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Citations de Paul Belaiche-Daninos (19)


En pleine nuit, à trois heures du matin, la Reine Marie-Antoinette est transférée à la Conciergerie, la plus cruelle prison du régime.
Elle est enregistrée sous le numéro d'écrou 280, comme c'est l'usage pour les voleurs et les prostituées.
Après l'avoir séparée de son fils, elle a été arrachée de la prison du Temple, où elle vivait avec sa fille Marie-Thérèse Charlotte et sa belle-soeur Elisabeth, pour être jetée dans un cachot fétide.
On a guillotiné son époux, le Roi Louis XVI, on lui a enlevé un fils de huit ans, le petit Louis XVII, et on l'a séparée de sa fille. Pourtant, elle endurera des conditions inhumaines avec un courage, un silence et une dignité qui suscitent depuis deux siècles la compassion des historiens.
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-D'abord, elle est née un 2 novembre.
-Et alors, dit La Marck dans une quinte de toux, elle n'est pas la seule.
-Le 2, c'est le saint jour des morts, Auguste !
-Et après ?
-Ce n'était pas n'importe quel 2 novembre ! Elle est née le 2 novembre 1755.
-Et alors ?
-Mais la veille, c'était le 1er novembre 1755 !
-La Palisse l'aurait dit avant toi, mon ami !
-Sois sérieux, Auguste, cela ne te dit rien .
-Franchement, non. C'était quoi ?
-Enfin, Auguste, tu ne peux pas ignorer le terrible tremblement de terre de Lisbonne !
-Quel rapport avec la Reine ?
-Soixante mille morts la veille de sa naissance, n'est-ce pas un signe ? Sais-tu quels étaient ses parrains, comme par hasard ?
-Non.
-Le roi et la reine du Portugal. Ils ont failli recevoir leur château sur la tête !
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A Paris, jusqu'au 9 thermidor qui vit la chute de Robespierre, et l'arrêt de la guillotine, le nombre des décapités fut d'environ 2 800. Dans les départements, la Grande Terreur en tua 14 807, sans compter les fusillés et les noyés de Vendée, de Nantes, d'Arras, de Strasbourg, de Lyon et d'Orange, dont le nombre fut environ de 20 000, soit au total 40 000 victimes immolées au nom de "la fraternité" !
C'est le peuple qui fut la plus grand victime de la Terreur. Une étude statistique faite par Pariset (1867-1927) montre qu'elle a frappé plus de roturiers que de privilégiés : "sur un échantillon donnée on retrouve, 6 nobles, 7 militaires, 29 ouvriers et domestiques et 38 paysans et laboureurs." On peut résumer qu'il n'y a eu que 14% de nobles guillotinés et seulement 2% de privilégiés ; le reste, soit 84%, furent des hommes du peuple, bien entendu innocents pour la plupart.
A titre d'exemple, dans les deux fosses communes des jardins de Picpus, on compte 1 109 guillotinés dont seulement 108 nobles de sexe masculins et 51 de sexe féminin ; tous les autres sont des gens du peuple et des petits bourgeois.
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- Avez-vous assisté au banquet des gardes du corps ?
- Oui.
- Ce banquet ne serait-il pas celui où la cocarde tricolore aurait été foulée aux pieds ?
- Effectivement.
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Mais c'est une force occulte, celle d'un autre acteur, est là, qui veille à contrer tous ces projets. Un homme mystérieux, royaliste convaincu, sera responsable de tous les échecs en semant la zizanie et la haine parmi les révolutionnaires.
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Les Français voulaient l’Egalité, elle n’existe qu’au fronton des bâtiments publics. Ils voulaient la Fraternité, ils connaissent la délation. Les vingt et un mille cinq cents comités révolutionnaires, répartis sur tout le territoire national, ne vivent que de dénonciations. Ils réunissent “toute la vermine antisociale mâle et femelle”.
Ils voulaient la paix, ils ont la guerre. Ils voulaient le bien-être civil, ils subissent la Terreur. Ils voulaient une justice démocratique, ils ont hérité d’un tribunal civil d’exception pourvoyeur de la peine de mort. Ils espéraient manger à leur faim, ils connaissent la famine. Les paysans voulaient être libérés des contraintes de l’Ancien Régime, ils subissent la loi du Maximum qui les pille en entraînant la ruine du commerce des grains et la disparition des boulangeries. La bourgeoisie, cette aile marchante de la Révolution, a non seulement perdu le pouvoir, mais se retrouve poursuivie et spoliée.
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C’est une belle femme de trente ans aux allures aristocratiques. Elle arbore une magnifique chevelure brune qui tombe sur ses reins. Elisabeth est fascinée par l’expression de ses traits. Aucune peur sur ce beau visage plein de charme et une totale sérénité malgré l’épreuve terrible qu’elle vient de vivre.
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- Examinons, s’il te plait, les accusations de politique intérieure.
- C’est ça, c’est ça… Examinons d’abord les accusations de politique intérieure.
- D’abord l’aspect financier, il est important. N’oublions pas que sans la banqueroute du tyran, il n’y aurait jamais eu de Révolution.
- J’énumère tes accusations : tu prétends qu’Antoinette a dilapidé les finances de la France avec Calonne, mais tout le monde sait qu’elle détestait Calonne. C’est même elle qui l’a chassé… Alors qu’est-ce que Calonne vient faire ici ? Voudrais-tu par hasard donner des verges à la défense pour nous fouetter ?
- Calonne est une ordure ! On la charge avec Calonne !

- Aurais-tu l’intention de citer dans ce procès toutes les ordures de l’Ancien Régime ?

- En tout cas, certainement ceux avec lesquels elle a trahi.
- Je pressens déjà que nous allons nous noyer… Revenons sur l’aspect financier : à part le Grand Livre, avons-nous des pièces comptables pour évaluer les sommes gaspillées sous Turgot, Calonne, Necker et Brienne ? C’est là l’important.
- T’occupe ! dit Fouquier en balayant la question d’un revers de main.
- As-tu des pièces comptables, oui ou non ?
- Je n’en ai pas.
- Je m’en doutais – il feuillette quelques fois. Ailleurs, tu affirmes sans aucun justificatif qu’elle a fait passer des millions à son frère l’Empereur d’Autriche.
- Exact, son frère est une ordure !
- Les preuves de ces transferts ?
- On ne les retrouve plus.
- Un peu plus loin, tu affirmes qu’elle aurait dépensé des millions pour faire Trianon.
- La garce !
Fouquier, de plus en plus éméché, remplit son verre.
- Nous n’avons aucune pièce comptable, aucune facture, pas un papier. Rien ! Je te rappelle, au cas où tu l’aurais oublié, que Trianon a été construit par la Pompadour. Cela, tout le monde le sait.
- T’occupe, te dis-je ! On garde Trianon dans les chefs d’accusation. Le peuple croit que c’est elle.
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Moi défendre des aristocrates ? Mais regarde-moi, citoyen, malgré mon physique que je tiens sans fausse modestie pour agréable, je suis une aussi bonne républicaine que toi. Tu penses que toutes les jolies femmes sont aristocrates et qu’il n’en existe pas de belles parmi nos patriotes – l’assemblée applaudit. Voudrais-tu, à cause de dame nature qui m’a favorisée, que je ne me rende plus en mairie pour payer mes impositions ? Alors fais décréter par la Convention que toutes les jolies femmes ne paieront plus d’impôts !
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Quand des malades se plaignent à lui de souffrir de leur existence, il répond : “Qu’ils crèvent !” A ceux qui ont des coliques : “Qu’ils pètent !” Aux femmes enceintes qui demandent à être soignées, il répond qu’on ne soigne que les bourriques… et bien d’autres choses de cette veine !
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Un juge qui commande des charrettes supplémentaires sans préjuger du nombre d’innocents ? Quelle infamie ! C’est un assassin qui joue au juge. Cela prouve qu’il a déjà rendu son verdict et qu’il les enverra tous à l’échafaud. Après avoir entendu des jurés cyniques, je découvre maintenant des juges assassins !
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Quand j’ai faim, ma conscience est très vite éclairée…
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Vos objectifs, votre mode de fonctionnement et surtout vos options sont aux antipodes de ma conception de la Liberté, de la Justice et de la Morale… J’aime la Liberté, j’aime la Révolution française, mais pas la tienne. S’il fallait un crime pour l’assurer, j’aime mieux me poignarder. Quant à votre prétendue Vertu républicaine, servie par un tribunal de sang, pardonnez-moi si je ne suis pas preneur !
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Cette conspiration de l’étranger alimentée par les ennemis de l’intérieur ? Ces forces de l’ombre ? Les voilà ceux que vous devrez frapper fort puisque la justice nationale est désormais entre vos mains. Et c’est de vos travaux que le peuple verra l’affermissement de cette Vertu, fondée, ne l’oubliez pas, sur l’Egalité. Mais pour que le règne de cette Vertu arrive, nous devrons parcourir un chemin long et difficile où le procès d’Antoinette n’est qu’une simple péripétie. En outre, vous serez contraints sous le poids de votre conscience de patriotes de rendre des jugements apparemment cruels et qui pourront même vous paraître injustes, mais sachez que pour réaliser le règne de la Vertu, vous devrez dans vos verdicts suspendre parfois vos lois morales individuelles – il met un temps d’arrêt en promenant son regard voilé sans lunettes sur l’assemblée pour deviner l’effet produit.
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Quiconque veut cabaler contre le gouvernement est un traître. Si on veut calomnier le gouvernement révolutionnaire, c’est pour le dissoudre. Si on veut flétrir le Tribunal révolutionnaire, c’est pour que les conspirateurs respirent en paix. Nos lois apporteront au peuple la sûreté du régime révolutionnaire.
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Nous ne sommes pas des juges, nous sommes des hommes d’Etat. Ce n’est pas une décision de justice que nous avons à rendre pour savoir s’il faut oui ou non condamner Antoinette, mais il nous faut prendre une mesure de salut public pour sauvegarder la République. Je vous pose de nouveau la question : Si les rois vivent, que devient la légitimité de notre Révolution ? Ne perdrions-nous pas notre raison d’être et ne deviendrions-nous pas alors des calomniateurs ? Voulez-vous d’une Révolution sans Révolution ? La réponse est évidente : sans aucune manifestation de haine, nous devons condamner Antoinette uniquement parce qu’il faut que la patrie vive !
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Ces généraux victorieux sont des hommes éminemment dangereux et je suis bien fier de ne pas connaître leur honneur. On a voulu profiter de la victoire de Fleurus qui a dissipé toute crainte du dehors pour incliner à l’indulgence au-dedans. Qu’on se garde de s’endormir après la victoire !
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“On vous a mis là où vous êtes pour faire ce qu’on vous demande. Vous n’avez aucun état d’âme à avoir et nous voulons que les exécutions soient plus actives. Votre administration est bien trop lente et les traîtres en profitent. Si vous ne remplissez pas votre devoir, retirez-vous et laissez à un patriote le soin de servir la patrie.”
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Tous les rêves que nourrissaient les Français à l’aube de la Révolution se sont évanouis.
Ils voulaient la Liberté dans un régime démocratique, ils ont hérité d’une dictature et de la loi des suspects. Robespierre n’aménage plus un changement de régime, mais mène une vaste entreprise de dépossession de la propriété et de massacre des citoyens. Jamais ce mot Liberté n’a été autant galvaudé, il ne sert qu’à remplir les prisons.
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