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Note moyenne 2.92 /5 (sur 314 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Dieppe , 1960
Biographie :

Sophie Bassignac a grandi à Angers. Elle se consacre à la lecture et à l'écriture.

Son premier roman, "Les Aquariums lumineux", a été publié en 2008. Les droits de ce roman ont été acquis par la Pologne, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Corée, la Chine et la Russie.

Son deuxième roman, "À la recherche d'Alice", est paru en 2009. Il a été sélectionné pour le Prix littéraire de l'Héroïne 2009 de Madame Figaro.

Source : amazon.fr
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Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard, Rosa Tandjaoui et Lydie Zannini pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 06 septembre 2019 : Orléans: roman de Yann Moix aux éditions Grasset https://www.lagriffenoire.com/1012078-romans--orleans---roman.html Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon de Jean-paul Dubois aux éditions de l?Olivier https://www.lagriffenoire.com/1010673-divers-litterature-tous-les-hommes-n-habitent-pas-le-monde-de-la-memefacon.html On ne meurt pas d'amour de Géraldine Dalban-Moreynas aux éditions Plon https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1014259&id_rubrique=1 Les guerres intérieures de Tong Cuong aux éditions J-C Lattès https://www.lagriffenoire.com/1011746-romans--les-guerres-interieures.html Le plus fou des deux de Sophie Bassignac aux éditions J-C Lattès 9782709665230 Rien n'est noir de Claire Berest aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/1011542-romans--rien-n-est-noir.html Les petits de Décembre de Kaouther Adimi aux éditions Seuil https://www.lagriffenoire.com/1010618-divers-litterature-les-petits-de-decembre.html La Grande escapade (Littérature française) de Jean-Philippe Blondel aux éditions Buchet-Chastel https://www.lagriffenoire.com/1010927-romans--la-grande-escapade.html Juke-Box de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket (PAS DE COUVERTURE) https://www.lagriffenoire.com/21556-poche-juke-box.html Passage du gué de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket 978-2266172707 Le Baby-sitter de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/96993-article_recherche-le-baby-sitter.html Mariages de saison de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/65467-divers-litterature-mariages-de-saison.html 06h41 de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/21687-divers-litterature-06-h-41.html Le grand Elysium Hôtel de Timothy Findley aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/?fond=recherche La vie en chantier de Pete Fromm et Juliane Nivelt aux éditions Gallmeister 9782351781968 Mon année de rep
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Citations et extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
Harioutz   09 décembre 2019
Le plus fou des deux de Sophie Bassignac
Alexandre ne se suicidera jamais, dit-elle en secouant sa lourde chevelure brune. J'en suis convaincue. Hélas, une fois que la menace a été proférée, on ne s'en défait plus. Ça devient une dépendance. Tout est empoisonné, tout est perverti. On sursaute dès que le téléphone sonne. Le courrier arrive et on hésite à ouvrir les enveloppes manuscrites. Une sirène hurle dans la nuit et on se dit que c'est pour nous. Quelqu'un frappe à la porte et les conversations s'arrêtent. Il n'y a plus de hasard. Tout est touché et prend des airs de dernière fois. Même si on ne croit pas à la menace, elle est quand même là. On ne peut jamais en rire. Alexandre vous a mené en bateau comme il le fait avec nous depuis toujours. C'est sa manière à lui de se faire aimer, par la panique et par la frousse.
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Harioutz   08 décembre 2019
Le plus fou des deux de Sophie Bassignac
J'ai passé ma vie à ne pas vouloir ressembler à ma mère. Aujourd'hui encore, je reste vigilante même si mon existence et aux antipodes de la sienne. Pourtant, quand je lui rends visite, deux ou trois fois par an, notre ressemblance physique me brise le moral à la manière d'une mauvaise habitude qu'aucun effort ne pourra jamais corriger.

Je me vois dans trente ans et ce que je constate me déplaît souverainement.

J'imagine que mes rondeurs deviendront son embonpoint, que ma peau aura la tremblotante mollesse de ses bajoues de cocker et que mon cul plat s'évasera comme le sien.

Ma mère nous a donné sa laideur en héritage. Je n'y peux pas grand-chose.

En revanche, je me battrai jusqu'au bout contre cette aigreur donc elle a fait un art de vivre.

Après la mort de mon père, cette femme bilieuse a mené une existence minable, entre son intérieur momifié et la mairie où elle a, jusqu'à sa retraite, occupé le bureau de l'état-civil. Livrée à son seul pouvoir, j'ai dû me battre pour ne pas reproduire sa médiocrité. Une frontière invisible s'impose dès l'enfance pour nous dissuader de faire mieux que nos parents. Avoir des ambitions, c'est trahir la religion dans laquelle on a grandi. Faire mieux que ma mère, c'était la trahir, refuser son aigreur, c'était la renier.

Ma sœur a dû se déshabiller devant un examinateur pour casser la malédiction. Elle a dû retourner sa violence contre elle-même pour pouvoir exprimer son désaccord et préserver son entourage. Je n'ai pas sa grandeur d'âme.

La froideur est la seule arme que ma mère reconnaisse. Froideur contre froideur, comme dans un duel on choisit ensemble les pistolets pour s'entre-tuer. C'est tout ce que j'accepte de partager avec elle.

Mes enfants sont au courant de tout. Agnès essaie dans mon dos de reconstruire avec l'autel familial ce que je détruis sans scrupule, je m'en fous.

Elle me dit :  « Tu t'en mordras les doigts le jour où elle disparaîtra. »

Franchement, j'en doute.
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Harioutz   02 décembre 2019
Le plus fou des deux de Sophie Bassignac
Clara, Paul et moi sommes habitués à travailler dans une atmosphère studieuse. Nous parlons peu et l'atelier est en général très silencieux.

La voix vibrante d'Alexandre Lanier a tout changé.

Après une semaine de répétitions et par sa seule présence, il avait désorganisé notre routine et imposé sa musique.

Son corps émettait sans cesse des signaux, de détresse, d'agacement, de désir aussi. Sa respiration sifflante était entrecoupée de longs soupirs bruyants.

Incapable de se faire oublier, il marchait pour réfléchir et parlait dès qu'il avait quelque chose à dire. Ça ne pouvait pas attendre. Il se libérait d'une nervosité qui le ravageait en accomplissant une multitude de gestes inutiles.

Ses chemises toujours blanches étaient immaculées, ses pantalons de velours parfaitement repassés, et ses grosses chaussures anglaises semblaient avoir été cirées avec entrain.

Aussi rigides qu'un uniforme, ses vêtements avaient l'air d'empêcher ses membres de s'éparpiller dans la pièce.

Tout en lui contribuait à rendre chaque jour l'ambiance un peu plus électrique que la veille.

Clara était mutique et son regard lançait des éclairs de haine dès qu'il approchait. Quant à Paul, il faisait au sens propre le dos rond et ne s'adressait jamais à lui directement.

J'assistais, inquiète, à ce psychodrame sans cris.

Avec le recul, je me demande comment j'ai pu laisser Alexandre prendre le pouvoir chez moi sans intervenir pour le remettre à sa place.

Son talent de comédien, sans doute, qui l'avait rendu irremplaçable.
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Harioutz   06 décembre 2019
Le plus fou des deux de Sophie Bassignac
Depuis quelques mois, la donne a changé et j'ignore dans quel sens évoluera notre couple. La vérité finissant toujours par se savoir, autant dire les choses franchement. Et puis, cela évitera à certains de se vanter de l'avoir « toujours su ».

Il y a une dizaine d'années, Philippe a eu un gros coup de mou. Je lui ai offert un voyage au Maroc pour lui changer les idées et c'est là-bas, dans les ruines de Volubilis, qu'il m'a avoué qu'il y avait quelqu'un d'autre.



Ma première réaction a été de lui crier « ne me raconte pas », comme on se bouche les oreilles à l'approche de la sirène hurlante d'une voiture de police.

Il m'a raconté quand même.

C'était une vieille histoire, une histoire d'adolescence dans un pensionnat de province qu'il avait essayé d'oublier.

Nos désirs sont pugnaces. Nous les chassons par la porte et ils reviennent, tôt ou tard, par la fenêtre. Il avait rompu une semaine plus tôt avec cette femme ressurgie du passé.

Mais Philippe savait, m'a-t-il dit, qu'il recommencerait, avec une autre.



Ainsi, sous le ciel chargé de Volubilis, notre mariage est devenu un contrat dont nous avons rédigé ensemble toutes les clauses.

Philippe ne voulait pas me quitter, il ne voulait pas que les enfants sachent qu'il avait une double vie, ni ma sœur ni tous ceux qui gravitent autour de nous.

Il avait beaucoup d'exigences, mais au fond, c'était à moi de décider.



Pendant qu'il parlait, je regardais les nuages filer dans le ciel à toute allure, comme ma vie. Je n'avais pas le courage de subir une catastrophe de plus, de supporter des larmes, des cris et une autre disparition. Alors j'ai accepté. J'ai accepté de rester avec un homme différent de celui que j'avais épousé.



J'aurais pu lui en vouloir de m'avoir rendue complice de ses pas de côté. Il n'était pas obligé de tout me raconter. Il l'a fait, je crois, parce qu'il avait besoin d'en parler à quelqu'un et que j'étais la seule à qui il pouvait se confier.

Tous ses amis sont aussi les miens et sa réputation de sérieux dans le marigot où il baigne exclut toute forme de légèreté affichée.

Peut-être avait-il besoin que je lui dise « oui, tu peux le faire, ce n'est pas un drame » ?

En effet, avec d'autres mots, je lui ai donné mon accord.



De retour à Paris, nous avons senti que l'enfer nous guettait. Nous avions deux enfants que nous ne voulions ni l'un ni l'autre entraîner dans cette folie. Comme une langue dont on mémorise d'abord les rudiments avant d'en acquérir les subtilités, nous avons appris à devenir des amis.

Bravant ma tristesse et mes doutes, Philippe et peu à peu parvenu à instaurer cet ordre dont il avait rêvé.

Le temps est l'allié des amis, pas des amants. Philippe et moi sommes devenus les meilleurs amis du monde et c'est pourquoi, sans doute, nous sommes encore ensemble aujourd'hui.



Philippe vit sa vie en voyage. J'ignore qu'il voit et qui sont les femmes qu'il côtoie. Son environnement pullule de filles aussi belles que les joyaux qu'elles manipulent ou portent au poignet. Je sais que le désir est un subtil mélange de réalité brutale, physique et non négociable. Je sais que lorsqu'il fait une rencontre, Philippe m'oublie.

Il a besoin de trouver ailleurs des signes, des émotions enfouies profondément en lui et qui lui parlent d'idéal.

La plupart du temps, je n'y pense pas.

Son intimité m'est désormais étrangère et il ne cherche pas à connaître la mienne.

Il y a cinq ans, j'ai eu l'intuition qu'il allait partir. Il y a eu un flottement de quelques semaines, sans paroles définitives et sans crise.

Et puis tout est rentré dans l'ordre. Peut-être partira-t-il un jour. Quand les enfants auront quitté la maison, au moment où , dans les couples classiques, les hommes rentrent chez eux et prennent leurs femmes pour leurs mères.
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cicou45   04 juin 2018
Séduire Isabelle A de Sophie Bassignac
"La haine épuise, le mépris assèche, la jalousie hystérise et le sarcasme amoindrit, reprit Henriette. Haïr prend un temps fou et le temps est précieux."
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cicou45   05 juin 2018
Séduire Isabelle A de Sophie Bassignac
"Quoi qu'il en soit, réfléchir à la mort est une perte de temps La mort est une image insaisissable. Elle est sans évolution, aussi statique que nos névroses. C'est une pensée paralysée, une idée qui se mord la queue."
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Cannetille   09 février 2020
Le plus fou des deux de Sophie Bassignac
Philippe avait la grippe. Il avait repoussé son voyage en Afrique du Sud et traînait sa misère à la maison. Nous vivons ensemble depuis vingt ans mais notre appartement ressemble plus à une gare de transit qu’à un lieu où nous nous posons. Philippe malade et moi coincée dans mon sas pré-spectacle, nous imitions une vie de couple ordinaire et faisions l’expérience de la promiscuité. Assommé par la fièvre, Philippe ressemblait à ces jouets mécaniques qui, arrêtés dans leur course par un obstacle, cherchent en brûlant l’énergie de leur pile comment se retourner pour reprendre leur course en sens inverse. Incapable de se concentrer, il ouvrait des livres qu’il abandonnait sur le canapé, son habituel enthousiasme en berne et son humeur maussade. Souffrants, les hommes sont des enfants qui veulent qu’on leur prépare les coquillettes que leur faisaient leurs mères. Sa présence prolongée à la maison s’apparentait à une expérience périlleuse. Perturbée, notre habitude de n’en avoir aucune se déréglait exactement comme son opposée chez les autres.
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latina   16 juillet 2015
Mer agitée à très agitée de Sophie Bassignac
C’était une époque où filles et garçons ne s’aimaient pas beaucoup. On se regardait avec un vague mépris et les relations étaient douloureuses. Les parents étaient mutiques, les profs gifleurs, et on grandissait dans des survêtements hideux.
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cicou45   03 juin 2018
Séduire Isabelle A de Sophie Bassignac
"_La littérature n'est pas forcément le reflet de la vie, objecta Ludovic d'un ton tranchant.

_Et pourquoi ? s'étonna Suzanne.

_Parce que dans la fiction il y a des effets sans cause. On n'est jamais obligés à rien."
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hcdahlem   14 octobre 2019
Le plus fou des deux de Sophie Bassignac
Certains êtres, une fois apparus dans notre vie, nous condamnent au manque. Même délivrée du sentiment de haine qui m’avait attachée à lui, savoir Alexandre quelque part où je n’étais pas m’était presque intolérable. Cet homme faisait désormais partie de mon existence. Je ne voulais plus le figer dans l’ambre comme l’araignée de mon cauchemar, je voulais le voir vivre, l’écouter parler, le voir marcher sur la scène, géant vacillant et vrai tragique réduit à une triste condition de perdant dans un monde qui ne prenait pas le temps de l’attendre. 
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