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Par Taraxacum, le 22/05/2013
Le Tueur aveugle de
Margaret Atwood
Elle comprit, ne fit aucun commentaire sur la question, pria d'avoir la force de pardonner et pardonna totalement. Mais vivre avec le pardon de sa femme ne dut pas être aussi facile que ça. Petit déjeuner dans un brouillard de pardon: café au pardon, porridge au pardon, pardon sur toast beurré. Sans doute se retrouva-t-il dans l'impuissance face à cela, car comment éliminer quelque chose qui n'est jamais dit? Elle en voulait également à l'infirmière ou aux infirmières qui s'étaient occupées de lui dans divers hôpitaux. Elle aurait souhaité qu'il ne doive sa guérison qu'à elle seule - à ses soins, à son abnégation. C'est là l'envers du dévouement, sa tyrannie.
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La Servante écarlate de
Margaret Atwood
« Notre fonction est la reproduction : nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. » (p. 152)
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Par kathy, le 03/06/2012
La Servante écarlate de
Margaret Atwood
Aucune mère ne correspond jamais, totalement, à l'idée que se fait un enfant de la mère parfaite, et je suppose que l'inverse est vrai également. Mais malgré tout, nous n'étions pas mal ensemble, nous nous entendions aussi bien que la plupart des mères et filles.
Je voudrais qu'elle soit ici, pour que je puisse lui dire que j'en suis enfin consciente.
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Par kathy, le 04/06/2012
La Servante écarlate de
Margaret Atwood
On ne peut pas commander à ses sentiments, disait un jour Moira, mais on peut commander à son comportement.
Ce qui est fort bien dit.
Tout est affaire de contexte; ou est-ce de maturité ? l'un ou l'autre.
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Par LydiaB, le 20/06/2012
La Servante écarlate de
Margaret Atwood
Sur le Mur, pendent les trois femmes de ce matin, toujours vêtues de leurs robes, chaussées de leurs souliers, toujours la tête fourrée dans les sacs blancs. On leur a délié les bras, ils sont raides et convenables à leurs côtés. La bleue est au milieu, les deux rouges de part et d'autre, quoique les couleurs ne soient plus aussi vives. Elles semblent s'être fanées, défraîchies, comme des papillons morts ou des poissons tropicaux à se dessécher sur le rivage. elles ont perdu leur brillant. Nous restons à les regarder en silence.
"Que ce soit pour nous un rappel", dit enfin la nouvelle Deglen.
D'abord je ne réponds rien, parce que j'essaie de deviner ce qu'elle veut dire. Elle pourrait vouloir dire que ceci est pour nous un rappel de l'injustice et de la brutalité du régime. Auquel cas, je devrais répondre oui. Ou elle pourrait vouloir dire l'inverse, que nous devrions nous rappeler de faire ce qu'on dit, et de ne pas nous attirer d'ennuis parce que alors nous serons justement punies. Si c'est ce qu'elle entend, je devrais ajouter Loué soit. Elle avait la voix douce, atone, pas d'indices de ce côté.
Je prends un risque. Je réponds : "Oui."
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Par kathy, le 04/06/2012
La Servante écarlate de
Margaret Atwood
Je prie. (...)
Mon Dieu. Qui es au Royaume des Cieux, qui es intérieur. (...)
Maintenant que nous arrivons au pardon; ne prends pas la peine de me pardonner juste maintenant. Il y a plus important. Par exemple : Garde les autres en sécurité, s'ils sont saufs. Ne les laisse pas trop souffrir. S'ils doivent mourir, fais que ce soit rapide. Tu pourrais même leur fournir un Paradis. Nous avons besoin de Toi pour cela. L'Enfer, nous pouvons nous le fabriquer nous-mêmes.
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Par viou1108, le 18/09/2012
La voleuse d'hommes de
Margaret Atwood
Les paroles sont si souvent comme des rideaux de fenêtre, un écran décoratif qui permet de maintenir les voisins à distance.
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Par kathy, le 07/06/2012
La Servante écarlate de
Margaret Atwood
Les gens feront n'importe quoi plutôt qu'admettre que leur vie n'a pas de sens. C'est-à-dire pas d'utilité. Pas d'histoire.
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Par kathy, le 05/06/2012
La Servante écarlate de
Margaret Atwood
Pas un pissenlit en vue ici, les pelouses sont soigneusement épilées. J'ai la nostalgie d'un pissenlit, un seul, poussé au hasard, dans son insolence d'ordure, difficile à éliminer et perpétuellement jaune comme le soleil. Gai et plébéien et brillant pareillement pour tous. Nous en faisions des bagues, et des couronnes et des colliers, nous tachant les doigts de son lait amer. Ou j'en tenais un sous son menton : "Est-ce que tu aimes le beurre?" A les sentir, elle se mettait du pollen sur le nez. Ou montés en graine : je la vois, courant à travers la pelouse, brandissant un pissenlit comme une allumette japonaise, petite baguette de feu blanc, et l'air se remplit de minuscules parachutes. "Souffle, et tu pourras savoir l'heure". Toutes ces heures envolées dans la brise d'été. C'étaient les marguerites pour lire l'amour, et nous les effeuillions à l'infini.
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Par kathy, le 05/06/2012
La Servante écarlate de
Margaret Atwood
J'admirais ma mère à certains égards, quoique les relations entre nous n'aient jamais été faciles. Elle attendait trop de moi, me semblait-il. Elle s'attendait à ce que je fasse l'apologie de sa vie et des choix qu'elle avait faits. Je ne voulais pas vivre ma vie selon ses exigences. Je ne voulais pas être le rejeton modèle, l'incarnation de ses idées. Nous nous disputions là-dessus. Je ne suis pas la justification de ton existence, lui ai-je dit un jour.
Je veux qu'elle revienne. Je veux que tout revienne, tel que c'était. Mais cela ne sert à rien, de le vouloir.
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