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Les mains nues tome 1 sur 3
EAN : 9782859830380
453 pages
Civry (30/11/-1)
3.5/5   4 notes
Résumé :
Un pays: la Bourgogne. Deux familles : des potiers à la fin du XIXe siècle. Quatre villes : Bourg, Mâcon, Tournus et Cluny. Et ce livre, à la fois roman, chronique et saga, qui fait revivre le monde des ateliers de poterie, des fours et des marchés. Les chemins où se font et se défont ces noeuds d'argile, serpentent sur les bords de Saône ou sur les routes glacées du Mâconnais, au coeur des brouillards et d'automnes où perdurent des vies manquées. Et un peuple : cel... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Je suis surpris par le fait d'être le seul sur Babelio à avoir lu ce livre. Comment se fait-il que cette oeuvre magnifique soit si peu connue ? Il s'agit du premier tome d'une trilogie appelée « les Mains nues ».
L'auteur nous conte l'histoire de petites gens (des potiers) avec leurs soucis, leurs illusions, leurs préoccupations et leurs bonheurs. On vit avec eux, lisant dans leurs pensées et partageant leurs projets et leurs envies les plus intimes. le style d'écriture est très intrusif, un peu lent et certes, il y a parfois quelques longueurs.
Il ne faut pas s'attendre à du suspense, il n'y a que de l'humanité, des personnages profondément attachants (comment ne pas aimer Jeanne ?), des gens heureux qui font des jaloux et des jaloux qui sont malheureux. Et aussi un amour fou, solaire, magnifique.
Il y a quelques pages superbes qui embellissent la vie du lecteur et quelques scènes si réalistes qu'on pourrait se croire dans la même pièce que les protagonistes. Je pense en particulier à la si émouvante demande en mariage et aux amours des jeunes héros.
Je suis content de n'en être qu'au premier tome de l'histoire, mais je vais quand même reprendre mon souffle avant de continuer.
Une dernière précision : cela se passe entre le sud de la Bourgogne et la Bresse, entre Bourg-en-Bresse, Cluny et Tournus, une région qui m'est très chère.
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Premier tome de la saga de la vie de Jeanne "les mains nues" (T2 le grain de chanvre, T3 le livre de Juste).
Style et écriture particulière, très dense, intense analyse des personnages de cette époque de 1891 dans ce pays de potiers, à Cluny, très grande connaissance du sujet des ateliers de terres vernissées, de l'élaboration au tour à pied jusqu'à la fabrique des vernis et les cuissons au feu de bois.
Magnifique en tout point!!
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Et dans la salle ce soir, le seul monde qui existe. Eux deux, ivres un peu de se retrouver seuls si facilement. Il a dévoré la soupe, les feuilles de chou étalées dans le bouillon et devenues transparentes, blanches comme de l'or, recouvrant les quartiers de pommes de terre fondantes, les carottes, les gros Saint-Fiacre laissant échapper leur purée dès qu'on les touche du bout de la cuillère. Il s'est régalé du pain mitonné, si blanc de mie si foncé de croûte, avec la peau de lait bouilli pareille aux plis d'une étoffe posée mollement sur le tout et s'effilochant de tous les côtés dans l'assiette.
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Marrain s'assit, sans se presser, sur le siège à lanières. Son pied droit pendait dans le vide; avant d'élancer le tour il fallait réfléchir. C'était comme s'il écoutait au fond de lui, la tête penchée, des choses qui bougeaient, qui le remplissaient. De ces choses qui montaient, qui voulaient sortir. Il retroussa sa manche gauche jusqu'au coude, son avant-bras devait être libre pour plonger au coeur de la glaise dès qu'elle se mettrait à tourner.
Tout d'un coup, mais doucement, sans brutalité, comme quand un paquet de neige commence à glisser d'un toit avant de s'écraser par terre, Marrain se mit à l'oeuvre. Son pied élança le tour, la motte au centre de la plaque vira sur elle-même, un peu penchée d'un côté, ce qui donnait un air tout déséquilibré à la valse. A deux mains il l'encercla, serrant un peu comme pour caresser un cou. En giclant à travers ses doigts, la toupie d'argile, redressée, grandit, s'affina; la main gauche qui palpait l'intérieur, la droite avec son pouce donnèrent au flanc un galbe délicat, puis réduisirent leur force tandis que le pied allait toujours son train régulier; le haut se resserra, puis s'épanouit en corolle. Comme une étreinte qui se relâche après l'amour, le rythme du tour se ralentit. Le sabot freina jusqu'à arrêter complètement....Ses deux mains, il les avait reposées doucement sur ses genoux, de chant, comme si elles maintenaient encore une forme entre elles deux. Au creux de ses paumes il y avait des picotements, qui allaient plus profond que la peau; les yeux fermés il aurait bien pu croire qu'il touchait encore la glaise, tant le contact avec les flancs du vase demeurait- c'était souple et ferme, frais et doux, humide et déjà desséché. Cela avait été vivant entre ses doigts, giclant un peu, se défendant mollement, se prêtant finalement sans restriction; Marrain avait eu l'impression que c'était sorti de lui et non pas vraiment de ce bloc inerte qu'il avait libéré de sa toile cirée quelques minutes plus tôt. Maintenant s'était bel et bien sorti.
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Pas besoin d'allumer la lampe. A quoi servirait alors d'avoir des yeux de chat, on se le demande...Il voyait sans peine dans le noir, ça ne l'avait jamais gêné, ni dehors ni dedans. Et puis les deux coeurs découpés dans le haut des contrevents laissaient filtrer quelque chose qui n'était déjà plus tout à fait des ténèbres. Toutes les raisons pour ne pas allumer la lampe-surtout, à tout prix, ne pas réveiller la bourgeoise. Francis replia les jambes avec précaution, remontant les genoux sur le côté pour ne pas faire s'engouffrer l'air froid de la chambre sous la couette de duvet. Les feuilles de maïs craquèrent dans la paillasse...Il attendit un instant. Rien ne bougeait, il glissa une jambe, puis l'autre, sur le côté du lit, fit glisser ses talons contre le montant lisse et froid, se redressa en souplesse au moment où ses pieds touchaient le carreau. Il était fier de lui de n'avoir provoqué ni remous ni coulis d'air...Sa bannière de finette lui battait les mollets, mais le carreau glaçait ses plantes de pieds et le froid remontait le long de ses jambes. Le gros caleçon, les chausses de laine lui apportèrent tout de suite de la chaleur: il garda sa chemise de nuit pour faire sa toilette, il se changerait après.
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Et il s'était dit le matin, qu'on en finisse maintenant. Vite. C'est assez. Le père Albert était venu comme il l'avait promis, qu'au moins il puisse partir sans une barbe de quatre ou cinq jours....une fois qu'il avait été bien propre et sentant l'oeillet sur la peau, la lotion sur les cheveux, Jeanne lui avait passé sa plus belle chemise. Qu'au moins la plume refasse un peu l'oiseau...On lui avait refait et changé son lit. Maintenant il se retrouvait au frais, les draps un peu rudes l'avaient fait frissonner mais il s'y était étendu comme sur de l'herbe...Jeanne avait quitté la pièce quand le lit avait été installé comme il le voulait, poussé contre le mûr...Il avait tourné le dos, il avait dit juste avant qu'il voulait dormir un peu. Personne ne s'y était trompé sans doute, mais personne n'était intervenu. Tout le monde s'était mis d'accord pour le laisser s'endormir comme il l'avait demandé...
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