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> Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)

ISBN : 2264036486
Éditeur : 10-18 (2003)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 57 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

1859 : Grace Marks, condamnée à perpétuité, s'étiole dans un pénitencier canadien. A l'âge de seize ans, Grace a été accusée de deux horribles meurtres. Personne n'a jamais su si elle était coupable, innocente ou folle. Lors de son procès, après avoir donné troi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LePamplemousse, le 22 juillet 2014

    LePamplemousse
    Inspiré d'une histoire vraie, le roman raconte la vie d'une jeune fille de 16 ans, Grâce, accusée du meurtre de son employeur et de la gouvernante de ce dernier.
    C'est un véritable voyage dans le temps auquel nous convie l'auteur.
    Elle nous entraîne de l'Irlande au Canada en passant par les Etats-Unis et tout ça, au 19ème siècle.
    Grâce Marks a connu la pauvreté et a dû très jeune être placée comme domestique dans différentes maisons.
    Nous découvrons le quotidien des petites bonnes mais aussi les moeurs de l'époque, la condition de vie des gens de maison et celles de leurs patrons, et la criante différence entre les deux.
    Margaret Atwood nous fait également découvrir les progrès de la médecine, notamment les avancées dans le domaine de la psychiatrie, car Grâce fait l'objet d'une étude par un jeune psychiatre.
    Elle nous immerge dans les réceptions mondaines aussi bien que dans la buanderie, elle nous invite à des séances de spiritisme et de mesmérisme mais aussi à des journées entières consacrées à la lessive de toute une famille, elle nous montre la vie au sein des prisons et des asiles et celle plus douce d'une "bonne" maison respectable.
    Extrêmement documenté, ce roman est passionnant car ce sont tous ces gestes et petites actions du quotidien qui nous en apprennent plus sur des personnes et sur une époque que de grands discours.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Alias Grace
    Traduction : Michèle Albaret-Maatsch
    Je viens d'achever "Captive", dont le titre anglais est en fait : "Alias Grace." Et c'est un roman ... captivant, ceci dit sans aucun jeu de mots.
    On sait avec quel intérêt Atwood a souvent oeuvré sur la condition des femmes dans la société. Ici, elle se base sur un crime réellement commis au Canada le 23 juillet 1843 pour y brosser un portrait saisissant de la condition qui était faite aux femmes de condition modeste à cette époque, avec la prison et l'asile psychiatrique en filigrane.
    " Les détails [du meurtre] étaient croustillants ; Grace Marks était singulièrement jolie et aussi extrêmement jeune [16 ans lorsqu'elle se fit la complice de James Mc Dermott] ; Nancy Montgomery, la gouvernante de Kinnear [et première victime des assassins] avait auparavant donné naissance à un enfant illégitime et était la maîtresse de Thomas Kinnear ; lors de son autopsie, on découvrit qu'elle était enceinte. Grace et James Mc Dermott, lui aussi employé chez Kinnear, avaient fui ensemble aux Etats-Unis et la presse les supposait amants. L'association de sexe, de violence et l'insubordination déplorable des classes inférieures se révéla très affriolante pour les journalistes de l'époque."
    Voici ce que, dans sa postface, nous dit l'auteur des faits historiques qui l'inspirèrent. Comme on le voit, il y avait là-dedans de quoi ravir les amateurs actuels de "Détective" !
    Mais le plus étrange, c'est que, si James Mc Dermott fut pendu parce qu'on avait pu établir sans problème qu'il avait tué Thomas Kennear sans que Grace fût présente, il s'avéra impossible de trancher aussi nettement dans le cas de la mort de Nancy et de la complicité de Grace. Cette dernière donna au moins quatre versions des faits et surtout, il semblait bien qu'elle ne se rappelait rien. du coup, on commua sa condamnation à mort en détention à perpétuité. Mais, si l'on excepte une crise d'hystérie qui la conduisit à séjourner un temps dans un asile psychiatrique, elle se conduisit toujours en prisonnière modèle. La femme du gouverneur du pénitencier s'intéressa à elle, lui confia même des tâches ménagères (Grace cousait de façon remarquable) et même si cela fût long, on finit par obtenir sa grâce, après trente ans d'emprisonnement. On lui procura un emploi, une maison et elle finit par se marier et se faire oublier.
    Je ne vous raconterai pas tout ce que le talent d'Atwood est parvenu à tirer de tout cela. Sachez pourtant que, aux deux tiers de ce livre qui tient en haleine son lecteur, celui-ci, tout heureux, finit par penser : "Mais oui ! mais c'est bien sûr !" ... Malheureusement, quelques chapitres plus loin, la conviction qu'il croyait désormais la sienne est à nouveau remise en question, de façon très subtile. Et si l'auteur a l'air de se jouer de nous, n'est-ce pas, finalement, parce que son personnage n'a cessé de se jouer des autres ?
    Comme toujours chez la romancière canadienne, la description qu'elle donne de bourgeoisie - ici, la bonne bourgeoisie canadienne, toute pétrie de ce victorianisme venu de la mère-patrie - est saisissante ... et consternante. Depuis celles de Zola, contant dans son "Pot-Bouille" les mille et une misères d'Adèle, la petite bonne des Josserand, je n'avais lu rien de plus authentique.
    Les classes plus modestes sont aussi montrées sur le vif : le père ivrogne de la petite Grace est une horreur ; Dora et James Mc Dermott sont, chacun à sa manière, les représentants d'une domesticité au plus bas, moralement parlant ; Mary Whitney a tout d'une rebelle mais elle est née trop tôt, la malheureuse, tandis que Nancy, plus conservatrice, ne rêve que d'une chose : s'embourgeoiser à son tour. On soulignera d'ailleurs le fait que Grace, en femme avisée, devenue maîtresse chez elle, refusera toujours d'avoir une domestique à demeure ...
    Cependant, chez toutes ces femmes, riches ou pauvres, une constante est présente : la soumission (par nécessité ou par lassitude) à l'ordre masculin.
    Et pourtant, franchement, les hommes en cette affaire sont dépeints comme faibles, profiteurs, lâches ... sauf peut-être Jeremiah, le colporteur.
    Si quelqu'un d'autre lit ou a lu "Captive", il serait intéressant de confronter nos points de vue sur la culpabilité de Grace. Je réserve donc le mien en attendant. ;o)
    _________________
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    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 13 janvier 2014

    sentinelle
    Pour son neuvième roman, Margaret Atwood s'est inspirée d'un fait divers qui a fait beaucoup parlé de lui dans la presse canadienne en 1843, à savoir celui concernant les meurtres de Thomas Kinnear et de sa gouvernante et maîtresse Nancy Montgomery, enceinte de ses œuvres lorsqu'elle fut assassinée par ses bourreaux. Si James McDermott, employé chez Kinnear au moment des faits, fut reconnu coupable des meurtres et condamné à la pendaison, personne n'a jamais élucidé complètement l'affaire tant l'implication de la très jeune et jolie Grace Marks dans l'exécution du couple illégitime a toujours laissé des zones d'ombre. Si après avoir donné trois versions des faits, Grace Marks préfère se murer dans le silence en se réfugiant dans une amnésie réelle ou dissimulée, elle n'en sera pas moins l'une des Canadiennes les plus célèbres pour avoir été condamnée à perpétuité pour meurtre à l'âge de 16 ans.
    Démente, innocente ou criminelle ? le docteur Jordan, jeune spécialiste de la maladie mentale, veut découvrir la vérité sur Grace Marks.
    Le sexe, la jalousie, la violence et l'insubordination des classes inférieures, voilà ce qui motiva les journalistes de l'époque, pour qui l'affaire se révélait aussi croustillante qu'affriolante. Margaret Atwood se gardera bien de trancher définitivement la question mais abordera le sujet en entamant une approche plus sociétale : misère des couches laborieuses de la population, grandes disparités des classes sociales, abus et maltraitance, condition précaire et ambiguïté de l'image de la femme à cette époque (monstre tentateur ou victime involontaire de la convoitise des hommes) sans oublier l'engouement pour le spiritisme et le neuro-hypnotisme. L'émergence des nouvelles théories sur les maladies mentales n'est pas en reste, en passant par l'analyse des rêves et autres études sur le somnambulisme et les différents états de transes.
    Extrêmement bien documenté tout en demeurant plaisant à lire, c'est à une véritable plongée dans la psyché humaine et la société canadienne du milieu du XIXe siècle que Margaret Atwood nous convie avec ce roman. Avec un point de vue féministe, comme souvent j'ai envie de dire avec l'auteur, qui se penche toujours sur la fragilité du statut de la femme, quelle que soit la société ou son époque.

    Lien : http://livresque-sentinelle.blogspot.be/2014/01/captive-de-margaret-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Astazie, le 30 juillet 2012

    Astazie
    e début du livre m'a paru un peu long.
    Margaret Atwood dresse un portrait fascinant et souvent émouvant de cette héroïne complexe dont la véritable personnalité demeure aujourd'hui encore un mystère. L'ambiance du roman est d'ailleurs étrange, voire inquiétante, et parfois teintée d'onirisme à travers les rêves de Grace. On frôle même le surnaturel lorsque le docteur Jordan se demande si elle n'est pas possédée par une autre personne. Que signifient en effet ces absences, ces crises de rage dont certains ont été témoins ? L'aspect documentaire est également présent dans Captive. Outre l'évocation de la vie au Canada au XIXe siècle, Margaret Atwood décrit le traitement de la folie à l'époque et aborde le problème de la condition des femmes, en particulier de celles qui, simples domestiques comme Grace, sont au bas de l'échelle sociale. Peut-être Grace n'est-elle d'ailleurs qu'une victime de ce système fait d'humiliations, de corvées et de brimades qui aura fini par la broyer.Pour écrire Captive, Margaret Atwood s'est inspirée d'un fait divers réel qui bouleversa le Canada au XIXe siècle. En s'appuyant sur des documents d'époque (coupures de journaux, actes du procès, témoignages des médecins...), elle tisse une fiction romanesque passionnante autour du personnage opaque de Grace.
    Captive est un très beau roman, profond et envoûtant. Une réserve toutefois : le titre original du livre, était "Alias Grace".
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    • Livres 3.00/5
    Par Ladybug, le 10 août 2011

    Ladybug
    Cette histoire est basée sur un fait divers réel. La narration prend plusieurs formes, je vais retenir celle que j'ai préférée, la partie où Grace Marks retrace sa vie, son Irlande natale, l'éprouvante traversée de l'atlantique pour rejoindre le Canada avec sa famille, ses années en tant que domestique dans diverses maisons, son arrestation à l'âge de 16 ans et enfin sa vie de prisonnière. Ce sont des témoignages plein de dignité sur une existence âpre et solitaire. Par sa simplicité et sa discrétion, Grace Marks charme le lecteur, comme elle charme le Docteur et les familles des Directeurs de prison car il y a de l'élégance dans ses jugements, une grande lucidité, une réserve et un raffinement dans son attitude. Cette réserve pourrait s'apparenter à de la froideur dû à son grand sens de la dignité mais pourrait aussi bien dissimuler quelque chose de plus inquiétant... J'ai moins apprécié l'analyse "médicale" de son cas, car elle n'est pas aboutie, finit de manière bien abrupte, ce qui m'a laissé un sentiment de frustration.
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Citations et extraits

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  • Par ADAMSY, le 25 février 2014

    C'est dans cet état d'esprit que je descendis l'allée, en marchant d'un pas assez vif tout le temps que Mc Dermott risquait de m'observer. Et, en effet, quand je me tournai à un moment, il était là appuyé contre le chambranle de la porte de cuisine. Car si j'avais flâné il aurait peut-être pris cela pour une invitation à venir me rejoindre. Mais quand j'atteignis le verger je me crus hors de vue et ralentis l'allure. En général, je maîtrisais assez fermement mes sentiments, mais il y a dans les anniversaires quelque chose de déprimant pour le moral, surtout quand on est seul ; j'entrai dans le verger et m'assis, le dos en appui contre une grosse vieille souche qui restait de la forêt défrichée. Alentour, les oiseaux chantaient, mais je me fis la réflexion que les oiseaux eux-mêmes m'étaient inconnus, vu que je ne savais même pas leur nom ; ça me parut encore plus triste que tout le reste et les larmes se mirent à me dégringoler le long des joues ; je ne les essuyai pas mais je me laissai aller à pleurer pendant quelques minutes.
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  • Par Ephemeral, le 13 juillet 2012

    Enfant, j'ai joué à des jeux, les yeux bandés. A présent, je ressemble à l'enfant que j'étais. Les yeux bandés, je cherche mon chemin à tâtons sans savoir où je vais, ni si je suis dans la bonne direction. Un jour, quelqu'un ôtera ce bandeau.

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  • Par VACHARDTUAPIED, le 01 avril 2013

    Je ne sais pas si vous avez remarqué ça, monsieur, mais il y a des gens qui prennent plaisir à l’affliction d’un semblable, surtout s’ils pensent que ce semblable a commis un péché, ce qui ajoute une satisfaction supplémentaire. Mais qui, parmi nous, n’a jamais péché, comme le dit la Bible ? Pour ma part, j’aurais honte de me délecter pareillement des souffrances d’autrui.

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  • Par LiliGalipette, le 16 mai 2012

    Les détails [du meurtre] étaient croustillants ; Grace Marks était singulièrement jolie et aussi extrêmement jeune [16 ans lorsqu'elle se fit la complice de James Mc Dermott] ; Nancy Montgomery, la gouvernante de Kinnear [et première victime des assassins] avait auparavant donné naissance à un enfant illégitime et était la maîtresse de Thomas Kinnear ; lors de son autopsie, on découvrit qu'elle était enceinte. Grace et James Mc Dermott, lui aussi employé chez Kinnear, avaient fui ensemble aux Etats-Unis et la presse les supposait amants. L'association de sexe, de violence et l'insubordination déplorable des classes inférieures se révéla très affriolante pour les journalistes de l'époque.
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  • Par Ephemeral, le 13 juillet 2012

    Les gens veulent un coupable. S'il y a un crime, ils veulent savoir qui l'a commis. Ils n'aiment pas ne pas savoir.

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