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La ferme africaine de
Karen Blixen
« Au cours de mes safaris j'ai vu un troupeau de buffles de cent vingt-deux bêtes surgir du brouillard matinal sur un horizon cuivré comme si ces bêtes massives et grises, aux cornes horizontales et compliquées, étaient sorties du néant dans le but désintéressé d'enchanter mes yeux. J'ai vu toute une troupe d'éléphants en marche dans la forêt vierge, une forêt si épaisse, qu'il ne filtrait que des éclaboussures de lumière. »
« La découverte de l'âme noire fut pour moi un évènement, quelque chose comme la découverte de l'Amérique pour Christophe Colomb, tout l'horizon de ma vie s'en est trouvé élargi. »
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La ferme africaine de
Karen Blixen
Ici, l'élément essentiel du paysage et de la vie n'était autre que l'air lui même. Lorsqu'on se remémore un séjour de plusieurs années dans les hautes terres d'Afrique, on est saisi, car on a l'impression d'avoir longtemps vécu dans les airs.(...)A cette altitude, on respirait sans peine, et on inspirait en même temps un espoir fou et léger comme une aile. Dans les hautes terres, une pensée venait immédiatement à l'esprit : "Je suis bien là, où je me dois d'être."
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Par boubi, le 26/01/2012
La ferme africaine de
Karen Blixen
L'Afrique en cet instant me parut infiniment grande et Dennys et moi, perdus dans son immensité, infiniment petits. (313)
Nous nous taisions ; nous venions de connaître une telle communion de pensée pendant notre chasse au lion, que nous n'avions plus rien à nous dire. (316)
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Par boubi, le 27/01/2012
La ferme africaine de
Karen Blixen
On prend aux indigènes plus que la terre quand on leur enlève celle de leurs pères. On les dépouille de leur passé, de leurs racines, de leurs coutumes. On les prive de tout ce qui faisait leur individualité et leur existence. (491)
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Par boubi, le 27/01/2012
La ferme africaine de
Karen Blixen
Quand on appartient à une nation civilisée, on éprouve quelque honte en pensant aux quartiers pauvres.
En Afrique, c'étaient mes boeufs qui troublaient ma conscience...
Ce sont les boeufs qui ont en Afrique payé le plus lourd tribut à la civilisation.
Partout où une terre a été défrichée,... Partout où un chemin fut tracé,...Leurs flancs ont été zébrés de coups de fouet...
...travaillent tous les jours de leur vie sans jamais connaître de dimanche. (349)
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Par boubi, le 27/01/2012
La ferme africaine de
Karen Blixen
...j'essayais alors pour me distraire et à titre d'expérience de m'adresser en vers et en souahéli aux jeunes qui m'aidaient. (367)
"Parle encore, parle comme la pluie", me disaient-ils.
Pourquoi la pluie, je ne voyais pas.
Mais ce devait être certainement flateur, car la pluie en Afrique est toujours impatiemment attendue et toujours bien reçue. (367)
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Par boubi, le 27/01/2012
La ferme africaine de
Karen Blixen
A certains égards, les liens qui s'établissent entre les Noirs et les Blancs en Afrique sont assez analogues à ceux qui se nouent entre les sexes...
Si l'un des sexes découvrait qu'il ne joue pas de rôle plus essentiel dans la vie de l'autre sexe que celui-ci n'en joue dans la sienne, il serait d'abord vexé, et ensuite blessé. (351)
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Par Latma, le 08/05/2011
La ferme africaine de
Karen Blixen
Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête, c'était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie. Quand il rasait le sol, c'était le vent dans les buissons et les hautes herbes, mais ce n'était pas la pluie. Quand il bruissait et chuintait à hauteur d'homme c'était le vent dans les champs de maïs. Il possédait si bien les sonorités de la pluie que l'on se faisait abuser sans cesse, cependant, on l'écoutait avec un plaisir certain, comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène. Et ce n'était toujours pas la pluie.
Mais lorsque la terre répondait à l'unisson d'un rugissement profond, luxuriant et croissant, lorsque le monde entier chantait autour de moi dans toutes les directions, au-dessus et au-dessous de moi, alors c'était bien la pluie. C'était comme de retrouver la mer après en avoir été longtemps privé, comme l'étreinte d'un amant.
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Par boubi, le 27/01/2012
La ferme africaine de
Karen Blixen
La silhouette de Kitosh qui sut mourir au moment opportun, prend avec le recul des années un singulier relief.
Elle personnifie ce qu'il y a d'insaisissable dans la nature, et que ses enfants découvrent à l'heure du danger, un refuge insoupconné qui s'ouvre sur leur demande et les rend inaccessibles à nos atteintes. (374)
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Par boubi, le 27/01/2012
La ferme africaine de
Karen Blixen
A force de vivre avec l'homme, les lévriers écossais ont acquis un sens humain de l'humour, ils peuvent rire. Ils ont, de la drôlerie, la même idée que les indigènes : ils s'amusent lorsque quelque chose rate.
Peut-être, pour dépasser ce stade de l'humour, faut-il avoir créé un art ou une religion ? (379)