> Maurice Edgar Coindreau (Traducteur)

ISBN : 2070360377
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 844 notes) Ajouter à mes livres
George Milton et Lennie Small, deux amis, errent sur les routes de Californie. George protège et canalise Lennie, une âme d’enfant dans un corps de géant. Lennie est en effet un colosse tiraillé entre sa passion - caresser les choses douces – et sa force incontrôlable. Animés par le rêve de posséder leur propre exploitation, ils travaillent comme journaliers, de ranch en ranch. L’amitié qui les lie est pure et solide, mais ne suffit pas à les protéger de la maladresse de Lennie. Une maladresse presque poétique, qui les conduit à changer sans cesse de travail, et qui laisse poindre à l’horizon un drame sans égal.
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 19 avril 2012

    Aline1102
    George et Lennie sont deux vagabonds qui vivent de façon nomade et espèrent trouver un emploi qui leur convient: assez bien payé pour leur permettre d'acheter un lopin de terre et ne demandant pas trop de qualifications. Mais Lennie est simple d'esprit et maladroit; il finit toujours par gaffer et par provoquer son licenciement et celui de George.
    Cette fois, pourtant, les choses semblent différentes, comme si Lennie avait compris que l'emploi que lui et George viennent de trouver est leur dernière chance de s'insérer dans la société.
    Mais Lennie, qui aime tant caresser la chevelure des femmes, va-t-il pouvoir garder ses distances alors que l'épouse de Curley le provoque?

    Magnifique! C'est le seul mot qui vient à l'esprità la lecture de ce roman. Et c'est Joseph Kessel qui en parle mieux que personne dans la préface du texte:
    " Ce livre est bref. Mais son pouvoir est long.
    Ce livre est écrit avec rudesse et, souvent, grossièreté. Mais il est tout nourri de pudeur et d'amour.
    Certains auteurs de l'Amérique du Nord disposent d'un secret impénétrable.
    Ils ne décrivent jamais l'attitude et la démarche intérieures de leurs personnages. Ils n'indiquent pas les ressorts qui déterminent leurs actes. Ils évitent même de les faire penser.
    (...)
    Une approche aussi superficielle en apparence devrait logiquement exclure toute perception profonde des êtres et, en eux, tout cheminement spirituel. Ils ne devraient pas avoir de substance, de densité humaine, de vérité. Or - et c'est le mystère - ils vivent tous avec une intensité et une intégrité merveilleuses. Avec leur poids de chair. Avec le mouvement du coeur et les reflets de l'âme.
    (...)."
    Le récit commence au milieu de nulle part, ou presque, avec deux personnages (George et Lennie), dont on ne sait rien. C'est petit à petit, au fil du récit et des actes de chacun, que Steinbeck dévoile des pans de la personnalité très complexe de ces deux hommes.
    Comme le dit si bien Kessel, la rudesse est présente d'un bout à l'autre du texte; cette rudesse qui captive, qui vous prend aux tripes et ne vous lâche plus. Dès les premières lignes, on se rend compte que l'on tient un chef d'oeuvre entre ses mains.
    Encore une fois, comme c'est le cas dans Les Raisins de la colère, l'histoire de George et Lennie semble être un prétexte au service d'une cause plus noble: la dénonciation des conditions de travail déplorables des journaliers agricoles. On en vient à se prendre de passion pour la vie de George, de Lennie et de leurs collègues, à les plaindre et à souhaiter une amélioration de leur destin. Tout au long du récit, la tension monte; la misère est décrite avec force et simplicité. On espère, on attend même, une fin heureuse... Mais, bien entendu, elle ne vient pas.
    Comment la vie de ces deux hommes, et des milliers d'autres comme eux, pourrait-elle changer au point de les voir heureux et à l'abri de la misère? Destinés à une vie tragique, à une survie diifficile, les héros de ce roman Steinbeck ne sont pas faits pour être heureux.
    Trop de difficultés, d'incompréhension, de préjugés jalonnent la route qu'ils doivent emprunter. Ils sont condamnés à exercer un métier dur et peu valorisant, dans une société qui ne veut pas d'eux, et surtout pas des simplets comme Lennie. Et tant que George prendra soin de Lennie, il ne sera pas mieux considéré que son ami. Comment, dans ce cas, ne pas excuser le geste de George? A-t-il réellement trahi Lennie? N'est-ce pas plutôt la société qui les a trahis tous les deux, et depuis trop longtemps?
    C'est la société dans laquelle ces deux hommes sont condamnés à (sur-)vivre qui est responsable de leurs destins, de leurs actes et de leurs erreurs. Cruelle, elle ne leur a laissé aucun choix.
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    Critique de qualité ? (26 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par jcnb68, le 05 octobre 2011

    jcnb68
    À chaque fois que je lis une critique de ce chef-d'œuvre, j'en ai un pincement au cœur.
    Les émotions s'amoncellent, et je renonce à la mienne.
    Ne sachant trop par où commencer.
    Je ne sais pas si certains écrits nous émeuvent et changent notre vision des choses ou si c'est parce que nous avons une certaine vision des choses que certains livres nous émeuvent ?

    J'avais 13 ans lorsque ce livre est apparu à mes yeux. Il faisait partie des livres que nous devions analyser en classe. Je ne remercierai jamais assez mon prof de français, « Baroz » de son nom (je n'ai jamais connu son prénom), pour en avoir fait le choix. Toutes mes louanges à son endroit. J'étais à l'époque plutôt doué en écriture, lecture et compréhension de texte. Cependant, la lecture ne représentait pour moi qu'une corvée scolaire facile en rapport à d'autres matières comme par exemple : les mathématiques.
    Ce bouquin m'a fait sortir d'une adolescence attardée pour aller… je ne sais où !
    Vers la lecture en tous les cas.
    Raison pour laquelle je voue une admiration biblique à mon prof « Baroz » et à l'écrivain Steinbeck. Qui, soit dit en passant, me réservait une claque encore plus monumentale avec à l'Est d'Eden, que j'ai lu quelques semaines plus tard.
    J'ai relu Des souris et des hommes bien plus tard, marié, ou peut-être déjà divorcé !
    Toujours aussi attardé mais déjà plus adolescent.
    J'avais dû changer car je n'ai pas ressenti l'émerveillement de la première lecture.
    J'aurais dû vous parler du livre. Or, je n'ai parlé que de moi. Mais parfois, c'est la meilleure façon de parler des autres.
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    Critique de qualité ? (29 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 14 décembre 2011

    carre
    Des souris et des hommes fait parti des chefs d'oeuvre de la littérature.
    L'histoire de George et Lennie deux journaliers qui sillonnent les routes de Californie. Lié par une solide amitié, ils rêvent d'avoir leur exploitation. Mais Lennie "doux colosse aux mains dangereuses" est légèrement déficient mental et aime caresser les choses douces comme la peau des souris mortes qu'il conserve dans sa poche. George est une sorte de grand frère qui canalise ses pulsions et protège Lennie de la méchancheté du monde. Mais Curley le fils du patron du ranch ou ils viennent de trouver un emploi le traite comme un idiot. La jolie et jeune femme de Curley va attirer le pauvre Lennie dans une relation ambigu et le drame se mettra en place.
    Un livre magnifique d'une force émotionnel remarquable. Grâce à une écriture tendue et poétique, Steinbeck écrivit un livre qui continue à bouleverser les lecteurs qui le découvre. le livre à connu plusieurs adaptations théatrales et cinématographiques. Inoubliable.
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 06 juillet 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Pour parler du duo George/Lennie, on pourrait dire que George c'est la tête alors que Lennie c'est plutôt les bras. L'un est petit, l'autre est grand et fort. L'un est malin, l'autre est plutôt simple d'esprit. Tout semble les opposer et pourtant, c'est une très forte amitié qui les unit.
    Les deux amis ont quittés la ville de Weed suite à un incident provoqué par Lennie. Involontairement. Ils vont donc quitter le Nord à la recherche d'un nouveau travail. Sur ce chemin, nous nous rendons vite compte du côté protecteur de George. Lennie est intellectuellement limité, cependant il porte en lui une très grande sensibilité. Il est extrêmement naïf et parfois maladroit. Ses incessantes incompréhensions peuvent également énerver à certains moments mais cela ne dure pas. Car cet homme semble être la douceur incarnée. Mais pour George, rien n'est facile. Il doit faire attention à lui, à ce qu'il dit, à ce qu'il fait. Pourtant, il n'imagine pas une seconde continuer ce chemin, cette vie sans lui.
    Arrivés dans le nouveau ranch où ils vont travailler, George et Lennie font connaissance avec les autres ouvriers. C'est un environnement rude empreint de racisme et de violence. George va alors veiller à ce que l'incident de Weed ne se reproduise pas et aussi à ce que Lennie n'en parle pas.
    Mais Lennie ne sait pas réfléchir. Lennie ouvre la bouche au moment où il pense sans imaginer les conséquences. Il a également une force incroyable dont il n'a pas connaissance et qu'il ne sait donc pas maîtriser.
    Malheureusement, lorsqu'un homme aussi sensible, aussi gentil que lui se retrouve face à des gens malintentionnés, cela peut mal tourner. Cet évènement nous donne alors une fin très émouvante soulignant l'importance et la beauté de l'amitié. L'amitié inconditionnelle. Pour toute la vie, au-delà de la mort.
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ianf, le 06 septembre 2011

    ianf
    Des dialogues d'une force exceptionnelle ; des descriptions brûlantes d'une beauté incomparable ; une narration fluide et liquide, perdue dans un langage à couper le souffle ; un sujet dur, froid, dramatiquement humain ; des personnages inséparables aux traits finement travaillés et exceptionnellement bien traités ; un mise en scène que l'on ne peut qu'admirer ; des scènes pénétrantes et extrêmement visuelles ; et, bien sûr, une fin qui s'insinue dans nos veines et nos artères, nous glace le sang et nous fait pleurer. Devant l'insouciance, la violence, la naïveté, la crédulité, la beauté nous transporte là où peu d'écrivains parviennent à nous emmener. Au coeur même du roman.
    "Des souris et des hommes", c'est tout ça à la fois. Un texte court, merveilleux, où le talent de son auteur se dévoile dans tout ce qu'il a de plus époustouflant. Steinbeck ne semble pas pouvoir faire mieux qu'avec ce roman, synthèse d'un génie dont la littérature pleure l'absence, encore aujourd'hui.
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Citations et extraits

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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    Si vous possédez les choses dont les autres manquent, [...] si vous pouviez séparer les causes des effets, [...], vous pourriez survivre. Mais cela, vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en "Je" et vous sépare toujours du "Nous".
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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    Y'a pas beaucoup de gars qui voyagent ensemble, dit-il d'un ton rêveur. J'sais pas pourquoi. Peut-être que les gens ont peur les uns des autres dans ce sacré monde.
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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    Non, j'connais personne du nom de Jésus. J'connais des histoires, ça oui, mais il n'y a que les gens que j'aime. Et des fois, j'les aime à en éclater et j'voudrais les rendre heureux, c'est pourquoi je leur ai prêché des choses que je pensais qu'elles pouvaient les rendre heureux.
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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    Les gens qui fuient l'épouvante qu'ils ont laissée derrière eux... il leur arrive de drôles de choses, des choses amèrement cruelles et d'autres si belles que la foi en est ravivée pour toujours.
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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    Comment vivre sans nos vies? Comment pourrons-nous savoir que c'est nous, sans notre passé? Non, faut le laisser. Brûle-le.
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