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Par Morelinde, le 08/02/2012
J'aime pas les autres de
Jacques André Bertrand
Nous avons souvent discuté de quelle pouvait être la situation la plus enviable pour un enfant : un père présent, un père absent ou un statut d'orphelin à part entière. Nous avons fini par conclure qu'on ne pouvait jurer de rien, et que, de toute façon, la vie nous offrait généralement de tester tour à tour ces trois positions.
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Par Reka, le 07/06/2009
J'aime pas les autres de
Jacques André Bertrand
J'ai également beaucoup réfléchi à ceci : l'incroyance est une forme de croyance. Je n'ai jamais supporté aucune forme d'intégrisme, y compris l'intégrisme athée. L'intégrisme est le syndrome d'une maladie grave - une vie intérieure déficitaire - qui pousse l'individu atteint à se précipiter sur n'importe quelle affirmation, généralement infondée, à lui consacrer son existence, espérant combler ainsi son propre néant. Au besoin en éliminant les autres. Les autres ne se mettent jamais à la place des autres. (p. 77)
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Par urbanbike, le 16/02/2010
Les Sales Betes de
Jacques André Bertrand
À l'automne, l'araignée, qui n'est pas plus bête qu'une autre, abandonne la vie au grand air pour s'installer en appartement. Elle est alors la malheureuse victime d'un véritable génocide en chambre que les hommes pratiquent pour plaire aux femmes. C'est un spectacle désolant que celui d'un homme poursuivant une araignée, armé d'un balai (ou d'un aspirateur). Quelquefois l'araignée réussit à disparaître (généralement sous le lit) et la femme préfère demander à l'homme de lui appeler un taxi. Certains hommes - et en particulier les naturalistes - essayent d'expliquer aux femmes que la phobie des araignées est un truc idiot, comme la plupart des phobies, mais ça prend du temps et ça n'arrange pas leurs affaires. Bien entendu, il en est ainsi dans toutes les statistiques, certaines femmes adorent les araignées et certains hommes en ont une au plafond.
(Notons que « l'araignée au plafond » est un phénomène exclusivement français ; les Anglais, par exemple, se contentent d'avoir « une abeille dans le bonnet ».)
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Par urbanbike, le 16/02/2010
Les Autres C'Est Rien Que des Sales Types de
Jacques André Bertrand
« Maman craignait que notre vieille servante ne tombât malade de surmenage », note Proust quelque part.
Le léger malaise et l'indisposition passagère (heureusement sans gravité) voisinent avec les épidémies les plus redoutables. La contagion menace. La rémission précède la rechute. Le Malade prévoit le pire. Des effets secondaires empoisonnants. Des affections nosocomiales. On lui enlève les amygdales ou des polypes au gros côlon, il ressortira de l'hôpital avec une infection pulmonaire. Enfin, comme il se dit au comptoir du Café des Boulistes, « il faut bien mourir de quelque chose ».
Tout cela contribue à rendre le Malade insupportable. D'autant plus insupportable qu'il n'est pas toujours très malade. Il est seulement mal fichu. Souffreteux. Un peu dérangé. Patraque. Oui, mon Dieu, c'est embêtant, bien sûr, d'être toujours patraque. Mais enfin, c'est bénin, non ? Ben non ! Quand ça lui arrive personnellement, à lui, rien n'est bénin. Inutile d'essayer de vous mettre à sa place. D'ailleurs vous n'en avez aucune envie, ne serait-ce qu'à cause de cette migraine persistante qui vous rend toute discussion pénible.
Le fétu de paille qu'il a dans l'oeil empêche le Malade d'apercevoir la poutre dans l'oeil de son voisin. Au royaume du bénin, l'aveuglement est roi.
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J'aime pas les autres de
Jacques André Bertrand
Comment je me suis fâché avec tout le monde, je ne sais plus très bien. Longtemps, j’ai cru aimer les autres. Peut-être que je croyais les aimer parce que je voulais qu’ils m’aiment. Vous voulez toujours que les autres vous aiment. Enfin, vous croyez. C’est des gens bizarre les autres. Vous pensez qu’ils sont comme vous. Et pas du tout. Ils sont comme les autres. J’aime pas les autres
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Mariages de
Jacques André Bertrand
es années qui suivirent ne peuvent se raconter. Si je disposais du talent nécessaire pour le faire, vous ne me croiriez pas. Ou bien vous vous écrieriez : Oh, ce n'était que ça! Ce n'était rien. C'était tout. Aimer, c'est connaître, renaître, remonter le fil de l'autre depuis sa naissance. Le débarrasser de la question de son identité. Quand on vous aime, vraiment, vous n'avez plus à vous demander qui vous êtes, vous pouvez l'être tranquillement. Et quand on vous quitte, vous n'êtes plus personne.
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Par Reka, le 03/06/2009
J'aime pas les autres de
Jacques André Bertrand
C'est des gens bizarres, les autres. Vous pensez qu'ils sont comme vous. Et pas du tout. Ils sont comme les autres.
J'aime pas les autres. (p. 11)
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Par Reka, le 07/06/2009
J'aime pas les autres de
Jacques André Bertrand
Il est arrivé qu'un membre de l'Académie française - ne figurant pourtant pas parmi les plus âgés - écrive un jour dans un journal de bonne réputation que le paradoxe était "la marque des esprits en panne". Je ne suis évidemment pas du tout de son avis. La crainte du paradoxe et le refus de la coïncidence des opposés me semblent au contraire le syndrome d'une hémiplégie spirituelle. (p.95)
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Par livr-esse, le 30/06/2009
J'aime pas les autres de
Jacques André Bertrand
"Sans compter que, parfois, les filles, c'est presque pire que les garçons. Souvent plus réalistes, voire plus crues. Des saintes-nitouches qu'on aimerait tellement pouvoir toucher et qui s'envolent en piaillant comme les moineaux des platanes dès que vous faites un pas."
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Mariages de
Jacques André Bertrand
Les mariages malheureux sont tellement plus amusants.