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3/5 (sur 18 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1949
Biographie :

Patrice Huerre est psychiatre des hôpitaux, chef de service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent de l'établissement public de santé Erasme à Antony. Il est spécialisé depuis près de 30 ans dans les actions de prévention et de soins pour les adolescents. Il a écrit de nombreux ouvrages consacrés aux problèmes de cet âge.

Source : RMC
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A la rencontre de l'enfant autiste Préface de Patrice HUERRE Dans un parcours TSA, avec des enfants autistes qui souvent ne parlent pas et en apparence ne partagent rien, quelle place peut prendre une orthophoniste ? L'auteur rapporte son expérience au sein de l'équipe transdisciplinaire d'un hôpital de jour. Afin d'aller à la rencontre des enfants autistes pour qui la communication est problématique, l'orthophoniste propose un parcours logothérapeutique qui s'adapte au temps du développement de chacun. Les « jeux des sens » tissent l'espace relationnel, les « jeux du corps » développent l'organisation motrice et psychique, les « jeux de souffle » ouvrent la voix, les « jeux de langage » suscitent la mise en mots et le conte donne accès à l'imaginaire. La singularité autistique implique de progresser dans un cadre spatio-temporel toujours mouvant. le parcours n'est donc pas tracé de façon préconçue ; il privilégie souvent les bifurcations mais les résultats encouragent à persévérer.

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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
7. « La délinquance initiatique s'exprime par des expériences ordaliques : prises de risques pour évaluer ses possibles, affrontements avec les forces de l'ordre pour défier la loi. Elle concerne 80% des affaires de délinquance juvénile, qui donnent rarement lieu à des récidives. Une action éducative n'est donc pas nécessaire. Les réponses institutionnelles s'adaptent à cette forme de délinquance, assimilable à un rite de passage vers l'âge adulte : elles ne doivent pas induire une "contre-identité" de "délinquant". […]
La deuxième forme de délinquance, dite pathologique, concerne une minorité de jeunes et nécessite une action éducative plus "lourde". […] Les adolescent(e)s, bien souvent, ont vécu un grave déséquilibre psychologique d'origine familiale, qui est en cause dans leurs passages à l'acte violent. L'approche est d'ordre clinique, donc, et la réponse un jugement sur l'identité, afin d'enrayer la crise : "tu es un voleur". […]
Ce système dualiste se fissure avec les "violences urbaines" des années 1980. Une nouvelle forme de délinquance émerge alors, dite d'exclusion, à laquelle les institutions ne savent pas répondre, laissant la place à une tentation répressive justifiant un contrôle pénal plus dur. […] La délinquance d'exclusion est collective et territorialisée, ancrée dans le chômage, la précarité et l'insécurité sociale. Elle provient de "segments" de population et de territoires urbains fortement et durablement touchés par l'exclusion et de multiples formes de ségrégation (territoriale, scolaire, professionnelle), et concerne les garçons comme les filles. Les individus, pris séparément, sont "irréprochables", "normés", munis de "repères", mais changent radicalement de comportement, dès qu'ils sont emportés dans des logiques de groupe. » (SR, pp. 200-202)
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Si on appelle "jeux" des exercices construits et proposés comme des activités éducatives, on ne peut pas parler de "jouer".
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5. « Au père d'interroger la représentation qu'il a de la mère de ses enfants : est-ce l'image maternelle qui domine, ou bien est-ce encore celle de la femme, avec les conflits non résolus ? À lui de parvenir à bien séparer le rôle maternel de la femme, à parvenir à l'envisager comme une bonne mère, même s'il a été en conflit aigu avec elle en tant que femme. Cette différenciation est indispensable à l'équilibre de ses enfants. S'il n'y parvient pas, le père se trouvera sans doute confronté, dans sa vie personnelle, à la difficulté de pouvoir accueillir une présence féminine nouvelle. Soit il voudra imposer à ses enfants une "nouvelle" mère, ce qui conduira ces derniers à d'inévitables et douloureux conflits de loyauté, soit il sera incapable de nouer quelque relation stable que ce soit... On peut remplacer des fonctions, on ne peut remplacer l mère (ni le père), qui reste seule et unique porteuse de la dette de vie, de l'inscription dans la lignée. » (p. 135)
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La fonction paternelle traditionnelle est désormais redistribuée au sein de la famille et exercée par chacun des parents en fonction des besoins et des situations.
Chacun porte en lui la fonction d'autorité et la fonction d'affection et de protection, d'égale manière, l'un pouvant se substituer à l'autre sans problème.
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Aujourd'hui où les logements sont globalement assez petits, où tous les mètres carrés sont chers et sous le regard des résidents, l'intime se trouve dans les ordinateurs personnels. Chacun a le sien, chacun a ses secrets. Ces secrets, seuls les informaticiens... ou la police scientifique peuvent les mettre en évidence.

Il y a de cela plusieurs décennies, les parents donnaient aux enfants une boîte dont le récipiendaire avait seul la clé.
Aujourd'hui, tout est dans l'ordinateur, le privé comme le public, mais gardé par des mots de passe, des identifiants et toutes les subtilités inventées au nom de la sécurité. Au final, l'intime ne s'exprime plus dans l'attribution de mètres carrés à usage exclusif mais plutôt dans la machine informatique.
Montre moi ton disque dur et je te dirai qui tu es.

p. 187
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1. « Il suffit de se rappeler les problèmes que les mères solos ont pu connaître, et connaissent souvent encore, pour imaginer l'ampleur de la tâche des pères solos. Quelques-unes des idées reçues plaquées sur ces pères d'un nouveau type permettent de la mesurer.
Celles qui sont plutôt positives sont rares :
- elles mettent en avant ces pères comme des héros des temps modernes, en opposition à l'image de la mère solo dont la situation témoignerait davantage d'un échec que d'un succès ;
- ou elles soulignent la figure du père solo comme répondant à l'idéal contemporain de parents interchangeables faisant fi des différences.
La plupart des autres se situent du côté négatif :
- soit dans le registre traditionnel de moins en moins politiquement correct établissant que les pères feraient les enfants tandis que les mères les élèveraient ; et qu'en tout cas, avant l'âge de 7 ans, il serait bien inconséquent de confier un enfant à un père : seule la mère serait capable de s'en occuper correctement ;
- soit, dans un registre très proche, le père solo serait un usurpateur, accusé de prendre la place de la mère – dans le même temps où on lui demande de s'investir de plus en plus dans la vie quotidienne de la famille !
- ou alors les reproches rejoignent les clichés de l'époque : il n'y aurait plus de père ; la fonction paternelle serait en déclin rapide et problématique, cause de nombre de maux de notre société, de la violence juvénile aux pathologies nouvelles qui remplacent les névroses d'autrefois... C'est la déroute des pères proclamés par des sociologues, des psychanalystes, des pédiatres, des démographes, des historiens... […] Cette déroute pourrait paraître contredite par les pères solos ? Bien au contraire, c'est la confirmation de ce déclin que signerait leur émergence. » (pp. 36-37)
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1. « Le langage remplit quatre fonctions : ludique, initiatique, cryptique et identitaire. L'enfant joue avec les mots, ceux qui relèvent du domaine de la sexualité notamment, et qu'il n'a pas le droit d'utiliser. Il franchit une ligne jaune et le sait. Cette fonction ludique est très fréquente chez les adolescents, avec des processus de surenchère, et de joutes verbales entre pairs. Elle est associée au plaisir du verbe et se rencontre à tout âge, dans tous les groupes sociaux. […] La fonction initiatique est centrale à l'adolescence et relève de la sociabilité du groupe de pairs. Les termes utilisés, associés à la prononciation, à l'élocution, à l'intonation, confèrent à chacune une place à chacune une place dans la hiérarchie de dominance : le langage participe à la construction de la "face" présentée aux autres, et investit celle qui la maîtrise d'un certain pouvoir. La fonction cryptique s'oppose au langage légitime, et s'exerce contre les adultes de l'école, dans les lieux publics. Les termes issus de langues étrangères, parfois détournés de leur signification première, y occupent une place conséquente. La fonction identitaire, pour finir, a pour objectif de marquer mon identité, de la présenter aux autres, et de vérifier que mon interlocuteur appartient au même univers que moi. S'il comprend ce que je dis, s'il possède les mêmes codes langagiers, il peut intégrer mon groupe. Le langage devient alors un des outils de récolte des informations. » (SR, pp. 35-36)
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4. « Les solutions envisagées par la plupart des pères semblent, dans un premier temps (au moins jusqu'à la fin des études secondaires, c'est-à-dire jusqu'à l'entrée dans la vie étudiante, de jeune adulte), évacuer l'idée même d'un investissement affectif. Même si une relation paraît pouvoir se développer, elle est vite passée à la trappe. Il y a les hommes qui ne trouvent jamais la "bonne personne", qui vivent des aventures sans lendemain ou des histoires clandestines, ceux qui, volontairement, refusent toute liaison durable […], ceux dont les liaisons aboutissent à une rupture...
[…]
Derrière le refus plus ou moins avoué d'une vie amoureuse, se dissimule aussi l'angoisse de dévoiler à l'enfant la sexualité du père. Ce qui restait caché lors de la vie avec la mère (mère et épouse) se révèle soudain au grand jour. Cette femme qui vient rendre visite au père ne peut se faire passer pour la mère : elle ne peut être que sa partenaire sexuelle.
À l'inverse, les pères qui font défiler leurs conquêtes devant les enfants signalent par là même que ces dernières n'ont pas d'importance, ne représentent aucune menace puisqu'elles sont interchangeables. Et si ce n'était pas le cas, l'enfant se chargerait parfois de le rappeler en rendant la situation impossible pour les femmes en question. » (pp. 118-119)
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2. « Quel que soit le moment où l'idée d'être père s'impose, se pose la question de savoir aux yeux de qui il est le père : de la mère de l'enfant ? de l'enfant lui-même ? de ses propres parents ? à ses propres yeux ?
Des réponses apportées à ces questions découlent des modes d'exercice de la paternité tout à fait différents : du père mis en situation de rappeler les limites et de permettre à la mère de se séparer de son petit, à celui auquel est attribué le rôle de partenaire de jeu de l'enfant, dans une position infantile bien qu'aînée ; de l'adjoint domestique à celui qui rassure. Il est bien des manières encore d'être père, caractéristique moderne liée à l'ouverture de multiples possibles, contrairement au rôle social et familial univoque qui leur était attribué jusqu'aux années soixante.
Cette indétermination a priori offre évidemment beaucoup d'avantages pour inventer dans chaque couple une histoire singulière, au plus près des composants psychologiques, sociaux et culturels qui le caractérisent. Mais elle crée des difficultés nouvelles pour toutes celles et tous ceux qu'une absence de repères préétablis renvoie à des menaces, des angoisses ou des manques entravants, voire à des modèles redoutés. » (pp. 45-46)
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Choisir son quartier vous révèle et n'est pas que le résultat des contraintes de coûts et d'optimisation des trajets de la famille. Le chois de l'étage n'est illustratif de ce que l'on veut pas défaut. Loger au premier étage ou au troisième étage n'est guère objectivement différent et sans signification pour la plupart. Cependant, certains ne veulent pas de rez-de-chaussée car ils (ou elle) ont peur d'être agressés le jour ou la nuit. C'est un réflexe de peur qui détermine dans ces cas le choix de l'implantation. Peu avoué, il est néanmoins très fréquent. D'autres exigent des côtés "ensoleillés", voulant montrer leur énergie, leur dynamisme. D'autres veulent des terrasse, soit pour la farniente, soit pour mettre les mains dans la terre et retrouver le cycle des saisons.

p. 45
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