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Par soelmaju, le 16/01/2009
Mille Femmes blanches : Les Carnets de May Dodd de
Jim Fergus
Franchement, vu la façon dont j'ai été traitée par les gens dits "civilisés", il me tarde finalement d'aller vivre chez les sauvages.
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Marie Blanche de
Jim Fergus
J' ai honte d' avoir agi ainsi, d' avoir profité de mon statut d' enfant chérie pour lui soutirer du fric, sans le moindre égard pour ses sentiments. Voilà le fardeau, les remords et la mauvaise conscience que l' on traîne, comme un sac de pierres, toute sa vie. Un sac si lourd que, depuis mon balcon à Lausanne, devant le Léman et les lumières d' Evian, je m' imagine dans les airs, en apesanteur, légère comme une plume, enfin débarrassée.
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Par kathel, le 19/07/2012
Mille Femmes blanches : Les Carnets de May Dodd de
Jim Fergus
13 avril 1875
Eh bien, nous voilà enfin à Fort Laramie, l'endroit le plus sale, le plus misérable, le plus perdu que Dieu ait bien voulu nous donner ! Il semble que nous ayons quitté il y a cent ans les prairies de Chicago qu'on dirait luxuriantes, comparées à ce désert poussiéreux de rocaille, Seigneur !
Logées dans les quartiers militaires, nous dormons sur de petits lits de bois brut – tout ce qu'il y a de primitif, vraiment inconfortables... pourtant je ne devrais pas encore employer ces mots. Dans quel genre d'inconfort devrons-nous vivre dans quelques temps ? Nous allons rester ici une semaine, nous dit-on, ensuite nous serons escortées par un détachement de l'armée jusqu'à Camp Robinson où nous ferons enfin la connaissance de nos maris indiens. Je suis convaincue d'être parfaitement dérangée, comme toutes les autres. Il faut quand même être vraiment folle pour rejoindre de tels lieux de son plein gré, non ? Accepter de vivre chez les sauvages ! Et en épouser un ! Mon Dieu, Harry, comment as-tu pu les laisser m'écarter de toi ?
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Par le_Bison, le 22/03/2012
Mille Femmes blanches : Les Carnets de May Dodd de
Jim Fergus
J’avais eu beau m’envelopper d’une couverture, je sentis en sortant la morsure du vent sur mes joues. Nous avons monté le camp au détour d’une mince rivière, bordée de hautes plaines nues. Un paysage désolé, sans intérêt ni rien pour stopper le vent dont les rafales fondent des crêtes lointaines pour assaillir notre petit groupe de tentes collées les unes aux autres, si fragiles et si vulnérables. Nous sommes bien minuscules comparés à la puissance des éléments ! Il n’y a rien d’étonnant à ce que ces gens soient si superstitieux face à eux. Ni qu’ils s’efforcent de gagner les bonnes grâces des dieux des quatre points cardinaux, du ciel et de la terre, sans compter les esprits des animaux sauvages et du temps, car nous vivons à leur merci. Dans cette optique, les Blancs bâtissent leurs forts et leurs maisons, leurs entrepôts et leurs églises comme autant de remparts peu convaincants devant l’immensité d’une Terre qu’ils sont incapables d’aimer, d’un vide qu’ils tentent vainement de combler.
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Marie Blanche de
Jim Fergus
Sans oser m' approcher de trop près, je les ai regardées toutes les deux. Blotties l' une contre l' autre, elles observaient la rue en bas. Et j' ai entendu Isabella chuchoter - Chère et douce Isabella, qui a connu tant de chagrins dans sa jeune vie, et pour qui il était inimaginable que sa propre mère attente à ses jours.
- Elle n' a peut-être pas sauté, maman, tu sais. Elle est peut-être simplement tombée.
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Par Eric75019, le 29/12/2011
Mille Femmes blanches : Les Carnets de May Dodd de
Jim Fergus
" Ainsi, reprit-il enfin, nos guerriers logeront leur graine de Cheyennes dans le ventre des femmes blanches. Elle s'épanouira dans leurs entrailles et la prochaine génération de nos enfants viendra au jour dans votre tribu pour jouir de tous les privilèges qui y sont associés. "
A ce moment précis de l'allocation du chef, Julia, l'épouse du président, perdit brusquement connaissance et tomba de sa chaise, évanouie, presque morte, en émettant un long râle comparable à celui d'un bison femelle atteint d'une balle en plein poumon (plus tard, dans ses mémoires, Julia Dent Grant devait affirmer que son évanouissement n'était pas dû à l'idée insupportable que ces sauvages puissent s'accoupler avec de jeunes Blanches, mais à la chaleur étouffante qui régnait ce jour-là dans la pièce).
Tandis que l'on accourait au secours de la First Lady, le président, empourpré, se leva difficilement. Little Wolf comprit qu'il était ivre, ce qui, vu la solennité de la cérémonie, constituait un sérieux manquement au protocole. (...)
Titubant, Grant s'était redressé et, rouge comme une écrevisse, il cria : " Outrage ! Outrage ! " en montrant Little Wolf du doigt.
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Par noursette, le 20/06/2011
Marie Blanche de
Jim Fergus
Renée s'identifiait au rossignol, enfermé dans une cage. Tant que le chat était incapable de l'atteindre, l'oiseau exerçait sur lui une insondable fascination, et il restait des heures immobile à le contempler. En revanche, s'il réussissait à l'attraper, il le tuerait et perdrait aussitôt tout intérêt pour lui. Quant au rossignol, acceptant son rôle de prisonnier, et la cage qui le retenait, il continuait d'ignorer le chat et de chanter toute la journée.
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Mille Femmes blanches : Les Carnets de May Dodd de
Jim Fergus
Et c'est ça qui est bien, d'ailleurs, chez les Indiens, je parle de la façon dont ils vivent, ici tu passes pas ton temps à te demander si tu es heureux ou pas. D'ailleurs, à mon avis, cette histoire de bonheur est une invention ridicule des Blancs à laquelle on attache trop d'importance. C'est exactement comme l'alcool. Pourquoi faudrait-il se poser la question plus qu'un bébé ours, une antilope, un coyote ou n'importe quelle espèce d'oiseau ?
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Par zazimuth, le 24/04/2012
Mille Femmes blanches : Les Carnets de May Dodd de
Jim Fergus
Ma définition de l'asile d'aliénés : le lieu où l'on crée les fous. (p.32)
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Marie Blanche de
Jim Fergus
J' étais évidemment trop jeune pour avoir la moindre idée de l' endroit où maman était partie, et avec qui. Mais bien que Louise m' eût nourrie et bercée depuis toujours, j' étais parfaitement consciente, comme le bébé le sait d' instinct, que ma mère venait de m' abandonner. Cela me fait encore aujourd’hui' hui l'effet d' une amputation, d' un membre fantôme que je traînerai jusqu’à la tombe.