autre part contribuent au travail ménager. Cela demeure même vrai pour la « studette du célibataire » équipée d’un « mini-frigo pour foyer d’une personne ».
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Par gaillard1, le 05/10/2010
Une société sans école de
Ivan Illich
Prisonnier de l'idéologie scolaire, l'être humain renonce à la responsabilité de sa propre croissance et, par cette abdication, l'école le conduit à une sorte de suicide intellectuel.
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La Convivialité de
Ivan Illich
L’ensemble de la société consacre de plus en plus de temps à la circulation qui est supposée lui en faire gagner. l'Américain type consacre, pour sa part, plus de 1500 heures par an à sa voiture : il y est assis, en marche ou à l’arrêt, il travaille pour la payer, pour acquitter l’essence, les pneus, les péages, l’assurance, les contraventions et les impôts. Il consacre donc quatre heures par jour à sa voiture, qu’il s’en serve, s’en occupe ou travail pour elle. Et encore, ici ne sont pas prises en compte toutes ses activités orientées par le transport : le temps passé à l’hôpital, au tribunal ou au garage, le temps passé à regarder à la télévision la publicité automobile, le temps passé à gagner de l’argent pour voyager pendant les vacances, etc. A cet Américain, il faut donc 1 500 heures pour faire 10 000 kilomètres de route; environ 6 kilomètres lui prennent une heure.
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Travail fantôme (le) de
Ivan Illich
« La majorité de la population appartient à ce néo-prolétariat post-industriel des sans-statut et des sans-classe […] Surqualifiés […], ils ne peuvent se reconnaître dans l’appellation de « travailleur », ni dans celle, symétrique, de « chômeur » […]. La société produit pour faire du travail […]. Le travail devient astreinte inutile par laquelle la société cherche à masquer aux individus leur chômage […] Le travailleur assiste à son devenir comme à un processus étranger et à un spectacle. »
André Gorz
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Par gaillard1, le 05/10/2010
Une société sans école de
Ivan Illich
Pour qu'un homme puisse grandir, ce dont il a besoin c'est du libre accès aux choses, aux lieux, aux méthodes, aux événements, aux documents. Il a besoin de voir, de toucher, de manipuler, je dirais volontiers de saisir tout ce qui l'entoure dans un milieu qui ne soit pas dépourvu de sens.
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Par gaillard1, le 05/10/2010
Une société sans école de
Ivan Illich
Tout mouvement de libération de l'homme ne saurait plus passer maintenant que par une déscolarisation.
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Par Outis, le 26/09/2007
La Convivialité de
Ivan Illich
L’homme qui trouve sa joie et son équilibre dans l’emploi de l’outil convivial, je l’appelle austère. Il connaît ce que l’espagnol nomme la convivencialidad, il vit dans ce que l’allemand décrit comme Mitmenschlichkeit. Car l’austérité n’a pas vertu l’isolation ou la clôture sur soi. Pour Aristote comme pour Thomas d’Aquin, elle est ce qui fonde l’amitié. En traitant du jeu ordonné et créateur, Thomas définit l’austérité comme une vertu qui n’exclut pas tous les plaisirs, mais seulement ceux qui dégradent la relation personnelle. L’austérité fait partie d’une vertu plus fragile qui la dépasse et qui l’englobe : c’est la joie, l’eutrapelia, l’amitié.
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Une société sans école de
Ivan Illich
L’enseignement fait de l’aliénation la préparation à la vie, séparant ainsi l’éducation de la réalité et le travail de la créativité. Il prépare à l’institutionnalisation aliénatrice de la vie en enseignant le besoin d’être enseigné. Une fois cette leçon apprise, l’homme ne trouve plus le courage de grandir dans l’indépendance, il ne trouve plus d’enrichissement dans ses rapports avec autrui, il se ferme aux surprises qu’offre l’existence lorsqu’elle n’est pas prédéterminée par la définition institutionnelle.
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