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Note moyenne 3 /5 (sur 5 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Valenciennes , le 10/01/1935
Biographie :

Claude Daubercies né le 10 janvier 1935 à Valenciennes.

Professeur de lettres en lycée de 1961 à 1964, puis professeur de techniques de communication à l’université de Lille en lUT (département informatique), en école d’ingénieurs (Centrale Lille, EUDIL, ENIC) et en écoles de cadres commerciaux (ESC, MSG, IPA...) ainsi qu’en entreprises jusqu’en 1996.


1961
« Le jeu des mots chez Raymond Queneau » Université de Lille 1 : mémoire de DES poly-graphié puis microfilmé.

1972
« André Frédérique : L’humour et le suicide ». Thèse soutenue à la faculté de Lille 3 et polygraphiée.

1980
Contribution au numéro spécial de la revue ‘‘Non lieu” avec Michel Carassou et Patrick Repusseau consacré à André Frédérique.

1992
« Réorienter sa vie professionnelle », Editions Nathan, collection Initiatives.
« André Frédérique ou l’art de la fugue », choix de textes, présentation par Claude Daubercies, préface de Jean Carmet (Le Cherche Midi, éditeur).

1995
« La Grande Fugue » suivie du «Dictionnaire du Second Degré» d’André Frédérique, édition préparée et présentée par Claude Daubercies (Le Cherche-Midi, éditeur).
« L’informaticien dans le jardin », Petit almanach liturgique et bucolique. Editions La main à la plume. Prix 1995 du Furet du Nord et de la Voix du Nord.

2001
Crève Matin, Editions du Bon Albert, à Nasbinals.

2003
« L’homme qui faisait des boustrophédons », Editions du Bon Albert, prix des lecteurs des médiathèques du nord en 2004.
« L’almanach de Georgette », illustrations de Jean-Marie Byache, Editions du Seuil, collection Points.
« 999, à l’aube de rien du tout », réédition en livre de poche de Crève matin, Editions du Seuil, collection Points.

2005
« Les histoires d’amour de Monsieur Spongexstrate », La Voix du nord Editions.

2007
« Masques et Mots » sur des collages de Geneviève Simon, Editions Encre & lumière.
« Je ne suis pas un tarnagas » sur des dessins de Daniel Lefranc Editions du Chassel.

2008
« Le bestiaire des invendus de Dieu », d’après les gravures de Jean -Marie Byache, Editions Encre & lumière

2011
« La vie n'est qu'un anecdote», Editions du Bon Albert, à Nasbinals.

En cours : « Le jardin de Floriane »
Aime:

Le jardin, le clinton, le Saint-Julien, les giroflées, les chats, les chiens, certains humains, le cassoulet, le pot au feu, la sieste..,
N’aime pas

Le bruit des fusils de chasse, les supporters kronenbourg, les défilés de majorettes, le mouton (en côtelettes dans l’assi
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Source : http://daubercies.renaud.chez-alice.fr/Auteur.htm
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Bibliographie de Claude Daubercies   (12)Voir plus

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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
genou   26 juillet 2015
L'homme qui faisait des boustrophédons de Claude Daubercies
Ensuite, on récitait les prières du soir, debout devant le crucifix fixé au mur, puis les enfants montaient dans leurs chambres. Paulo, Olga et Marthe demeuraient encore une bonne heure dans la cuisine. Marthe lisait des romans de Paul Bourget et de Pierre Lhermitte, Olga tricotait et Paulo cousait des kroumirs. Paulo était un virtuose du kroumir, sorte de mocassin en peau retournée que l'on enfilait avant de chausser les sabots. Pour fabriquer ses kroumirs, Paulo récupérait la peau des lapins qu'on élevait dans un petit cabanon. Après les avoir débarrassés de leur graisse avec une lame de verre, il remplissait de paille les peaux de lapin retournées et les faisait sécher un bon mois sous le pigeonnier, hideuses poupées boursouflées où les grosses mouches vertes se donnaient rendez-vous. Puis il trempait les peaux dans un bain d'alun et les laissait sécher, tendues sur une planche par quatre clous. Quand les peaux étaient bien sèches, Paulo découpait au moyen d'un sécateur les formes approximatives des kroumirs qu'il cousait, le soir, avec une alêne de cordonnier. Les soirées étaient laborieuses et un peu nauséabondes. Son art aboutissait à la réalisation d'objets incertains, blanchâtres et squameux à l'extérieur, mais douillets à l'intérieur et bien utiles dans les sabots qui chaussaient toute la famille quand elle n'allait pas "en ville".



Pour Olga, Marthe et Marie, Paulo avait fabriqué des kroumirs "de luxe" en peaux de taupes. Il avait fallu une hécatombe de taupes et des heures de guet dans le jardin, au-dessus des taupinières, très tôt le matin, la bêche à la main. Mais le résultat n'était pas sans charme :



- Il vaut mieux avoir l'air con et chaud aux pieds que d'attraper des rhumes ! disait souvent Paulo en enfilant voluptueusement ses kroumirs aux formes cauchemardeuses.



Son rêve eut été de vivre en autarcie et il appuyait ses leçons d'économie domestique sur des principes décisifs :



- On ne gaspille pas ! Gaspiller est un péché, une injure fait au Bon Dieu. Gaspiller c'est un vice de riches.



Et les enfants, résignés et culpabilisés, avalaient en vitesse les croûtes de pain qu'ils avaient sournoisement abandonnées sous leur assiette !



Aphorismes et sentences étaient péremptoires :



- Quand on est à la campagne il faut être imbécile ou fainéant pour mourir de faim !



ou encore :



- Les poubelles des vrais pauvres sont toujours vides !



En conséquence, la famille Bayart déployait une énergie inventive sans faille pour récupérer tout ce qui était récupérable, et même le reste. Les eaux usées, entreposées dans un vieux fût métallique servaient à arroser le jardin ; les emballages de carton étaient découpés en fines lamelles qui, tressées, se transformaient en ficelles ; les déchets de cire des bougies étaient fondus et coulés dans un moule en bois autour d'une mèche en ficelle de carton...



Jamais tête de Bayart n'avait été confiée au coiffeur ; Olga coupait les cheveux de Marthe et de Marie avec des ciseaux de couturière, Marthe lui rendait le service et, les veilles de fêtes, les dames se décoraient mutuellement de rouleaux antiques : on appelait cela, assez pompeusement, "se faire des frisettes".



C'est Paulo qui, avec une vieille tondeuse édentée, héritée de sa mère, débroussaillait, à l'arraché, les tignasses des garçons avant d'abandonner son propre chef à Olga avec un stoïcisme exemplaire. On portait volontiers le cheveu long chez les Bayart, chacun repoussant le plus longtemps possible les séances de scalp.



Le dimanche, on grillait sur la flamme du réchaud les pattes de poules données par le fermier voisin. Débarrassées de leurs écailles, les pattes donnaient au bouillon dominical de vagues saveurs de consommé de volaille.



Deux fois par an, un foulard sur le nez, équipé de récipients hétéroclites fixés au bout de perches de bois, Paulo vidait, dans la bonne humeur, la fosse d’aisances sur le potager :



- On ne pourra pas dire qu'on gaspille quelque chose ! disait-il, au milieu de son champ d'épandage, avec la sérénité des gens qui ont fait leur devoir.
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genou   14 septembre 2013
L'homme qui faisait des boustrophédons de Claude Daubercies


Son rêve eut été de vivre en autarcie et il appuyait ses leçons d'économie domestique sur des principes décisifs :



- On ne gaspille pas ! Gaspiller est un péché, une injure fait au Bon Dieu. Gaspiller c'est un vice de riches.
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genou   14 septembre 2013
L'homme qui faisait des boustrophédons de Claude Daubercies
Ce matin un boustrophédon, ce soir un palindrome ! Je crois que j'ai trouvé le système pour retourner les mots. Sans effort ni douleur ! A coup sûr il y a une technique, une technique que je ne possède pas encore. Mais à mon avis, c'est d'abord une affaire d'attention. Les mots, il suffit qu'on les regarde de près, ils se mettent à prendre une autre allure, à changer de forme et de sens. Le palindrome, par exemple, c'est comme si on posait le mot devant un miroir, il lui vient deux visages sur le même corps. Mais je préfère le boustrophédon. Le boustrophédon a plus de personnalités : blanc d'un côté et noir de l'autre. Deux sexes peut-être ; deux sens sûrement ; deux histoires différentes - et peut-être plus - avec les mêmes mots. Dans les deux cas - le palindrome et le boustrophédon - ça tient du miracle : quand on est arrivé au bout on repart à zéro. Dommage qu'on ne puisse pas faire ça avec sa vie. Ou alors seulement en rêve
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genou   05 mai 2013
L'homme qui faisait des boustrophédons de Claude Daubercies
- Les poubelles des vrais pauvres sont toujours vides !
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genou   05 mai 2013
L'homme qui faisait des boustrophédons de Claude Daubercies
Deux fois par an, un foulard sur le nez, équipé de récipients hétéroclites fixés au bout de perches de bois, Paulo vidait, dans la bonne humeur, la fosse d’aisances sur le potager :



- On ne pourra pas dire qu'on gaspille quelque chose ! disait-il, au milieu de son champ d'épandage, avec la sérénité des gens qui ont fait leur devoir.



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genou   14 septembre 2013
Crève matin (ou) 999, à l'aube de rien du tout de Claude Daubercies
Votre seule présence ici est une injure à notre Seigneur Dieu. Beurk ! Que vous êtes sales ! Que vous êtes laids ! Pouah ! Pouah ! Que vous sentez mauvais ! Vous n’êtes pas seulement très très laids et très très bêtes, vous êtes plus nuisibles que les sangliers. Eux au moins on peut les manger. Et pourtant, Notre Bon Maître, le Créateur, vous fit à son image. Brutes putrides, regardez-vous les uns les autres ! Allez, allez regardez-vous et voyez ce que vous avez fait de son œuvre ! Même Sainte Eulalie, notre douce patronne, vierge et martyre, ne peut laver si repoussante saleté. Non, croyez-moi, mes pauvres bougres, seul le feu purificateur peut cautériser vos horribles plaies et nous débarrasser de votre contagieuse lèpre.
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genou   05 mai 2013
L'homme qui faisait des boustrophédons de Claude Daubercies
Aphorismes et sentences étaient péremptoires :



- Quand on est à la campagne il faut être imbécile ou fainéant pour mourir de faim !
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AlainLarroche   20 janvier 2013
La vie n'est qu'une anecdote de Claude Daubercies
- Quand j’eus fini de faire l’école je m’offris, en cadeau de retraite, le plaisir d’écrire ‘’pour rien’’.

Depuis, je croque les cerises des mots parce que j’en aime bien le jus. Et aussi par curiosité. Pour voir quels effets peuvent faire les noyaux de mes mots quand je les lance dans le public comme des projectiles dérisoires. J’écris des livres, petits comme des tables de nuit dont les tiroirs secrets cachent ce que je n’ose pas dire.

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