> Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)

ISBN : 2264036486
Éditeur : 10-18 (2003)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres

1859 : Grace Marks, condamnée à perpétuité, s'étiole dans un pénitencier canadien. A l'âge de seize ans, Grace a été accusée de deux horribles meurtres. Personne n'a jamais su si elle était coupable, innocente ou folle. Lors de son procès, après avoir donné troi... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Alias Grace
    Traduction : Michèle Albaret-Maatsch
    Je viens d'achever "Captive", dont le titre anglais est en fait : "Alias Grace." Et c'est un roman ... captivant, ceci dit sans aucun jeu de mots.
    On sait avec quel intérêt Atwood a souvent oeuvré sur la condition des femmes dans la société. Ici, elle se base sur un crime réellement commis au Canada le 23 juillet 1843 pour y brosser un portrait saisissant de la condition qui était faite aux femmes de condition modeste à cette époque, avec la prison et l'asile psychiatrique en filigrane.
    " Les détails [du meurtre] étaient croustillants ; Grace Marks était singulièrement jolie et aussi extrêmement jeune [16 ans lorsqu'elle se fit la complice de James Mc Dermott] ; Nancy Montgomery, la gouvernante de Kinnear [et première victime des assassins] avait auparavant donné naissance à un enfant illégitime et était la maîtresse de Thomas Kinnear ; lors de son autopsie, on découvrit qu'elle était enceinte. Grace et James Mc Dermott, lui aussi employé chez Kinnear, avaient fui ensemble aux Etats-Unis et la presse les supposait amants. L'association de sexe, de violence et l'insubordination déplorable des classes inférieures se révéla très affriolante pour les journalistes de l'époque."
    Voici ce que, dans sa postface, nous dit l'auteur des faits historiques qui l'inspirèrent. Comme on le voit, il y avait là-dedans de quoi ravir les amateurs actuels de "Détective" !
    Mais le plus étrange, c'est que, si James Mc Dermott fut pendu parce qu'on avait pu établir sans problème qu'il avait tué Thomas Kennear sans que Grace fût présente, il s'avéra impossible de trancher aussi nettement dans le cas de la mort de Nancy et de la complicité de Grace. Cette dernière donna au moins quatre versions des faits et surtout, il semblait bien qu'elle ne se rappelait rien. du coup, on commua sa condamnation à mort en détention à perpétuité. Mais, si l'on excepte une crise d'hystérie qui la conduisit à séjourner un temps dans un asile psychiatrique, elle se conduisit toujours en prisonnière modèle. La femme du gouverneur du pénitencier s'intéressa à elle, lui confia même des tâches ménagères (Grace cousait de façon remarquable) et même si cela fût long, on finit par obtenir sa grâce, après trente ans d'emprisonnement. On lui procura un emploi, une maison et elle finit par se marier et se faire oublier.
    Je ne vous raconterai pas tout ce que le talent d'Atwood est parvenu à tirer de tout cela. Sachez pourtant que, aux deux tiers de ce livre qui tient en haleine son lecteur, celui-ci, tout heureux, finit par penser : "Mais oui ! mais c'est bien sûr !" ... Malheureusement, quelques chapitres plus loin, la conviction qu'il croyait désormais la sienne est à nouveau remise en question, de façon très subtile. Et si l'auteur a l'air de se jouer de nous, n'est-ce pas, finalement, parce que son personnage n'a cessé de se jouer des autres ?
    Comme toujours chez la romancière canadienne, la description qu'elle donne de bourgeoisie - ici, la bonne bourgeoisie canadienne, toute pétrie de ce victorianisme venu de la mère-patrie - est saisissante ... et consternante. Depuis celles de Zola, contant dans son "Pot-Bouille" les mille et une misères d'Adèle, la petite bonne des Josserand, je n'avais lu rien de plus authentique.
    Les classes plus modestes sont aussi montrées sur le vif : le père ivrogne de la petite Grace est une horreur ; Dora et James Mc Dermott sont, chacun à sa manière, les représentants d'une domesticité au plus bas, moralement parlant ; Mary Whitney a tout d'une rebelle mais elle est née trop tôt, la malheureuse, tandis que Nancy, plus conservatrice, ne rêve que d'une chose : s'embourgeoiser à son tour. On soulignera d'ailleurs le fait que Grace, en femme avisée, devenue maîtresse chez elle, refusera toujours d'avoir une domestique à demeure ...
    Cependant, chez toutes ces femmes, riches ou pauvres, une constante est présente : la soumission (par nécessité ou par lassitude) à l'ordre masculin.
    Et pourtant, franchement, les hommes en cette affaire sont dépeints comme faibles, profiteurs, lâches ... sauf peut-être Jeremiah, le colporteur.
    Si quelqu'un d'autre lit ou a lu "Captive", il serait intéressant de confronter nos points de vue sur la culpabilité de Grace. Je réserve donc le mien en attendant. ;o)
    _________________
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    • Livres 3.00/5
    Par Ladybug, le 10 août 2011

    Ladybug
    Cette histoire est basée sur un fait divers réel. La narration prend plusieurs formes, je vais retenir celle que j'ai préférée, la partie où Grace Marks retrace sa vie, son Irlande natale, l'éprouvante traversée de l'atlantique pour rejoindre le Canada avec sa famille, ses années en tant que domestique dans diverses maisons, son arrestation à l'âge de 16 ans et enfin sa vie de prisonnière. Ce sont des témoignages plein de dignité sur une existence âpre et solitaire. Par sa simplicité et sa discrétion, Grace Marks charme le lecteur, comme elle charme le Docteur et les familles des Directeurs de prison car il y a de l'élégance dans ses jugements, une grande lucidité, une réserve et un raffinement dans son attitude. Cette réserve pourrait s'apparenter à de la froideur dû à son grand sens de la dignité mais pourrait aussi bien dissimuler quelque chose de plus inquiétant... J'ai moins apprécié l'analyse "médicale" de son cas, car elle n'est pas aboutie, finit de manière bien abrupte, ce qui m'a laissé un sentiment de frustration.
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 22 mars 2011

    LiliGalipette
    Grace Marks a été condamnée à la perpétuité pour deux meurtres. Mais dix ans après son procès, les théories les plus diverses courent encore sur son compte: était-elle coupable, folle, amnésique, dissimulatrice? le jeune docteur Simon Jordan, qui s'intéresse de très près aux maladies mentales, tente de faire parler Grace qui s'est murée dans le silence après son procès. Il lui fait raconter son arrivée au Canada, ses premières places de servante, sa rencontre avec Mary Whitney, et sa dernière place chez M. Kinnear. Entre crises de somnabulisme, accès de terreur et amnésie partielle, il cherche à démêler le vrai du faux dans cette histoire qui a passionné le pays.
    L'idée est intéressante, mais le traitement qui en fait est très décevant. Il semblerait que le texte se refuse à assumer un genre. On passe du roman d'enquête au récit autobiographique, du roman épistolaire au rapport d'expertise médicale, avec des changements constants de narrateurs. La narration se perd dans des détails inutiles qui rendent la lecture fastidieuse. le personnage de Grace n'est absolument pas sympathique, pas davantage celui du docteur Jordan. le livre se découpe en parties dont on se demande où est leur intérêt. Les citations de philosophes ou de poètes, telle Emily Dickinson, sont agréables à lire mais n'ont pas toujours un rapport évident avec le récit qui suit.
    J'en garde une impression très mitigée, avec le sentiment désagréable d'avoir perdu mon temps.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2009/08/02/14622344.html
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    • Livres 2.00/5
    Par liliba, le 27 décembre 2008

    liliba
    Où se cache la vérité ?
    À l'âge de seize ans, Grace Marks est accusée de deux meurtres horribles : celui de l'homme chez lequel elle est employée comme bonne à tout faire, et de sa concubine.
    La vie de la jeune fille bascule : elle échappe à la peine capitale, faute de preuves lors de son procès, et des différentes versions qu'elle a présenté à la justice mais est placée en asile psychiatrique et prise en charge quelques années plus tard (au début du récit) par un jeune docteur, spécialiste de la maladie mentale, passionné par les études sur la perte de mémoire et qui veut ënfin découvrir la vérité.
    Il obtient l'autorisation de rencontrer Grace et de la faire parler. Celle-ci dévide donc ses souvenirs d'enfance, sa famille, son arrivée au Canada, ses différents emplois, la perte de sa seule amie, mais cache en même temps ses rêves et cauchemars, dont on ne sait pas -ni elle-même- s'ils sont des souvenirs d'actes qu'elle aurait réellement perpétrés ou bien des hallucinations morbides...
    Un vrai suspense jusqu'aux dernières pages pour ce roman basé sur une histoire véridique, avec toujours cette interrogation de savoir si l'héroïne est coupable ou non, mais que j'ai trouvé malgré tout un peu longuet, et "vieux jeu"...


    Lien : http://liliba.canalblog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par nymeria, le 14 novembre 2010

    nymeria
    Basée sur une histoire vraie, Captive nous tient en haleine tout au long de ses 600 pages. Chaque page tournée nous fait partager le quotidien de Grace qui, à l'initiative du bon docteur, remonte le fil de ses souvenirs jusqu'à la tragédie finale. Bien malgré nous, on finit par s'intéresser à la vie de la pauvre Grace et de fil en aiguille, on se prend à se poser les mêmes questions que tout le monde : Grace a-t-elle vraiment pris part aux meurtres ? Joue-t-elle la comédie ? Est-elle cette manipulatrice sans cœur que tout le monde décrit ?


    Lien : http://avideslectures.over-blog.com/article-margaret-atwood-captive-..
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 16 mai 2012

    Les détails [du meurtre] étaient croustillants ; Grace Marks était singulièrement jolie et aussi extrêmement jeune [16 ans lorsqu'elle se fit la complice de James Mc Dermott] ; Nancy Montgomery, la gouvernante de Kinnear [et première victime des assassins] avait auparavant donné naissance à un enfant illégitime et était la maîtresse de Thomas Kinnear ; lors de son autopsie, on découvrit qu'elle était enceinte. Grace et James Mc Dermott, lui aussi employé chez Kinnear, avaient fui ensemble aux Etats-Unis et la presse les supposait amants. L'association de sexe, de violence et l'insubordination déplorable des classes inférieures se révéla très affriolante pour les journalistes de l'époque.
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La neurologie de la lecture.
Non sous-titré, non traduit.








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