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Par Woland, le 22/09/2010
Deux soeurs pour un roi de
Philippa Gregory
[...] ... - "Quel est le secret de l'emprise de [votre soeur] sur [Henry], selon vous ?
- Ils se ressemblent," répondis-je, laissant mon antipathie à leur endroit se glisser dans ma voix. "Aucun des deux ne s'arrêtera à rien pour obtenir ce qu'il veut et gardera, avec une détermination inébranlable, les yeux sur sa cible. Et, à présent que leurs désirs coïncident, ils sont ..." Je marquai une chose, cherchant le mot juste. "Formidables", terminai-je.
- "Je peux être formidable", énonça la Reine ( 1 )
Je lui lançai un regard de biais. N'eût-elle été la Reine, j'aurais passé mon bras autour de ses épaules pour la serrer contre moi.
- "Qui le sait mieux que moi ? Je vous vis tenir tête au Roi encoléré et vous opposer à deux cardinaux ainsi qu'au Conseil privé. Mais vous servez Dieu, vous aimez le Roi et vous adorez votre enfant. Vous ne vous laissez point guider par cette unique question : "Qu'est-ce que je veux ?"
Elle secoua la tête.
- "Ce serait péché d'égoïsme."
Je regardai les deux silhouettes [Anne Boleyn et Henry VIII] au bord du fleuve, les deux plus grands égoïstes qu'il m'eût été donné de rencontrer.
- "En effet." ... [...]
( 1 ) : Catherine d'Aragon, infante de Castille et d'Aragon, puis princesse de Galles et reine d'Angleterre, fille de Ferdinand II d'Aragon et d'Isabelle Ière de Castille la Catholique, mère de Mary Ière Tudor.
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Deux soeurs pour un roi de
Philippa Gregory
Jane Seymour choisit sa robe de mariée le jour où ma soeur fut exécutée. Je ne l'en blâmai pas, Anne ou moi eussions fait de même. Henri changeait vite d'avis et il fallait se montrer sage et le suivre sans s'opposer à lui. Surtout à présent. Il avait divorcé d'une femme irréprochable et en avait décapité une autre : il connaissait son pouvoir.
Jane serait reine et ses enfants, quand elle en aurait, deviendraient princes et princesses. Ou bien elle attendrait, comme les autres, de concevoir en sachant, mois après mois, que la patiente et l'amour du roi s'amenuisaient. Peut-être aussi que la malédiction lancée par Anne-sa mort en donnant naissance à un fils-se réaliserait. Je n'enviais pas Jane Seymour. J'avais vu deux reines mariées au roi Henri, aucune n'en avait retiré beaucoup de bonheur.
Quant à nous, les Boleyn, mon père avait raison, il nous fallait surivre. Avec la mort d'Anne, mon oncle Howard avait perdu une bonne carte, qu'il avait jouée comme Madge et moi. Je savais qu'il trouverait toujours une autre fille à offrir, que celle-ci fût destinée à séduire le roi ou à devenir un exutoire à sa fureur. Il jouerait de nouveau. Mais, pour l'heure, nous, les Boleyn, étions détruits. Nous avions perdu la reine Anne, la plus célèbre d'entre nous. Elizabeth ne vallait rien, moins encore qe la princesse Marie, déjà si méprisée. Jamais elle ne serait appelée princesse, jamais elle ne prendait place sur le trône.
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L'héritage Boleyn de
Philippa Gregory
Je supporte à peine l'idée que Thomas ait péri à cause de moi. Je trouve difficile de concevoir sa disparition. Songeant à la mort pour la première fois, je découvre combien elle se montre définitive, irrévocable. Acceptant peu à peu l'idée que je ne le reverrai plus en ce monde, j'en viens presque à croire au Paradis; je prie de l'y rencontrer de nouveau et que nous nous aimions encore - sans que je sois, cette fois, l'épouse d'un autre.
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Par Woland, le 22/09/2010
Deux soeurs pour un roi de
Philippa Gregory
[...] ... - "Comment vous portez-vous, Votre Majesté ?" m'enquis-je ( 1 ) avec prudence.
Il leva la tête et darda sur moi des yeux injectés de sang.
- "Mal," répondit-il doucement.
- "Qu'y a-t-il ?"
Il ressemblait à un petit garçon, ce soir-là, perdu et triste.
- "Je n'ai point couru les joutes ce jour. Je ne courrai plus.
- Jamais ?
- Peut-être jamais.
- Pourquoi, Henry ?"
Il marqua une pause puis déclara, d'une petite voix :
- "J'ai pris peur lorsque mon écuyer me sangla dans mon armure. N'est-ce point honteux ?"
Je ne sus que dire.
- "Les joutes sont affaires dangereuses," reprit-il avec ressentiment. "Vous autres femmes, installées dans les tribunes, préoccupées de gages et de faveurs, écoutant les hérauts sonner les trompettes, vous ne l'entendez point."
J'attendis.
- "Et si je périssais ?" demanda-t-il soudain. "Qu'adviendrait-il alors ?"
Un horrible instant, je crus qu'il s'enquérait du salut de son âme.
- "Nul ne le sait avec certitude", répondis-je d'une voix hésitante.
Il écarta mes paroles d'un geste.
- "Pas cela. Qu'advient-il du trône de mon père ( 1 ) , qui pacifia le royaume après des années de lutte ? Nul autre n'y serait parvenu, et il avait deux fils ( 2 ), Mary ! Il assura la sécurité du pays, autant sur les champs de bataille que dans son lit. J'ai hérité d'un royaume doté de frontières bien gardés, de lords fidèles, d'un trésor remplir d'or, mais je n'ai personne à qui le transmettre."
J'inclinai la tête, émue par l'amertume contenue dans ces paroles.
- "La terreur de périr sans un fils pour me succéder m'exténue. Je ne puis jouter, ni même chasser d'un coeur léger. Lorsque s'élève un obstacle devant moi, je n'éperonne plus mon cheval pour le franchir d'un bond, épouvanté à l'idée de ma mort et de la vision de la couronne d'Angleterre accrochée dans un buisson d'épines." ... [...]
( 1 ) : Mary Carey, née Boleyn.
( 2 ) : Henry, comte de Richmond, devenu Henry VII, premier souverain Tudor et descendant de Jean de Gand, en d'autres termes d'Edouard III Plantagenêt.
( 3 ) : Arthur, Prince de Galles et premier époux de Catherine d'Aragon, mort de la suette ou de la tuberculose, à l'âge de seize ans, et Henry, duc d'York, qui deviendra Henry VIII.
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Deux soeurs pour un roi de
Philippa Gregory
Parfois, lors de ces moments calmes qui précédent le dîner ou bien quand la pluie l'empêchait de chasser, Henri trouvait seul le chemin qui mène aux appartements de la reine; elle posait alors sa lecture ou sa couture et nous renvoyait d'un mot, lui adressant un sourire qu'elle n'accordait à nul autre, pas même à sa fille, la princesse Marie.
Une fois, je le trouvais assis à ses pieds comme un amant, la tête posée sur ses genoux. La reine enroulait autour de ses doigts les boucles d'or roux; elles scintillaient avec l'éclat des bagues qu'il lui avait offerte quand il l'avait épousé contre l'avis de tous.
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Deux soeurs pour un roi de
Philippa Gregory
- Anne, commença le roi
Elle se tourna vers lui.
- L'on versa dans votre oreille mensonges et poisons contre moi, l'interrompit-elle en hâte. J'ai droit à meilleur traitement. Je vous fus bonne épouse, je vous aimai comme nulle autre femme.
- Anne...
- Certes , je ne portai point de mâle en son terme, mais ce n'est guère ma faute, poursuivit-elle avec passion. Catherine non plus. L'appelâtes-vous sorcière pour autant ?
Un murmure réprobateur s'éleva; j'aperçu un poing se former, pouce entre l'index et le majeur, exécutant le signede croix qui conjurait la sorcellerie.
- Je vous ai donné une princesse, cria Anne, la plus belle qui fût jamais, avec vos cheveux, vos yeux. A sa naissance, vous affirmâtes qu'il était encore tôt encore et que nous avions le temps d'avoir des fils. Vous ne craigniez pas votre ombre alors, Henri !
Elle avait à demi dévêtu Elizabeth, la tenant à bout de bras. Henri recula, bien que la petite appelât "papa!" en lui ouvrant les bras.
- Sa peau est parfaite, sans marque d'aucune sorte ! Personne n'osera nier qu'il s'agit d'une enfant bénie de Dieu, qu'elle sera la plus grande princesse que ce pays ait jamais connue ! Pouvez-vous regarder votre fille sans savoir qu'elle aura des frères et des soeurs aussi forts et beaux qu'elle ?
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Par Aline1102, le 31/03/2012
The red Queen de
Philippa Gregory
"Do you really think that God in his heaven with all the angels, there from the beginning of time and looking towards the day of judgement day, really looks down on all the world and see's you and little Harry and says 'whatever you choose to do is my will?'
"Yes I do." she says uncertainly."
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Deux soeurs pour un roi de
Philippa Gregory
Au matin, je me rendis à la messe à côté de Jane Seymour. En passant devant la porte ouverte de l'appartement du roi, nous le vîmes assis, la jambe allongée devant lui sur un tabouret. Il écoutait un clerc qui lui lisait des lettres puis les posait devant lui, attendant sa signature. Jane ralentit et sourit; le roi s'interrompit un instant pour la regarder.
Jane et moi nous agenouillâmes dans la chapelle de la reine et suivîmes la messe célébrée au-dessous, devant le maître-autel.
-Jane ? appelai-je doucement.
Elle ouvrit les yeux, tirée de son recueillement.
-Oui Marie ? Pardonnez-moi je priais.
-Si vous continuez à badiner avec le roi avec ces petits sourires béats, un Boleyn vous arrachera les yeux.
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L'héritage Boleyn de
Philippa Gregory
_Vous ne devriez point m'entretenir de baisers lorsque d'autres nous entourent.
_Je sais cela. Jamais je ne laisserais un danger vous menacer. Je mourrais pour vous protéger.
_Le roi sait tout, l'avisé-je. Il entend nos paroles et pénètre peut-être même nos pensées. Des espions oeuvrent pour lui en tout lieux; il voit dans le coeur de chacun.
_Je cache mon amour au plus profond, déclare-t-il.
_Votre amour?
Je peine à respirer.
_Mon amour, répéte-t-il.
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Par Aline1102, le 31/03/2012
The red Queen de
Philippa Gregory
Yes, Your Grace, I correct her. I am My Lady, the King's Mother, now, and you shall curtsey to me, as low as to a queen of royal blood. This was my destiny: to put my son on the throne of England, and those who laughed at my visions and doubted my vocation will call me My Lady, the King's Mother, and I shall sign myself Margaret Regina: Margaret R.