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Par BMR, le 12/12/2008
La traversée du Mozambique par temps calme de
Patrice Pluyette
[...] Les grognements se font entendre à peu près chaque nuit depuis trois jours et ça devient inquiétant; de toute évidence un animal féroce, femelle de type panthère d'Amérique, jaguar adulte ou tigre Amba, les suit à la trace. À plusieurs reprises, on a même pu sentir son souffle contre la toile de tente. En vérité, la situation n'offre pas d'échappatoire; le sort de nos aventuriers est lié au bon vouloir de cette bête affamée qui n'attendra pas éternellement que la viande soit cuite; il est probable que notre histoire s'arrête dans trois pages sans plus de personnages à notre charge que cette bête dont nous ne saurions à elle seule tirer une histoire en rapport avec le sujet de la nôte sans ennuyer le lecteur. Nous dirons donc que les hommes et femmes composant ce récit, nonobstant le danger rôdeur, ne perdent pas leur courage, continuent chaque matin à démonter le camp pour mener à bien leur progression lente et difficile, tous les soirs à planter la tente dans un endroit différent, toutes les nuits à trembler dans leurs lits en s'obligeant à prier, à invoquer l'aide d'un dieu tout-puissant à défaut d'un car de CRS armés.
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Par Clakkos, le 26/03/2009
La traversée du Mozambique par temps calme de
Patrice Pluyette
Les singes sont dans des cages. Les cages sont au bas des arbres. Les arbres sont abattus sous les yeux des singes.
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Par Alinee, le 09/09/2011
Un été sur le magnifique de
Patrice Pluyette
Aujourd'hui, on ne prend plus le temps. C'est le temps qui nous prend. On passe son temps à chercher du temps. On passe le temps à fuir le temps.
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La traversée du Mozambique par temps calme de
Patrice Pluyette
Le petit homme, qui a les cheveux longs et la peau de la couleur d’une amande fraîche, répond au nom de Petit Pénis. Petit Pénis signifie Petite Peine en langage cloak, celle qui ne se voit pas forcément et contre laquelle on se bat toute sa vie : tristesse, spleen doux, nostalgie passagère. Le cloak est parlé essentiellement par les tribus du nord de la Caoueta, aux confins du Keneph et de la Pelun brésilienne, à majorité Tunng et Pouacre y compris ceux des bords de l’agusto.
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La traversée du Mozambique par temps calme de
Patrice Pluyette
Dans la nuit le lit du fleuve se retourne. Ça fait un bruit pas possible de ressorts rouillés.
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La traversée du Mozambique par temps calme de
Patrice Pluyette
Tout brille dans la forêt en cet instant. Les yeux aussi, du reflet de l’eau, et d’excitation. Car les troupes croient que le terme du voyage est proche. L’issue facile. On remonte le fleuve et on trouve Païtiti. Youpi. Criez victoire si vous voulez, serrez-vous dans les bras, plongez sous les bulles du fleuve sans craindre les gardes en peau de croco, mais cinquante bons kilomètres attendent les jambes, c’est l’auteur qui vous le dit. Remonter le fleuve signifie marcher vingt jours à raison de deux kilomètres cinq par jour, et la nuit va bientôt tomber, un lieu de camp doit être trouvé. Pour être en forme une bonne nuit est préférable, couchez-vous tôt, les conditions de marche ne vont pas tarder à se dégrader, le plus dur est à venir. Maintenant, chers personnages, vous faites comme vous voulez, je ne voulais pas plomber l’ambiance, mais au moins les choses sont dites.
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La traversée du Mozambique par temps calme de
Patrice Pluyette
Le sens de l’à-propos, il l’a. Le sens de la communication aussi. C’est un jeune homme bien vu, aimé de tous, sans histoires (mais les gens sans histoires finissent souvent mal). Il habite depuis un mois une piaule indépendante de la maison familiale. Il fait ses courses lui-même, il met la décoration qu’il veut. Le matin il dort autant qu’il veut, le soir il se couche à l’heure qu’il veut. Il a même une bouteille de rhum coco sous son lit. Il trouve ça cool. Là, il est allé acheter un abat-jour super tendance dans une boutique art et déco, il pense franchement que ça va en jeter grave dans la pièce. Il porte l’objet sous son bras, logé dans un sac en feuille de papyrus résistant. Il kiffe sa race. Il voudrait que tous les gens du monde se tiennent par la main.
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La traversée du Mozambique par temps calme de
Patrice Pluyette
- Bientôt, continue-t-il en s’adressant à Belalcazar, tu vas kiffer ta race toi aussi et tu ne pourras plus dire que ton souhait le plus cher eût été que je kiffasse ma race avec toi car tu auras kiffé, tu kiffes même déjà, moi-même je kiffe en disant que tu kifferas, c’est trop kiffant comme verbe, kiffer.