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Le Jeu Secret de
Thomas Owen
Olga. Une brave fille. La vie lui sera drôle. Dix ans plus tard, elle mourra jeune, mariée à un homme deux fois veuf déjà et sans enfant.
Les veufs ne portent pas bonheur. Ils ont déjà l'expérience de la survivance. Ils en profitent.
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Le Jeu Secret de
Thomas Owen
Ce n'est pas que les hommes l'aient dédaigné, loin de là, très loin de là. Mais pour ce qui est du bon motif, ah ! ouiche ! ils ont beau avoir chaud aux reins, ils gardent le cerveau froid dans ce pays.
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Par latina, le 05/09/2011
Pitié pour les ombres. de
Thomas Owen
Elle est blonde, un peu rousse, avec des cheveux très beaux, très riches, lourds d'une sensualité inexplicable. Avec ça des yeux rieurs, subitement tristes parfois, quand elle ne se croit pas observée. Une bouche - ah! pour ce qui est de la bouche, je ne vous dis que ça! - à mordre dedans en pleine église. Des épaules rondes.
Le reste aussi. Taille moyenne. Pas grande, pas petite. Un drôle de petit derrière qui a l'air de vous faire des clins d'oeil lorsqu'elle marche. Et des jambes ! Belles comme des larmes.
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Par latina, le 05/09/2011
Pitié pour les ombres. de
Thomas Owen
Triste, angoissante, pénible nuit ! La campagne, à certaines heures, sait être tragique et poignante. Dans le ciel, très bas, très lourd, passaient d'énormes nuages aux formes extraordinaires, étirés, déchiquetés, traînant à leur suite des lambeaux d'eux-mêmes au travers desquels on pouvait entrevoir par instant une lune blafarde, malsaine comme un ventre de poisson mort.
Le vent soufflait par à-coups, avec de brusques colères. Un vent tiède, humide et sournois, qui arrachait des feuilles aux peupliers geignants, secouait méchamment les haies, faisait courir sur la rivière noire des rides désordonnées qui se poursuivaient, se croisaient, allaient mourir ensemble dans les roseaux bruissants.
Une nuit de mauvais présage. Une nuit de poète maudit ou de sorcière.
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Par latina, le 05/09/2011
Pitié pour les ombres. de
Thomas Owen
"C'est une bien vilaine maison", pensa-t-elle.
Une maison peu engageante, presque hostile. Etroite et haute. La porte avait été peinte en vert, il y a très longtemps. La pierre du seuil était noire, incurvée par l'usure. Au ras du sol, une fenêtre obscurcie d'un grillage serré. Plus haut, hors de portée de la main, une autre fenêtre, puis deux autres encore, une à chaque étage, garnies de pauvres rideaux défraîchis.
"Une vraie maison pour ça...", pensa Donatienne.
Une maison grise et noire.
Une maison cariée. Une maison lépreuse, pourrie, malodorante. A l'intérieur, cela devait sentir l'eau de vaisselle, la graisse froide et l'égout.
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Par latina, le 05/09/2011
Pitié pour les ombres. de
Thomas Owen
Des fantômes...Vous trouvez étrange leur tenue, comme la mienne? Pourquoi donc? Le spectre de blanc vêtu n'a jamais existé que dans les livres. Il n'y faut point croire. Les chaînes, les gémissements? Théâtre d'outre-Manche ! Moi qui vous parle, j'ai étudié sérieusement la question. Depuis que j'ai rejoint nos amis, il y a dix ans exactement, j'ai eu l'occasion d'écouter et d'observer. Pourquoi les fantômes se ridiculiseraient-ils en portant l'uniforme de leur état? Les assassins ont-ils un costume d'assassin? Les escrocs ont-ils un costume d'escroc?