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Note moyenne 3.76 /5 (sur 19 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 22/07/1966
Biographie :

Auteur de plusieurs ouvrages de poésie aux éditions Le Manuscrit, Encres Vives, Hélices, l'Harmattan, Publie.net, Unicité .Responsable de la revue de poésie en ligne « Le Capital des Mots ». Blogueur : « Les tribulations d'Eric Dubois ».

Source : http://www.m-e-l.fr/eric-dubois,ec,1140
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Eric Dubois et ses lectures



Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?



Il y en a beaucoup ! Au-delà d’un livre c’est peut-être le mouvement du surréalisme. Breton, Antonin Artaud, Paul Eluard, Louis Aragon, qui n’a pas tout le temps été surréaliste d’ailleurs, Tristan Tzara…
Le mouvement surréaliste des années 1930 a été un choc avec les dadaïstes avant. J’ai découvert qu’on pouvait écrire autrement que sous la contrainte d’une forme : celle d’écrire en vers rimé, en Alexandrin, en sonnet etc… On pouvait écrire en vers libre, en vers non rimé et puis la liberté de lier les mots entre eux, la métaphore, la part d’inconscient qu’il peut y avoir dans l’écriture -parce que les surréalistes pratiquaient l’écriture automatique-, le récit de rêve, les jeux de mot…
Je les ai découverts tout seul, vers 16 ans.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?


Je ne vois pas…

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?



J’ai lu à partir de 12 ans 13 ans. J’ai lu les classiques, Balzac, Zola, influencé par mes parents, mes amis, je lisais L`Etranger de Camus, quelques livres de Sartre…


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?



Je relis souvent les œuvres de Rimbaud, je relis souvent, de façon fragmentaire,Alcools de Guillaume Apollinaire,…

Je ne relis pas souvent de romans d’ailleurs mais de la poésie oui, évidemment. L’Etranger de Camus je le relis parfois. L’Etranger ou La Peste


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?



Il y en a Beaucoup ! Je n’ai jamais lu don Quichotte de Cervantès et ça fait partie des livres que je dois lire. La Bible je l’ai lu de manière fragmentaire : les psaumes de David, les proverbes de Salomon, le Nouveau Testament… cela fait partie de la littérature mondiale…

Mais il y a beaucoup de choses que je n’ai pas lues et j’espère que la vie me donnera le temps de les lire.



Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?



Patricia Laranco, une poétesse qui est aussi critique littéraire, une autre poétesse qui s’appelle France Burghelle-Rey ; Jean Gédéon ou Emmanuel Berland.

Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?



Paul Claudel mais en même temps je le connais très mal.

Je suis curieux de tout. Je pense que la curiosité intellectuelle c’est important. Il y a des auteurs que j’apprécie mais avec qui je ne vais pas partager les points de vue ou une idéologie. Je peux lire François Mauriac, aimer le lire tout en étant à l’opposé. Mais je fais toujours un effort pour lire. Sauf peut-être les écrivains dont on parle un peu trop. Les « écrivains de supermarché »…



Avez vous une citation fétiche issue de la littérature ?



« Deviens ce que tu es » une phrase qu’on attribue à Nietzsche, que l’on trouve dans Ainsi parlait Zarathoustra , mais lui-même l’attribue à Pindare, un écrivain de l’antiquité. « Deviens ce que tu es », j’aime bien cette phrase.



Et en ce moment que lisez-vous ?



Un polar : Metropolis C`Est Tous les Jours Vendredi 13 de Jean-Paul Giraux qui est par ailleurs un grand amateur de poésie et qui est aussi critique littéraire. Je lis ce livre et je compte lire « La carte et le territoire » de Houellebecq ainsi que le dernier livre d’Ann Scott (A la folle jeunesse ). On m’a aussi offert récemment le dernier livre de Paul Auster, Invisible . Sinon je dois lire des livres de poésie mais à vrai dire j’en lis tout le temps des livres de poésie. Je les lis entre les romans.

Un livre de poésie on peut le lire en une journée et même en une après-midi. En revanche un roman, c’est déjà plus difficile.



L`entretien de Eric Dubois à propos de son œuvre et de la poésie




Eric Dubois, vous écrivez depuis longtemps ?



J’écris depuis l’adolescence mais je publie des textes dans les revues littéraires depuis 15 ans, depuis mars 1995.

Je fais partie d’une association, Hélices, qui compte une cinquantaine de membres, je fais partie d’un club de poésie à Champigny-sur-Marne. Pendant 15 ans j’ai fait partie de plein d’associations. J’ai fréquenté Vincent Jarry, Denis Lavant,… J’ai fait partie des premiers slammeurs puis je me suis éloigné au bout de deux, trois ans.



Le fonctionnement est-il le même depuis 1995 ?



Oui. J’envoie des textes à des revues papier et elles me répondent, elles choisissent les textes ou pas.

Mais il y a une chose qui s’est ajouté, c’est les sites internet. Les revues de poésie sur Internet, Les blogs, etc…

C’est vrai qu’en France la poésie est très peu médiatisée. J’hésite entre le « très peu » et le « pas du tout ». Internet permet de dépasser ce confinement mais je n’espère pas au détriment de la qualité des textes. Dans une revue, les textes sont sélectionnés. Il y a un comité de lecture. Les textes sont choisis selon plusieurs critères. Ce qui veut dire que les textes publiés ont une certaine valeur. Vous avez un barrage critique. Avec Internet vous ne passez pas par ça.



Entre vos publications dans les revues, sur votre blog, sur des sites comme WeloveWords, au final savez-vous à qui vous vous adressez, quel est votre public ?



Une revue, vous avez les abonnés et les lecteurs potentiels dans les médiathèques et les bibliothèques et pour les sites internet ça peut être n’importe qui. Quelqu’un qui peut rester deux secondes et qui s’en va. Pour mon blog, (Les Tribulations d`Eric Dubois ) je vais vous donner un chiffre ridicule comparé à d’autres blogs mais j’ai eu plus de 8000 visites. Ce qui est beaucoup pour un auteur de poésie.



Existe-t il une communauté solidaire de poètes en France ?



Oui les poètes se connaissent pratiquement tous entre eux. Presque. En tout cas les plus connus et les « un peu moins connus » à partir du moment où [ils] publient dans des revues de poésie, dans les sites internet, dans des blogs, qu’ils publient aussi des recueils. Les poètes se lisent entre eux et certains rédigent des articles critiques sur les livres, sur les recueils de poésie qu’ils ont lus. (Ça peut être des amis). Il existe des échanges et une vraie entraide entre les poètes.

Internet amplifie ce phénomène mais tous les ans il y a le marché de la poésie place Saint Sulpice à Paris, qui existe depuis 25 ans, et qui regroupe des éditeurs et des associations. -En novembre il se tiendra d’ailleurs place des Blancs-Manteaux.-
Je fréquente le marché de la poésie depuis presque 15 ans et j’y rencontre toujours les mêmes personnes.

Sur votre blog, vous parlez d’ailleurs beaucoup des poètes contemporains parfois méconnus. Ça fait donc aussi partie du travail du poète contemporain que de faire connaître la poésie ?



Oui je m’efforce de faire connaître des gens qui ne sont pas très connus. Depuis 2003, je fais partie d’une association qui s’appelle Hélices, présidée par Emmanuel Berland, dans laquelle je fais des lectures publiques de mes textes et de textes d’auteurs contemporains.

J’ai aussi une chronique depuis quelques mois sur Paris Plurielles dans laquelle je présente des auteurs avec Jean-Claude Caillette qui est le responsable de l’émission et l’animateur principal.


Vous parliez du mouvement Slam que vous avez côtoyé dès le début des années 2000. Quel regard portez-vous sur l’évolution de cette pratique ?



C’est un phénomène qui est à la mode. Mais il y a la confusion entre Slam et Spoken Word. Les gens sont persuadés que le Slam c’est-ce que fait Grand Corps Malade. C’est ce qu’il a fait d’ailleurs avant d’être connu comme chanteur. Le Slam c’est simplement une scène ouverte où chacun passe à tour de rôle pour lire un texte de 4,5 minutes sans musique, sans accompagnement, sans mise en scène théâtrale, sans artifice, sans accessoire.

C’est apparu dans les années 1980 avec Marc Smith à Chicago dans les cafés. C’est une sorte de cousin de la beat generation mais aussi du hip-hop.

Grand Corps malade ne fait pas du Slam. Il vient de ce monde mais quand il dit des textes sur de la musique c’est du Spoken Word. Le Slam c’est simplement dire un texte dans une scène ouverte parfois lors d’un tournoi où les gens sont notés.


Des tournois auxquels vous avez participé?



Oui de 1999 à 2004 à peu près. Aujourd’hui il m’arrive parfois d’écumer les scènes Slam mais c’est rare désormais.



Le genre en tant que tel a-t-il évolué ?



Il y a des rappeurs qui sont entrés dans le monde du Slam pour se faire connaître. Des comédiens qui ont décidé d’écrire et qui sont entrés dans ce monde.
Beaucoup de gens qui viennent de cet univers décident de sortir un disque. Ce que fait Rouda. Grand Corps Malade va sortir son troisième album prochainement….
Quelques-uns écrivent des recueils mais finalement ils sont plus attirés par la musique que par la littérature.

En tant qu’auteur que pensez-vous du numérique ? Vous publiez aussi sur Publie.net c’est-à-dire en format uniquement numérique…



J’ai deux livres qui vont sortir. « Radiographie » qui est une petite plaquette de poésie sur Publie.net et « Entre gouffre et lumière » chez l’Harmattan qui est un poème qui court sur 70 pages avec une préface de Charles Dobzynski.

Pour publie.net et le format numérique, J’ai fait ça par hasard. Je suis ouvert à tout. Attention c’est sérieux François Bon. Son catalogue est riche, dans tous les genres. On trouve même de l’avant-garde et du classique. Il y a des auteurs intéressants. J’ai proposé mon texte, ça a été accepté. Voilà.

Mais je ne quitte pas le support physique avec l’Harmattan. Je ne pourrai pas m’en passer. Le support papier est important pour moi. Il existera toujours. Je pense.



A propos de votre style, il semble que vous écrivez vos poèmes avec une volonté d’utiliser assez peu de mot.



Une économie de mots, oui. J’aime bien contrôler ce que j’écris. Pas de censure mais une espèce de « surmoi ». Pas pour le fond mais pour la forme.



Vous retravaillez beaucoup avant de considérer un texte comme terminé ?



Ça dépend. Parfois ça peut être au premier jet parfois au deuxième. Ou au troisième. Je rature très peu finalement. Ma manière d’écrire est un peu laborieuse. Je ne suis pas graphomane à écrire toutes les heures pendant des heures et des heures, à pratiquer une logorrhée… C’est laborieux mais c’est nécessaire.

Est-ce que vos écrits sont influencés par vos nombreuses lectures ?



On est influencé par des écrivains. Il y a des choses que j’écris, je ne sais pas d’où ça vient. Tout est réminiscence, souvenir littéraire, souvenir de lecture, des mots, des phrases, des morceaux de phrases… On ne sait plus qui a écrit quoi mais peu importe, à un moment on malaxe tout ça et on personnalise. On personnalise nos influences et après on écrit avec nos propres mots. L’important dans la littérature, dans la poésie, c’est de prendre ses propres mots pour dire les choses. Pas d’écrire « à la manière de » mais d’utiliser ses propres mots et surtout de parler de soi. Toute œuvre est autobiographique.


La Marne et les paysages du Val de Marne semblent très présents dans votre œuvre …



Oui j’habite depuis très longtemps à Joinville-le-Pont et j’ai connu des anciens quartiers qui ont été rasés, des immeubles vétustes à l’époque, au début des années 1970, là où s’est opérée une certaine mutation dans le paysage urbain. On est passé du tout horizontal au tout vertical avec la construction des HLM. J’ai vu apparaître le centre commercial. Il y a un écrivain, Philippe Di Folco, qui parle de ça dans son roman My Love Supreme .


Vous écrivez tous les jours ?



Je suis assis à la terrasse d’un café, j’écris sans écrire. Mes pensées vagabondent, je regarde les gens, j’écris, je pense à écrire. Penser à écrire c’est déjà écrire. J’ai un carnet, j’écris des phrases. Peut-être pour un roman…

Le café en tant que tel c’est un lieu important ?



Oui quand je séchais les cours, -ça m’arrivait !- j’allais dans les cafés. Il existe encore des cafés où l’on trouve des réunions de poètes. La brasserie François Coppée par exemple…Mais ce n’est plus forcément dans les mêmes quartiers que cela se passe, plus dans les mêmes quartiers qu’autrefois.



Vous mettez-vous dans certaines conditions pour écrire ? Sur votre blog, vous postez beaucoup de liens musicaux…



J’écris souvent en écoutant de la musique. Du jazz ou de la musique classique. Rarement des chansons parce que l’on est trop attiré par les paroles et on va être désorienté. Non j’écoute de la musique pure, donc du jazz et de la musique classique. Il faut que je me concentre sur ce que j’écris.


Maintenant la chanson a certainement une influence sur mes textes. J’aime bien ce que faisait Bashung avec Boris Bergman et Jean Fauque. Il y avait une grande poésie dans les textes d’Alain Bashung. J’ai été influencé par la chanson à texte pas seulement la poésie. Léo Ferré, Jacques Higelin, Jacques Brel….

J’aimerais bien écrire des chansons. J’ai essayé plusieurs fois. Deux de mes textes ont été mis en musique par Pierre Desbruères dans le cadre d’un projet de l’association Hélices. On avait fait un cd en 2008 intitulé « Héliopolis ». Deux de mes textes ont été choisit : Semeurs et Soleil


Est-ce que cela vous tenterait d’écrire un roman ?



J’ai fait des tentatives. Mais j’envisage sérieusement de le faire. Ça va être difficile. C’est un travail de longue haleine. On passe d’une course de 50 mètres à une course de fond.


Qu’avez-vous pensé de la récente polémique autour de Houellebecq?



Je n’en pense pas grand-chose. Après tout, il y a des auteurs qui ont utilisé le copier-coller et le cut-up en utilisant des éléments d’une œuvre littéraire. Notamment des écrivains américains comme William Burroughs ou d’autres écrivains de la Beat Generation.

Houellebecq c’est à la fois un auteur et un personnage de roman. Un peu comme Modiano ou Françoise Sagan.

Houellebecq je ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’il écrit. J’ai lu une bonne partie de ses romans et de ses œuvres, aussi ses poèmes parce que c’est un poète. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ses idées mais il a une certaine vision de la société qui est intéressante.



Le romancier et le poète ont-ils des rôles distincts dans la société ?



Non je ne pense pas. C’est à peu près la même chose. De toute façon on ne se déclare pas poète. Ce n’est pas une profession. C’est peut-être une profession de foi, peut-être une attitude. Certains sont poètes sans écrire un seul mot.

Le premier genre littéraire c’était la poésie. Le roman l’a ensuite supplanté. Les gens sont sensibles au fait qu’on leur raconte des histoires, ils sont sensibles aux intrigues, aux personnages aux rebondissements. La poésie c’est l’art du langage pour dire quelque chose. Mais c’est difficile de théoriser là dessus. La poésie ne supporte pas la définition. Pour les médias la poésie rime avec « fleur bleue », « suranné », « sentimentalisme ». On parle de poésie à l’école, au collège, au lycée puis on n’en parle plus.

En 1995, avant de mourir, André Laude parle de la situation de la poésie dans les années 1990 et on a l’impression que rien n’a changé.

Il y a plus de gens qui s’expriment, grâce à internet Les gens ont plus le droit à la parole. Maintenant, vu la situation actuelle, comment un auteur peut-il se faire entendre parmi les milles autres auteurs ? Un roman disparait au bout de deux trois mois. Il va soit au pilon, soit, au meilleur des cas, dans les bouquinistes à St Michel….

La visibilité ne nuit pas à la qualité de l’œuvre. Mais on vit une époque ou on met en avant des œuvres médiocres, qui sont à la mode, dans l’air du temps.


La critique n’est peut être plus aussi exigeante que par le passé?



Il y a un mélange entre éditeurs, journalistes, écrivains. Les critiques sont des écrivains qui se connaissent tous, donc il y a un côté un peu incestueux dans la critique littéraire. Et en même temps pour se faire connaitre il faut avoir des relations. Donc bon…


Pour conclure, pouvez-vous nous présenter votre prochain recueil “Entre Gouffre et lumière” qui sort prochainement ?


Il s`agit d`un long poème autobiographique, assez personnel dans lequel je me dévoile quelque peu mais transfiguré par l`expression poétique. Je tutoie à la fois à des années de distance le lycéen que j`étais à seize ans et qui rêvait d`être un grand écrivain

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Eric Dubois
sabine59   14 décembre 2018
Eric Dubois
La nuit est bleue des mots infinis

Des escaliers de velours

La nuit est une divinité absolue

Dont les blessures sont éternelles

Et dont les regrets nous font pleurer

Des larmes silencieuses
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lepoetedelannee   24 mai 2020
Le Canal précédé de Le Monolithe de Eric Dubois
LE MONOLITHE ( extrait )







Voici que la nuit ascendante tétanise les volontés.

L’homme qui écrit cela dort. Soudain, il ouvre un œil furtif. Il se dit que c’est une tentative de dépassement de soi. La pièce est jaune. L’homme qui a dormi dans cette pièce se dit que c’est une tentative de dépassement de soi d’ouvrir un œil furtif puis l’autre.

Sur la table de chevet, l’Idiot de Dostoïevski.

Quelques photos.

L’homme qui vient de dormir dans la chambre jaune se dit que c’est une tentative de dépassement de soi d’ouvrir un œil furtif puis l’autre sur l’Idiot de Dostoïevski et sur les quelques photos d’anniversaire.

Il a trente six ans.

L’homme s’aperçoit que sous son caleçon il a une légère érection.

L’homme qui vient de dormir et qui s’aperçoit qu’il a une légère érection se dit que c’est une tentative de dépassement de soi d’ouvrir un œil furtif puis l’autre sur l’Idiot de Dostoïevski et sur les photos de ses trente-six ans et sur sa légère érection.

Il sait qu’il est au milieu de la nuit et que le réveille-matin ne sonnera pas. Il sait qu’il ne travaillera pas.

L’homme qui a dormi dans la chambre jaune se dit que c’est une tentative de dépassement de soi d’ouvrir un œil furtif puis l’autre sur l’Idiot de Dostoïevski, sur quelques photos, sur sa légère érection et sur le réveille-matin qui ne sonnera pas l’heure du travail.

Alors, l’homme qui a dormi dans la chambre jaune et qui s’est dit que c’était une tentative de dépassement de soi d’ouvrir un œil furtif puis l’autre sur l’Idiot de Dostoïevski, sur les photos de son anniversaire, sur sa légère érection et sur le milieu de la nuit, décide de se coucher à nouveau après avoir longtemps pensé qu’il avait dormi et qu’il s’était dit que c’était une tentative de dépassement de soi d’ouvrir un œil furtif puis l’autre sur sa légère érection.

L’homme qui a dormi dans la chambre jaune a tenté d’écrire un journal. Mais il s’est lassé de consigner des remarques sans intérêt autour de son existence, de sa place dans la société, de ses vaines relations avec les femmes et de sa psychothérapie dite « analytique ».

L’homme qui a dormi dans la chambre jaune et qui a tenté d’écrire son journal intime, l’été 2002, abandonne provisoirement ce genre de littérature égotiste. Ce n’est pas qu’il ait mieux à faire ou à dire. Peut-être en a-t-il assez dit depuis plus de quinze ans qu’il envisage sérieusement d’écrire ?

L’homme qui a dormi dans la chambre jaune et qui a ouvert un œil furtif puis l’autre sur sa légère érection, après avoir consigné journellement des remarques sans doute ineptes sur ses vaines relations avec les femmes, dans un journal intime sans lendemain, s’est dit qu’il avait finalement tout dit. L’homme qui s’est dit qu’il avait finalement tout dit. L’homme qui s’est dit qu’il avait finalement tout dit n’a pas évoqué ses liaisons chaotiques avec Béatrice, ses orages sensuels avec une certaine Nathalie, caissière dans une boulangerie et son borderline mystique avec une secrétaire de type « stressée » avec enfants en bas âge, prénommée Marie quelque chose sans compter ses vieilles habitudes illicites avec des prostituées…

L’homme qui s’était dit qu’il avait tout dit, n’a pas tout dit. L’homme qui n’a pas tout dit, ouvre à nouveau un œil furtif puis l’autre sur sa légère érection.
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lepoetedelannee   24 mai 2020
L'homme qui entendait des voix de Eric Dubois
En 1990 j'avais rencontré d'autres amis dans d'étranges conditions, tous avaient été enrôlés par une secte d'inspiration humaniste et l'avaient quittée très rapidement, au bout de quelques semaines, comme moi, près d'un fast-food en face de Beaubourg : Paul l'antillais, Rebecca, Ahmed le marocain, Élyette, Mohamed etc. que je perdais de vue au milieu de la décennie, de sorte que le seul et véritable ami c'était bien Julien qui me permettait de supporter toute cette ambiance délétère à mon travail. Je me répète, je n'en parlais à personne, même à mes proches, à ma famille, à mes vrais amis. Pourquoi ce silence qui opacifiait ma vie ? Je la compartimentais, ma vie, pour me protéger peut-être ou pour essayer de continuer jusqu'où, jusqu'à quand ?
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lepoetedelannee   25 mai 2020
Paris est une histoire d'amour: Récit de Eric Dubois
Je ne suis pas retourné au café tout de suite. J'ai attendu quelques jours. J'ai appelé au téléphone Hervé. C'est mon meilleur ami, on est de la même génération, sa femme l'a quitté pour un plus jeune que lui, il vit seul dans un appartement qui semble démesurément vide. Je lui ai raconté ma rencontre, il semblait intrigué.

- Tout est possible, de nos jours, m’a affirmé Hervé. Tu n’as pas à craindre que Milena tombe amoureuse de toi. Tu as l’habitude de faire signer des contrats, de connaître ainsi tes contemporains et leurs errements. Tout est envisageable, à condition de la retrouver. C’est un signe que t’envoie le temps, qu’il ne faut pas mésestimer.

On s’est salués. J’ai raccroché.
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lepoetedelannee   24 mai 2020
L'homme qui entendait des voix de Eric Dubois
En 1996, avec Myriam, jeune femme de trente ans, séparée, en instance de divorce, deux enfants en bas âge ? C'est cette année-là, que j'entendis les voix, les premières voix et qu'elles se sont presque tues, depuis. Deux ans, auparavant, mon licenciement pour motif économique, fut libérateur. Je quittai un environnement malsain. Je quittai sans regret une entreprise où certes j'avais su évoluer mais dans laquelle je n'avais pas eu ma place. Après plus de six ans de bons et loyaux services, comme on dit, dans la formule consacrée, je me retrouvai chômeur de longue durée.
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lepoetedelannee   24 mai 2020
Acrylic Blues : Poèmes, 1998-2001 de Eric Dubois
REVES PARASITES/CRIS GHETTOS







Dans mes

Rêves

Parasites

Il y a

Des trafiquants

D’orgasme

En plein

Marasme

Crash

Blues

Crash

Blues

Des poumons

Kleenex

Il y a

Des robots

Mutants

Qui musèlent

La muse

Pantelants

Pantalons

Il y a

Des moutons

Sanguinolents

Des poissons

Saucissons

Il y a

Monsieur Chien

Et Madame Chienne

Sabre au clair

Pas très clean

Pas très clairs

Qui habitent

L’abîme

Pas de rime

A urine

Pas de rime

A latrines

Urine

Usine

Latrines

Latines

Dans mes rêves

Parasites

Paraboliques

Architectoniques

Pleuvent

Des camés

Transistors

S’ébouriffent

Des lesbiennes

Comédiennes

Gémissent

Des alcooliques

Egocentriques

En odeur

De sainteté

S’échangent

Des propos

Contrits

Confits

Pas de parade

Que des riffs

Que des riffs

Que des rixes

Que des rixes

Poignards

Et Monsieur

Chien

N’aime plus

Madame Chienne

Ils ne vivent

Plus

Dans l’osmose

Apothéose

Et Monsieur

Chien

Boit

Et Madame

Chienne

Aboie

Tous aux abris

Tous aux abois

Parasites

Sinusite

Tilt

Blues

Tilt

Blues

Plus de

Sitting

Home

Que de coups

Dans le dos

Que des cris

Ghettos

GHETTOS
+ Lire la suite
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lepoetedelannee   24 mai 2020
Lunatic de Eric Dubois
Qu'est-ce que je fais avec une fille qui me traînera dans la boue, au moment le plus opportun, quand je ne m'y attendrai pas ? Henri se lève. Boire de l'eau. Elle est jolie, mais elle ne devrait pas s'aimer autant... Je lui dis qu'elle est jolie. Aussitôt, elle différente. Elle le montre. Elle joue à être agréable.

A se frayer un chemin dans votre esprit, insidieusement, à susciter une certaine forme de panique, tu flippes ? L'angoisse...Comment la dissiper ? Elle se nourrit de certitudes, vous emporte, vous conduit à Lunatic, nulle part, terminus.



Peu à peu, votre esprit est un terrain vague, lorsque la nuit tombe comme un couperet. Elle habite une chambre de bonne. Je ne couche pas chez elle. Je suis de passage. Pendant qu'elle tape sur son ordi, parce qu'elle travaille sans cesse, elle ne s'interrompt que pour me dire de débarrasser la table, vider les poubelles, surchargées d'immondices. Henri regarde les photos. Le mégot . On ne s'habitue jamais à cette aliénation de tous les instants, confortable, quand vous avez du fric, dangereux, autrement, jamais, c'est la faute à pas de chance.
+ Lire la suite
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lepoetedelannee   24 mai 2020
Acrylic Blues : Poèmes, 1998-2001 de Eric Dubois
FREE JAZZ





A Pilote le Hot





Des filles soûles

Armées de panamas

Soleils



Panament à Paname

La douce



Quel panard !



Champipi champignon



Juché sur un tabouret

Un mutant muté là



Fonctionnaire fonctionnel



Arrose ses glandes sa glotte

De bourbon cul sec



Glou glou glou



Champipi champignon



Le magnétisme

On l’élève en vertu



Le magnétisme

De ces filles soûles

Est une pulsation électrique

Qui vous déchire le bas-ventre

Et vous tord la bite



Savent-elles que j’existe

Et que je n’ai pas la peste bubonique



J’ai pris ma tête

Et je l’ai posée là

Sur le comptoir



J’attends qu’on me masse

Le cerveau

J’attends



Champipi champignon



Peut-être bien

Que je la laisserai là

En souvenir

Ma tête





Pour l’instant

Je me clone sur le sofa

En buvant des cafés allongés



Et je taxe des billets

Pour le taxi

De demain matin



Champipi champignon
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lepoetedelannee   24 mai 2020
Récurrences : Poèmes de Eric Dubois
L’ETAT DES LIEUX







Que saisir

Sous les dalles

Des silences

Partagés ?



Qu’il est triste

Et la nuit

Obscurcit

Les bougies



Qu’il est triste

De ne pas



Lace tes souliers

Qui demandent

L’analyse



De ne pas



Creuse en nous

La lie

La mélancolie



De ne pas

Sombrer



Plus d’éclat

Longue page

D’amnésie



L’ombre

Nue

Tes seins



De ne pas

Sombrer



Plus avant

Notre amour

D’en découdre

Dans la salle

Caméléon



Le mauvais génie

De la lampe

Transcende

Le hasard

Plus avant



De ne pas

Sombrer



Dans la ville

Epaisse



Imputée

Au feu

Dans les morsures

Du Tigre



De ne pas

Plus avant



Chacun se glace

Mon amour



De ne pas

Plus avant

Sombrer



Mon amour

Avec toi

Sans équivoque



Chacun se place

Et fait

L’état des lieux
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lepoetedelannee   24 mai 2020
Le Canal précédé de Le Monolithe de Eric Dubois
DELTA





Au delta des apparences tu cueilleras le fruit la substance pendant que la nuit fleurira

Ses douleurs sous-jacentes

Au delta tu plongeras ton abîme dans les cheveux du vent tu songeras à ces rues adjacentes ces places fortifiées ces repas pris en commun avec les loups

Tu diras aux bienheureux qui ignorent le goût du désastre que le fleuve avance toujours dans un seul sens sens de la vie vers le delta fédérateur

Tu leur parleras de moi de nous tu les encourageras à mieux encore dans le même sens vers le delta des apparences

Alors je partirai l’âme claire affronter d’autres climats

Affronter d’autres peuples affronter d’autres Moi
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Poème méconnu du siècle passé 16

De la manière dont finira cette poésie / on ne sait encore rien / Je n'ai encore dit à personne / comment elle finira / c'est pourquoi la foule s'est rassemblée / devant ma fenêtre / personne ne veut rater le final / et chaque habitant de la ville / me regarde à la longue-vue / moi, je me lève je m'habille je bois mon café / je sais que je suis exaspérant / mais je ne peux dire si facilement / comment tout cela finira / même le roi et ses conseillers / sont venus avec leurs fauteuils / ils se sont assis tout devant / et ils attendent de voir / comment finira cette poésie

Guillevic
Boris Vian
Daniel Boulanger
Jean Rousselot
Matéi Visniec

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