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Par Reka, le 31/08/2009
La tête en friche de
Marie-Sabine Roger
Moi, je n’ai pas été « bien élevé ». On m’a dressé à coups de pierres, comme on fait aux clébards qui traînent dans la rue (C’est façon de parler. Ma mère était barjot, mais pas à ce point-là). Enfin disons que je n’ai pas eu une enfance facile.
Du coup, je ne fais pas toujours dans la dentelle, les gens me trouvent un peu raide, je sais. Quand je veux m’exprimer, je sens bien que je choque, rien qu’à voir leur façon de tordre un peu la bouche, ou de plisser le nez à croire que ça pue.
Le problème, c’est que je dis les choses que je pense avec les mots que j’ai appris. Forcément, ça limite. C’est peut-être pour ça que j’ai l’air trop direct, à force de parler toujours en ligne droite. Mais un chat, c’est un chat, et un con, c’est un con. J’y peux rien, si les mots existent. Je m’en sers et c’est tout. Y a pas de quoi fouetter une pendule. En même temps, ça me fout des complexes. Pas tellement parce que sur quinze mots, j’en dis douze qui sont vulgaires, mais parce que quinze mots, ça suffit pas toujours à dire le total. (p. 122-123)
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Par Seraphita, le 17/05/2009
La tête en friche de
Marie-Sabine Roger
Je repense à ce mot, inculte – Qui n’est pas cultivé. Voir : friche – qui m’était venu dans la tête, un jour, pendant que je parlais avec Margueritte. Et au rapport qu’il y a entre la culture des livres et l’autre, des topinambours. C’est pas parce qu’on ne cultive pas un terrain qu’il n’est pas bon pour les patates ou autres. Faut pas croire, c’est pas de bêcher qui rend le sol meilleur : ça le prépare seulement à bien recevoir les semis. Ça l’aère. Parce que si le terrain est trop acide, trop calcaire, ou trop pauvre, il prendra pas n’importe quoi, de toutes les façons.[…]
Ce qui me fait aller vers cette conclusion que pour les gens, c’est du pareil au même : c’est pas parce qu’on est inculte qu’on n’est pas cultivable. Il suffit de tomber sur un bon jardinier. Si c’est un mauvais, qui n’a pas le doigté, il vous gâche.
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Par Marsup, le 12/09/2010
Vivement l'avenir de
Marie-Sabine Roger
C'est un peu ça que je ne veux pas faire : ranger mes rêves au fond d'un tiroir-caisse, et rendre la monnaie sur tous mes faux espoirs.
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La tête en friche de
Marie-Sabine Roger
L'affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahit pire que du chiendent. Ensuite c'est trop tard : le coeur, on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse .p 158
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Bon rétablissement de
Marie-Sabine Roger
Ce n'est pas la croyance qui me gêne , c'est ce que certains croyants en font.On a tué et on tuera encore au nom d'un Dieu hypothétique, auquel on prête - s'il existe - bien des médiocrités humaines.Au final, je me demande même ce que je crains le plus, de l'intégriste violent ou du prosélyte onctueux. Chacun brandit à la la face su monde son Dieu, ses préceptes et ses textes sacrés, comme autant de drapeaux dans un stade. Les fanatiques ne sont qu'une foutue bande de hooligans de merde : dangereux, hostiles et butés.
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Par Marsup, le 12/09/2010
Vivement l'avenir de
Marie-Sabine Roger
Si un jour je trouve ma voie, ce sera sûrement une impasse.
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Par oops, le 22/10/2010
Vivement l'avenir de
Marie-Sabine Roger
A quoi ça sert d'aimer, quand c'est pas réciproque, sinon à se pourrir la vie ?
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Vivement l'avenir de
Marie-Sabine Roger
Putain, les dents de lait ! Rien que d'y repenser j'en ai eu des frissons !
Chez moi, quand j'étais petit, on nous les arrachait à la ficelle. S'il y a un truc de taré, c'est celui-là, je vous jure ! Ma mère accrochait la dent qui branlait à un fil, le fil à la poignée d'une porte. Une saloperie de fil chinois, celui qui résiste tellement bien aux tractions que tu peux toujours essayer de le casser entre tes mains : t'as beau forcer comme un âne, tu t'entailles la peu des doigts jusqu'à la pulpe et puis c'est tout.
Le future édenté se mettait d'un côté du battant, tout tremblant, et mon père de l'autre.
Après, il y avait un rituel à la con. Il fallait toquer à la porte.
Le bourreau répondait :
- Qui est là ?
Comme s'il ne le savait pas, l'enfoiré !
Et l'agneau du méchoui - mon frère, ma sœur ou moi, selon - répondait d'une voix constipée :
- C'est moi !
- À qui voulez-vous parler ?
On voulait plus parler à personne, on voulait seulement enlever la ficelle, se barrer en courant, et garder cette putain de dent de lait pour toujours dans sa bouche, tant pis si elle battait de l'aile.
Mais le bourreau insistait :
- À qui voulez-vous parlez ? avec une sale voix sirupeuse.
Alors, tout en faisant la goutte dans le slip, tellement on crevait de trouille, on bêlait :
- Je voudrais parler à la petite souris...
(Enfin, ça donnait plutôt "ze vou'rais 'arler à la 'etite chouris" à cause de la ficelle qui tenait notre dent au collet, plus serrée qu'une main d'étrangleur sur le cou frêle de sa victime.)
Et là, vlan !Mon père tirait la porte à lui d'un coup sec, en gueulant :
- Elle est iciii !
(...)
La souris n'avait plus qu'à passer.
La nuit suivante, on l'attendait, à trois, bien décidés à lui faire sa fête.
Mon frère foutait une tapette à l'entrée de la chambre, ma sœur faisait le guet sur le lit du dessus, un gros bouquin bien lourd à portée de main, moi je mettais du râpé dans une boîte d'allumettes toute badigeonnée de colle en dedans, que je laissais grande ouverte, à côté de la dent placée sous l'oreiller. Comme ça, quand elle viendrait, cette salope de souris, si elle ne se faisait pas niquer par le piège ou écraser comme une merde sous le bouquin lâché par ma sœur, alléchée comme le renard, elle s'y collerait les pattes, et je la ferais prisonnière, le temps d'aller la jeter au canal.
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Bon rétablissement de
Marie-Sabine Roger
Partir c’est mourir un peu, mais mourir c’est partir beaucoup.
Alphonse Allais
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Vivement l'avenir de
Marie-Sabine Roger
Faites pas chier avec la bière! c'est que de l'orge et du houblon, ça fait pas de mal, les céréales! La vie est courte?!(...) Quand ele finira on nous mettra où ça? Hein? En bière justement! Ben moi au moins je m'accoutume!