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La fille de Baal de
Jean-François Coatmeur
Prologue
23 décembre 1991
Delphine dansait. Elle aurait dansé toute la nuit, tant elle se trouvait bien dans son corps et son esprit, intégrée à Pambiance décontractée qui régnait parmi les invités, en parfaite symbiose avec la mélodie que diffusait le tourne-disque, Nights in Plfleite Satin, un succès des amiées soixante du groupe The Moody Blues.
Elle adorait cette musique, dont la nostalgie attendrissante lui semblait avoir été inventée à son seul usage et qu’elle absorbait par toutes les fibres de son être, indifférente aux crachotements du vieux‘ 33 tours fatigué. C’était la troisième fois déjà qu’ elle demandait au jeune garçon de la maison, promu dise-jockey, de le placer sur la platine.
La danse, pourtant, ne figurait pas au programme de la soirée. En conviant plusieurs de leurs amis, cette avant-veille de Noël, à se réunir à T. dans leur belle villa bretonne, pour sabler le champagne autour du sapin, M. et Mme Le Tallec avaient su créer une atmosphère chaleureuse, qui avait rapidement fait fondre timidités et réserves. Et quand leur fils Kevin avait
allumé son électrophone, des couples s’étaient spontanément formés.
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La fille de Baal de
Jean-François Coatmeur
Ouest-France, 24 décembre 1991
UNE ENFANT MEURT DANS LES FLAMMES
Hier soir, à T. (29), une fillette a trouvé la mort dans l’incendie qui a détruit le penty, résidence secondaire de ses parents, M. et Mme Blanchot. Attisé par un fort vent de suroît, le feu s’est développé avec une extrême violence. Et quand les pompiers de Crozon, vite arrivés sur les lieux, ont pu accéder à la chambrette de l'enfant, aménagée dans l’ancien grenier à grains, où la malheureuse Cécilia, cinq ans, s’était réfugiée, il n’y avait plus rien à faire. Sur les circonstances exactes du drame, on en est encore aux hypothèses. On suppose que, profitant d’une courte sortie de la voisine qui, en l'absence de ses parents, avait la garde de la gosse, la petite Cécilia aura voulu allumer une des bougies du sapin de Noël planté dans le séjour. Aussitôt connue, la nouvelle a provoqué une vive émotion à T. et à Brest, où le couple Blanchot est très honorablement connu.
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Par nina2loin, le 28/03/2012
Des feux sous la cendre de
Jean-François Coatmeur
La 2CV rouge vira à gauche,emprunta le chemin mal empierré qui longeait la sapinière. L'ombre gagnait rapidement, et Bernadette dut allumer ses codes. Par habitude, elle tourna le bouton du poste de radio. Elle entendit un reporter commenter avec des trémolos l'échec des pourparlers de Genève et le compte à rebours qui s'amorçait vers l'affrontement armé entre les envahisseurs irakiens et les nouveaux croisés du droit américain, et elle songea à Jean-Loup qui avait promis de manifester cet après-midi place de la Liberté contre " la sale guerre ". Elle était indécise, tourmentée, un peu honteuse. Le monde s'embrasait, elle, pareille à un tatillon gratte-papier de province, elle farfouillait dans des dossiers poussiéreux !
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Par line70, le 19/03/2011
La fille de Baal de
Jean-François Coatmeur
[...] si intimes que nous soyons, il y a quelque chose dans la personne aimée qui nous échappera toujours. L'autre, c'est toujours un autre.
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Par nina2loin, le 27/03/2012
Escroquemort de
Jean-François Coatmeur
C'est la faute à Napoléon ! S'il avait pas voulu convoler, le vieux faune, sûr que je serais pas à suer sang et eau dans le hall de la gare de Rochebourg, un après-midi du mois d'août, avec au-dehors un soleil comme on en récolte une fois tous les dix ans, qui pousserait plutôt les gens normaux à se rôtir sur les plages.
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Par nina2loin, le 21/01/2012
Narcose de
Jean-François Coatmeur
Les bureaux du BLF à Brest n'ouvraient qu'à 9 heures.