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La vierge froide et autres racontars de
Jorn Riel
La politique c'est pour les renards, et le plus intelligent baise le moins intelligent et appelle ça la démocratie.
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Par Clakkos, le 08/03/2008
Un récit qui donne un beau visage de
Jorn Riel
Comme dit l'Eskimo : "Ne prête jamais tes chiens, tes traîneaux, tes armes ou ton kayak. On pourrait facilement te les abîmer. Mais ta femme, il faut la prêter aussi souvent que possible, car elle s'améliore à chaque fois."
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Par kathel, le 18/08/2010
Le garçon qui voulait devenir un Etre Humain de
Jorn Riel
- Tu as tué mon père, et c'est pourquoi je dois te tuer, dit-il.
- J'ai tué ton père, oui. Thorstein hocha la tête. Mais ton père avait tué mon frère et deux de ses valets. Il fallait bien que je me venge. Et maintenant, je paye ce meurtre en m'exilant pour trois ans.
- Mais il faut quand même que je t'assassine, répondit Leiv. Thorstein posa la main sur son épée.
- Ça m'a l'air raisonnable, dit-il, mais je pense que tu devrais attendre quelques années. Jusqu'au jour où tes bras seront devenus aussi longs que les miens.
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Par migo, le 12/01/2008
La vierge froide et autres racontars de
Jorn Riel
Emma, tiens, c'est comme si elle était faite rien qu'avec des beignets de pommes. Les sfesses, les seins, les joues et tout et tout. Rien que des beignets, mon garçon. Et au milieu de toute cette patisserie, deux yeux bleu-ciel et une moue rouge.
Il venait d'aborder quelque chose de rare, pour ne pas dire inaccessible dans le monde du nord-est du Groenland. La femme devient en Arctique une entité lointaine et imaginaire, à laquelle on ne fait allusion qu'avec des tournures vagues et prudentes.
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Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars de
Jorn Riel
Il y a certaines choses qui vont nous manquer.(…) Cette précieuse vie quotidienne en Arctique. L’air pur, le calme. C’est comme si en jouant à 1, 2, 3, soleil, on été restés figés dans une expression de béatitude, si tu vois ce que je veux dire." Doc comprenait. « Mais le vent a tourné maintenant," dit-il.
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Par brigetoun, le 08/05/2010
Voyage a nanga de
Jorn Riel
Cela faisait plus de trente ans que Mad Madsen était un fumeur de pipe invétéré.. Impensable pour lui, comme l'aurait fait William le Noir, de se rouler une cigarette avec du papier journal ou de se fabriquer un ersatz de pipe avec de l'argile, de la pierre de savon ou du bois échoué sur la plage. Non, ce qu'il lui fallait, c'était un bout de bakélite entre les dents, et une bonne tête de bruyère pour son tabac
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Par urbanbike, le 16/02/2010
Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars de
Jorn Riel
Le goût était singulier, mais s'adoucit un peu quand Doc, magnanime, saupoudra les portions de cannelle.
« J'en ai mangé des choses dans ma vie de marin, dit Mortensen, mais jamais rien qui s'approchait de ça. » Il mâcha longuement et assidûment un morceau de phoque. « Cette chose porte un nom ? »
« Soupe au lait et à la viande, répondit Doc. De la soupe épaissie avec des feuilles d'angélique hachées, de l'oseille et un peu de levure sèche, pour la vitamine B. »
Mortensen posa l'assiette sur le traîneau et rota discrètement. Il se laissa aller contre le montant du traîneau et porta sa pipe à la bouche, puis il plissa les yeux et regarda au loin. Doc rinça assiettes et casserole avec de la neige et rangea le nécessaire à tambouille dans une des sacoches latérales du vélo. Son regard glissa langoureusement sur les instruments de musique, solidement attachés au cadre, mais il résista à la tentation. Ce soir-là se devait d'être silencieux, dédié à la réflexion. Avec un léger soupir, il étala une peau de renne sur le sol et s'assit en tailleur près de Mortensen.
« Quand j'étais gosse, dit Mortensen doucement, j'étais fou de bonbons. J'avais jamais ma dose de ces cochonneries, je piquais des ronds dans le porte-monnaie de mon père ou dans la commode, pour satisfaire ce besoin. J'étais évidemment le gros de la classe, mais personne ne se moquait vraiment, vu que je pouvais tabasser même les plus grands. J'étais insatiable, Doc, j'avalais tout ce que je pouvais trouver de sucré. » Il tendit la main devant lui. « Mais ça, Doc, c'est une sucrerie pour l'âme. On s'en lasse jamais, on peut y goûter encore et encore. »
Doc regarda alors ce que Mortensen contemplait : cette longue sucrerie de neige bleu acier qui descendait le long de la montagne, les crevasses noires et leurs petits ponts de neige. En dessous, le magnifique paysage montagneux avec ses parois brunes tachetées de neige, et ses pieds enfoncés dans le fjord vert bronze, presque noir. Tout en bas, au loin, Doc apercevait le toit de la toute petite station de Cap Rumpel, et son antenne radio scalpée, qui ne semblait pas plus grande qu'une déjection de renard dressée et gelée.
« C'est si beau, murmura-t-il, qu'on pourrait presque en faire un petit poème. »
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Par luocine, le 13/02/2010
Un cure d'enfer et autres racontars de
Jorn Riel
Hansen regarda en l’air. D’abord il vit le toit qui se levait lourdement, sans empressement. Ensuite, le tout fut doublé par le missionnaire Polleson qui, tel une fusée au Nouvel An, fonça vers le ciel, les pans noirs de sa redingote battant comme des ailes ….
« Il a enfoncé sa hache dans la dynamite gelée » lui expliqua Hansen.
« Putain » Valfred regarda le lieutenant d’un air interrogatif. « Pourquoi ? »
« J’avais mis les caisses sur la table et marque EAU-DE-VIE sur la couvercles. Je trouvais que ça faisait mieux comme ça. »
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Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars de
Jorn Riel
A la saison que l’on appelle « juste avant l’automne », il y a des jours dans le sud du Groenland où on a l’impression que tout se fige. Comme si la nature retenait son souffle. Les fjords se font silencieux, l’eau est étale, immobile, comme une large route argentée. Les glaciers suspendent leur grondement, et la montagne se reflète dans les fjords, dédoublant ses fantastiques couleurs d’automne […]
A ce moment-là, le simple fait de bouger serait un sacrilège. Les êtres humains dans les hameaux s’assoient sur les flancs des montagnes donnant sur la mer ou, ici, sur la colline de la boutique. Ils décapsulent tranquillement une bière et la boivent en silence. Les moutons s’allongent sur les adrets brunis et fixent la mer de leurs yeux jaunes. Les chiens se couchent au milieu d’eux, tête en l’air, les oreilles dressées. C’est comme si tout le petit monde sud-groenlandais était en attente de quelque chose, ce que les anciens appelaient qarrtsiluni « en attendant que quelque chose se brise ».
Cette beauté, ce calme, devant forcément, tôt ou tard, éclater comme une bulle qui remonte des profondeurs aquatiques. Ce silence est différent, ce n’est pas le silence de l’œil du cyclone. C’est la vie même qui, un temps, retient son souffle pour nous donner l’occasion d’absorber toute la beauté dont notre Terre rayonne, l’accumuler de manière à nous donner la force de continuer à vivre.
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Par keisha, le 17/10/2010
Un safari arctique et autres racontars de
Jorn Riel
"Les chasseurs est-groenlandais ne sont, en fait, pas différents des autres gens ailleurs, de par le monde. Ils ont simplement d'autres possibilités. A celui qui vit toute sa vie derrière le grillage protecteur de la société, imaginer de vivre en Arctique doit donner la chair de poule: la désolation des étendues de glace, la solitude effrayante, une existence chaste de moine dans un monde infini et ingrat. Il est difficile de comprendre qu'on y reste, de sa propre volonté, année après année, et qu'en plus, on s'y plaise.
"Mais pour qui a le désert dans le sang, c'est différent. La désolation n'est jamais désolante. Chaque montagne, chaque vallée, chaque fjord et chaque iceberg cachent des surprises. La solitude est rarement trop lourde à supporter et souvent l'isolement donne un merveilleux sentiment de liberté. Le pays polaire est plein de vie et de changements. Il n'y a pas d'obstacle, si ce n'est les éléments, pas de patron, si ce n'est la nature, et pas de lois, si ce n'est celles qu'on décide entre hommes. Les gens de là-haut ne sont pas différents, mais peut-être simplement un peu plus heureux à cause des circonstances."
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