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Note moyenne 3.92 /5 (sur 12 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 16/03/1938
Biographie :

Né le 16 mars 1938 en Haute-Loire, Denis Rigal est un poète et universitaire français, qui a enseigné la littérature américaine à l'Université de Bretagne occidentale de Brest, où il vit toujours.

Il a traduit des poètes irlandais tels que Brian Coffey, Thomas Kilroy ou encore Derek Mahon.



Source : wikipédia
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Citations et extraits (9) Ajouter une citation
TREMAOUEZAN   01 février 2018
Éloge de la truite de Denis Rigal
Et puis il y a les lemmings ; je ne sais d'où vient la légende qui raconte les présumés suicides collectifs de ceux qu'on fait passer pour des rongeurs de Panurge ; je sais en revanche que si leur nombre est inversement proportionnel à celui des renards argentés et des chouettes harfang, il en reste toujours assez pour qu'on en trouve çà et là, trottant isolés ou en petits groupes, dans ces landes de mousse, carex, sorbiers et saules nains. Le seul que j'aie jamais tenu en main, terrifié par mon approche, avait enfoncé son museau dans un fouillis de tiges et de racines, espérant peut-être y trouver une galerie. À vrai dire, je devrais éviter de spéculer sur les espoirs ou les calculs de la bestiole, car si les rats sont réputés être parmi les plus intelligents des animaux, ce lemming leur cousin faisait preuve, lui, d'une sorte de sottise fébrile que je n'ai observée nulle part ailleurs, pas même chez les humains les plus obtus. Ne voyant plus rien, il se jugeait bien caché, et ne bougeait plus ; je n'eus donc qu'à me baisser pour le prendre par la peau du dos. Je découvris alors que ce charmant animal qui paraît mesurer une dizaine de centimètres consiste essentiellement en une fourrure très épaisse et très douce qui cache un corps minuscule. Elle cache aussi des incisives acérées qu'il me planta dans le doigt ; je ne pouvais pas lui en vouloir : ce fut son seul acte raisonnable ; quand je le libérai et le laissait sauter à terre, il courut immédiatement se cacher. Sous ma botte. Lorsque vous vous exclamerez "ce que je peux être bête !", pensez au lemming et vous serez réconforté.



("Norvège", page 102)
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TREMAOUEZAN   31 janvier 2018
Estran de Denis Rigal
FINAL :



rocs et blocs tout s'éboule

tout débaroule à l'océan sourd

qui cogne et rogne

le vieux pays crache ses dents

! Et Salaun le Fol

dégoise encore ses litanies

de lys d'iris et de roses stylées

comme si.



laisse

un trou de mémoire

où serait ton image

mise à sac et ressac

laisse





un blanc :

c'est ton absence nue et tout

échoit à la mer veinée mauve

Gorgone anadyomène

Méduse callipyge

qui te fixe imminente

ta chute dans nul signe.

ainsi.



(page 8)
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TREMAOUEZAN   05 février 2018
Éloge de la truite de Denis Rigal
Habituellement, les jeunes bovins font preuve à mon égard d'une grande affection qui peut assez vite devenir encombrante, comme dans le cas de ce veau irlandais que j'avais d'abord salué, comme le veut l'usage, en entrant dans son pâturage ; pour lui prouver que mes intentions étaient pacifiques, je lui avais gratté le front ; c'était trop, sans doute : il ne me quittait plus ; à la fin, j'ai dû l'éloigner à grands gestes et grands cris pour qu'il me laisse pêcher tranquille.

Malgré cette sympathie profonde, il y a des situations qui, sans être vraiment dangereuses, peuvent être embarrassantes. Il faut savoir, par exemple, que tout bipède qui pénètre dans une "devèze" * du plateau d'Aubrac est présumé apporter du sel et se trouve donc immédiatement entouré de génisses qui le hument, le pressent, le poussent, fourrent leur mufle dans ses poches et refusent d'entendre ses explications ; si, comme c'est probable, vous n'avez pas le pain de sel qui les apaiserait, rejoignez votre ruisseau par un autre itinéraire. Et repérez les taureaux ; si vous en voyez un au milieu de sa suite, faites un grand détour, abstenez-vous de toute remarque désobligeante ou jalouse sur la polygamie et, si vous êtes vêtu de couleurs discrètes, tout devrait bien se passer.



* Pacage de montagne où l'on met les bêtes à l'estive.



("Quelques innocents", pages 94-95)
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Denis Rigal
Damepluie   17 mai 2019
Denis Rigal
des ondes tremblées

(et avec elles ton visage)

au bord de l'être

qui incessamment renouvellent

leur serment de fluidité,

qui te font grâce.
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Phil56   06 février 2020
Un chien vivant de Denis Rigal
Ceux qu'elle ne tue pas, la guerre les dénature et leur laisse de secrètes souffrances que rien n'apaise.
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Denis Rigal
Damepluie   17 mai 2019
Denis Rigal
il n'y a qu'une vague

qui s'engendre elle-même;

ni commencement ni fin

mais le mouvant milieu des choses,

où tu es.
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Damepluie   17 mai 2019
La Joie peut-être de Denis Rigal
parce qu'il faut quand même à l'homme

un peu de banale beauté

parmi l'herbe du temps,

la parole infaillible de l'eau,

l'éclat de l'eau

qui coule nue,

qui scintille et n'en finit pas.
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Damepluie   12 mai 2019
La Joie peut-être de Denis Rigal
Regarde, écoute, tâte. Éprouve la matière heureuse,

l'infini des corps, les voix, les pierres, la lumière lourde

et sourde des pierres,la cornaline sang-figé, l'eau volubile,

la grâce des choses vives.



Puis songe en silence, longtemps, jusqu'à heurter l'os

muet du monde. Parle, alors; essaie; place un mot, comme

on dit; espère qu'il résiste au vent.
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coco4649   26 août 2019
Aval de Denis Rigal
i.m

Georges Perros

Michel Barré





rouillés sont les vaisseaux friables

les saillants face à la rongeuse

la mer toujours nécromancienne

qui n’a souri jamais

des millénaires

        ni à l’aurore

ni quand au loin le haut-fourneau

dégueule en silence ses gueuses

sa lave jaune-orangé-rouge

jusqu’à l’autre certain rivage



l’homme ici prend terre et revoit

les perdrix grises à l’essor

sous un ciel infini turquoise

quelque part vers Wissant ou bien

le lilas survivant parmi

la mauvaise herbe et les vestiges

revient défricher son arpent

plante un pommier pour ses planètes

un peuplier pour son argent

élit séjour humain auprès

des bêtes absolues respire

l’aisselle rousse de septembre

l’odeur de la menthe froissée

(on y couchait les truites

au ventre d’or profond)

poursuit la terminable phrase

qui le porte encor qui ne dit

que soit son dessein matinal

l’aimable et le poignant chaos

qui fut



        ainsi le musicien

perdue la voix tari le flot

de vers qui contait son exil

descend à la salle commune

et joue pour les autres muets

l’inopérante inachevée

et nécessaire mélodie
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