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Par hoel, le 10/01/2011
Le signal de
Ron Carlson
Il était aussi loin des routes qu'on pouvait l'être dans ce pays, et il avait la sensation primitive et rare d'être la première personne à marcher ici, et quelques minutes plus tard, à marcher ailleurs. Depuis le début du temps. Ce plateau rocheux incliné était nu et indifférent ; parfois, certains endroits révélaient leur indifférence. Ils étaient là depuis une éternité et y resteraient. Les rochers se fichaient de ce qui arrivait à l'homme, ils s'en fichaient il y a mille ans et ils s'en ficheraient dans mille milliers d'années. Partout autour de lui, il voyait des rochers qui s'en fichaient et s'en ficheraient toujours. C'était exaltant, Mack savait qu'il était en plein mélodrame. Le soleil ici n'avait pas d'âge et il était lui aussi indifférent. Mack sourit.
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Par Aifelle, le 12/01/2011
Le signal de
Ron Carlson
"Un ruisselet qu'il put franchir coulait au centre de l'endroit et Mack vit, en grimpant, où le groupe avait traversé et retraversé le joli cours d'eau. Il aimait les endroits perdus comme celui-ci, les surprises exclusives auxquelles n'avaient pas eu droit plus d'une dizaine de pionniers ; il y avait des milliers de recoins isolés dans la nature sauvage et ils le remplissaient toujours d'espoir. Jusqu'à aujourd'hui. Le goulet du canyon et les parois rocheuses en gradins prirent de la hauteur, la bande de ciel matinal bleu pâle se réduisit à une balafre au-dessus de sa tête".
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Par hoel, le 10/01/2011
Le signal de
Ron Carlson
Ils avaient campé à Jackpine, entre les lacs, et le jour suivant, ils avaient contourné Larger Jackpine et son père avait dit :
– Et là, pas de tente, pas de casseroles, pas de fourneau.
– Des sacs et du matériel de pêche, avait ajouté Mack.
De l'autre côté, il y avait des éboulis, qu'ils avaient franchis. D'abord, ils avaient dissimulé leurs sacs puis s'étaient avancés avec précaution jusqu'au bord pour pêcher.
Mack connaissait déjà les réponses.
– Nos cannes et du matériel.
– C'est à peu près ça. Tu as ton couteau, Mack.
– Mon couteau et des allumettes. Et quatre mouches.
– Bon, c'est parfait, avait dit son père. Maintenant, nous sommes à peu près nous-mêmes. Tout s'organise très bien. Trois lacs, et trois jours. Nous arrivons à une très jolie arithmétique. (Il sortit un peu de ligne puis la ramena en arrière, prêt à lancer.) Pêchons.
Mack avait regardé son père, les manches roulées, caresser de sa mouche la surface mystérieuse des eaux bleu-marron, et cette ligne délimitait le monde connu de l'inconnu. Mack se demanda comment il saisissait la profondeur de cette petite anse, comment il savait où les poissons se trouvaient, comment il savait ce qu'il savait. Ces questions semblaient toucher Mack en plein cœur, ce qu'il ressentit comme simplement de l'amour, l'ardent désir d'être à la hauteur, de maîtriser l'arithmétique.
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Par BMR, le 20/01/2011
Le signal de
Ron Carlson
[...] Le retour est toujours un moment délicieux. Sales et fatigués, ils parlaient, discutaient des poissons qu'ils avaient attrapés, de la randonnée. Ces jours-là, son père disait toujours : “Être sale, comme avoir faim, ce sont des choses magnifiques qui se méritent. Nous l'avons bien mérité, alors allons nous laver et manger.” Il avait appris à Mack à ne jamais mépriser la faim mais à s'en servir comme d'un instrument, et ils avaient mangé d'excellents steacks dans les gros relais routiers à la lisière des villes de l'Ouest quand ils descendaient des montagnes. “Servons de nous de ça comme il faut.” - Mack avait dit ça à Vonnie chaque année; ils savaient tous les deux qu'ils mangeraient des steacks et boiraient des boissons fraîches sorties de la glacière qu'ils avaient gardée de côté : une célébration et une dernière nuit à camper près des voitures au-dessus du monde.
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Par caro64, le 13/08/2011
Le signal de
Ron Carlson
Un ruisselet qu'il pût franchir coulait au centre de l'endroit et Mack vit, en grimpant, où le groupe avait traversé et retraversé le joli cours d'eau. Il aimait les endroits perdus comme celui-ci, les surprises exclusives auxquelles n'avaient pas eu droit plus d'une dizaine de pionniers ; il y avait des milliers de recoins isolés dans la nature sauvage et ils le remplissaient toujours d'espoir. Jusqu'à aujourd'hui. Le goulet du canyon et les parois rocheuses en gradins prirent de la hauteur, la bande de ciel matinal bleu pâle se réduisit à une balafre au-dessus de sa tête.
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Par caro64, le 13/08/2011
Le signal de
Ron Carlson
C’était sa vie, chevaucher deux heures depuis un ranch qui était lui-même à une heure de la ville, tout en sachant qu’il y avait encore des heures d’inconnu devant lui. Les corniches de la vallée suivante se détachaient clairement et palpitaient dans l’air clair de l’été. Il y était allé une ou deux fois, peut-être ; il se rappelait une dépression avec deux creux pleins d’eau entourés de joncs au pied d’une colline de granit, mais la terre était vierge et, comme tant de choses à cette altitude, elle attendait encore. On lui avait dit qu’il ne restait plus que quelques endroits dans le pays où une personne pouvait encore s’éloigner à huit kilomètres de la route, et, pour lui, cela restait la pire nouvelle qu’il ait jamais entendue.
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Par BMR, le 20/01/2011
Le signal de
Ron Carlson
[...] On lui avait dit qu'il ne restait plus que quelques endroits dans le pays où une personne pouvait encore s'éloigner à huit kilomètres de la route, et, pour lui, cela restait la pire nouvelle qu'il ait jamais entendue.
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Par vonnette, le 23/06/2011
Le signal de
Ron Carlson
Un cerf huit cors marchait dans l'aube profonde, chacun de ses pas provoquait un craquement étouffé dans l'épais sous-bois sec. Il passa à vingt mètres de Mack, qui l'observa sans bouger; La lumière était la même qu'au fond du lac, amplifiée, immobile, une grotte. Le cerf n'était pas pressé et il disparut en douceur dans les cinquante nuances de gris de la lumière de cette heure;
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Le signal de
Ron Carlson
C’était sa vie, chevaucher deux heures depuis un ranch qui était lui-même à une heure de la ville, tout en sachant qu’il y avait encore des heures d’inconnu devant lui. Les corniches de la vallée suivante se détachaient clairement et palpitaient dans l’air clair de l’été. Il y était allé une ou deux fois, peut-être ; il se rappelait une dépression avec deux creux pleins d’eau entourés de joncs au pied d’une colline de granit, mais la terre était vierge et, comme tant de choses à cette altitude, elle attendait encore. On lui avait dit qu’il ne restait plus que quelques endroits dans le pays où une personne pouvait encore s’éloigner à huit kilomètres de la route, et, pour lui, cela restait la pire nouvelle qu’il ait jamais entendue.
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Par oops, le 05/08/2011
Le signal de
Ron Carlson
La montagne était grandiose ici, si colossale qu'un homme ne pouvait l'appréhender, sauf à se laisser dominer, inscrire dans la réalité et le temps, le silence et l'humilité à la manière dont une prière pouvait vous toucher au coeur, pas toujours, parfois seulement.