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Maurice Edgar Coindreau (Traducteur)
ISBN : 2070360377
Éditeur : Gallimard (1972)
Résumé :
George Milton et Lennie Small, deux amis, errent sur les routes de Californie. George protège et canalise Lennie, une âme d’enfant dans un corps de géant. Lennie est en effet un colosse tiraillé entre sa passion - caresser les choses douces – et sa force incontrôlable. Animés par le rêve de posséder leur propre exploitation, ils travaillent comme journaliers, de ranch en ranch.
L’amitié qui les lie est pure et solide, mais ne suffit pas à les protéger de la maladresse de Lennie. Une maladresse presque poétique, qui les conduit à changer sans cesse de travail, et qui laisse poindre à l’horizon un drame sans égal.
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Critiques, Analyses & Avis (279) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B30 juillet 2012
  • Livres 5.00/5
Je vais volontairement tâcher de ne rien déflorer du délice de cet ouvrage époustouflant, atroce et tellement, TELLEMENT fort, afin que ceux qui désirent s'en repaître sans connaître l'histoire au préalable puisse tout de même avoir quelques indices.
Voici un pur bijou, du très grand Steinbeck. J'ai rarement lu un livre aussi petit qui me frappe aussi fort et aussi durablement (il n'y aurait peut-être que Montserrat d'Emmanuel Roblès ou On Achève Bien Les Chevaux d'Horace McCoy à concourir dans cette incroyable catégorie). Où donc John Steinbeck est-il allé chercher une pareille histoire (qu'il n'est pas usurpé d'appeler une histoire d'amour sous ses apparences tout autres) ?
Il nous sert des dialogues impeccables, un scénario parfait, simple, efficace, un style lumineux, un fil qui se tend tout au long du récit jusqu'à vous éclater au visage. Si vous restez insensibles, allez d'urgence consulter un cardiologue car il y a vraisemblablement un problème de ce côté là !
Je voudrais seulement offrir deux comparaisons pour les deux protagonistes principaux, l'une pour George, l'autre pour Lennie.
George, l'ouvrier agricole modèle, pas naïf, les pieds sur terre, qu'il ne faut pas trop chercher mais qui est une bonne pâte dans le fond, me fait beaucoup penser à Jean dans La Terre d'Émile Zola. La Jacqueline de Zola a aussi son pendant dans ce livre.
D'autre part, ceux qui ont lu L'Homme Sans Qualités de Robert Musil trouveront peut-être une ressemblance frappante entre ce Lennie et le personnage de Moosbrugger au chapitre 18 de cet autre monument littéraire qui date lui aussi des années 1930. C'est un caractère récurrent chez Steinbeck de choisir un protagoniste souffrant d'une difformité physique ou mentale comme une sorte de Quasimodo moderne (voir La Grande Vallée, Les Pâturages du Ciel pour les difformités physiques, À L'Est D'Eden" pour les mentales).
Bonne lecture et surtout, j'aimerais souffrir d'amnésie pour revivre le plaisir que j'ai eu à lire ce livre pour la première fois, néanmoins, ce n'est là que mon tout petit avis parmi une kyrielle d'autres, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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andman
andman04 mars 2016
  • Livres 5.00/5
Dans les années trente, en Californie comme ailleurs, le machinisme était encore balbutiant si bien que les exploitations agricoles avaient recours à une multitude de journaliers qui de l'aube au crépuscule s'échinaient à la tâche.
La Grande Dépression a jeté sur les routes quantité de pauvre hères qui, le baluchon sur l'épaule, sillonnent la campagne en quête de travail.
George et Lennie sont de ceux-là. Ils viennent d'être embauchés dans un ranch situé au sud de la petite ville de Soledad, entre San Francisco et Los Angeles.
Encore jeunes, ils forment un bien curieux tandem : George est futé mais paraît assez frêle alors que Lennie est simplet mais d'un gabarit impressionnant. Une amitié indéfectible unit ces deux êtres d'allure et de tempérament si dissemblables. Chaque jour ils entretiennent le rêve de posséder en commun un petit lopin de terre, d'élever des animaux, de fréquenter qui bon leur semble, de vivre comme des rentiers…
Ce court roman est d'une saisissante dramaturgie. Assez vite le lecteur pressent le danger qui guette George et Lennie et aimerait voir les deux amis quitter au plus vite ce nouvel employeur au fils bagarreur et à la bru trop aguichante.

Lorsqu'il publie “Des souris et des hommes” en 1937, à seulement 35 ans, John Steinbeck est sans doute loin d'imaginer marquer de son empreinte l'histoire de la littérature. Quatre vingts ans plus tard les lecteurs continuent de plébisciter ce roman de l'amitié et de l'altérité dont la concision tutoie la perfection.
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jeranjou
jeranjou11 avril 2013
  • Livres 5.00/5
Un roman noir parmi les classiques

Mardi 19h16. Chatelet-Les Halles. Quatre pages encore à lire avant de refermer « Des souris et des hommes ». Troublé et pensif, au bord du quai en attendant le RER B, je vois surgir en contre-bas, devant moi, une souris chevauchant les rails à toute vitesse. S'agirait-il d'une coïncidence ou d'un clin d'oeil de Lennie, le héros du roman de Steinbeck ? Mystère, mystère…
Comme je l'ai appris dans « L'assassin qui en moi »de Jim Thompson, la citation "Les projets les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas", extraite du poème de Robert Burns "To a Mouse" (1786), a inspiré le titre de ce roman à John Steinbeck.
Sous le titre original "Of Mice and Men", ce court roman fut publié en 1937 par le celèbre écrivain américain, suivi de son autre oeuvre majeure "Les Raisins de la colère" en 1939.
Dans le roman « Des souris et des hommes », Steinbeck distille une histoire pasionnante à travers une relation d'amitié profonde et indéfectible entre deux hommes très différents : Georges Milton, petit chef et vif d'esprit, et Lennie Small, colosse légèrement attardé au visage informe et véritable force de la nature.

Partageant le même rêve de posséder un jour une petite propriété pour élever des lapins, les deux hommes vadrouillent de ferme en ferme pour économiser suffisamment pour se payer cette terre promise. Ils se baladent ainsi tranquillement à pied pour rejoindre un ranch de Californie afin de travailler comme saisonniers. Néanmoins, Lennie a la fâcheuse manie de vouloir caresser toutes les choses douces : du velours, de la soie, des souris, des chiots, … et même la peau ou les cheveux des femmes, ce qui lui a causé bien des ennuis dans son ancienne ferme.
Continuez donc la route en compagnie de nos deux amis inséparables Georges et Lennie jusqu'au ranch des Curley à Soledad pour connaitre le fin mot de l'histoire…
Dès le début du roman, j'ai découvert de fortes similitudes avec le magnifique roman de Charles Williams « La fille des collines » : une belle écriture dès qu'il s'agit de décrire les paysages et la vie animale entourant les protagonistes, des dialogues marquants pour des personnages vivant à la campagne, et enfin le plus important, l'attrait diabolique de la femme, objet et source de conflit permanent entre les hommes.
J'ai particulièrement apprécié le début plutôt lent et attendrissant entre nos deux héros et la seconde partie du roman très enlevée aboutissant au final magnifiquement écrit et émouvant.
En outre, un passage spécifique du livre a retenu mon attention ; il s'agit d'une conversation entre Lennie, Crooks, le palefrenier noir de la ferme et enfin Candy, un brave homme qui a perdu une main au travail. En quelques pages seulement, John Steinbeck réussit à symboliser l'exclusion des noirs, des handicapés et des malades mentaux à cette époque. Une mise à l'écart qui n'a pas les mêmes causes, par nature, mais qui a les mêmes effets. Un passage tout simplement magnifique digne d'un très grand auteur.
Pour conclure, il se dégage de ce roman une proximité littéraire forte avec des romans noirs comme « On achève bien les chevaux » d'Horace Mc Coy (que j'ai moins aimé mais dont l'idée originale est lumineuse) ou « La filles des collines » de Charles Williams (que j'ai adoré). Néanmoins, je constate que Steinbeck est lu par un large public et on l'affuble de roman classique alors que les autres sont considérés comme des romans noirs.
A mon humble avis, « Des souris et des hommes » dépeint aussi durement la condition humaine que dans les deux autres livres évoqués, ceci dans un format plus court. Dommage pour de nombreux lecteurs qui passent à côté d'oeuvres incontournables et trop méconnues (américaines notamment).
Comme quoi, pour qu'un roman attire la lumière, il est préférable d'être noir parmi les classiques qu'être un classique parmi les noirs…

PS : je vous conseille évidemment de lire ou relire ce très court roman. Elaine Steinbeck évoquait son mari dans une lettre en parlant d'une « âme lourde mais essayant de voler ». Exactement à l'image de ce livre, une âme lourde mais essayant de voler…en direction d'un lopin de terre au milieu des lapins mangeant de la luzerne.
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palamede
palamede25 avril 2016
  • Livres 5.00/5
Ils rêvent d'un lopin de terre, d'une petite ferme à eux, d'être libres et rentiers. Mais avant, ce qui attend Lennie et George c'est un boulot mal payé d'ouvriers agricoles dans un ranch de Californie.
Un travail indispensable qui se révèle un péril permanent pour Lennie, un géant naïf et impulsif. Un danger que rien ne peut éloigner, pas même les mises en garde de son ami George, dont la bienveillance envers lui, même si elle s'exprime brutalement, est extrêmement touchante. L'auteur en empathie avec ses héros terriblement humains nous prépare à un drame. La tension est palpable, on se surprend à souhaiter intensément que Lennie écoute son ami et ne se mette pas dans de sales draps.
A travers un univers qu'il connait pour y avoir travaillé, celui des travailleurs agricoles, John Steinbeck dénonce la politique et le système économique qui ont conduit à la Grande Dépression. De même que sans omettre de souligner le racisme et la ségrégation, elle soulève le problème du handicap et de son rejet, cette oeuvre naturaliste exceptionnelle, digne d'un drame antique, est un regard critique essentiel sur une Amérique qui a déçu et engendré un monde d'exclus.
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isajulia
isajulia01 mai 2013
  • Livres 5.00/5
Des souris et des hommes est un livre que j'ai lu et relu.
Entre cette oeuvre et moi, le coup de foudre a eu lieu il y a environ quatorze ans, grâce à l'acariâtre Mlle M. ma prof de français de quatrième, d'ailleurs c'est le seul souvenir positif que j'ai d'elle...
Mais revenons au livre, il m'a emportée dans son univers dès les premières pages. J'ai adoré le contexte des deux amis qui vont de ranch en ranch pour trouver du travail avec le grand rêve d'amasser assez d'argent pour se payer leur propre ferme ou ils élèveront des lapins.
En dehors de cette trame de départ, mon vrai coup de coeur va au deux héros de l'histoire, George et Lennie.
George, c'est le gaillard qui a la tête sur les épaules et qui prends les décisions alors que Lennie, son ami, c'est le simple d'esprit qui a la tête ailleurs et qui comprend tout de travers.
Le rapport entre les deux hommes est phénoménal car ils n'ont rien pour s'entendre et pourtant...
George n'est pas celui que j'ai préféré, vous allez tout de suite deviner vers qui ma tendresse se tourne. Et oui, Lennie a grandement contribué a mon amour de ce livre, sans être intelligent j'ai trouvé son innocence touchante. Il a le don de se mettre dans des situations délicates mais dans le fond c'est pas vraiment de sa faute, il a sa propre perception du monde et des choses et j'ai trouvé George un peu trop dur avec lui.
Bon je ne raconterai rien de ce qui va se passer car je ne veux en aucun cas briser la magie au lecteur qui ouvre ce livre pour la première fois.
Tout ce que je peut dire c'est que j'ai pleuré comme une madeleine, l'histoire est poignante et quatorze années après ma première lecture je n'ai jamais oublié cette émotion qui est restée intacte lors de mes nombreuses relectures.
Je le conseille donc à toutes et tous, vous ne serez pas déçus. A lire!
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Citations & extraits (151) Voir plus Ajouter une citation
ScoutCurtisScoutCurtis24 mai 2016
Y a pas beaucoup de gars qui voyagent ensemble, dit-il d'un ton rêveur. J'sais pas pourquoi. Peut-être que les gens ont peur les uns des autres, dans ce sacré monde.
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CMAROTCMAROT23 mai 2016
j'ai vraiment aimé l'histoire de ce livre car il est très émouvant . Il est nourri de pudeur et d 'amour et pourtant l'amitié est invincible nouée entre Lennie , le doux colosse innocent aux mains dévastatrices ,et son ami George , petit homme aigu , a une beauté et puissance de mythe

Loic
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CMAROTCMAROT23 mai 2016
le livre "Des souris et des hommes " m'a plutôt plu, j'aime beaucoup la façon d'écrire dans ce roman, le langage oral rend le livre plus facile et agréable à lire, et met dans l'ambiance. l'ambiance est intéressante, et les personnages ont des caractéristiques bien particulières. l'intrigue n'est pas très précise et il n'y a pas de suspense donc il n’aurait pas fallu que le livre soit plus long, il aurait été moins agréable à lire.

mon passage préféré :
Crooks, le palefrenier noir est dans le hangar dans lequel il vit et Lennie arrive et commence à lui parler: CRooks, au début, ne veut pas le laisser entrer mais finalement ils discutent. J'aime ce passage car Crooks peut dire ce qu'il a sur le cœur et c'est une ambiance assez paisible et amicale
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SophieMedSophieMed22 mai 2016
"Ce qui compte, c'est parler, C'est être avec un autre. Voilà tout."
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GwordiaGwordia30 mars 2011
- Les types comme nous, qui travaillent dans les ranches, ya pas plus seul au monde. Ils ont pas de famille. Ils ont pas de chez-soi. Ils vont dans un ranch, ils y font un peu d'argent, et puis ils vont en ville et ils le dépensent tout... et pas plus tôt fini, les v'là à s'échiner dans un autre ranch. Ils ont pas de futur devant eux.

Lennie était ravi.

- C'est ça... c'est ça. Maintenant, raconte comment c'est pour nous.

George continua :

- Pour nous, c'est pas comme ça. Nous, on a un futur. On a quelqu'un a qui parler, qui s'intéresse à nous. On a pas besoin de s'asseoir dans un bar pour dépenser son pèze, parce qu'on n'a pas d'autre endroit où aller. Si les autres types vont en prison, ils peuvent bien y crever, tout le monde s'en fout. Mais pas nous.

Lennie intervint.

- Mais pas nous ! Et pourquoi ? Parce que... parce que moi, j'ai toi pour t'occuper de moi, et toi, tu m'as moi pour m'occuper de toi, et c'est pour ça.

Il éclata d'un rire heureux.

- Continue maintenant, George !

- Tu l'sais par coeur. Tu peux le faire toi-même.

- Non, toi. Y a toujours des choses que j'oublie. Dis-moi comment que ça sera.

- Ben voilà. Un jour, on réunira tout not'pèze, et on aura une petite maison et un ou deux hectares et une vache et des cochons et...

- On vivra comme des rentiers, hurla Lennie. Et on aura des lapins. Continue, George. Dis-moi ce qu'on aura dans le jardin, et les lapins dans les cages, et la pluie en hiver, et le poêle, et la crème sur le lait qui sera si épaisse qu'on pourra à peine la couper. Raconte-moi tout ça, George.

- Pourquoi que tu le fais pas toi-même, tu le sais tout.

- Non... raconte, toi. C'est pas la même chose si c'est moi qui le fais. Continue... George. Comment je soignerai les lapins ?

- Eh bien, dit George, on aura un grand potager, et un clapier à lapins, et des poulets. Et quand il pleuvra, l'hiver, on dira : l'travail, on s'en fout ; et on allumera du feu dans le poêle, et on s'assoira autour, et on écoutera la pluie tomber sur le toit... Merde !
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