-
Par line70, le 29/03/2011
Sonja à la fenêtre de
Larry Watson
« Pourrais-tu te regarder pendant une heure ? Deux heures ? Trois ? Bien sûr que non. Tu te fatiguerais vite de la forme de ta mâchoire. Ton tout petit nez finirait par te donner la nausée. Tu voudrais te détourner de toi parce que tu ne ferais que trouver des raisons pour estimer que tu n'es pas digne d'une telle attention. Toi qui es une belle femme. Maintenant, imagine qu'il y ait quelqu'un dans ce monde qui soit désireux de te regarder pendant des heures et des jours. Quelqu'un qui contemple chaque centimètre de ton corps et qui reprenne tout le temps son inspection. Parce qu'il te trouve belle ? Peut-être. Mais quelle que soit la raison, c'est parce qu'il estime que tu vaux la peine d'être regardée. Le monde entier le mérite et tu n'es qu'une petite partie de ce monde. Sais-tu quel cadeau cela représente de faire partie de ce monde vivant qui devrait être examiné avec soin ? Nous quitterons presque tous cette vie sans avoir jamais fait l'objet d'une telle attention, sans l'avoir jamais obtenue. »
> lire la suite
-
Par line70, le 29/03/2011
Montana 1948 de
Larry Watson
Il m'arrivait de pouvoir rester assis pendant une heure sur un rocher, au bord de la rivière, sans souhaiter d'autre conversation que le murmure régulier de l'eau. J'étais sans aucun doute un enfant introverti, mais plus encore, j'éprouvais hors de la société une plénitude qu'il m'était absolument impossible de ressentir en son sein.
-
Montana 1948 de
Larry Watson
L’important n’était toutefois pas ce que je faisais à la campagne, je pouvais tout simplement être, me sentir moi-même, déterminé, calme, sûr de moi, ce dont j’étais bien incapable quand je fréquentais l’école ou n’importe quelle autre communauté humaine qui faisait de moi un garçon faible, écartelé. Il m’arrivait de pouvoir rester assis pendant une heure sur un rocher, au bord de la rivière, sans souhaiter d’autre conversation que le murmure régulier de l’eau j’étais sans aucun doute un enfant introverti, mais plus encore, j’éprouvais hors de la société une plénitude qu’il m’était absolument impossible de ressentir en son sein.
> lire la suite
-
Par le_Bison, le 23/02/2012
Justice de
Larry Watson
Wesley porta le bourbon à ses lèvres. Son arôme, une odeur de caramel et de bois brûlé, remplit ses narines. Il suspendit son geste, puis but prudemment, espérant éviter les effets désagréables de la première gorgée : frisson incontrôlable, yeux humides et, le pire de tout, un hoquet ou un quinte de toux. Il ne voulait surtout pas que son père, son frère ou Iris le croient incapable d’avaler un verre d’alcool sans s’étouffer. Il avait tort de s’en faire ; le bourbon provoqua le choc attendu, mais son âpreté paraissait contenue, comme s’il avait été enveloppé dans du coton moelleux.
-
Montana 1948 de
Larry Watson
Je ressentis soudain une grande distance entre nous, comme si chacun, à cet instant, se tenait seul sur son carré de linoléum, à mille lieues des autres. Trop éloignés pour sauter d’île en île, il fallait nous contenter du regard que l’un pouvait porter sur l’autre comme ma mère le faisait alors avec mon père.
-
Par le_Bison, le 23/02/2012
Justice de
Larry Watson
- Vous venez d’où ? demanda la petite.
- On a fait un sacré bout de chemin, dit Frank. On vient du Montana. De Bentrock. Vous savez où c’est ?
Wesley crut entendre la grande renifler avec dérision. L’autre pouffa de rire.
- Le Montana ! Mon oncle dit que là-bas il n’y a que des vaches et des cow-boys.
Frank lui sourit.
- C’est pas faux, c’est bien l’Ouest sauvage.
-
Par le_Bison, le 17/02/2012
Montana 1948 de
Larry Watson
- David, je pense que dans ce monde les gens doivent payer pour leurs crimes. Peu importe qui l’on est ou quelles relations on a. Si on se conduit mal, on doit payer. J’y crois et c’est mon devoir.