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Par le_Bison, le 13/11/2012
Un gros bobard et autres racontars de
Jorn Riel
Ce fut un long hiver sans confort pour le gigolo. Lui qui avait usé de femmes comme nous autres d’air frais, il était sur le point de s’étrangler avec ses souffrances intérieures. Nuit après nuit, et ensuite jour et nuit après jour et nuit, il restait dans sa couchette à regarder la soupente et à ressentir la solitude l’envahir lentement. […] Et comme son besoin était plus grand que ceux du commun des mortels, vous comprenez son désespoir quand, le matin, il se réveillait dans une cabane froide, la cuisinière éteinte, la barrique d’eau gelée à cœur, des glaçons dans la moustache et avec ses bijoux de famille tellement petits qu’il lui fallait chercher plusieurs fois avant d’aller pisser.
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Par le_Bison, le 09/10/2012
La vierge froide et autres racontars de
Jorn Riel
La femme devient en Arctique une entité lointaine et imaginaire, à laquelle on ne fait allusion qu’avec des tournures vagues et prudentes. Il est extrêmement rare d’y entendre parler de cette créature d’une manière grossière ou obscène.
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Par Zebra, le 26/10/2012
Une vie de racontars, Tome 1 de
Jorn Riel
p 94
[...] Sur la plage, Ugge était en train de dépecer l'une des deux bêtes (il s'agit de bœufs musqués; NDLR) qu'il avait abattue. Il rit en me voyant arriver.
"Où est ton bœuf ? " demanda-t-il.
Je montrai la montagne du doigt.
"Tu ne vas pas le chercher ?" Il posa son fusil contre la tête qu'il venait de détacher du corps pour pouvoir sortir la langue par l'autre côté. "C'est ton premier bœuf.
- Je ne sais pas comment le dépecer, tentai-je.
- C'est facile, comme dépecer un phoque. Mais un peu différent." [...]
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Par le_Bison, le 05/10/2012
La vierge froide et autres racontars de
Jorn Riel
Monsieur Joenson chanta les louanges du vin et de la viande. Il rota régulièrement et presque sans bruit, ce qui impressionna beaucoup William.
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Par Clakkos, le 08/03/2008
Un récit qui donne un beau visage de
Jorn Riel
Comme dit l'Eskimo : "Ne prête jamais tes chiens, tes traîneaux, tes armes ou ton kayak. On pourrait facilement te les abîmer. Mais ta femme, il faut la prêter aussi souvent que possible, car elle s'améliore à chaque fois."
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Par mila0707, le 06/08/2012
Nartouk, le garçon qui devint fort de
Jorn Riel
Dans ce hameau, un homme avait pris le commandement.
[.......]
Porto décidait de tout. Il décidait quand il fallait chasser, en kayak en été et en traîneau de chiens en hiver. Il décidait à qui on donnait de la viande et à qui on n'en donnait pas. Il décidait quand quelqu'un devait être mis sur la glace pour mourir parce qu'il ne pouvait plus servir à rien*.
Et Nartouk avait très peur que Porto envoie sa grand-mère sur la glace.
* Autrefois, les vieux Inuits pouvaient partir sur la glace, en hiver,
pour y mourir.
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Par mila0707, le 07/08/2012
Nartouk, le garçon qui devint fort de
Jorn Riel
[interview de l'auteur en fin d'histoire]
"Est-ce vrai que les Inuits laissent les vieilles personnes mourir sur la glace ?
- Plus aujourd'hui ! Mais il y a longtemps, il était habituel que les vieilles personnes, lorsqu'elles sentaient qu'elles devenaient un fardeau, demandent à être laissées sur la glace. On ne les forçaient pas, elles choisissaient. Il faut dire que mourir de froid n'est pas douloureux. J'en ai fait l'expérience moi-même : il y a quelques années, j'étais tellement fatigué de marcher dans la neige que je me suis assis un moment pour me reposer, et je me suis endormi confortablement... Si mes amis inuits ne m'avaient pas trouvé, je serais mort de froid.
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Par kathel, le 18/08/2010
Le garçon qui voulait devenir un être humain, tome 1 : Le Naufrage de
Jorn Riel
- Tu as tué mon père, et c'est pourquoi je dois te tuer, dit-il.
- J'ai tué ton père, oui. Thorstein hocha la tête. Mais ton père avait tué mon frère et deux de ses valets. Il fallait bien que je me venge. Et maintenant, je paye ce meurtre en m'exilant pour trois ans.
- Mais il faut quand même que je t'assassine, répondit Leiv. Thorstein posa la main sur son épée.
- Ça m'a l'air raisonnable, dit-il, mais je pense que tu devrais attendre quelques années. Jusqu'au jour où tes bras seront devenus aussi longs que les miens.
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Par migo, le 12/01/2008
La vierge froide et autres racontars de
Jorn Riel
Emma, tiens, c'est comme si elle était faite rien qu'avec des beignets de pommes. Les sfesses, les seins, les joues et tout et tout. Rien que des beignets, mon garçon. Et au milieu de toute cette patisserie, deux yeux bleu-ciel et une moue rouge.
Il venait d'aborder quelque chose de rare, pour ne pas dire inaccessible dans le monde du nord-est du Groenland. La femme devient en Arctique une entité lointaine et imaginaire, à laquelle on ne fait allusion qu'avec des tournures vagues et prudentes.
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Par keisha, le 17/10/2010
Un safari arctique et autres racontars de
Jorn Riel
"Les chasseurs est-groenlandais ne sont, en fait, pas différents des autres gens ailleurs, de par le monde. Ils ont simplement d'autres possibilités. A celui qui vit toute sa vie derrière le grillage protecteur de la société, imaginer de vivre en Arctique doit donner la chair de poule: la désolation des étendues de glace, la solitude effrayante, une existence chaste de moine dans un monde infini et ingrat. Il est difficile de comprendre qu'on y reste, de sa propre volonté, année après année, et qu'en plus, on s'y plaise.
"Mais pour qui a le désert dans le sang, c'est différent. La désolation n'est jamais désolante. Chaque montagne, chaque vallée, chaque fjord et chaque iceberg cachent des surprises. La solitude est rarement trop lourde à supporter et souvent l'isolement donne un merveilleux sentiment de liberté. Le pays polaire est plein de vie et de changements. Il n'y a pas d'obstacle, si ce n'est les éléments, pas de patron, si ce n'est la nature, et pas de lois, si ce n'est celles qu'on décide entre hommes. Les gens de là-haut ne sont pas différents, mais peut-être simplement un peu plus heureux à cause des circonstances."
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