ISBN : 2070616029
Éditeur : Editions Gallimard (2007)


Note moyenne : 4.43/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
La Seconde Guerre mondiale n’est pas achevée lorsque Victor Dancette, Jacques zimmermann et Calvo unissent leurs talents pour dénoncer à leur façon ses atrocités. Réalisé en pleine occupation allemande, il est publié dans le troisième mois de la Libération. Ce bestiaire... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 21 décembre 2011

    emmyne
    Cet incroyable album regroupe deux BD réalisées clandestinement pendant l'Occupation, puis publiées en 1945. Autant dire que c'est un monument, une fresque qui relève de la geste épique.
    Première partie : Quand la bête est déchaînée -
    Deuxième partie : Quand la bête est terrassée.
    Le projet de cette publication était de présenter aux enfants les étapes et les enjeux politiques du conflit. Effectivement, la narration, par bien des aspects, semble s'adresser aux enfants : univers animalier et anthropomorphisme, ouverture du récit par une scène de veillée entre un grand-père raconteur d'histoires et ses petits-enfants avec prise de parole directe ponctuée d'expressions s'adressant à cet auditoire enfantin " mes pauvres enfants, imaginez...", textes des vignettes numérotées, dessins dans l'esprit de cette époque des premiers cartoons.
    Qu'importe.
    La plaie est vive, le ton grandiloquent et patriotique, ce monde coupé entre les méchants " Loups de Barbarie, de l'autre côté du torrent, par delà une forêt toute noire " et les gentils peuples pacifistes, la nationale " nature enchantée...on vivait bien au bon vieux temps...Quel beau pays que le nôtre, mes petits. ". le propos est foncièrement pro américain, reconnaissant envers l'Angleterre, portant aux nues le courageux engagement et la vaillance de sa population; la haine contre le peuple allemand est terrifiante. Ces mots là, malgré toute l'admiration que j'ai ressenti pour cet album et bien que je puisse concevoir historiquement cette violence verbale qui répondait à une autre bien plus monstrueuse, m'ont donné les larmes aux yeux : " Mes chers petits enfants, n'oubliez jamais ceci : ces Loups qui ont accompli ces horreurs, étaient des Loups normaux, je veux dire des Loups comme les autres. Ils n'étaient pas dans l'action d'une bataille, excités par l'odeur de la poudre. La faim ne les tenaillait pas. Ils n'avaient pas à se défendre, ni à venger l'un des leurs. Ils avaient reçu simplement l'ordre de tuer. Ne croyez pas ceux qui vous diront que c'étaient des Loups d'une secte spéciale. C'est faux ! Croyez-moi, mes enfants, je vous le répéterai jusqu'à mon dernier soupir, il n'y a pas de bons et de mauvais Loups; il y a la Barbarie qui est un tout, et ne comporte qu'une seule race, celle des monstres, des bourreaux, des sadiques et des tueurs. "
    Mais qu'importe.
    Cet album est un témoignage, un document exceptionnel inscrit dans son contexte. Sa valeur est autant historique que littéraire et esthétique. La maîtrise graphique et narrative est plus que remarquable, surtout lorsque on se rappelle les conditions dans lesquelles il fut conçu.
    Le texte est dense, long, de plus en plus long au fil des pages, il y a tant et tant à raconter et à expliquer, mais fluide, s'arrêtant parfois sur d'édifiants épisodes individuels. La reconstitution résolument manichéenne encense le dévouement, célèbre l'héroïsme, l'union des états autour de valeurs morales; le lampion tricolore brille glorieusement de sa flamme patriotique dans ces albums. Solidarité et fraternité sont les maîtres mots. le propos ne se limite pas aux manoeuvres militaires et alliances politiques. Il raconte les civils et n'occulte aucun aspect de la guerre si terrible soit-il : les bombardements, les ruines et les morts, le marché noir, les prisonniers, les arrestations, l'exode, la mitraille sur les routes, l'épuration et les déportations Nach Pays Barbare, les sabotages, les représailles dans les villages, l'hiver russe, la torture, les ondes Bibici, le Maquis, les pillages, le STO et le Maquis, l'attentat intérieur contre Hitler, les combats sur les côtes africaines et notre Grande Cigogne Nationale. Il y a des martyrs sur ces pages, bien peu de collaborateurs : la Chouette pour Pétain, la Vipère pour Laval et " quelques menues fripouilles que le Putois Corrupteur [ Goebbels ] avait définitivement " embochées ". L'union et la dignité se doivent d'être préservées et exaltées au coeur des souffrances, la trahison ne peut y être admise. Pas d'ombre sur cette lumière. Car cet album, c'est aussi un appel à la mémoire de ceux qui ont tout sacrifié pour combattre l'idéologie délétère du Grand Loup en fureur.
    Sur ce déchaînement de violence, le dessin est juste incroyable. Réaliste malgré le choix animalier, mêlant pourtant au chars, aux fusils, aux pendaisons, des épées de bois, des frondes, des batailles de boules de neiges sur les terres russes. L'illustration pourrait raconter à elle seule. Des pleines pages, impressionnantes de détails mais toujours aérées, illustrent les grands moments, jouant sur des références culturelles ( reprise du tableau La liberté guidant le peuple pour la libération de Paris ), s'offrant le luxe de l'humour satirique et parfois d'une touche de tendresse. Les portraits des personnalités sont parfaitement reconnaissables ( Calvo fut caricaturiste pour le Canard Enchaîné ). Sans mauvais jeu de mot, Calvo, quelle patte ! Ses dessins sont particulièrement expressifs et éloquents, sans naïveté complaisante pour le jeune lectorat, les personnages singulièrement présents, toute cette fureur, l'intensité de cette violence, d'un camps comme de l'autre, de cette volonté de s'y opposer, d'y résister, évoquée de façon saisissante.
    La qualité de cette réédition Gallimard, reliée tissus, lui fait honneur par son grand format ( 35 X 26 cm tout de même ) et ses pages épaisses.
    Un album immense dans tous les sens du terme, une référence. En attendant le Maus de Art Spiegelman.


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/12/21/22997042.html
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 26 janvier 2012

    Bigmammy
    Ma première bande dessinée, qui m'a marquée pour la vie, lue bien entendu en édition originale puisque j'ai 65 ans aujourd'hui. Racheté en réédition, naturellement. Pour mes petits-enfants. le Grand Loup (Hitler), le Cochon décoré (Goering), le Putois Bavard (Goebbels), mais aussi l'Elu des Bisons (Roosevelt), le Premier des Dogs (Churchill), la Cigogne Nationale (De Gaulle) et tous ces animaux : écureuils, lapins, bisons, bulls dogs, ours, ont bercé mon enfance. Merveilleux dessins de Calvo, dessinateur du Canard Enchaîné, dont pour moi la caractéristique est l'efflorescence de couleurs et la jubilation du rafistolage - il y a des pièces clouées partout - les gags, malgré tout ...
    Et c'est aussi le premier ouvrage, publié dès septembre 1944, où on fait clairement allusion au génocide de la Shoah. Alors, quand s'ouvre le festival de la BD d'Angoulème et qu'Art Spiegelman est célébré, n'oublions pas Calvo et ses drôles de bêtes....
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par wens, le 19 mai 2011

    wens
    Une véritable référence. La bête est morte a été réalisée lors de la seconde guerre mondiale au moment de la libération de la France, l'ouvrage à l'origine est paru en deux fascicules. le premier , la bête est déchaînée raconte les victoires foudroyantes des dictatures de l'axe. le second se nomme Quand la bête est terrassée et voit le triomphe des alliés.
    Tous les belligérants du second conflit mondial sont représentés sous les traits d'animaux. le loups représentent allemands, les hyènes: les italiens, les singes jaunes: les japonais. Face aux force de l'axe se dressent les ours blancs soviétiques, les bisons américains et les dogs anglais. Les français sont dessinés sous différentes espèces: écureuils, lapins, grenouilles ou cigognes.
    Ce livre était entre les mains de tous les enfants de l'après guerre qui se moquaient de la déconfiture du Grand Loup (Hitler) et des acolytes, le gros cochon-Goering et l'infâme putois-Goebbels. Plus qu'une bande dessinée , la bête est morte est album illustré, le texte tient une large place. Et les enfants ont appris toutes les grandes phases du conflit avec ce livre.
    Les auteurs racontent la guerre d'une manière totalement manichéenne, c'est un ouvrage patriotique qui glorifie sans retenue la résistance. Tous les français sont sublimes, il n'est pas question dans le livre d'aborder le régime de Vichy ou la collaboration d'une partie des français avec l'occupant. Au moment de la Libération du pays, la France est unie, et tous les allemands sont des loups sanguinaires qu'il faut abattre. Cet album est donc un reflet de la pensée française du moment, sur les mentalités de l'époque,un document extraordinaire pour les historiens. Mais c'est aussi et surtout une magnifique ouvrage illustré.Chaque dessin de Calvo mérite notre attention.Il rend les personnages d'animaux extrêmement vivants, il leur donne des expressions humaines. Il faut s'arrêter sur les grandes compositions, qui comprennent très souvent une scène principale et des séries de scènes secondaires il est nécessaire s'attarder sur le moindre détail. Un extraordinaire travail , un ouvrage splendide.L'édition originale rare est très recherchée par les collectionneurs.


    Lien : http://francisfery.canalblog.com/archives/2011/04/27/20990008.html#c..
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Citations et extraits

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  • Par Bigmammy, le 26 janvier 2012

    Poursuivant plus particulièrement leur vengeance contre certaines tribus d’animaux pacifiques que nous hébergions et à qui nous avions bien souvent ouvert nos portes pour les abriter contre la fureur de la Bête déchaînée, les hordes du Grand loup avaient commencé le plus atroce plan de destruction des races rebelles, dispersant les membres de leurs tribus dans des régions lointaines, séparant les femmes de leurs époux, les enfants de leur mère, visant ainsi l’anéantissement total de ces foules inoffensives qui n’avaient commis d’autre crime que celui de ne pas se soumettre à la volonté de la Bête
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