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Par grisette, le 11/06/2010
Essays, Lectures and Orations de
Ralph Waldo Emerson
Nous avons beau faire le tour du monde à la recherche de la beauté, si nous ne l'avons pas apportée avec nous, nous ne la trouverons jamais.
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L'amitié de
Ralph Waldo Emerson
Nous avons en nous bien plus de tendresse qu’on ne le dit. En dépit de tout l’égoïsme qui, tels les vents de l’Est, transit le monde, la famille humaine est tout entière baignée d’un élément d’amour semblable à un éther délicat. Nombreux sont ceux à qui nous disons à peine un mot quand nous les croisons en société, que pourtant nous honorons et qui nous honorent ! Nombreux, ceux que nous voyons dans la rue ou qui sont assis à côté de nous à l’église, et dont la présence nous réjouit ardemment quoique nous gardions le silence ! Lisez le langage de ces regards vagabonds ; le coeur, lui, le connaît.
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Par grisette, le 25/08/2010
La confiance en soi et autres essais de
Ralph Waldo Emerson
La confiance en soi est le premier secret du succès.
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Par gigi55, le 07/11/2010
Société et solitude de
Ralph Waldo Emerson
J'abhorre cet américanisme creux qui espère s'enrichir à crédit, être informé en tapant sur les tables à minuit, apprendre les lois de l'intelligence par la phrénologie, le talent sans étude, la maîtrise sans apprentissage, la vente des marchandises en prétendant que tout se vend, le pouvoir en faisant croire qu'on est puissant ou en s'appuyant sur un jury ou une convention politique dont la composition vous est favorable, la corruption et des votes « répétés », ou parvenir à la richesse par la fraude. On pense y être parvenu, mais on a obtenu quelque chose d'autre, un crime qui en appelle un autre, et un autre démon derrière celui-ci : ce sont des étapes vers le suicide, l'infamie et les affres du genre. Nous nous encourageons mutuellement dans cette vie de parade, de boniment, de réclame et de fabrique de l'opinion publique, et dans cette faim de résultats et de louanges rapides, on perd de vue l'excellence.
p. 268
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Par gigi55, le 18/12/2010
La confiance en soi et autres essais de
Ralph Waldo Emerson
Le langage :
Les mots sont des signes de faits naturels. L'utilité de l'histoire naturelle est de nous offrir une aide pour comprendre l'histoire surnaturelle ; l'utilité de la création extérieure, de nous offrir le langage qu'il nous faut pour les êtres et les changements de la création intérieure. Si l'on remonte à sa racine, chaque mot utilisé pour exprimer un fait moral ou intellectuel s'avère être emprunté à quelque apparence matérielle. Juste signifie droit ; faux signifie tordu. L'esprit signifie le souffle, transgression signifie le franchissement d'une ligne ; hautain correspond à un haussement du sourcil. Nous disons « cœur » pour exprimer l'émotion, «tête» pour signifier la pensée; pensée et émotion sont des mots empruntés au domaine des choses sensibles et convenant désormais à la nature spirituelle. Une grande partie du procédé par lequel cette transformation s'opère est cachée à nos veux, remontant à l'époque lointaine de la formation du langage ; mais on peut observer la même tendance chez les enfants. Les enfants et les êtres primitifs n'emploient que des noms, ou des noms d'objet, et les convertissent en verbes qu'ils utilisent pour désigner l'acte mental correspondant.
2) Mais cette origine de tous les mots qui expriment une portée spirituelle fait tellement évident dans l'histoire de la langue — est la moindre de nos dettes à l'égard de la nature. Ce ne sont pas seulement les mots qui sont emblématiques ; les choses sont emblématiques. Tout fait naturel est un symbole d'un fait spirituel. Toute apparence dans la nature correspond à un état d'esprit et cet état d'esprit ne peut se décrire qu'en présentant cette apparence naturelle comme son image. Un homme courroucé est un lion, un homme rusé, un renard, quelqu'un de solide est un roc, un savant, un flambeau. Un agneau symbolise l'innocence ; un serpent, la malveillance subtile ; les fleurs expriment à nos yeux les affections délicates. La lumière et les ténèbres sont nos expressions familières pour désigner la connaissance et l'ignorance ; et la chaleur, l'amour. Les distances visibles que nous mesurons derrière nous et devant nous correspondent respectivement à l'image que nous avons de la mémoire et de l'espoir.
Lequel d'entre nous, à l'heure de la méditation, peut regarder un fleuve sans l'associer à l'idée de l'écoulement de toute chose ? Jetez une pierre dans le courant, et les cercles qui sont propagés illustrent avec beauté le type même de toute influence.
P; 36
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Par gigi55, le 14/02/2011
De l'utilité des grands hommes de
Ralph Waldo Emerson
La civilité européenne est le triomphe du talent, le prolongement du système, l'entendement affûté, la capacité d'adaptation, le plaisir dans les formes, le plaisir dans la manifestation, dans les résultats intelligibles. Périclès, Athènes, la Grèce avaient travaillé sur cet élément avec la joie du génie qui n'était pas encore refroidi par la perspective des dommages causés par l'excès. Ils n'avaient devant eux ni économie politique sinistre ni un Malthus menaçant, ni Paris ni Londres, ni l'impitoyable sous-division de classes, l'ombre funeste des fabricants d'épingles, celle des tisserands, des apprêteurs, des chaussetiers, des cardeurs, des fileurs, des mineurs, pas d'Irlande, pas de caste hindoue renforcée par les efforts de l'Europe pour s'en débarrasser. L'entendement de l'Europe était à son apogée. L'art était dans sa splendide nouveauté. Ils taillaient le marbre pentélique comme si c'était de la neige, et leurs œuvres parfaites en architecture et en sculpture semblaient aller de soi, aussi aisées que la construction d'un nouveau navire dans les chantiers de Medford ou de nouvelles manufactures à Lowell. Ces choses suivent leur cours et peuvent être considérées comme acquises. La légion romaine, la législation byzantine, le commerce anglais, les salons de Versailles, les cafés parisiens, la manufacture à vapeur, le bateau à vapeur, la voiture à vapeur peuvent tous être vus en perspective ; le conseil municipal, l'urne électorale, le journal et la presse bon marché.
Dans le même temps, Platon, en Égypte et lors de ses voyages en Orient, assimilait l'idée d'une Divinité en qui toutes les choses sont absorbées. L'unité de l'Asie et le détail de l'Europe, l'infinitude de l'âme asiatique et l'Europe qui définit, qui aime les résultats, qui fabrique des machines, qui cherche la surface, qui va à l'opéra, Platon arriva pour les unir, et par contact, accroître l'énergie de chacune. L'excellence de l'Europe et de l'Asie sont dans son cerveau. La métaphysique et la philosophie de la nature exprimaient le génie de l'Europe, il lui offrit la religion de l'Asie pour fondation.
En résumé, une âme équilibrée était née, percevant les deux éléments.
p. 53-55
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Par zazimuth, le 06/03/2011
Ralph Waldo Emerson
Termine ta journée et n'en parlons plus. Tu as fait ce que tu as pu. Des impairs et des absurdités s'y sont sans doute glissés, mais oublie-les bien vite. Demain est un autre jour : tâche de bien le commencer et avec sérénité, sans laisser ta bonne humeur s'encombrer de tes sottises passées.
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Par gigi55, le 13/02/2011
De l'utilité des grands hommes de
Ralph Waldo Emerson
Si la spéculation tend ainsi à une terrible unité, dans laquelle toutes les choses sont absorbées, l'action tend, dans un mouvement exactement inverse, à la diversité. La première est le cours ou la gravitation de l'esprit, la deuxième est le pouvoir de la nature. La nature est le multiple. L'unité absorbe et fusionne ou réduit. La nature ouvre et crée. Ces deux principes réapparaissent et interpénètrent toutes choses, toute pensée ; l'Un, le Multiple. L'un est être, l'autre intellect ; l'un est nécessité, l'autre liberté ; l'un est repos, l'autre mouvement ; l'un pouvoir, l'autre distribution ; l'un force, l'autre plaisir ; l'un conscience, l'autre définition ; l'un génie, l'autre talent : l'un ferveur, l'autre savoir ; l'un possession, l'autre commerce ; l'un caste, l'autre culture ; l'un roi, l'autre démocratie. Et, si nous osions faire un pas de plus dans ces généralisations et nommer la dernière tendance des deux, nous dirions que la lin de l'un est d'échapper à l'organisation, la science pure, et la fin de l'autre est la plus haute instrumentalité, ou utilisation de moyens, ou déité executive.
Chaque étudiant adhère, par tempérament et par habitude, au premier ou au second de ces dieux de l'esprit. Par la religion, il tend à l'unité, par l'intellect, ou par les sens, au multiple. Une unification trop rapide, et une application excessive aux parties et aux détails sont les dangers jumeaux de la spéculation.
A cette partialité a correspondu l'histoire des nations. Le pays de l'unité, des institutions immuables, le siège d'une philosophie se délectant d'abstractions, d'hommes fidèles à une doctrine et en pratique à l'idée d'un destin sourd, immense et inimplorable, est l'Asie, qui réalise cette foi dans l'institution sociale qu'est la caste. D'un autre côté, le génie de l'Europe est actif et créatif ; elle résiste à la caste par la culture ; sa philosophie était une discipline ; c'est une terre d'arts, d'invention, de commerce, de liberté. Si l'Orient a aimé l'infini, l'Occident s'est délecté des limites.
p. 52/53
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L'amitié de
Ralph Waldo Emerson
Tout comme l’immortalité de l’âme, l’amitié est trop belle pour y croire.
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Par gigi55, le 13/12/2010
La confiance en soi et autres essais de
Ralph Waldo Emerson
L'homme est frileux et timoré ; il ne se tient plus droit ; il n'ose pas dire « je pense », « je suis », mais il cite tel ou tel, saint ou sage. Il a honte devant le brin d'herbe ou la rose qui s'ouvre. Ces roses sous ma fenêtre ne font aucune référence à des roses antérieures ou à des roses plus belles ; elles sont pour ce qu'elles sont ; elles existent avec Dieu aujourd'hui. Pour elles le temps n'est point. Il y a simplement la rose ; elle est parfaite à chaque instant de son existence. Avant qu'un bourgeon de feuille ne soit ouvert, toute sa vie est à l'œuvre ; dans la fleur épanouie il n'y a rien de plus ; dans la racine sans feuille il n'y a rien de moins. Sa nature est satisfaite et elle satisfait la nature à chaque instant de la même manière. Mais l'homme renvoie à plus tard ou se souvient ; il ne vit pas dans le présent mais le regard tourné en arrière, regrette le passé ou, sans prêter attention aux richesses qui l'entourent, se dresse sur la pointe des pieds pour apercevoir l'avenir. Il ne pourra pas être heureux et fort tant qu'il ne vivra pas lui aussi, en accord avec la nature, au présent et au-dessus du temps.
p. 106
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