-
Par parmifil, le 08/08/2010
Traité d'athéologie : Physique de la métaphysique de
Michel Onfray
A viser le Paradis, on manque la Terre.
..la synagogue, le temple, l'église ou la mosquée, tous endroits où l'intelligence se porte mal et où l'on préfère depuis des siècles l'obéissance aux dogmes et la soumission à la Loi - donc à ceux qui se prétendent les élus, les envoyés et la parole de Dieu
-
Par Walktapus, le 27/11/2010
Antimanuel de philosophie de
Michel Onfray
Dès votre plus jeune âge, l'école vous prend en charge pour vous socialiser, autant dire pour vous faire renoncer à votre liberté sauvage et vous faire préférer la liberté définie par la loi. Le corps et l'âme sont façonnés, fabriqués. On inculque une façons de voir le monde, d'envisager le réel, de penser les choses. On norme. L'écolier du primaire, le collégien, le lycéen, l'étudiant des classes préparatoires subissent l'impératif de rentabilité scolaire : les points à accumuler, les notes à obtenir, au-dessus de la moyenne de préférence, les coefficients qui décident de ce qui est important ou non pour bien vous intégrer, les livrets qui constituent autant de fiches de police associées à vos mouvements administratifs, les copies à rédiger selon un code très précis, la discipline à respecter dans le moindre détail, l'objectif du passage dans la classe supérieure, le théâtre du conseil de classe qui examine l'étendue de votre docilité, la distinction des sections en fonction des besoins du système, l'obtention des diplômes comme autant de sésames, même si, en soi, ils ne servent à rien : tout vise moins pour vous une compétence (sinon pourquoi n'être pas bilingue après sept années d'apprentissage d'une langue étrangère ?) qu'une mesure de votre aptitude à l'obéissance, à la docilité, à la soumission aux demandes du corps enseignant, des équipes pédagogiques et de direction.
> lire la suite
-
La puissance d'exister : Manifeste hédoniste de
Michel Onfray
La séparation de la sexualité d'avec l'amour n'exclut pas l'existence de sentiment, de l'affection ou de la tendresse. Ne pas vouloir s'engager pour la vie dans une histoire de longue durée n'interdit pas la promesse d'une douceur amoureuse.
-
Antimanuel de philosophie de
Michel Onfray
Généralement, un individu dispose d'une liberté minimale et subit des contraintes maximales. Certains sont puissamment déterminés par leur milieu, leur époque, leurs gènes, et leur liberté est égale à zéro (ainsi un autiste, un trisomique, un enfant du tiers monde ou du quart monde) ; d'autres, plus chanceux, car ils n'ont pas davantage choisi leur état, voient leur part de liberté plus grande parce que les déterminismes auxquels ils ont eu à faire face, ou auxquels ils font face, pèsent moins lourd. Dans tous les cas, on constate que la liberté existe en doses différentes chez les individus — totalement inexistante chez certains, importante pour d'autres. Mais à chaque fois, pour l'essentiel (les grandes lignes et les grandes directions d'un caractère ou d'un tempérament), on est choisi par plus fort que soi, on obéit. La croyance à la liberté ressemble étrangement à une illusion.
> lire la suite
-
Par Zebra, le 17/08/2012
Traité d'athéologie : Physique de la métaphysique de
Michel Onfray
[...] Car l'inverse me semble bien plutôt vrai : "Parce que Dieu existe, alors tout est permis ..." Je m'explique. Trois millénaires témoignent, des premiers textes de l'Ancien Testament à aujourd'hui : l'affirmation d'un Dieu unique, violent, jaloux, querelleur, intolérant, belliqueux a généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix ... le fantasme juif du peuple élu qui légitime le colonialisme, l'expropriation, la haine, l'animosité entre les peuples, puis la théocratie autoritaire et armée ; la référence chrétienne des marchands du Temple ou d'un Jésus paulinien prétendant venir pour apporter le glaive, qui justifie les Croisades, l'Inquisition, les guerres de religion, la saint-Barthélémy, les bûchers, l'Index, mais aussi le colonialisme planétaire, les ethnocides nord-américains, le soutien aux fascismes du XX° siècle, et la toute puissance temporelle du Vatican depuis des siècles dans le moindre détail de la vie quotidienne ; la revendication claire à presque toutes les pages du Coran d'un appel à détruire les infidèles, leur religion, leur culture, leur civilisation, mais aussi les juifs et les chrétiens - au nom d'un Dieu miséricordieux ! Voilà autant de pistes à creuser que, justement, à cause de l'existence de Dieu tout est permis - en lui, par lui, en son nom, sans que ni les fidèles, ni le clergé, ni le petit peuple, ni les hautes sphères y trouvent à redire ...
> lire la suite
-
Le Souci des plaisirs : Construction d'une érotique solaire de
Michel Onfray
pages, 30, 138
Du côté de Shiva, la célébration de la vie, le partenariat avec les corps, la positivité du plaisir, la force de la jouissance, le sexe joyeux, la sexualité libre, la vitalité du sperme, le culte du phallus, les logiques culturelles du linga masculin et du yoni féminin, les jeux de l’amour dionysiaque, le moteur du désir les femmes complices, la joie vertueuse, l’extase physique…
Du côté du Christ, la célébration de la mort, le divorce avec les corps, la négativité du plaisir, la noirceur de la jouissance, le sexe sanieux, la sexualité coupable, le sperme peccamineux, véhicule du péché originel, le culte de la croix, un instrument de torture, les logiques de la honte et de la pudeur d’après la faute, les perversions de la chasteté et de la virginité, le désir coupable, les femmes démoniaques, les passions tristes, la continence physique…
> lire la suite
-
Antimanuel de philosophie de
Michel Onfray
Partout où régnent des textes de loi, des règles du jeu, des règlements intérieurs, et dès qu'en vertu du droit naturel une loi vous semble moins procéder de l'équité que de l'arbitraire, vous avez légitimement le pouvoir, et moralement le devoir, de ne pas obéir, d'objecter selon votre conscience, de refuser d'apporter votre concours à l'exercice d'un
commandement qui heurte votre conception de la justice ou votre vision de la dignité ou de l'humanité. Là où la morale disparaît, la loi ne peut contraindre, elle ne le doit pas. Si elle y réussit, c'est en partie avec votre assentiment et à cause de votre passivité ou de votre collaboration. La loi et le droit existent pour les hommes, pas le contraire.
> lire la suite
-
Par LydiaB, le 27/02/2013
Le Ventre des philosophes. Critique de la raison diététique de
Michel Onfray
La trentaine passée, Emmanuel Kant s'abreuva tant dans l'un des cafés qu'il fréquentait avec habitude et modération qu'il ne put retrouver son domicile sis Magistergasse à Königsberg. Chaque soir, il jouait au billard et aux cartes, chaque midi, il prenait un verre de vin. Jamais de bière. Il était l'ennemi déclaré du breuvage national prussien, "un poison lent, mais mortel", qu'il percevait comme l'une des causes les plus importantes de mortalité et... d'hémorroïdes. Imaginer Kant amateur d'estaminet n'est pas sans étonner. Le piétiste austère, rigoureux, le philosophe ardu et exigeant n'en était pourtant pas moins un buveur et un mangeur averti, au point que son ami le conseiller secret Von Hippel lui disait souvent en plaisantant : "Vous écrirez bien encore, tôt ou tard, une critique de la cuisine ?" Hélas ! il n'y eut pas de Critique de la raison gastronomique. Là même où le penseur analyse le goût - dans sa Critique de la faculté de juger -, il ne laisse aucune place à la nourriture.
Lorsqu'il fait la théorie des sens, il détermine ceux qui sont supérieurs et objectifs - le toucher, la vue et l'ouïe - et ceux qui sont inférieurs et subjectifs - l'odorat et le goût. Le nez et le palais sont les organes des fonctions sans noblesse, car "la représentation qui se fait par eux est plus celle de la délectation que de la connaissance des objets extérieurs". Soit. Mais Kant omet d'intégrer l'imagination, la mémoire et l'entendement dans ce processus complexe qu'est la production d'une saveur et d'un jugement de goût buccal. Sans mémoire des saveurs, des mélanges sans imagination analytique et synthétique, sans saisie globale et particulière par l'entendement, il ne saurait être question de goûter. Et Kant le sait.
> lire la suite
-
Par Eternidad, le 17/04/2010
Politique du rebelle de
Michel Onfray
"L'hédonisme est à la morale ce que l'anarchisme est à la politique: une option vitale, exigée par un corps qui se souvient."
-
Antimanuel de philosophie de
Michel Onfray
Peut-on recourir à la violence ?
Parfois, quand tout a été tenté, tout, vraiment tout, et qu'on risque sa peau, sa santé mentale ou physique à subir un individu décidé à vous nuire, on ne peut l'éviter. Faire un principe absolu de la non-violence, c'est donner raison a priori à l'adversaire prêt à utiliser tous les moyens. Si le monde était idéal, on n'aurait pas besoin d'en venir à ces extrémités, bien évidemment, mais il ne l'est pas et, en termes de salut personnel, la violence peut réaliser ce que la sécurité publique, la morale, la santé mentale ne parviennent pas à obtenir malgré leurs efforts séparés ou conjugués. Elle est un mal nécessaire, s'en priver revient à déclarer vainqueur l'individu convaincu de ne pas y renoncer — et ce spécimen ne disparaîtra pas, malheureusement...
> lire la suite