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Note moyenne 3.68 /5 (sur 71 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Catherine Faye est journaliste indépendante et auteure depuis 1990.

Elle a passé son enfance à l'étranger, notamment en Argentine. Dans ses récits, ce sont les parcours atypiques, les histoires de vies, qui la guident.

"L'Attrape-souci" (2018) est son premier roman

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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlem   13 février 2018
L'attrape-souci de Catherine Faye
Les petites boîtes se ressemblaient toutes, je n’arrivais pas à me décider, je les trouvais mal taillées, trop plates, pas assez colorées, j’en aurais voulu qui soit parfaite. Je les dévorais des yeux, sans oser les toucher, encore moins les ouvrir pour voir dedans. D’un coup, j’ai su laquelle j’allais prendre, j’ai souri, je me suis retournée pour faire signe à ma mère. De là où j’étais, je ne la voyais pas, j’ai tendu la main pour la saisir, mais j’ai eu peur que la libraire ne pense que j’allais la voler, alors, je l’ai reposée, j’ai regardé de tous les côtés et je me suis dirigé vers la sortie, les mains vides. Sauf que, dehors, personne. Elle avait disparu.
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montmartin   10 juillet 2018
L'attrape-souci de Catherine Faye
A défaut d'aller à l'école, je me nourrissais de tout ce qu'elle me donnait à voir et à entendre, le monde s'offrait à moi, et quand ça ne va pas, ouvre en grand la fenêtre, me disait-elle. Et regarde.
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montmartin   08 juillet 2018
L'attrape-souci de Catherine Faye
Peut-être qu'i était devenu comme ça à force de se pencher. Ou qu'il était né tordu, ça m'a fait de la peine. Ce qui était sûr, c'est que Gaston, quand il plantait son regard dans le mein, je le voyais beau.
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hcdahlem   13 février 2018
L'attrape-souci de Catherine Faye
Je l’ai perdue comme ça. C’était l’après-midi. Nous avions déjeuné dans un bistrot à étages de Palermo, en sortant, il avait encore fallu faire les magasins. Depuis notre arrivée à Buenos Aires, nous n’arrêtions pas de marcher et d’entrer dans des boutiques. Je ne comprenais pas grand-chose à ce que nous étions en train de faire, on était partis de Paris, comme ça, très vite et très loin, en plein mois de décembre, des vacances ou alors une autre vie. Elle avait décidé de m’emmener dans la ville de son enfance, une enfance de rêve, c’est ce qu’elle me répétait. C’était juste après l’attentat des tours jumelles. 2001, une drôle d’année.

Je me souviens de ses sandales à talons compensés, elle se tordait les chevilles sur les trottoirs cabossés, me tirait par la main, on manquait de tomber tous les deux. Je les vois encore, ses sandales, parce qu’à chaque fois qu’elle les mettait elle me demandait si elles lui allaient, en se tournant dans tous les sens devant le miroir. Elles avaient une bride rouge, fine, on aurait dit un bracelet autour de ses pieds. J’aimais m’amuser avec, faire et défaire la boucle quand elle dormait et que je m’ennuyais. Elle aimait mettre des talons, ma mère, même si elle était grande. Elle disait que l’élégance, c’est de donner l’impression qu’on va s’envoler. Et moi, j’avais peur.
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mireille.lefustec   22 mars 2018
L'attrape-souci de Catherine Faye
Finalement, pour un mot, c'était la même chose. Si on le prononçait trop vite et n'importe comment, impossible de l'effacer après. Les mots restent. De vrais poisons.
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thomassandorf   17 mars 2018
L'attrape-souci de Catherine Faye
J’ai suivi une rue à sens unique. Tout droit. Comme pour ne jamais revenir en arrière.
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Cetsak   13 février 2019
L'attrape-souci de Catherine Faye
Chez lui, le vent. Du vent partout. Derrière le rideau noir déchiré, sous la table en plastique, au-dessus de la couverture soigneusement pliée sur le matelas. Chez lui, une seule pièce, une seule fenêtre et de la terre battue. Dans un coin des champignons accrochés à une planche et, entre les poutrelles qui retenaient le plafond, des paquets de saletés. Je me suis assis en tailleur sur le matelas posé sur le sol, je grelottais, il a ouvert la porte d une table de chevet en bois tailladée et en a sorti une théière en porcelaine blanche - l élégance d un cygne. À la naissance de la poignée, deux initiales peinte en bleu : YL. Il a craqué une allumette, une flamme bleue a jailli du réchaud à gaz. L eau a frémi. D un côté la casserole crasseuse, de l autre la théière. Mon regard passait de l une à l autre, quelque chose ne collait pas.
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Cetsak   13 février 2019
L'attrape-souci de Catherine Faye
- Ici, j ai dix ans ? J avais demandé à ma mère quelques jours après notre arrivée.

- Absolument pas, pourquoi ?

- Ben ... parce que tu m as dit qu avec le décalage horaire on perdait des heures.

- Eh bien non, Lucien.

- Et ailleurs ?

- Ailleurs ?

- Ben oui ... dans l Antarctique, j ai dix ans ?

- Fiche-moi la paix s il te plait avec tes stupidités.

Je m étais tu, comme d habitude, mais au moins elle m avait rassuré. J avais eu tellement peur d avoir perdu un an, comme ça, juste en traversant l Atlantique. Tout un océan. Mais non. Je continuais à grandir, c était ça le plus important. Être grand, le plus vite possible. Et partir.
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Cetsak   12 février 2019
L'attrape-souci de Catherine Faye
Dans un coin, un étalage de petites boites ovales bizarres, jaunes et recouvertes de signes - des croix, des flèches, des yeux -, j étais fasciné. Ma mère s était approchée. Elle m expliquait qu à l intérieur il y avait des poupées minuscules, indiennes (...)

- Donc, vois-tu, quand tu as un souci, n importe lequel ...

Elle avait glissé un blanc.

- ... tu glissses une des petites poupées sous ton oreiller, tu lui confies et le lendemain matin, quand tu te réveilles, plus de souci, il s est envolé.
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hcdahlem   13 février 2018
L'attrape-souci de Catherine Faye
J‘avais mal dans le bas du ventre, là où on m’avait opéré. Au bout d'un long moment, ça s’est calmé. Tout doucement, il m'a collé une tasse brûlante entre les lèvres et m'a fait boire un liquide qui ressemblait à du feu. A bout de force, je me suis laissé glisser entre ses jambes, ma joue posée sur sa cuisse, ça empestait les chaussettes. Je me suis agrippé à lui et je me suis endormi, brusquement, profondément.

Je serais incapable de dire combien d'heures, combien de jours j'ai divagué, égaré entre deux eaux. La nuit et le matin ne faisaient qu’un, l’après-midi, la fièvre montait. J’avais l'impression de me noyer, puis je remontais à la surface, ballotté entre cauchemars et rêves, sommeils profonds et délires. De temps à autre, Gaston me mouillait les lèvres avec une éponge qui sentait l'essence, me grattouillait les cheveux. Je me laissais faire, je lâchais prise. L’ombre de ma mère, immobile, semblait me surveiller, je l'entendais fredonner, tantôt douce, tantôt méchante. Je tendais la main pour la toucher. Rien. Personne.

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