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Critique de Ledraveur


Ledraveur
07 octobre 2014
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Ouvrage écrit de manière verbeuse, sur un ton d'apparente désinvolture et empreint d'un cabotinage certain.

L'auteur*, Cécile Campergue dans « Le Maître dans la diffusion et la transmission du Bouddhisme tibétain en France », (Éditions L'Harmattan © 2012) le qualifie page 306, de critique envers les sociétés de type occidental, s’adonnant aux clichés religieux néo-fondamentalistes.

De fait, l'idée de la démocratie lui semble être un sujet quelque peu abscons (pages147, 167 en particulier) et objet de railleries caricaturales …
page 221 : «  Si les religions s'inspirent toutes d’une sorte de motivation philanthropique et visent généralement à alléger la souffrance des êtres, il existe entre elles des différences fondamentales. »
Si différences il y a, elles ne sont, et ne peuvent être que de bases et des protocoles d'approches, pour des raisons culturelles et géographiques, donc absolument rien de "fondamental" du tout !
Il nous déclare son peu d'intérêt, (et c'est un euphémisme!) pour les rencontres d'Assises du 27 octobre 1986 ou plus proche de ses institutions celles du 24 août 1991 à la Côte de Jör en Dordogne, quand à ce qu'exprimait clairement Rangjun Kunkyab (1er Khyabjé Kalou) à Plaige en novembre 1984, «Rencontre Chrétiens-Bouddhistes - Foi et Amour» (page 8, aux éditions Kagyu Yiga Tcheu Dzin © 1986, 71320 Toulon sur Arroux) ce n'est certainement pas “sa tasse de thé”, et sans doute encore moins Thich Nhat Hanh dans «Bouddha et Jésus sont des frères» 2001 © ed. du Relié. (p. 19, 20, 21- éd. Pocket © 2002)
Dalai Lama Lettonie le 11 Octobre, 2016
«  If we focus instead on differences between us, we soon see each other in terms of ‘us’ and ‘them’ and deeper divisions occur. »
(http://www.phayul.com/news/article.aspx?id=38127&article=Dalai+Lama+urges+oneness+of+humanity+during+teaching+in+Latvia)
Alors dans ces discours de duplicité avéré, nous serions tenté de nous dire que certains prennent globalement "les êtres humains" pour des demeurés infantiles dans l'ensemble ... non ?

Quant à sa perception des disciplines scientifiques (p. 255), elles ne trouvent globalement aucune grâce à ses yeux ...
http://www.babelio.com/auteur/Thich-Nhat-Hanh/21778/citations/998734
http://www.babelio.com/livres/Pelt-Dieu-de-lunivers-Science-et-foi/41756
https://www.facebook.com/martine.batchelor/posts/10209836024522013?pnref=story
http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article25258&lang=fr
http://www.babelio.com/livres/Arnould-La-vie-est-elle-sacree-/725906/critiques/1252703

Et alors le cheminement, le développement de sa démonstration sur l'interdit** de consommation de protéines animales pages16, 227, 228, 229 et son apothéose page 257, ressemble à un véritable appel à la délation, j'en suis resté pantois !
Nous devons toutefois rappeler que Yves Coppens Paléoanthropologue de renom dans ses « essais : écrits divers », nous explique que « l'australopithèque gracile » (ancêtre majeur commun à l'humain) lors d'une crise climatique grave optât pour une alimentation variée, devint omnivore, son cerveau se développa pour donner ultérieurement dans une des branches descendantes “l'homo-habilis”, puis “erectus” et enfin “sapiens”, alors que « l'australopithèque robuste » à la denture spécialisée pour alimentation végétarienne conserva un petit cerveau, et fini par s'éteindre …
[QUI VEUT FAIRE LA BÊTE FAIT L'ANGE
« La nature est ainsi faite que la culture en procède ! La culture agit sur la nature et la métamorphose depuis que l'homme existe. La logique des espèces animales suppose la prédation, c'est un fait. Et l'alimentation carnée pour les humains : l'obligation pour les véganes (1) d'ingérer artificiellement de la vitamine B 12 (2) pour compenser la carence induite par leur régime le prouve : cette substance produite par des bactéries se trouve dans la chair animale et ses sous-produits. Elle s'avère indispensable à la survie de l'homme. Ce qui atteste que, naturellement, le régime végane, le seul qui n'induise aucune souffrance véritable pour les animaux, débouche, pour l'individu, sur des pathologies de carencé ; pour le règne animal, sur l'hécatombe des espèces domestiques et sur la prolifération monstrueuse des espèces restées ou redevenues sauvages. Dans les deux cas, la conséquence de cette logique s'avère la précarisation des hommes à brève échéance et leur inévitable disparition. Qui aurait ainsi voulu faire l'ange aurait fait la bête ! »
« COSMOS », p. 295, Michel Onfray, éd. Flamarion, © 2015
(1 - et autres acros. du végétarisme à divers degrés sans doute ...)
2 - également appelée cobalamine, est une vitamine hydrosoluble essentielle au fonctionnement normal du cerveau (elle participe à la synthèse de neuromédiateurs), du système nerveux (elle est indispensable au maintien de l'intégrité du système nerveux et tout particulièrement de la gaine de myéline qui protège les nerfs et optimise leur fonctionnement) et à la formation du sang. C'est l'une des huit vitamines B. Elle est normalement impliquée comme cofacteur dans le métabolisme de chacune des cellules du corps humain, plus particulièrement dans la synthèse de l'ADN et sa régulation ainsi que dans la synthèse des acides gras et dans la production d'énergie.)]
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La maltraitance animale, dans la peur, le stress, dans le manque de considération, de respect, est absolument rédhibitoire ainsi que celui d'absence de gratitude nourricière, est une chose, l'humain dans son évolution en est une autre, il serait bon de ne pas faire d'amalgames spécieux.

Dzongsar Jamyang Khyentsé est un “tulkü” aristocratique de “bonne éducation”***, un cadre promoteur missionnaire zélé de sa tradition à l'esprit de domination ; il ne nous convainc absolument pas quand à la légitimité de cet écrit … désolé, il devrait pouvoir mieux faire qu'être félon à certains de ses vieux maîtres comme nombre de ses comparses, mais peut-être pas finalement pour l'heure ! Le problème avec ce genre de “maître religieux”, c'est qu'il “s'amuse” avec les pensées de peurs d'autrui, naissance, vie, et mort, sans discernement, comme si lui même vivait hors de ce monde ci, là où cela n'existe pas... et qu'il méprise et n'a que dédain pour la vie des gens sur le dos desquels il vit fort bien, tout en nous affirmant qu'il n'y développe aucune addiction... Peut être, peut être... mais il semble bien plutôt faire parti de ces prélats qui se servent de l'institution ecclésiale pour asseoir leur pouvoir et mener leurs carrières personnelles...
Il ne faudrait tout de même pas qu'il se prenne pour ce qu'il n'est pas à l'évidence, son maître Vajra référent majeur, feu Tashi Peldjör (1er Dilogo Khyentsé), Vajracarya du Dzon-tchen et du Tcha-djà tchenpo !

(* Que nous avons pu observer et écouter tout à loisir durant un été, en 1990 en Dordogne auprès du Vajràcàrya exceptionnel qu'était Khyabjé Dilgo Khyentsé, quand à Anne Benson la traductrice nous avons pu également “apprécier sur pièce” à plusieurs reprises au fil des années 84/93 et été 2010.

** dans « Itinéraire d'un bouddhiste athée », (ed. Seuil © février, 2012)
Note 22 page 339 du chapitre 17, page 274:
Le terme pali sùkara-madava signifie littéralement « tendre cochon » (sùkara). Dans le canon, il est clair que le Bouddha n'était pas végétarien. Il rejetait la proposition de son cousin Devatta d'imposer le végétarisme comme règle pour la communauté monastique. Il ne voyait pas d'objection à ce que ses moines mangent de la viande, à condition qu'il n'aient été ni « vus, ni entendus ou soupçonnés » que l'animal fût tué spécialement pour eux.
— En fait Gautama avait à faire à des mœurs archaïques d'une sauvagerie inouï qui perdurent à notre époque en certaine contrées ... Népal en particulier :
https://fr.news.yahoo.com/n%C3%A9pal-sacrifice-milliers-danimaux-malgr%C3%A9-protestations-dong-081716364.html
— En outre, du point de vue où nous nous plaçons, dans le cadre de “la vie animée”, et du “règne végétal” en particulier, nous pouvons citer ceci du « New Scientist » “Does anything eat wasps?”, éd. Profile Books, Londres © - 2005 :
Plantes et animaux – p. 21
« Quand une pomme de terre est exposée à la lumière, sa concentration en solanine augmente, protection naturelle qui la rend inconsommable par les animaux : une plante tend à se reproduire, pas à se faire manger. La solanine donne à la pomme de terre un goût amer, qui déclenche l'action de l'acétylcholine. Ce neurotransmetteur assèche la bouche et donne des palpitations. À haute dose, il cause le délire, des hallucinations et une paralysie générale. »
et aussi :
LA VIE
« Les fleurs sont des sexes avec des lèvres de velours, des chairs finement pliées, des ventres de fourrures végétales qui contribuent aux langages silencieux de tous les éléments de la nature. Volonté de puissance.
Les plantes vivent, souffrent, elles réagissent aux stimuli. Seul l'anthropomorphisme empêche cette conclusion — qui met à mal l'argument des végétariens qui accordent à l'animal un statut ontologique refusé aux végétaux eux aussi capables de souffrir — autrement dit : à expérimenter l'affect qui met en péril leur existence. On sait en effet aujourd'hui que les acacias communiquent et agissent en fonction des informations données par leurs semblables. Il existe un langage des plantes en dehors de ce que les plantes disent symboliquement aux hommes, qui permettait à Maurice Maeterlinck de parler jadis d'intelligence des plantes.
Sur un territoire donné, en l'occurrence le monde de la plante, des acacias échangent des informations qui leur permettent d'être (vivants), de persévérer dans leur être (vivant) et de permettre à l'espèce de rester (vivante) et en vie. Lorsque des mammifères, des gazelles, des impalas se montrent trop nombreux, ils broutent des écorces en quantité, une dégradation qui met en péril la population arboricole. Les arbres réagissent à l'information de cette surconsommation par une réponse appropriée : la sécrétion d'une substance qui intoxique les animaux brouteurs, les rend malades, en tue certains et dissuade les survivants de continuer leur déprédation — leur prédation.
Pour ce faire, l'intelligence végétale prend donc la forme d'une production d'éthylène qui permet la communication chimique entre les autres arbres via les courants d'air et le vent. Dans ce processus, il existe une compréhension du problème, une perception de l'agression, une mémoire de cette attaque, la préparation d'une riposte, une réaction au stress, une interaction entre les singularités de la population arboricole, une anticipation du risque altruiste de périr à cause d'une consommation excessive, une communication avec les semblables pour les prévenir, ce qui, au total, manifeste une authentique intelligence sociale qui vise et veut l'être et la durée du groupe, de la totalité, de la communauté. Nombre d'humains sont moins capables de faire communauté — république, au sens étymologique. »
« COSMOS », Michel Onfray, éd. Flamarion, © 2015 - page 147

Ainsi donc, d'une manière ou d'une autre assumer “son vivre” sur cette Terre en tant qu'Humain, c'est inévitablement “porter atteinte” au processus de la Vie et sa reproduction, afin d'en tirer l'énergie nécessaire c'est comme cela que les choses fonctionnent, un point c'est tout ! Après il y a la manière de vivre et de traiter le vivant, avec plus ou moins de respect et de discernement dans ce qui est légitime et ce qui l'est beaucoup moins ! Accéder à la dimension de la dignité “d'être humain” est pour chacun un défi quotidien qui ne va pas de soi, mais nous devons y tendre tous, sous peine de régresser inéluctablement en infra-humanité...

Jésus dit "Le Christ", a eu à faire aux mêmes problèmes avec les célèbres "marchands du temple" et leurs prêtres, en son temps. Cela lui coûta la vie dans les circonstances que l'humanité connaît dans son ensemble.
Stephen Batchelor se référant au “canon pali” (pages 43 et 135) nous fait savoir que finalement le “lamaïsme” n'a quasiment aucune source de la vie de Gautama Siddharttha s'y référant !)
voir également : Véronique Crombé
http://www.babelio.com/livres/Crombe-Le-Bouddha/203376/critiques/1101218

— Ainsi nous pourrions rétorquer au “sieur” « Dzongsar Jamyang Khyentsé », que de notre point de vue et au-delà des carcans culturels, que finalement :
“n'est pas « bodhisattva » qui veut” !
La chose n'est pas aisé généralement à mettre en place, en notre pays de France ; c'est complexe et très délicat à mettre en œuvre, voire très périlleux... !

*** Le servage et la féodalité, déjà présents sous la dynastie royale ont perduré jusqu'à l'arrivée des Chinois en 1950 et jusqu'en 1959.
M. C. Goldstein, dans son article, Serfdom and Mobility :
« with the exception of a handful of aristocrats, all laymen in Tibet were serfs fereditary linked by ascription to estates and lords. However, there several distinct categories of serfs which a degree of mobility existed. »
Au Tibet central, en dernière instance « toutes les terres appartenaient au Dalaï-Lama». M. C. Goldstein définit le "serf" comme : « a type of hereditary superordinate-subordinate relationship in which the subordinate (the serf) possesses a legal identity independent of the superordinate (the lord) ».
p. 74 - « Le Maître dans la diffusion et la transmission du Bouddhisme tibétain en France »
Cécile Campergue
Éditions L'Harmattan © 2012
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