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4.4/5 (sur 46 notes)

Biographie :

Tim Corey est un ancien libraire et un écrivain.

Ses prédilections pour les mondes de l'imaginaire l'ont poussé à être responsable Fantastique et SF dans une grande librairie, avant de se lancer lui-même dans l'écriture.

Il a commencé en écrivant des chansons, puis a fait un peu d'écrits érotiques. Il a écrit des romans pour enfants, des pièces de théâtre et des sketches, avant de poursuivre avec des nouvelles fantastiques.

Sa nouvelle "Est-ce que Georges est là ?" (2014) a été adaptée en court-métrage, nominé une quarantaine de fois à travers le monde dans divers festivals, remportant 8 récompenses.

Sous le pseudonyme de Dariodo, il a publié "Le monde de Marie: À la recherche de la Véraline", en 2014.

Son lien avec l'univers mystérieux est indéfectible, puisqu'il a le logo officiel des Otherlands tatoué sur l'avant bras droit.

Il a travaillé en tant que chroniqueur de séries télé pendant plusieurs années.

Tim Corey vit désormais en France, dans un petit village de l'est parisien.

site:
http://welcometootherlands.wix.com/otherlands
page Facebook : https://www.facebook.com/timcoreyauteur/?ref=bookmarks

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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Henry tirait le corps de sa femme dans le couloir. Il avait saisi son gros mollet et tentait de la faire avancer sur le parquet délavé : mais cela ne se passait pas comme prévu. Son corps massif s'était pris dans le tapis de l'entrée et Henry, de par sa carrure chétive, n'avait pas réussi à bouger femme. Du coup, il devait tirer à la fois les quatre-vingt douze kilos de son épouse mais aussi le tapis de l'entrée, qui, bien sûr, ne faisait rien pour l'aider...
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« L’homme fit quelques pas vers la cuisine, puis revint en arrière. Il ouvrit son veston, et en sortit un arme de petit calibre qu’il posa sur la table.

- Je ne peux décemment pas laisser deux jeunes femmes sans défense, on ne sait jamais.

Avec tous ces dingues qui courent les rues en ce moment. Je vous laisse mon arme. Si ça peut vous rassurer. Cindy avait lancé un regard plein d’espoir à Jocelyne. Celle-ci n’avait pas réagi. L’arme était maintenant posée sur la table basse et l’homme au complet gris se dirigeait vers la cuisine. Elle attendit quelques secondes qu’il se soit vraiment éloigné et sauta sur le pistolet. C’était la première fois qu’elle avait une arme à feu entre les mains, et elle n’avait jamais tiré de sa vie, mais elle était prête à tout cette fois-ci. Légitime défense. Elle voulait s’en sortir, et par la même occasion aider Jocelyne, qui semblait être totalement sous l’emprise de ce cinglé. Elle tremblait comme une feuille et sentait la sueur lui dégouliner le long de la colonne vertébrale. Mon Dieu, serait-elle capable de tirer, d’abattre cet homme de sang-froid ?
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« Est-ce que cela ne se produisait que dans le bus ? et peut-être uniquement CE bus. Il ne prenait jamais les autres lignes, donc il ne pourrait pas vérifier. A moins qu’un jour, pendant un weekend, il ne se décide à vérifier, à prendre un bus pour un autre quartier, à s’installer dedans et y rester une bonne partie de la journée. Non, cela tournait au ridicule. Cependant… »
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« Sur le coté de la voiture, une ombre haute venait de passer. Plus haute qu’une vache, plus droite. Plus… humaine. Par réflexe, le jeune homme roux condamna les portières. Les jeunes filles hurlèrent de plus belle à l’arrière. Puis la danse de la voiture reprit. Quelqu’un ou quelque chose, essayait de soulever le véhicule par l’arrière. La brunette cria et vint se serrer contre son amie lorsque… »
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je fous mes panards où je veux, mon coco, tu captes ? En l’occurrence, mes gros rangers éraflés sont posés sur le bureau du directeur. Il ne dira rien. Il me lancera son regard genre " vire tes pieds de là " et je le fixerai du mien genre " T'es pas cap de les virer toi-même" en un duel silencieux à la Sergio Leone. Il ne fera aucun geste pour les ôter de son superbe bureau en bois laqué, laissera tomber son gros cul dans son fauteuil en cuir auto-massant et s'allumera un de ses gros cigares de maître du monde. M'en proposera un. Je déclinerai__ j'essaie d’arrêter en ce moment.
Le directeur est un des hommes les plus puissants de la planète et je suis son bras armé, sa force de frappe numéro 1. Vous ne saurez pas de quelle agence il est le directeur,puisque je ne le sais pas moi même . Entre nous on l’a pelle " le Styx" Selon la mythologie , le Styx est l'un des fleuves qui séparent le monde des morts du monde des vivants. Le directeur est le gardien du royaume , et moi je suis le batelier qui poussent les âmes vers le purgatoire. Mon job consiste à traverser le fleuve et à rejeter en enfer toutes les bestioles sanguinaires qui tentent d'une manière ou d'une autre d’infiltrer la Terre des hommes. Croyez -moi, on ne dit pas un homme comme moi de virer ses pieds de là. Un type comme moi pose ses pieds où il veut et s'en tamponne la couenne. Le directeur pourrait me brailler dessus et me menacer, mais je vais vous dire ; ça m'en ferait bouger une sans toucher l'autre .....Emmanuel Delporte " Chasseur de monstres, Les chroniques d'Ezequiel Derleth "
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La grenouille bleue prit la parole :
— De toute manière, c’est moi qui ai gagné.
— Coâ ! s’exclamèrent toutes les autres grenouilles d’une seule voix.
— C’est elle qui l’a dit, déclara la grenouille bleue en pointant sa cuisse de grenouille sur Marie.
— Mais je n’ai rien dit de tel !
— Si. Vous avez dit que j’étais la meilleure.
— C’était une façon de parler.
— C’est trop tard. J’ai gagné et c’est tout.
— Coâ ? s’indignèrent les autres grenouilles.
— Mais de quoi parlez-vous, enfin ?
Une grenouille rose s’approcha de Marie, elle avait une voix nasillarde, un peu comme si elle se pinçait le nez. Mais bon, une grenouille, Marie savait bien que ça n'avait pas de nez... sauf.. sauf peut-être si c'était une grenouille à nez ! Ça devait bien exister, après tout. Marie secoua la tête pour sortir de la rêverie dans laquelle elle était encore une fois en train de s'enliser.
— De la course, bien sûr, de la course ! Vous ne lisez pas les journaux ?
— Si, répondit Marie en fronçant les sourcils. De temps en temps… (Même si ce n'était absolument pas vrai, elle espérait que les grenouilles ne s'en apercevraient pas).
— Alors vous avez dû entendre parler de la course de grenouilles ! La gagnante deviendra la grenouille favorite de sa Majesté.
— Sa Majesté ? Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus de Majesté. Depuis au moins…
Marie réfléchit mais elle n’avait jamais été très bonne en histoire. Elle ne pouvait donc pas dire avec précision depuis quand il n’y avait plus de Majesté.
— Depuis très longtemps ! finit-elle pour conclure.
— Bien sûr que si, reprit la grenouille rose. Et c’est pour cela que nous faisons la course.
— Et j’ai gagné ! triompha la grenouille bleue.
— Coâ ? fulminèrent ensemble toutes les grenouilles.
— Écoutez, je ne sais pas de quoi vous parlez, mais cela ne me regarde pas.
— Vous l’avez déclarée vainqueur…
— Mais je n’ai rien fait du tout !
— Si, dit la grenouille bleue. Je suis la meilleure.
— Coâ ? crièrent encore une fois toutes les grenouilles.
— Non, je n’ai rien dit de tel, déclara Marie. Je ne vous ai même pas vues faire la course.
— Alors recommençons, proposa une grenouille verte à pois blancs, qui avait une voix énorme, beaucoup trop pour sa petite taille.
— Oui, firent les autres grenouilles.
— Coâ ? protesta la grenouille bleue. Il en est hors de question. C’est moi la meilleure.
— Non. C’est une bonne idée, ajouta Marie, qui souhaitait par dessus tout que la conversation ne s'envenime pas. Recommencez la course. Je vous regarderai. Ainsi, je pourrai dire qui de vous est la meilleure.
— Oui, elle a raison, confirma une grenouille jaune avec un fort accent belge (du moins c'est comme ça que Marie imaginait l'accent belge : comme une personne qui mangeait des frites bien chaudes et qui parlait en même temps).
Marie sourit. Elle aimait quand quelqu’un reconnaissait qu’elle avait raison. Même si ce quelqu’un en ce moment était une grenouille jaune. Mais la grenouille bleue n’était pas de cet avis.
— Je ne ferai pas la course. Je l’ai déjà gagnée !
— Eh bien tant pis, dit Marie. Nous la ferons sans vous.
— Non. On ne peut pas. Il faut dix grenouilles pour faire la course. Si la grenouille bleue ne fait pas la course, il faut que quelqu’un prenne sa place. Vous, par exemple.
— Mais je ne suis pas une grenouille !
Toutes les grenouilles se regardèrent, étonnées. Elles n'avaient pas l'air d'être si sûres que cela que Marie n'était pas une de leurs compatriotes.
— En vous mettant à quatre pattes, personne ne fera la différence ! lança une grenouille orange.
— Et d'ailleurs je trouve que vous ressemblez pourtant assez à une grenouille. Une grande grenouille, mais quand même !
— Ou un crapaud ! ajouta la grenouille jaune avec son accent belge.
Marie ne savait comment prendre la remarque. C'était la première fois qu'on lui disait qu'elle ressemblait à un crapaud. Elle préféra ne rien dire.
— Je ne peux quand même pas faire la course contre des grenouilles. Ce serait déloyal. Il faut que la grenouille bleue participe.
Celle-ci était dans son coin de lit, tournée par rapport aux autres, et faisait la tête, les cuisses (de grenouilles) croisées les unes sur les autres. Comment Marie pouvait-elle la décider à refaire la course ?
Soudain, une idée lui vint à l’esprit. Elle fit un clin d’œil aux autres grenouilles et se tourna vers la grenouille bleue, qui boudait toujours.
— Acceptez de faire la course à nouveau.
— Mais je l’ai déjà gagnée. Vous l’avez dit vous-même ! Ça ne sert à rien de recommencer !
— C’est vrai, dit Marie, mais vous pourriez leur montrer, à toutes, que vous êtes la meilleure, en les battant encore une fois. Ainsi, vous serez vraiment la meilleure des meilleures !
La grenouille bleue tourna la tête. Elle sourit de toutes ses dents et rejoignit les autres grenouilles.
— La meilleure des meilleures ! s’exclama-t-elle, en regardant la jeune fille, qui avait eu là une excellente idée.
Marie la suivit de près. Toutes les grenouilles se mirent en ligne. Marie leur demanda :
— Jusqu’où courez-vous ?
— Jusqu’au bout, répondit une grenouille rayée.
— Jusqu’au bout d’où ?
— Jusqu’au bout du bout…
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— Allô, fit-elle d’une petite voix mal assurée.
— Madame Darmon ?
— Oui ?
Elle ne reconnaissait pas la tonalité de l’appel du matin. Cela la rassura un peu.
— Alors vous êtes malade ?
— Quoi ?
— On m’a dit que vous étiez malade ?
— Ça ne va pas recommencer, dit-elle en s’énervant. Je porte plainte, vous savez. Je ne plaisante pas.
— Mais vous n’avez pas eu d’opération bancaire depuis plus d’un mois sur votre compte. Vous savez, le protocole exige des opérations bancaires .
— Comment ça, le protocole exige ?
— C’est noté noir sur blanc dans le contrat.
— Mais c’est absurde ! Je suis obligée de dépenser mon argent, c’est ça ?
— Oui.
— Mais j’étais malade, vous comprenez ? Malade. Bloquée chez moi, sans pouvoir bouger ! Comment voulez-vous que j’aille faire les magasins ? Et je ne suis pas du genre à acheter tout et n’importe quoi sur internet !
— Vous n’êtes pas sortie du tout durant toute votre convalescence ?
— Non, combien de fois vais-je vous le dire ? Et qu’est-ce que ça peut vous faire ?
— Moi, personnellement, rien. Mais…
— Mais quoi ?
— Vous auriez pu disparaître !
— Disparaître ? C’est quoi cette nouveauté ? Vous me demandez si je suis morte, si je suis malade, et si je n’ai pas l’intention de disparaître ?
— C’est le protocole.
— Eh bien non, dit-elle en s’énervant, je n’ai pas l’intention de disparaître. Je reste bien tranquillement chez moi, sans dépenser un centime, ça vous va ?
— Et comment avez-vous fait pour…
— Pour quoi ?
— Pour les achats du quotidien, par exemple ?
Maddy resta interloquée. Les achats du quotidien ? Qu’est-ce qu’il entendait par là ? Et là encore, qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ?
— Je veux dire, pour manger, par exemple ?
— Je dois avouer que je n’avais pas trop d’appétit, vu mon état.
— Oui, mais quand même.
— Eh bien les voisins se sont occupés de moi. Ils venaient me voir régulièrement.
— Vos voisins ?
— Oui, pourquoi ? Ce sont des amis. On s’entend bien, c’est tout. Vous commencez à me gonfler avec vos questions indiscrètes, c’est décidé : j’appelle la police.
— Attendez, attendez… Vous l’appellerez après.
— Après quoi ?
— Après que vous m’aurez donné les noms de vos voisins et leurs adresses.
— Quoi ?
— Oui. Le protocole. Vous devez déjà me donner le nom de votre médecin, de votre employeur, et de toutes les personnes qui pourront attester de votre absence et de votre maladie. Ce qui aura pour but de clarifier votre dossier.
— Mais quel dossier ?
— Votre tentative de disparition.
— Ma tentative de quoi ? s’étrangla-t-elle.
— De disparition, lui répondit le banquier calmement. Votre passage à l’ennemi, quoi.
— Mon passage à l’ennemi ? Mais quel ennemi ? Nous ne sommes pas en guerre, que je sache ! hurla-t-elle dans le micro de son téléphone.
Son interlocuteur ne fut pas le moins du monde troublé par les cris qu’elle poussait. Il restait aussi calme qu’au début de la conversation. Maddy reprit :
— Vous pensez quoi ? Que je vais changer de banque, c’est ça ? C’est ça, votre ennemi ? si je ne dépense pas mes sous chez vous, c’est peut-être que je les dépense ailleurs ?Et même si c’était vrai, qu’est-ce que cela peut vous foutre ? s’emporta-t-elle.
— Non, cela n’a rien à voir Madame Darmon. Rien à voir.
— Mais alors pourquoi ? dit-elle en sanglotant.
— Chaque être humain doit avoir un compte bancaire. Même les plus pauvres y ont droit, vous savez ? Le gouvernement a mis en place un système pour que tous, y compris les gens les plus endettés et qui sont refusés dans toutes les banques traditionnelles, puissent posséder un compte. Je devrais dire qu’ils DOIVENT posséder un compte.
— Mais qu’est-ce que je viens faire là-dedans ? dit-elle en pleurant carrément.
— Vous n’avez rien dépensé. Depuis un mois. C’est suspect, non ?
— J’étais malade.
— Quand même. Vous refusez de donner les noms de vos amis, de votre médecin, de votre employeur…
— Je bosse pour un laboratoire de recherche pharmaceutique, voilà. Je suis secrétaire, vous êtes content ? dit-elle en reniflant.
— Oui, nous savons tout cela.
— Alors pourquoi me le demandez-vous ?
— Pour vérifier. C’est le protocole. Bref. Chaque compte permet de vérifier ce que fait son possesseur. Où il est. Ce qu’il consomme. Qui il voit. Les paiements sont regroupés au niveau mondial et croisés. Du coup, si deux paiements se font à quelques secondes d’intervalle dans un restaurant, par exemple, toutes les données sont croisées pour vérifier si les deux personnes qui règlent leur déjeuner n’ont pas mangé ensemble. Cela s’appelle la traçabilité. Comme pour la viande ! dit-il en rigolant.
C’était la première fois qu’elle l’entendait rigoler !
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— Ah, inspecteur, vous êtes là ?
— Non, répondit Vallandier, sans sourire.
Devant la tête ébahie de son collègue, il crut bon de reprendre :
— Oui, Pérétin, je viens d'arriver. Quoi de neuf ce matin ?
— Oh, rien, lui balança Pérétin en haussant les épaules.
— Eh ben, on commence bien la journée !
Il baissa la tête avant de reprendre :
— Ah mais, si. Dis-moi, je viens de croiser les époux Plantin, qui sortaient d'ici. Martine m'a dit qu'elle te les avait envoyés ?
— Ah oui, oui.
— Bah alors ?
— M'en souvenais plus.
— Ils viennent de partir. Faut consulter, Pérétin, ça s'arrange pas !
— Ils voulaient vous voir.
— Oui, je sais. Je leur avais dit que ce n'était pas la peine de se déplacer, qu'on les appellerait si on avait du nouveau dans l'enquête. Je comprends leur inquiétude, mais ce n'est pas en venant nous voir tous les jours qu'on va leur pondre des informations !
— Ah non, mais ils ne venaient pas pour ça.
— Ils sont venus pour quoi, alors ? demanda l'inspecteur, interdit.
— Ils veulent qu'on arrête l'enquête, dit simplement Pérétin sans s'émouvoir.
— Quoi ?
— Oui, ils ont dit que ce n'était plus la peine.
— Comment ça, plus la peine ?
— Oui, c'est fini.
— Ce sera fini quand on aura le fin mot de l'histoire, mais pas avant ! Leur fils est rentré ?
— Oui, apparemment.
— Apparemment ? Tu ne les as pas reçus dans ton bureau ?
— Si si.
— Bah alors ? Ils ne sont quand même pas juste venus pour te dire d'arrêter les recherches ?
L'inspecteur montait le ton, et la pression dans le bureau faisait de même.
— Oui, enfin... ils ont dit que leur fils avait fait une fugue mais que c'était fini. Il était à la maison.
— Depuis quand ?
— Hier, je crois.
— Tu crois ? Dis donc, j'adore quand tu fais dans la précision comme ça ! C'est avec des affirmations de ce genre qu'on va bientôt conclure cette affaire. Il est rentré hier, alors ?
— Oui. C'est ce qu'ils ont affirmé.
— Et il va bien ?
— Oui, d'après ce qu'ils disent.
L'inspecteur n'en revenait pas. Il ne savait pas ce qui le surprenait le plus. Que cette disparition ne soit en réalité qu'une fugue, ou que son adjoint n'ait pas l'air plus informé que cela de la situation, alors qu'il venait juste d'en discuter avec les principaux intéressés. Il baissa les yeux, se prit la tête entre les mains et respira une grande goulée d'air frais. Il sentait que la journée allait être longue. Pérétin, de son côté, attendait patiemment que son supérieur reprenne la conversation, sûrement conscient que ses réponses évasives étaient à l'origine de l'énervement de son patron. Vallandier demanda :
— Mais... ils avaient l'air soulagés ?
— Oui, je dirais que oui.
— Ah bon, ça n'a pas l'air d'être aussi certain que cela.
— Non, c'est juste mon ressenti.
— Leur gamin est bien rentré ?
— Oui, enfin, ils n'ont pas l'air d'en être sûrs à cent pour cent.
— De quoi ?
— Que leur gamin soit là.
Vallandier se prit de nouveau la tête entre les mains. Il souffla un grand coup, et reprit :
— Ils ne sont pas sûrs à cent pour cent que le gamin soit rentré, ou alors ils ne sont pas sûrs que le gamin soit rentré à cent pour cent ?
L'incompréhension se lisait sur le visage de Pérétin. Tout du moins si l'on pouvait lire quelque chose sur ce visage, qui affichait fièrement un quotient intellectuel relativement bas.
— Euh... je vois pas la différence, patron, ajouta-t-il, comme pour confirmer les pensées de Vallandier.
Celui-ci soupira avant d'enchaîner :
— Est-ce qu'ils disent qu'il est rentré parce qu'il y a des signes dans la maison ? Son sac à dos dans sa chambre ? Des affaires qui ont bougé ? Mais ils ne l'ont pas vu personnellement. Donc pas sûrs à cent pour cent ?
— Bah...
— Ou est-ce que le gamin est bien rentré, qu'il est à la maison, mais pas rentré à cent pour cent ?
Devant la tête ahurie de Pérétin, Vallandier soupira de nouveau.
— Ça veut dire qu'il serait rentré mais avec... des morceaux en moins ?
— Mais c'est ce que je te demande, Pérétin ! Pourquoi tu me dis qu'ils n'ont pas l'air d'être sûrs à cent pour cent que leur fils soit revenu ?
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Comme pour manifester son accord, une colonne de brume se répandit dans la pièce, sans toutefois qu’on puisse en distinguer la provenance. Il semblait qu'elle se fût matérialisée instantanément aux côtés de l'homme. La fumée se concentra pour finir par ressembler à une créature aux crocs acérés, tout à fait semblable à celle qui s'était chargée d'attaquer le musée.
— Eris, j'aimerais bien que tu prennes une autre forme, quand nous ne sommes que deux. Pas la peine de tenter de m'impressionner, tu sais que cela ne fonctionne pas avec moi.
La colonne se dissipa et une superbe créature de sexe féminin se tint à la place de l'immonde monstre qui se trouvait là quelques instants auparavant.
— Crois-tu vraiment que je cherche à t'impressionner, Ethans ? Oublies-tu qui je suis ?
— Je sais très bien qui tu es, Eris. Et même ton statut de déesse de la discorde ne t'accorde pas la suprématie sur moi.
— Méfie-toi, Ethans. Tout Lord que tu sois, méfie-toi qu'un jour la chance ne tourne.
— Seraient-ce des menaces ?
— Aucunement. Je te préviens, c'est tout. D'autres que moi, moins dévoués à la cause de l'Ombre, pourraient te jalouser et envier la place qui t'a été donnée.
— Si vous aviez été capables de récupérer ce qui fut vôtre un jour, je n'aurais jamais été nommé pour révéler l'Aube de l'Ombre. Et retrouver les pouvoirs et la place qui nous ont été pris autrefois.
— Ne t'en fais pas. Je suis de ton côté.
— Je l'espère bien.
La déesse tourna la tête et regarda la table, sur laquelle brillaient toujours trois symboles dorés.
— Tu as apporté la rune ? Qui comptes-tu réveiller ? Irmin ? Loki ?
— Ramener un dieu à la vie ? Non merci. Même si je dispose des pleins pouvoirs donnés par l'Ombre, je préfère me préserver des caractères belliqueux des dieux anciens. Je dis cela sans vouloir t'offusquer, bien sûr.
— Ne t'en fais pas, je ne le suis en aucun cas. Et je sais le caractère difficile de Loki.
— Pourtant ce serait parfait pour toi. Loki, dieu de la sournoiserie... et de la discorde. Tout comme toi. Vous êtes faits pour vous entendre.
— Ne crois pas cela. Mets en concurrence deux personnalités aux pouvoirs identiques, et tu risques d'obtenir des étincelles.
— Les sortes d'étincelles qui ont mené à votre perte il y a des siècles. L'arrogance des dieux et de certaines créatures surpuissantes ont poussé le royaume de l'Ombre vers sa déchéance, ne laissant que quelques miettes du mal sur terre, disséminées au creux de cerveaux malades d'humains psychopathes. Oh, bien sûr, ces dégénérés ont tenté de faire revivre l'Ombre... Hitler, Raspoutine, Pol Pot... De petits méprisables qui n'ont pas su exploiter les forces invincibles qui se cachaient ici.
— Tous n'ont pas été bercés dans les arcanes de l'Ombre.
— Exactement. C'est pourquoi je prends le relais. Si vous voulez revenir, retrouver le pouvoir et la force qui étaient vôtres, il va vous falloir m'obéir et collaborer. Pour cela je vais avoir besoin d'un peu d'aide très prochainement.
— C'est dans ce but que tu vas connecter la rune ?
— Oui. Je veux réveiller Jörmungand.
— Jörmungand ? On peut rêver plus discret.
— Ce n'est pas de la discrétion dont je vais avoir besoin, au contraire. C'est d'une force de frappe. Quelque chose qui fasse diversion. Et vite.
— Tu penses pouvoir le contrôler ?
— Tu mets mes capacités en doute ?
— Non, du tout. Mais une telle créature... ce n'est qu'une bête !
— Oui, et c'est justement ce qu'il me faut. Une bête irréfléchie, qui va piller, massacrer, sans aucun remords ni pensées. La force brute.
— Je souhaite que ton plan soit couronné de succès.
— Il le sera. Il ne nous manque plus que le triskell. C'est à cela que va me servir le serpent géant. Semer la panique auprès des personnes qui le détiennent.
— Il n'est plus au musée ?
— Non. Quand tu as failli à ta mission, en ne rapportant que l'Ankh, le triskell a été escamoté. Mais je sais par qui. Et je sais où il se trouve. Il sera ici, très bientôt. Je te le promets...
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Cela commença tout d’abord par un mal de tête effroyable, qui s’estompa aussitôt que je tentai de me retourner. Une douleur lancinante me paralysa le bas du dos, un peu comme si j’avais dormi depuis quinze jours dans de mauvaises conditions. Je tentai de remonter la couverture sur mes jambes, mais je ne la trouvai pas. Je tâtai ce qui aurait dû être mon matelas, et je constatai que j’étais étendu sur le sol.
Vint ensuite la désagréable impression de ne pas être à ma place. Comment avais-je pu tomber du lit sans m’en apercevoir ? Je me redressai, puis, assis sur le sol, je tentai de prendre appui sur le rebord du lit pour me mettre debout. Je ne trouvai pas ce foutu rebord. J’avais dû tomber et rouler sur le sol. Je me frottai la tête, conscient que j’avais peut-être un peu trop abusé de l’alcool lors de la soirée de la veille. Mais de là à ne pas me sentir tomber du lit ! Je ne me félicitais pas de cette beuverie, et me dis en mon for intérieur : « Adam Brockner, ça t’apprendra à picoler comme un trou. Tu feras attention la prochaine fois ! »
Je tournai la tête pour apercevoir l’heure, mais je n’arrivai pas à distinguer les chiffres lumineux de mon radio-réveil. Peut-être avais-je entraîné celui-ci dans ma chute ? Si c’était le cas, je craignais qu’il ne fonctionne plus. Je regardai de l’autre côté et aperçus la lumière du jour qui filtrait à travers les volets. Au moins le jour s’était-il levé et avais-je une petite indication supplémentaire. De toute manière, il fallait que je me lève. Je me mis debout et fis quelques pas mal assurés. L’effet de l’alcool bu la veille, sûrement. C’est à ce moment qu’un détail me frappa : la fenêtre paraissait être placée très bas dans le mur, trop bas d’ailleurs. En tout cas, plus bas que je ne l’avais laissée hier soir. Je m’avançai en titubant. J’avais l’impression que le sang me montait à la tête, la douleur s’étant amplifiée depuis que je m’étais relevé. J’avançai la main vers la poignée de la fenêtre et en tâtai le montant sans trouver cette fameuse poignée. Je finis par la saisir bien plus bas, elle aussi, puisque je dus me baisser. J’ouvris la fenêtre puis, machinalement, je saisis le loquet lui aussi placé plus bas, pour ouvrir les volets. Il résista, puis finit par céder, sans m’être rendu compte que j’avais dû pour cela l’ouvrir à l’envers. Le soleil m’éblouit et je dus fermer les yeux quelques instants. Je ne saisis pas l’importance du bouleversement tout de suite…
Je hurlai et me raccrochai tant bien que mal à la fenêtre. J’espérai simplement que la poignée tiendrait bon et que je ne tomberais pas dans la rue, m’écrasant ainsi lamentablement sur le trottoir. Mon cœur battait la chamade, et je ne pus lâcher la poignée. Je cherchai un moyen de revenir dans ma chambre, mais après quelques instants, je constatai que j’étais toujours à l’intérieur de celle-ci. J’avais paniqué en me voyant la tête à l’envers, plongé vers le sol, mais j’avais pourtant bien les pieds sur le plancher. Ou du moins sur le plafond…
Imaginez la peur panique qui vous saisit quand, ouvrant votre fenêtre, vous constatez qu’à la place d’un beau ciel bleu, au-dessus de votre tête, vous avez votre jardin, ainsi que la rue et les lampadaires plantés régulièrement tous les cinq mètres. Ne penseriez-vous pas comme moi que, par un malencontreux hasard, vous venez de trébucher et que vous vous retrouvez la tête à l’envers, prêt à faire le grand plongeon par la fenêtre de votre chambre ? Ce n’est qu’après quelques instants, et après avoir constaté que vous ne tombez pas, que le jardin est bien au-dessus de vous, et que vous vous tenez fermement debout sur le plafond, que vous arrêtez de crier.
Mais le plus effrayant, ce n’est pas le jardin au-dessus de votre tête. C’est le vide au-dessous. Car si ce qui était en dessous est maintenant au-dessus, l’inverse est aussi vrai : le ciel est maintenant sous vos pieds. Et c’est bien là le problème !
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