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La nuit du Titanic de
Walter Lord
Ce qui frappa le plus le public, ce fut moins la tragédie en elle-même, ou son inutilité, que l'espèce de fatalité qui semblait se manifester dans tous les détails. Si, ce dimanche-là, le Titanic avait tenu compte d'un seul des six messages l'avertissant de la présence de glaces flottantes ; si les glaces n'avaient pas dérivé tellement au sud ; si la mer avait été mauvaise ; s'il y avait eu du clair de lune ; si l'iceberg avait été aperçu quinze secondes plus tôt ou quinze secondes plus tard ; si le paquebot l'avait heurté sous une autre angle ; s'il y avait eu des cloisons étanches un pont plus haut ; s'il y avait eu assez de canots de sauvetage à bord : si le Californian était venu à son secours... Si seulement un seul de tous ces "si" avait été réalisé, on n'aurait probablement déclaré aucune mort. Mais tous les "si" avaient joué contre le Titanic.
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La nuit du Titanic de
Walter Lord
Andrews savait parler aux gens, il les comprenait. Plein de dynamisme, toujours charmant, toujours agréable, il était partout, il aidait tout le monde. Suivant l'image qu'il se faisait d'une personne, il s'adressait à elle de la façon la plus appropriée. Au steward Johnson, qui était bavard comme une pie, il assura que tout irait bien. A M. et Mme Albert Dick, qui avaient été plusieurs fois ses compagnons de table, il dit : "Tout est noyé en vas, mais si les cloisons arrière tiennent le coup, on ne coulera pas." A Mary Sloan, une serveuse qu'il savait calme et sérieuse : "C'est très grave, mais ne dites rien pour ne pas provoquer de panique." A John B. Thayer, en qui il avait toute confiance, il avoua enfin qu'il ne donnait pas au navire "plus d'une heure à vivre"...
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La nuit du Titanic de
Walter Lord
Dans cette nuit d'avril, bien d'autres choses disparurent : le plus grand paquebot du monde, tout son chargement et, surtout, 1 502 personnes.
Ce fut aussi la fin de nombre d'anciennes habitudes. A compter de cette date, aucun capitaine ne lancerait jamais plus son navire dans la nuit, sur une mer jonchée de glaces, sans précaution, mettant une confiance aveugle dans quelques tonnes de tôle et de rivets. Désormais, on prendrait au sérieux les messages avertissant de la présence de glaces. On n'hésiterait plus à faire des détours, à ralentir. Personne ne croirait plus au mythe du navire insubmersible.
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La nuit du Titanic de
Walter Lord
" Un certain émerveillement me saisit toujours lorsque, de la passerelle, je vois mon navire plonger et se redresser sans cesse sur la mer pour se frayer son chemin à travers les lames. C'est un sentiment que l'on n'oublie jamais lorsqu'on l'a éprouvé une fois. "
(Paroles du capitaine Smith)
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La nuit du Titanic de
Walter Lord
- C'est la première fois que je te demande de m'obéir. Je le dois. Si l'on fait monter les femmes et les enfants d'abord, c'est uniquement parce que c'est la façon normale de procéder. Le navire est très bien équipé, tout le monde sera sauvé.
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La nuit du Titanic de
Walter Lord
- Envoyez "SOS", dit Bride. C'est le nouveau signal, et peut-être la dernière chance de nous en servir.
Phillips se mit à rire et envoya. Il "tait exactement 0 h 45 quand fut envoyé par le Titanic le premier "SOS" de l'histoire.
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La nuit du Titanic de
Walter Lord
A ce moment, le chef d'orchestre Hartley tapa sur son violon avec son archet. Le ragtime s’interrompit et fit place à l'hymne anglican Automne, dont les accents s'en allèrent mourir sur la mer.