AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2081290367
Éditeur : Flammarion (18/03/2015)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 99 notes)
Résumé :
Qu’est-ce qui réunit la mort d’un père sous un ciel sans étoiles, un jardin d’enfance, l’enfouissement d’un spéléologue, les fragrances d’un champagne de 1921, le hérisson des tziganes, la coquille d’un mollusque, l’anguille des Sargasses, un ver parasite, le vin biodynamique, la poésie des peuples sans écriture, un masque africain, des haricots sauteurs, des acacias qui communiquent, un philosophe zoophile, des végétariens exploiteurs de poules, des porcs en batter... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Moovanse
15 juillet 2015
★★★★★
★★★★★
(Désolée pour les gens qui avaient lu cette critique hier, une fausse manip et hop, pftt, au lieu d'envoyer un commentaire j'ai supprimé la chronique .... y'a que les blondes qui peuvent faire des trucs pareils !!!)

Passionnant, fourmillant, dérangeant, contrariant, suffisant, foisonnant, croustillant ....
ÉTOURDISSANT !
J'arrive au bout de ma lecture avec tous ces adjectifs en tête, tant les sujets abordés sont variés, passés au peigne fin, dépecés, décortiqués, argumentés.
J'y arrive, un tantinet bousculée, avec en bout de course une myriade de pensées, quelques remises en cause, quelques grognements, indignations, parfois quelques silences, un peu plus "érudite" (j'avoue), mais surtout amplement confortée dans ce qui me constitue au plus profond : ce sentiment viscéral de n'être qu'un tout petit élément d'une Nature qui me fascine et dont je suis consciente de procéder.
Vastitude du Cosmos !
Projection immédiate d'étoiles, d'infini, de noirceur lumineuse, d'un immense percé d'amas de poussières, d'atomes, de gaz, grandiose encore secret, gardant jalousement sa part de mystère, objet des fantasmes les plus fous quant à notre origine, divine ou simplement matérielle ?
Vastitude du Cosmos ! Dithyrambie d'Onfray !
Celui-ci, sur plus de 500 pages va s'en donner à coeur joie ...
Ce livre se veut être une philosophie de la Nature, valse du temps perdu ou du temps autrement, apologie de la Vie et de son expansion, Vie, dans ce qu'elle a de plus simple, de brutal et d'inéluctable, Vie, dans ce qu'elle a de sublime et de majestueux.
"Cosmos" est pour moi, avant toutes autres choses, un magistral "retour aux sources", un formidable plaidoyer pour les animaux (dont nous sommes), une critique acerbe de notre monde actuel, de plus en plus virtuel, artificiel et mortifère, monde fantôme déraciné et déconnecté du vivant et de ses origines. J'applaudis !
"Cosmos", tel un univers infini, "grouille" de tout !
De la verve et de la fièvre de son auteur, de l'ardeur déployée à défendre et étayer les thèses qui lui sont chères (paganisme, hédonisme, nihilisme, virgilien, nietzschéen, .... c'est là qu'on prend le dico !), de sa curiosité sans limite, de ses rencontres enrichissantes (le spéléologue Michel Siffre, le botaniste Jean-Marie Pelt ...), de la multiplicité des sujets qu'il évoque (le vin et sa biographie aux champagnes, les tziganes, les plantes, les anguilles, la biodynamie, le végétarisme, les Haïkus, l'art africain pillé, le Land Art...).
Véritable feu d'artifice, Onfray, égal à lui-même, théâtral et cinglant, brûle, enflamme, questionne, soulève, pourfend, hait, aime ... c'est "une quinquette de cuivres rutilante et acide" qui fustige l'"Occident effondré" , les religions monothéistes, la tauromachie, met en exergue notre cruauté envers les animaux, et au passage égratigne les uns (Freud, Michel Lieris, Steiner ...) et encense les autres ( Montaigne, Bachelard, Lucrèce ...).
J'ai été particulièrement soufflée par son chapitre sur "L'animal" qui non seulement nous ramène à notre juste place mais aussi et surtout nous montre à quel point nous pouvons être négligents et inconscients VOLONTAIRES : Quel prix à payer et que de souffrance bien trop souvent gratuite et illégitime pour la simple satisfaction de nos papilles, pour nos amusements douteux (combats de coqs, sacrifices d'arènes, cirques, zoos ...), pour une pharmacopée "magique" illusoire (testicules de, cornes de, aileron de ...). J'en passe et des meilleures ... et vous invite à lire sa description du marché de Pointe-Noire au Congo (p295 et suivantes) qui vaut son pesant d'inconfort et de réflexions.
Pour ce chapitre là, Mr Onfray, moi je vous aime !
"Cosmos" c'est aussi une émotion, celle douce, pudique et très personnelle de l'évocation d'un père et d'une compagne disparus. C'est au début du livre, l'histoire d'une Etoile éteinte dans ses bras, un soir de ciel couvert, disparition paternelle, presque "cosmique" dans le retour aux origines, à la simplicité et à la sagesse qu'elle induira.
Onfray, surprenant, touchant, intime, dans ses "années de mémoire blessée", ses deuils rapprochés, ses "traces de printemps qui n'auront pas lieu et d'hiver sur toute l'année", sa solitude qui vous rapproche des absents et qui finissent, en héritage, par donner un sens digne à la vie qui malgré tout continue ...
On aimera ou on n'aimera pas ce livre.
C'est respectable, mais il faut bien se concentrer sur son contenu et non se faire une opinion uniquement sur un nom !
Je ne partage pas l'ensemble du tableau, il y a sans doute parfois quelques excès et quelques longueurs, mais j'avoue me complaire dans cette philosophie exaltée qui touche, goûte, sent, respire, cherche la quintessence en toutes choses et en tout Être.
Pinceau virevoltant, où la Nature a les couleurs les plus vives,
"Cosmos" reste pour moi un fourmillement de vie,
un "jardin de l'âme",
un fragment de Nature oubliée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9717
ninosairosse
30 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Tels Sept coquillages,
Pour Sept leçons de vie,
Sur Sept cents pages,
Répétera Ontologie....
L'Ontologie, dans son sens le plus général,
s'interroge sur le mot "être", question inaugurale...
Je ne connaissais pas cette définition singulière,
pensais déontologie était son pluriel !
une croyance toute professionnelle,
honte au logis, je reprends un vers.
Cosmos, sur mon île déserte, j'en ferai mon bréviaire,
Religions monothéistes, j'abandonne vos prières.
Ni une , ni dieux, Païens, Plus d'oeufs
Et tout le monde sera heureux...
Oui à cet enseignement PharAstronomique
Puis..... HONTE aux Logiques !!!!

Commenter  J’apprécie          10914
Kittiwake
10 mai 2015
★★★★★
★★★★★
C'est sans doute une bonne manière de faire connaissance avec l'auteur. Connaissance assez intime cette fois, puisqu'il nous confie des blessures personnelles, des souvenirs nostalgiques mais positifs par leur caractère fondateurs. C'est aussi un hommage émouvant à son père, simple ouvrir agricole, mais transmetteur d'une sagesse admirable.
Cependant Cosmos n'est pas uniquement une autobiographie, c'est aussi l'occasion de revenir sur des thèmes chers à Michel Onfray, qui égratigne voire lacère la corrida (cela dit, n'y aurait-il pas dans ce chapitre un recours au sophisme dans sa plus mauvaise utilisation : cinq personnalités aiment la corrida ils étaient de leur propre aveu impuissants, tous les pervers qui aiment la corrida sont impuissants? Et ce n'est pas pour prendre leur défense : je hais la corrida). Il règle le compte de la fiction d'un messie qui n'a existé que par la volonté de soumettre les peuples en un délire auquel ne croirait aucun enfant de plus de sept ans, il regrette la perte des références à la nature, aux saisons, au ciel (celui des étoiles pas celui du patriarche qui fait le compte de nos péchés). Fustigé également le chantre de la biodynamie, une sorte d'homéopathe de l'agriculture.

L'on y trouve par ailleurs un éloge de la vie des tsiganes (avant qu'eux même perdent leur âme bien aidé par les progrès (?) technologiques.
L'auteur nous livre aussi sa prise de position face au végétarisme, croyant mais non pratiquant, refusant en tout cas les positions extrême et non viables du végétalisme, voire des vegans (qui renoncent même à utiliser tout ce qui a un rapport quelconque avec les animaux, seuls les Jaïns les surpassent, en promenant devant eux un balai pour éviter de marcher sur des êtres vivants tout petits et donc invisibles).
Bien d'autres thèmes sont abordés : l'art, musique ou peinture, le deuil, oenologie, en y apportant le regard de l'hédonisme, dans une cohérence irréprochable si l'on se réfère à la définition de cette philosophie : « il n'y a pas d'hédonisme sans discipline personnelle, sans ascèse, sans connaissance de soi, du monde et des autres. Les fondations directes d'une philosophie hédoniste sont la curiosité et le goût pour l'existence d'une part, et d'autre part l'autonomie de pensée (et non la croyance), le savoir et l'expérience du réel (au lieu de la foi). La pensée hédoniste a été fermement combattue par les principales religions monothéistes ».

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          513
Rodin_Marcel
07 avril 2016
★★★★★
★★★★★
Onfray Michel – "Cosmos : une ontologie matérialiste" – Flammarion, 2015 (ISBN 978-2-0812-9036-5) – format 24x16cm, 570p.

Que la lecture de cet exécrable ouvrage m'aura exaspéré !
Tout lecteur normalement constitué achetant un ouvrage écrit par quelqu'un qui se prétend philosophe s'attend à bénéficier d'un texte suscitant des interrogations fondamentales sur tels ou tels points, puisque – comme nous l'ont abondamment répété nos "maîtres" de toute obédience (d'accord au moins sur ce point), faire de la philosophie consiste avant toute chose à apprendre à poser des questions, et finalement peu importe les réponses, souvent fragmentaires. Rien de tel ici, si ce n'est que la lecture de cet indigeste brouet amène le lecteur à se poser des questions... sur l'auteur de ladite bouillie.

Première question qui s'impose : peut-on se targuer d'être philosophe en étant à ce point narcissique, nombriliste, content de soi, lorsque l'on use et abuse d'une telle autosatisfaction ? Passons sur le fait que l'auteur se cite lui-même abondamment, après tout, il aurait déjà pondu plus de quatre-vingt livres (!!!), mais comment ne pas être révulsé par ces abondantes digressions sentencieuses sur le bon petit garçon si-tant-plein-intelligent qu'il fut, sur ces si bons amis qui lui organisent des dégustations vineuses (oups : oenologiques, pour ces gens-là) sur mesure (qu'il nous relate avec une complaisance écoeurante) sur ses si-tant-plein sagaces observations d'une pseudo nature archi-naturelle ?
L'auteur atteint un sommet d'ignominie lorsqu'il mobilise pour s'auto-encenser une fois de plus (p. 421), la longue et fatale maladie de sa compagne, dont le long calvaire lui a permis de découvrir les haïkus : quel cuistrerie !
Sans oublier l'historiette (pp. 384-385) du grand intellectuel faisant l'éloge d'un vin prestigieux qu'il n'avait en fait jamais goûté, mais qu'il eut ainsi l'occasion de déguster (s'agirait-il de l'auteur du livre lui-même ? ça se pourrait bien).
Sans oublier non plus sa "sublime" découverte du sublime (pp. 417-423) qui atteint effectivement à de sublimes sommets de l'autosatisfaction la plus crasse. le tout culminant avec l'hypocrite satisfaction de la découverte du tableau miraculeux et de la peinture d'Arcimboldo (pp. 459-474) qui nous vaut ces deux phrases d'un snobisme insondable
"J'ai acheté cette toile, bien que je ne sois pas acheteur d'objets d'art – sauf quelques pièces d'art africain" (p. 460)
culminant avec
"Depuis que j'ai acheté cette peinture, je la regarde moins qu'elle ne me regarde" - ben voyons !

Deuxième question : peut-on vraiment philosopher en babillant, en bavassant, en étant victime d'une véritable logorrhée verbale ? A l'évidence, la lecture de ce piètre ouvrage fournit une réponse définitivement négative. Signalons au passage une caractéristique fort drôle : l'auteur nous dit et redit à plusieurs reprises combien il apprécie les gens... qui se taisent (à commencer par le taiseux que fut son propre père) !
Ce bavardage inflationniste amène Onfray à soutenir ses assertions catégoriques en mélangeant tout et n'importe quoi, n'importe comment : les acacias se voient ainsi attribuer "plus d'intelligence collective et communautaire" que la secte nationale-socialiste d'Adolf Hitler (p. 149).
Pire encore : l'auteur mobilise plus de quinze pages de sa sagace plume (pp. 189-205) pour – apparemment – convaincre son lecteur de la sottise des thèses de Rudolf Steiner : un paragraphe suffit en règle générale, mais il s'agit surtout de nous bassiner une fois de plus avec ses dégustations de crus prestigieux, tout en se donnant l'air d'avoir l'air. Ceci nous vaut une autre démonstration parmi les plus drôles de cet ennuyeux pensum, car l'auteur reproche très exactement à sa victime tous les défauts qu'il pratique lui-même abondamment dans ce livre. Passons.
Un peu plus loin, il remet ça (pp. 277-305) avec les théories fumeuses d'un Peter Singer, promoteur et défenseur des amours zoophiles, puis avec la condamnation des corridas (pp. 306-325) : presque une cinquantaine de pages pour des paragraphes fumeux, là où dix lignes suffisaient amplement.

Troisième question : est-ce que la pensée philosophique peut s'exercer en vitupérant, en éructant, en injuriant les pôvres gens porteurs d'opinions différentes ? Que penser de l'anathème jeté globalement sur l'ethnologie parce que Griaule et Leiris se comportèrent – indéniablement – en salauds lors de leurs expéditions-razzias africaines (ce que tous les intéressés savent depuis vilaine lurette est longuement rappelé pp. 212-225), si ce n'est que ces deux là ne résument pas à eux seuls toute l'ethnologie (me voilà contraint de défendre une discipline dont je ne pense pourtant pas grand chose de bon) ?
Faut-il évoquer les vociférations permanentes que l'auteur se croit obligé d'utiliser dès qu'il évoque (très, très, mais alors vraiment très souvent, à un point que ça en devient louche) ce qu'il appelle "la religion judéo-chrétienne" : il profère à chaque fois de telles âneries que même un non-croyant ne peut que s'insurger contre ce déluge d'inexactitudes, d'amalgames idiots, de sottises sans nombre.
Entre autres choses, Onfray nous refait le coup du curé Jean Meslier (p. 271-276), l'une des stars des années post-soixante-huitardes, et le coup du "Contre Celse" qui n'est qu'un des écrits mineurs d'Origène (fondateur de l'exégèse, ce qu'Onfray se garde bien de mettre en avant). Une fois de plus, l'auteur nous livre de lui-même une image involontairement fort drôle (p. 350) en nous narrant comment il découvrit par hasard (!!!), à l'aide d'une paire de jumelles (que d'audace !), que le sommet du clocher de l'église de "son" village (sic) était orné de quatre sculptures... représentant tout bonnement les symboles des quatre évangélistes : on voit par là (ce que confirment les lacunes de son inénarrable bibliographie figurant en fin de volume) qu'il ignore tout du "Pape des escargots" de Henri Vincenot, livre réellement drôle et bien écrit sur le sujet, et autrement mieux fondé que les sempiternelles et lassantes invectives à la Onfray (qui aurait ainsi pu s'épargner de barbouiller les pages 349 à 371).

Et d'ailleurs, comme l'auteur nous l'affirme dès la p. 79 : "pourquoi apprendre à lire et à écrire puisque la lecture et l'écriture nous éloignent du monde véritable ?" C'était tellement mieux pendant la préhistoire... et avant l'électricité (p. 382-387). Car Onfray nous refait le coup (entre autres innombrables exemples, voir p. 206, 265 pour y revenir pp. 480-482) de l'homme primitif qui vivait tellement mieux puisqu'il était en plein accord avec la belle, grande et doulce Nature (de natura rerum, n'est-ce pas ? pp. 399 et seq).

Deux hypothèses pour tenter de comprendre comment peut s'écrire et se vendre un tel compendium d'âneries, hypothèses qui, loin de s'exclure, peuvent se compléter :
- l'auteur est influencé, pétri, modelé par cette pseudo culture du bavardage cultureux auquel il participe abondamment en se répandant sur les plateaux de télévision à la "Arte", devant les micros à la "France-Culture", en commettant en moyenne deux à trois "ouvrages" par an
- l'auteur est en train de devenir un gourou, lançant des anathèmes à pleines poignées, tout en fournissant (pp. 514-515, en conclusion !) une flopée de slogans dignes de figurer sur des boîtes de confiseries chimiques ou en tête de brochures sectaires servant à recruter des "fidèles"...

Et ce n'est pas fini, l'auteur nous annonce tout plein d'autres volumes du même tonneau : à quand l'inauguration de sa propre statue par lui-même ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          225
Fortuna
01 février 2016
★★★★★
★★★★★
Le moins qu'on puisse dire du nouveau livre de Michel Onfray c'est qu'on ne s'y ennuie pas.
On commence par y déguster un bon vin chargé des saveurs du terroir, évoquant les vignobles dont il est issu, l'année qui l'a porté, le travail de la terre, la qualité du sol, la chaleur du soleil, les parfums auxquels il renvoie. le ton est donné : pas d'arrières-mondes, de métaphysique, de considérations abstraites sur l'être et le non-être. Pas de discours indigeste accessible aux seuls initiés. Non une philosophie concrète, épicurienne, hédoniste, destinée à nous aider à comprendre et à vivre notre présence dans le cosmos. Une philosophie qui tire ses leçons de la nature et de l'extraordinaire diversité de cette dernière pour qui sait l'observer. Une réflexion sur le temps basée sur l'expérience extrême de la vie souterraine qui abolit les repères temporels. Et qui est un peu la notre, nourris de lumière artificielle...Michel Onfray interroge notre relation à ceux qui nous sont à la fois si proches et si étrangers : les animaux. S'élevant contre la souffrance que l'homme lui inflige, dans l'élevage en batterie ou dans les corridas, il montre que notre mépris de l'animal est ancré dans une vision du monde monothéiste où l'homme veut dominer le monde plutôt que d'être à son écoute. Mais sans aller jusqu'à justifier la zoophilie ou le véganisme (ne consommer absolument aucun produit issu de l'animal, ne pas le domestiquer ni l'élever) : si on laisse les animaux à l'état sauvage, c'est l'homme qui va disparaître.
Il nous invite à découvrir un ver parasite capable de prendre les commandes d'un autre organisme, la liane tueuse qui étouffe l'arbre autour duquel elle s'enroule pour trouver la lumière. La nature a en effet des ressources infinies pour parvenir à ses fins.
Notre rapport au cosmos doit être réinventé. La religion chrétienne a mis un écran entre l'homme et le monde, nous a rendu sourds aux spiritualités païennes, à la philosophie grecque, aux rites africains ; comme la lumière électrique a brouillé l'opposition entre le jour et la nuit, aboli la connaissance des rythmes cosmiques qui règlent l'existence humaine. Nous devons retrouver la sagesse d'Epicure pour qui le monde était connaissable loin des mythologies et des religions. Ses intuitions scientifiques ont été validées par la science moderne ce qui prouve la validité de sa méthode. Michel Onfray revient plusieurs fois sur le Christianisme qui a puisé dans les croyances et les religions qui existaient avant lui et est resté très marqué par le rite solaire. le paganisme est présent dans toutes les fêtes et célébrations du Christ. le Christ lui même n'a aucune existence historique, c'est une fiction, l'image du soleil invaincu. Il focalise le désir des hommes de rendre hommage au mystère de la vie. Mais en le détournant de sa dimension cosmique.
L'art lui-même est marqué par cette distance qu'a mis l'homme entre le monde et lui. La musique, qui fait chanter les pierres et les corps, a été persécutée par les religions, les Révolutionnaires, les régimes totalitaires (URSS, Nazis). La peinture marquée par les scènes religieuses, le corps souffrant dans l'art corporel, la poésie occidentale s'est coupée du peuple, l'art est devenu abstrait au point de disparaître. Il faut le rechercher là où il exprime les liens de l'homme et du cosmos, dans l'art dépouillé du haïku ancré dans l'expérience du monde, les portraits d'Arcimboldo composés d'animaux, de plantes, de fruits, signifiant son unité. le Land Art, dans l'esprit des mégalithes inscrit le geste esthétique dans la nature. On y découvre les tunnels solaires de Nancy Holt installés dans le désert de l'Utah pour que chacun ressente son appartenance au cosmos. Une oeuvre d'art qui se découvre au terme d'un voyage au bout du monde...
Comme son auteur le dit lui même de sa bibliographie, Cosmos est un véritable cabinet de curiosités. Objets hétéroclites et inédits, étonnants, utiles à l'esprit scientifique, et qui finalement nous démontrent que l'infinie richesse et les mystères de la vie sont sous nos yeux et non pas dans d'improbables mondes célestes.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240

Les critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec01 juin 2015
Se plonger dans Cosmos, (...) c’est accepter de se laisser guider dans des dédales peu fréquentés où le plaisir de la découverte, l’audace et l’émerveillement seront au rendez-vous à coup sûr.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Liberation07 avril 2015
Michel Onfray redéfinit une éthique matérialiste et athée, et opère un retour vibrant à la nature.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs23 mars 2015
Le philosophe invite son lecteur à ne pas perdre le nord en renouant avec la nature oubliée, son rythme, son bon sens.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (139) Voir plus Ajouter une citation
LeCombatOculaireLeCombatOculaire23 mars 2017
Comme les hommes qui parasitent et sont parasités, mais croient que leur prétendue liberté les met à l’abri de ces cycles immémoriaux, nous sommes au carrefour de programmes aveugles qui nous emportent, nous excluent, nous prennent, nous refusent, nous reprennent, nous intègrent, nous désintègrent. Au regard du cosmos, le noeud gordien des nématodes qui grouillent, vers blancs dans une onde claire, longs fils presque translucides dans le courant d’une rivière, ne sont pas et pas moins que le grouillement d’humaines dans les mégapoles que nous voyons la nuit, quand les avions de ligne survolent les continents et que Dubaï, Singapour, Bombay, Tokyo, Séoul, Mexico nous apparaissent comme des feux scintillants, un genre de braies immense dans laquelle se consument des humaines qui naissent, vivent, s’aiment, copulent, se déchirent, se tuent, agonisent, meurent - comment trépassent les anguilles dans les abîmes noirs et glacés de la mer des Sargasses où elles disparaissent à jamais. Les neurones du cerveau d’un homme sont des nématodes qui grouillent avant disparition programmée dans le néant. Pas de place pour de l’immatérialité dans cette matière souveraine qu’est la vie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LeCombatOculaireLeCombatOculaire23 mars 2017
Tout ce qui remplit l’existence, la vie, l’amour, la mort, ce qui occupe les hommes, l’ambition, la domination, les honneurs, ce qui les déçoit, la trahison, l’infidélité, le parjure, ce qui les conduit, le sexe, l’argent, le pouvoir, ce qui les salit, le mensonge, la tromperie, l’hypocrisie, tout cela est chanté, crié, susurré, murmuré, dit, hurlé, chuchoté, comme si le spectacle et la théâtralisait de ce que nous sommes si souvent nous permettait, une fois représenté sur scène et donné dans les limites du théâtre, de nous purifier d’être ce que nous sommes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
LeCombatOculaireLeCombatOculaire23 mars 2017
Faire son lit, faire les courses, faire la vaisselle, faire le marché, faire le ménage, faire la cuisine, certes ; mais faire son deuil ! On ne fait jamais son deuil, on survit, parce qu’il le faut, parce que c’est dans l’ordre des choses de perdre un vieux père ; ou bien par faiblesse quand il s’agit d’une compagne trop jaune partie et que, travaillé par l’idée, on n’a pas eu le courage de la rejoindre dans le néant juste après avoir mis de l’ordre dans ses affaires. On continue alors à vivre comme on continue à courir le poulet auquel on a coupé le cou, par habitude, par réflexe ; on survit mécaniquement ; on dit oui par manque de force de dire non ; on fait avec ; on compose pendant que l’autre décompose et l’on se reproche de composer, tant ce avec quoi on doit composer apparaît futile, dérisoire, insignifiant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LeCombatOculaireLeCombatOculaire23 mars 2017
A l’époque orale, époque bénie de la poésie, le poète dit les mots de la nature, du monde et du cosmos. Il est une encyclopédie des choses à savoir pour vivre en harmonie avec la nature, le monde et le cosmos, donc les autres. Ce qu’il sait est considérable. Il faut donc des moyens mnémotechniques pour se souvenir de ces litanies - la litanie est d’ailleurs l’un de ces moyens. Car la poésie primitive est litanie, inventaire, catalogue, scansion, répétition, refrain, ritournelle, rengaine, leitmotiv, chanson, chant, elle est psalmodiée, récitée, déclamée, parce qu’un mot entraîne l’autre, une image induit la suivante, un son produit son presque semblable. Invoquer les esprits immanents du monde, voilà la première poésie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LeCombatOculaireLeCombatOculaire23 mars 2017
Trop de livres se proposent de faire l’économie du monde tout en prétendant nous le décrire. Chacun des trois textes fondateurs de religion prétend abolir les autres livres pour rester le seul. Ces trois-là ont généré une infinité de livres qui les commentent, ouvrages tout aussi inutiles pour comprendre le réel. Le jardin est une bibliothèque quand trop peu de bibliothèques sont des jardins. Regarder travailler un jardinier au jour le jour nous apprend parfois beaucoup plus que de lire d’interminables livres de philosophie. Le livre n’est grand que lorsqu’il apprend à se passer de lui, à lever la tête, à sortir le nez du volume pour regarder le détail du monde qui n’attend que notre souci.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : philosophieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
219 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre
. .