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La nébuleuse du crabe de
Éric Chevillard
Crab rencontre par hasard un ami de longue date, mais sur qui les années n'ont pas prise.
- Toujours le même, à ce qu'il semble?
- Comme tu vois. Toi, en revanche... attends, attends... est-ce que tu ne te serais pas fait couper les bras?
- Effectivement, mais tu es sûr qu'on ne s'était pas revus depuis?
- Je ne crois pas. Peut-être, après tout.
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Par cicou45, le 24/04/2013
L'auteur et moi de
Éric Chevillard
"Toute lecture bien comprise est d'ailleurs affaire de vitesse. Il suffit de trouver la bonne. Il en est une adaptée pour chaque écrivain qui sera fatale au lecteur s'il n'en change pas et s'engageant dans le livre d'un autre."
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La nébuleuse du crabe de
Éric Chevillard
Qu'on le croie ou non, Crab s'en moque, voici l'histoire: un chameau lui affirma qu'il passerait aisément par le chas d'une aiguille - où est la difficulté? l'eau même le ferait, or je peux rester plusieurs jours sans boire. Il était d'ailleurs prêt à le prouver - quand il vous plaira. Puis, prenant congé de Crab affairé, il ajouta: - dès que vous l'aurez retrouvée dans cette meule de foin, appelez-moi.
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L'auteur et moi de
Éric Chevillard
Ma répulsion pour le gratin de chou-fleur constitue le seul point fixe et stable de ma personnalité
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Par cicou45, le 26/04/2013
L'auteur et moi de
Éric Chevillard
"L'auteur admet volontiers, cependant, qu'il ne soigne pas la fin de ses récits comme il en soigne les débuts, considérant que toute fin - et la fin de la vie donc- est une débâcle à laquelle on ne peut qu'assister impuissant, désespéré, sans réaction."
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Par cicou45, le 25/04/2013
L'auteur et moi de
Éric Chevillard
"[...] c'est encore dans le silence qui se développe librement la pensée universelle."
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Par brigetoun, le 13/11/2009
Oreille rouge de
Éric Chevillard
Albert Moindre croyait avoir fait le tour de l’éléphant.
Il ne lui avait fallu pas moins de quinze années, sans jamais ralentir le pas. Mais cette fois il arrivait au bout de son périple. Ne commençait-il pas à reconnaître des choses qu’il avait vues déjà, des gens et des lieux ? Il continuait pourtant. Car dès qu’il prenait la décision de s’arrêter et de poser son sac, le doute s’insinuait en lui : et s’il ne s’agissait que de ressemblances, de similitudes fortuites ? Et il repartait. Il allait voir plus loin.
Le malheureux, il marche encore.
A-t-on jamais fait le tour de l’éléphant ? se demande Albert Moindre en allongeant le pas
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Par doyoubnf, le 28/10/2010
Le caoutchouc décidément de
Éric Chevillard
« Au même instant, se produit un léger incident, du genre diplomatique, qui mérite d’être signalé, selon Furne [...]. L’histoire tient en deux mots : si ce n’est pas l’huile, c'est le vinaigre, et, si ce n’est pas lui, c'est elle qui refuse de transiger, malgré l’entremetteuse Céleste, huile et vinaigre campent sur leurs positions au fond du saladier, irréconciliables, du reste ce conflit ne date pas d’hier, et bien que la cause initiale en soit depuis longtemps oubliée, aucun signe de détente n’est en vue, au contraire, tout laisse présager une aggravation prochaine de la crise, car les deux forces en présence ne pourront feindre éternellement de s’ignorer, la tension monte de part et d’autre, on assiste à de petits accrochages aux frontières, l’huile tente une manœuvre d’encerclement et le vinaigre riposte déjà par des actions de commando, encore isolées, afin de s’assurer des bases stratégiques en territoire ennemi, l’explosion paraît imminente, dont il est à l’heure actuelle difficile de prévoir la violence mais dont les conséquences seront de toute façon catastrophiques pour la région, avec le risque d’un embrasement général de cette partie du monde. » (p.107)
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Par doyoubnf, le 28/10/2010
Le caoutchouc décidément de
Éric Chevillard
« Clara Lapse est assise vis-à-vis de Furne, à l’autre bout de la table qu’il préside. Elle a repoussé son assiette (la purée en refroidissant se solidifie, et revoilà la pomme de terre) ; elle se tient immobile, la tête dans les mains, les manches trop lâches du sarrau découvrent ses poignets et leurs cicatrices sans nombre, graduation violette du désespoir, telles les marques que le condamné à mort trace pourtant avec l’ongle sur le mur de son cachot, autant de jours funestes écoulés – autant de ratures dans ces quelques lignes consacrées à Clara. [...] Furne froisse le formulaire, les mots qui conviendraient n’existent que sur le bout de la langue, il ne décrira pas Clara, si frêle, toujours à la lisière de l’absence cruelle, plus jolie qu’Ophélie et bien plus pâle qu’elle, son sang est un chat blanc cherchant dans les venelles la petite balle rouge dont il est sans nouvelles. (Etudier la strophe et la disposition simple et harmonieuse des rimes. Apprécier en particulier la valeur poétique des images et des comparaisons. Quelles sont les autres qualités du style ? Commenter la métaphore de la petite balle rouge. Analyser les sentiments exprimés par l’auteur. Citer des œuvres lyriques qui ont exploité ce thème. Observer comme la composition logique sert la spontanéité de la passion. Montrer que ce poème renferme un petit drame dont le pathétique va croissant. Relever le détail des procédés qui contribuent à la musicalité de cette strophe. Remarquer notamment la répétition de la sonorité elle. Combien de fois revient-elle ? Préciser en quoi cette allitération traduit l’attachement du poète pour la personne aimée.) (p.37-38)
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Par brigetoun, le 13/11/2009
La nébuleuse du crabe de
Éric Chevillard
D'un autre côté, Crab n'est pas de ceux qui disent : - On ne saurait comparer telle et telle chose. Il ne voit pas ce qui pourrait l'empêcher de comparer par exemple un chien et une aiguille. Rien de plus facile au contraire que de relever leurs différences, avantages respectifs et qualités particulières, et autres caractéristiques de taille, de poids, de volume, etc., qu'il lui suffit ensuite de confronter et de mettre en balance, alors Crab tranche avec autorité en faveur du chien ou de l'aiguille, du soleil ou du cendrier, de la haine ou de l'orange, de la campagne ou du parapluie, de l'exil ou de la lecture, de certain philosophe ou du plomb....
S'il est parvenu à la conclusion que le chien supplantait l'aiguille, dans l'absolu, que le chien est globalement supérieur à l'aiguille, et qu'il doit recoudre un bouton, Crab utilise le chien.
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