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Citations de Muriel Roland Darcourt (27)


J'errais dans les rues de la ville. Vide, triste et inutile. Au milieu des vies, et personne ne me voyait, ne savait que j'étais là. Posée, prostrée dans un coin. J'attendais mon rétablissement. Je m'armais de patience, je me forçais à oublier, mais je n'oubliais rien.
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Mourir ne sera pas une punition. C'est juste une solution. Au mieux un soulagement au pire une nouvelle vie qui recommence, quelque part, avec ou sans toi. Mais moi je veux arrêter de dire, d'écrire, de peindre, de filmer, de penser que tu es toujours là, même durant tes distances. Tes insolents silences et tes si lancinantes absences. J'ai fait le tour de l'existence : je m'arrête là.
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On nous mit à part. Elles n'avaient pas osé nous attacher, de toute façon nous étions déjà attachés l'un à l'autre pour la vie entière, depuis le début et inéluctablement jusqu'au terme, jusqu'à notre dernier souffle en ce monde et dans celui d'après, jusqu'à ce qu'on meure et qu'on recommence à vivre, attachés à perpétuité dans l'infini de l'existence et dans celui de l'inexistence, et quand bien même il ne restera rien, qu'il n'existera plus rien, il y aura nous. Toujours. Attachés pour toujours.
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Comme un parcours fléché que tu découvriras, cette sorte d'absolutisme vers lequel tu me portes. Une vie destinée à la recherche des années mortes.
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Pour la deuxième fois en quelques heures, je compris que la vie à elle seule était un mensonge. L'univers tout entier nous paraissait absurde, la seule chose qui ne l'était pas, c'était l'amour spontané que l'on se portait et l'envie de rire à cette vaste mascarade que serait l'existence qui se présentait.
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L’inspiration et l’imagination humaines sont sans limite et suite au référendum où chacun a pu mettre en exergue toute la fantaisie et l’originalité de sa pensée, à l’unanimité, il a été décidé que notre vaisseau s’appellerait l’Odyssée.
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Muriel Roland Darcourt
L’inspiration et l’imagination humaines sont sans limite et suite au référendum où chacun a pu mettre en exergue toute la fantaisie et l’originalité de sa pensée, à l’unanimité, il a été décidé que notre vaisseau s’appellerait l’Odyssée.
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J'ai découvert récemment qu'un verre de vodka supprimait l'angoisse de la page blanche et que le deuxième me désinhibait tout à fait. Une alliée de poids qui annihile le fait de ne pas commencer. Ce qui me fait gagner un temps considérable. Lorsque je me mets à écrire, les phrases se suivent à un rythme effrayant. Je peux écrire une pièce en quelques jours. Un roman en quelques mois. Un paragraphe et les autres suivent : je ne suis jamais à court d'idées. Tout peut aller très vite ! Mais alors, le temps passé à ouvrir un cahier, cela peut prendre des jours, des semaines, des années. Je reste figé, là, à ne pas commencer. Commencer. C'est le plus gros mot de mon vocabulaire et la vodka l'a supplanté à tout jamais.
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Comment ai-je attrapé cette foutue maladie, pas lors d’un voyage vers un lointain pays, je n’aime ni l’avion ni les déplacements, et je sors rarement de chez moi au grand dam de ma tendre épouse. Ce doit être à l’hôpital, durant le dernier séminaire. J’exècre les séminaires. Les courbettes et les génuflexions. J’abomine les petits fours qu’ils servent entre deux discussions sur les coliques néphrétiques et la dyspepsie hyposthénique. Marre de ces pseudos docteurs ès guérison, de cette médecine incapable.
Je m’emporte. Comme toujours. Ce doit être un trop plein, je souffre assurément d’un trop plein de quelque chose.
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Un jour à la bibliothèque, je regardais les gens se promener dans les allées. Lisant, la tête penchée, les tranches des ouvrages classés par ordre alphabétique et par genre. Voilà bien mon problème majeur ! Je n’ai pas de genre précis. Alors on me range n’importe où. L’un de mes romans se déroule dans l’espace (en fait, dans la tête de mon héros) et j’ai été répertorié dans la catégorie « Science-fiction » puis « Psychologie » et même « Philosophie », or moi je fais de la littérature littéraire ! Du type « Roman autre ». Et dans les rayonnages ça n’existe pas. De plus, l’un de mes éditeurs m’a classé partout à la lettre « M » pour Milan Hernst. J’ai eu beau lui expliquer que ma place était auprès de Victor Hugo, rien à faire !
J’avais pris avec moi un stock de mes romans – Oui je suis le plus grand de mes acheteurs – et je me suis auto-classé partout où ça me chantait. Et je voyais les gens, dédaignant mes ouvrages, retirer de l’étagère (au pif complet !) un roman, lire la quatrième de couverture et le reposer ou l’emmener avec eux dans l’idée de le lire. Jamais, au grand jamais, le hasard a fait qu’ils tombent sur l’un des miens, et j’en avais mis quatorze ! Soit je n’ai vraiment pas de chance, soit la couverture est moche (enfin la couverture, la tranche), soit mon nom n’interpelle pas. Je ne sais pas. Toujours est-il que la bibliothécaire, qui regardait mon manège de loin depuis un petit moment, s’est approchée de moi pour me dire : si vous voulez paraître dans la bibliothèque il faut passer par le comité de lecture. Ça tombe bien, j’en viens ! Mon roman, figurez-vous Madame, est bel et bien issu d’un comité de lecture tout ce qu’il y a de réglementaire ! Combien de comités va-t-il donc falloir pour que j’accède à la possibilité d’entrer en contact avec un lecteur potentiel ? « Un seul s’il est bon » m’a-t-elle rétorqué. Ok dîtes-moi lequel ? Lequel est le bon comité qui me mettra directement en rapport avec un acheteur. Que dis-je un acheteur ? Un lecteur me suffirait ! « Je ne parle pas d’un comité mais de votre ouvrage ». Mais comment, ô grand comment, peut-on savoir si un livre est bon avant de l’ouvrir et de lire ne serait-ce que la première page, même la fin si vous voulez ? « Vous travaillez avec quel éditeur ? » me fait-elle en remettant ses lunettes sur son nez. Je commence à lui énumérer la liste et elle me répond : « Connais pas, connais pas, connais pas, connais pas, connais pas, connais pas ». Et c’est de ma faute peut-être si mes éditeurs sont encore moins connus que moi ?
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Bija ne resterait pas très longtemps auprès des Dissidents puisque son exemplaire reconversion rayonnait au sein de l’Onju. L’année finissante verrait son Étage enrichi d’un autre supplémentaire, confirmant pleinement son intégration et son acceptation au sein de Varanville. Après quelques années d’errance il avait incorporé la vraie vie et son irréprochable conduite ainsi qu’un sérieux engagement lui avait conféré le statut d’habitant. Il ne se sentait pourtant pas à sa place. Nulle part d’ailleurs dans ce Monde. Les frontières établies ne correspondaient pas aux siennes, et au cœur du campement, il cloisonnait les effluves de Dissidence qui végétait en lui, tout en regardant inquisiteur et inquiet ceux qui en survivaient encore.
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Voici mon roman. Il devait culminer à deux cent quatre vingt pages, pour faire sérieux. Il en a quarante sept, c’est mieux que vain. L’histoire. Ben c’est toujours pareil, la mort, la vie et tout ce qui va avec. Voilà. Que dire de plus. Ah il est écrit en français –je dis ça pour la traduction future- si ça nécessite de passer les frontières. Il ne devrait pas être trop coûteux. Pour la parution, au vu du nombre de mots absents, et tenir facilement sur un carnet transportable dans tous les lieux communs. Le genre de littérature, je veux parler de la classification, de l’étagère sur laquelle il sera entreposé. Si vous avez quatorze ans et demi il vous paraîtra chiant fatalement, je vous laisse trouver pourquoi. Si vous en avez trente vous direz qu’il ne vous cultive pas, à quarante c’est pire, à cent vous seriez choqués. Comme quoi. Il y a plusieurs lectures possibles, et il se peut que vous le pensiez profondément con, je ne vous cache pas qu’à moi aussi ça m’est arrivé. Par contre, s’il vous fait rire c’est que vous êtes atteint de ma maladie. Normalement. Et à ce moment-là vous le croirez presque raisonnable.
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Pour en revenir à Claire Duval… C’est comme - oserais-je dire - une forme de philosophie : que suis-je à travers elle ? Une écoute, une disponibilité, un réconfort, un idéal. Et vous, vous êtes l’inverse, permettez-moi de vous dire que jamais, jamais de votre vie vous ne serez une Claire Duval.
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Dès que l'on hausse le ton ma violence se réveille, s'agite, palpite et puis remonte, la rage déborde sans que je puisse la contenir, les seuls mots qu'il me reste n'ont plus de sens, mon oreille devient sourde et ma raison déserte. Je m'abats donc sur lui pour étouffer ses insultes, lorsqu'il ne bouge plus je relâche mon étreinte, sa vigueur s'évapore. La force d'un vieillard est bien vaine face à celle d'un vivant-mort.
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- Il faut que je me détende, que je parte m'allonger un instant mais que l'on n'oublie surtout pas de me réveiller pour le journal télévisé. Je dois absolument savoir ce qui se passe autour du monde, combien de gens sont morts aujourd'hui et attendent que je les rejoigne.
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Chaque fois qu’une personne s’enrichissait ou grimpait à l’échelle citadine, elle avait droit à un Etage supplémentaire. Les villes étaient ainsi constituées de cubes disposés tantôt par deux ou trois ou dix, ou cent, et des Tours gigantesques juxtaposaient des cubes simples qui venaient d’être construits ou que leur occupant n’avait pas su élever. Sora avait fait de chaque Etage une pièce à part entière. Et cela lui suffisait. Elle n’éprouvait pas le besoin de s’étendre davantage dans de plus ambitieuses hauteurs. Elle avait déjà refusé par deux fois la construction d’un Etage supplémentaire, et elle tenait, pour le moment tout du moins, à en rester là de son intérieur.
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Sur le qui vive, personne n’est réveillé, il est cinq heure et je suis en ébullition. Deux heures de sommeil tout au plus mais pas question de fermer l’œil. La nature respire, je l’entends de ma fenêtre, je tente d’être à l’unisson, de la sentir. Qu’est ce que les oiseaux pensent de tout ça ? Ils s’en foutent de mon travelling, du nombre de plans à tourner. Qui comprend ce que nous allons faire ? Qui comprend le monde dans lequel nous allons basculer ? Qui comprend que dorénavant les jours et les nuits se ressemblent, qu’il n’y a plus de différence. Que l’extérieur se déchirera, rira ou soupirera sans que nous n’en sachions rien, la terre pourra exploser nous serons toujours en train de tourner.
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L’Hydrolice venait d’annoncer une coupure d’eau. C’était la troisième fois ce mois-ci. Elle aurait lieu à midi, heure locale. Aucun renseignement quant à sa durée n’avait été donné. Les Activateurs avaient reçu une circulaire que chaque habitant se devait d’accepter. Age, nom, fonction. Formulaire à retourner instantanément sous peine de graves sanctions. L’Hydrolice y spécifiait qu’elle se déchargeait de toutes responsabilités en cas d’évènements malheureux, et toute plainte portée postérieurement à l’heure de la signature resterait inécoutée. Il était vivement conseillé d’éviter tout incident durant la coupure. Nul ne devait prendre de risques, tomber malade, s’égarer ou se faire tuer. Les Secours de l’Organisme n’interviendraient pas. La Garde de la Liberté non plus. Tous les services du Gouvernement du Monde seraient interrompus puisque l’eau ne serait plus distribuée.
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ll reste une semaine et toujours pas de fille. Où je vais trouver ça moi, une fille.
- Tu connais une fille toi ?
Maxime hoche la tête, il n’en connaît pas. Il en a une à chaque bras mais il n’en connaît pas.
- Je te préviens je prends n’importe laquelle. La première qui passe, tu ne viendras pas te plaindre…
Sa moue désabusée me laisse dubitatif. Il ne dit rien. Il s’en va. Il claque la porte quand même. Il la rouvre.
- Démerde-toi.
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La boule devient transparente et tournoie quelques instants dans le ciel. Gracile et légère sphère parfaite qui éclate comme une bulle au-dessus de la terre et s’évanouit dans l’éther.
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