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La Servante écarlate de
Margaret Atwood
« Notre fonction est la reproduction : nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. » (p. 152)
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Captive de
Margaret Atwood
Les détails [du meurtre] étaient croustillants ; Grace Marks était singulièrement jolie et aussi extrêmement jeune [16 ans lorsqu'elle se fit la complice de James Mc Dermott] ; Nancy Montgomery, la gouvernante de Kinnear [et première victime des assassins] avait auparavant donné naissance à un enfant illégitime et était la maîtresse de Thomas Kinnear ; lors de son autopsie, on découvrit qu'elle était enceinte. Grace et James Mc Dermott, lui aussi employé chez Kinnear, avaient fui ensemble aux Etats-Unis et la presse les supposait amants. L'association de sexe, de violence et l'insubordination déplorable des classes inférieures se révéla très affriolante pour les journalistes de l'époque.
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La Servante écarlate de
Margaret Atwood
"Je cède mon corps, librement, à l'usage des autres. Ils peuvent faire de moi ce qu'ils veulent. Je suis abjecte. Je ressens, pour la première fois, leur véritable pouvoir."
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La Servante écarlate de
Margaret Atwood
Il nous est interdit de nous trouver en tête à tête avec les Commandants. Notre fonction est la reproduction ; nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquées par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants.
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Par Zazette97, le 04/02/2011
La Servante écarlate de
Margaret Atwood
Parfois je ne peux penser à moi-même, à mon corps, sans voir mon squelette : ce que je suis, vue par un électron. Un berceau de vie, fait d'os; et à l'intérieur dangers, protéines déformées, cristaux ratés, ébréchés comme du verre.
Les femmes prenaient des médicaments, des pilules, les hommes aspergeaient les arbres, les vaches mangeaient l'herbe, toute cette pisse épicée a coulé dans les rivières. Sans parler des explosions d'usines atomiques, le long de la faille de San Andreas, sans défaillance humaine, au moment des tremblements de terre, et la souche mutante de syphilis, qu'aucune moisissure ne pouvait arrêter.
Certaines l'ont fait elles-mêmes, se sont fait coudre hermétiquement au catgut, ou ravager avec des produits chimiques. Comment ont-elles pu disait Tante Lydia, oh, comment ont-elles pu faire une chose pareille? Jézabels ! Mépriser les dons de Dieu ! p.189
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L'odyssée de Pénélope de
Margaret Atwood
Naturellement, je ne lui voulais que du bien - il était mon fils, et je lui souhaitais de réussir dans toutes ses entreprises, qu'il devînt chef politique, guerrier ou autre chose - mais, pour l'heure, je regrettais qu'il n'y eût pas une autre guerre de Troie où je pourrais l'envoyer pour qu'il me lâche un peu.
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Par ballad, le 19/11/2011
La petite poule rouge vide son coeur de
Margaret Atwood
« Le corps féminin type se présente muni des accessoires suivants : un porte-jarretelles, un panty, une crinoline, une camisole, une tournure de jupe, un soutien-gorge, un corsage, une chemise, une ceinture de chasteté, des talons aiguilles, un anneau dans le nez, un voile, des gants de chevreau, des bas résille, un fichu, un bandeau, une guêpière, une voilette, un tour de cou, des barrettes, des bracelets, des perles, un face-à-main, un boa, une petite robe noire, une gaine de soutien, un body en Lycra, un peignoir de marque, une chemise de nuit en flanelle, un teddy en dentelle, un lit, une tête. »
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Par tulisquoi, le 11/03/2010
Mort en Lisiere de
Margaret Atwood
Marcia sera un peu ivre à cause de l'eggnog. Plus tard, quand la vaiselle sera faite, elle pleurera silencieusement, toute seule, enfermée dans la salle de bain. Elle serrera dans ses bras de fête le chat bougon, que, dans ce dessein, elle aura été débusquer de sous le lit. Elle pleurera parce que les enfants ne sont plus des enfants, ou bien parce qu'elle-même n'est plus une enfant, ou bien parce que certains enfants n'ont jamais eu d'enfance, ou bien parce qu'elle ne peut plus avoir d'enfants, plus jamais. Son corps s'en est allé trop vite ; elle ne s'était pas préparée.
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Par ballad, le 19/11/2011
La petite poule rouge vide son coeur de
Margaret Atwood
« Une aventure avec Raymond Chandler, quel bonheur ! Non pas à cause des corps mutilés, des flics marinés ni des allusions sexuelles excentriques, mais parce qu’il vouait un tel intérêt au décor et à l’ameublement. Il savait que les meubles pouvaient respirer, ressentir des choses, pas comme nous, mais d’une manière plus feutrée, comme dans le mot tapisserie, avec un soupçon de moisissure et de poussière, comme la caresse du soleil sur des tissus vieillots ou sur le cuir éraflé des fauteuils avachis des bureaux. »
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La vie avant l'homme de
Margaret Atwood
Lesje jette des coups d’œil aux vitrines des boutiques de robes et des grands magasins, lorgnant les mannequins cadavériques qui se dressent avec arrogance, le pelvis projeté en avant, une main anguleuse posée sur la hanche et les jambes écartées avec un genou replié. Si ces corps étaient animés, ils tournoieraient, ils se trémousseraient comme dans le finale orgasmique d'une stripteaseuse. Mis comme il ne s'agit que de plâtre et de fil de fer inanimés, le bon goût est sauf.