-
Par cicou45, le 15/05/2013
Ce que j'appelle oubli de
Laurent Mauvignier
"[...] le vrai scandale ce n'est pas la mort, c'est juste qu'il n'aurait pas fallu mourir pour ça [...]"
-
Par carre, le 17/11/2012
Apprendre à finir de
Laurent Mauvignier
Pourquoi tu ne dis pas : je sais, je sais bien que nous deux c'est perdu. C'est si dure que ça, dire ça, quand on est un homme ? Mais moi, est-ce que je pourrais te dire ça à toi ? Avec mes mots qui ne te touchent jamais,dis, puisque de moi rien ne te touche, maintenant, ,ni mes paroles, ni mes mains...
-
Par Chouchane, le 13/05/2011
Ce que j'appelle oubli de
Laurent Mauvignier
ma mort n'est pas l'événement le plus triste de ma vie, ce qui est triste dans ma vie c'est ce monde avec des vigiles et des gens qui s'ignorent dans des vies mortes comme cette pâleur, cette mort tout le temps, tous les jours, que ça s'arrête enfin,je t'assure, ce n'est pas triste comme de perdre le goût du vin et de la bière, le goût d'embrasser, d'inventer des destins à des gens dans le métro et le goût de marcher des heures et des heures
> lire la suite
-
Par Reka, le 31/07/2010
Des hommes de
Laurent Mauvignier
Je me suis dit pour la première fois que j’avais envie de retourner là-bas, peut-être, et que je voudrais savoir s’il y a des fermes avec des cours carrées et presque blanches et s’il y a des enfants qui jouent au ballon pieds nus. Je voudrais voir si l’Algérie existe et si moi aussi je n’ai pas laissé autre chose que ma jeunesse là-bas. Je voudrais voir, je ne sais pas. Je voudrais voir si l’air est aussi bleu que dans mes souvenirs. Si l’on mange encore des kémias. Je voudrais voir quelque chose qui n’existe pas et qu’on laisse vivre en soi, comme un rêve, un monde qui résonne et palpite, je voudrais, je ne sais pas, je n’ai jamais su, ce que je voulais, là, dans la voiture, seulement ne plus entendre le bruit des canons ni les cris, ne plus savoir l’odeur d’un corps calciné ni l’odeur de la mort – je voudrais savoir si l’on peut commencer à vivre quand on sait que c’est trop tard. (p. 281)
> lire la suite
-
Par caro64, le 19/05/2011
Des hommes de
Laurent Mauvignier
C’est pas comme un bijou mais ça se porte aussi, un secret.
-
Par Elisanne, le 16/12/2010
Des hommes de
Laurent Mauvignier
J'ai regardé les photos avec leurs bords légèrement crénelés, et j'ai passé la pulpe de mes doigts sur les cadres en bas-relief qui soulignent le tour de l'image, et à ce moment-là j'ai pensé qu'en Algérie j'avais porté l'appareil photo devant mes yeux seulement pour m'empêcher de voir, ou seulement pour me dire que je faisais quelque chose de _ peut-être, disons_utile.
Après je n'ai plus jamais fait de photographies.
> lire la suite
-
Par milado, le 10/01/2013
Ce que j'appelle oubli de
Laurent Mauvignier
... il ne savait pas qu'il mourrait, dans les films ils savent toujours qu'ils meurent, mais en vrai ce n'est pas aussi beau, on n'est pas si beau, on ne meurt pas, on ne fait rien, la vie se fait minuscule et finit par se faire la malle comme un parasite abandonne une carcasse qui ne lui convient plus...
-
Par caro64, le 19/05/2011
Des hommes de
Laurent Mauvignier
Plus le temps passe, plus il se répète, sans pouvoir se raisonner, que lui, s'il était Algérien, sans doute il serait fellaga. Il ne sait pas pourquoi il a cette idée, qu'il veut chasser très vite, dès qu'il pense au corps du médecin dans la poussière. Quels sont les hommes qui peuvent faire ça. Pas des hommes qui font ça. Et pourtant. Des hommes. (…) Il pense aussi qu'il serait peut-être harki, comme Idir, parce que la France c'est quand même bien, se dit-il, et puis que c'est ici aussi, la France, depuis tellement longtemps. Et que l'armée c'est un métier comme un autre, sur ça Idir a raison, être harki c'est faire vivre sa famille alors que sinon elle crèverait de faim. Mais il pense aussi que peut-être tout ça est faux. Qu'il ne faudrait croire personne.
> lire la suite
-
Par sylvie, le 19/11/2010
Des hommes de
Laurent Mauvignier
"Il va voir la mer et il pense aux premiers mots qu'il écrira à Solange. Il se dit qu'il parlera de la taille du bateau, un bateau tellement grand, dira-t-il, qu'on ne serait pas loin d'y mettre tous les habitants de La Bassée. Pourtant il ne parlera pas des regards autour de lui, de l'étrange silence qui s'engouffre dans les regards et, sur le bateau, avec eux, avec l'air froid qui cingle, la présence de la peur.
Mais il pourra parler des mouettes, des remorqueurs qui s'agitent autour, comme les mouches avec les chevaux et les vaches en été ; et il ne parlera pas de cette crispation, cette panique, soudain, dans les regards, les corps tendus, les gestes plus lents, souffles retenus, quand, plus fort que les voix et les cris des quelques hommes sur les quais et plus fort aussi que ceux des mouettes qui planent au-dessus de leurs têtes comme les petits avions de guerre qu'il a vus une fois aux actualités, au cinéma, plus fort encore, oui, jusque dans la gorge, dans la tête, impossible de le dire, encore plus de l'écrire, pensera-t-il, ni à Solange ni à personne, quand sous ses pas quelque chose ressemble à un tremblement, un mouvement, des voix et le vent, et les mouettes, il perçoit un coup plus long et plus fort il lui semble, jusqu'au fond de son être, jusqu'à en avoir les mains moites et pour une fois croiser le regard livide d'un autre appelé qui, comme lui, comme eux, sait que dès cet instant toute sa vie sera perforée de ce coup de sirène qui annonce le départ."
> lire la suite
-
Par cicou45, le 15/05/2013
Ce que j'appelle oubli de
Laurent Mauvignier
"[...] être coupable, on n'en meurt pas, ça vous rongera peut-être [...]"