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Note moyenne 4.67 /5 (sur 3 notes)

Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) : 1926
Mort(e) : 2011
Biographie :

Wilfred George Lambert FBA était historien et archéologue, spécialiste de l'assyriologie et de l'archéologie proche-orientale.

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Bibliographie de W.G. Lambert   (3)Voir plus

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Citations et extraits (9) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleur   14 octobre 2018
Babylonian Creation Myths de W.G. Lambert
[Vers un monothéisme de synthèse et d'accrétion à la fin de l'époque babylonienne]

La conception monothéiste de Mardouk peut être considérée comme certaine, puisque la forme de la liste divine [étudiée plus haut] est sans équivoque, et son contenu perpétue ce qui a déjà été remarqué dans l'ancienne religion mésopotamienne des temps archaïques. La période paléo-babylonienne vit l'absorption des dieux voisins de Babylone dans la personne de Mardouk. On observe au premier millénaire que les dieux des grands sanctuaires subirent le même sort. Bien entendu nous ignorons si le phénomène fut général. Les fidèles de base honorant le dieu Sîn ne savaient probablement pas que leur dieu n'était qu'un aspect du dieu unique, et sûrement les prêtres de ce dieu-lune à Harran n'acceptaient pas cette idée. Il est même possible que dans les cercles cultivés de Babylone tout le monde n'ait pas partagé cette opinion. Mais sans aucun doute possible, elle existait.



p. 265
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Henri-l-oiseleur   10 octobre 2018
Babylonian Creation Myths de W.G. Lambert
[Le vocabulaire de la création] Il n'existe pas de terme babylonien qui désigne spécifiquement la création par les dieux, comme le verbe /bara'/ en hébreu biblique, mais une série de mots et de périphrases, dont certains apparaissent dans ces vers [les premiers du Poème de la Création]. Le verbe /banû/ est le plus explicite, on le retrouve aux vers 9 et 12 pour décrire le processus positif qui est décrit. Il se peut qu'il soit associé au sémitique /binu/, le fils, mais les équivalents sumériens de /banû/ et /bunnû/ (SI, SI4, SIG7, MU2, etc) plaident pour un sens intransitif, "croître", et aussi "être beau". Les périphrases sont :

a) /nabû/ appeler et /shuma zakâru/ dire le nom. Le nom est la personne, voir le poème de Gilgamesh en version paléo-babylonienne : "mannum shumka ? -- GIS shumi anaku" ('qui est ton nom ? -- Gilgamesh, mon nom je suis".)

b) /shupû/, rendre visible.

c) /shuzuzu/, faire se tenir droit.

d) /shubshû/, faire être.



p. 469
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Henri-l-oiseleur   15 octobre 2018
Babylonian Creation Myths de W.G. Lambert
[La fondation d'Eridu/Babylone, la première ville, au début des temps].

Un temple pur, un temple des dieux, n'avait pas été fait en un lieu pur,

Un roseau n'avait pas poussé, un arbre n'avait pas été créé,

Une brique n'avait pas été moulue, un moule n'avait pas été créé,

Un temple n'avait pas été fait, une ville n'avait pas été créée, (...)

Toutes les terres étaient la mer (...)

Alors Eridu fut faite, Esagil fut créée, (...)

Mardouk construisit un radeau à la surface des eaux,

Il fit de la terre et l'entassa sur le radeau,

Afin que les dieux s'établissent dans un lieu à leur convenance.

Il créa l'humanité.

Aruru avec lui créa la semence de l'humanité...

Il créa les joncs, les laîches, les marais, les roseaux et les cannaies,

Il créa la végétation sauvage,

Mais les terres n'étaient que marais et roselières...



pp. 371-373, premier millénaire.
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Henri-l-oiseleur   15 octobre 2018
Babylonian Creation Myths de W.G. Lambert
[Récit bilingue de la création de l'homme]

Alors, Anu, Enlil, Shamash et Ea, les grands dieux,

et les Annunaki, les grands dieux,

prirent place sur la haute estrade

et délibérèrent entre eux :

"Maintenant que la structure du ciel et de la terre a été établie,

que les canaux et les fossés d'irrigation ont été dessinés,

que le Tigre et l'Euphrate ont été creusés,

que ferons-nous ? (variante : que ferez-vous ?)

que fabriquerez-vous ? (idem)

ô grands dieux Annunaki,

que proposez-vous ? (idem)

que direz-vous ? (idem)".

Les grands dieux qui se trouvaient là,

les dieux Annunaki et ceux qui décrètent les destinées,

les deux groupes répondirent à Enlil :

"A Uzumua, à la jonction du ciel et de la terre,

Tuons les déités Alla

et créons l'humanité avec leur sang.

Les tâches des dieux seront ses tâches,

Afin qu'à jamais les fossés et les frontières soient établis.

Qu'on lui mette en mains la pioche et le panier ...

pour délimiter chaque champ,

qu'à jamais les fossés de délimitation soient établis,

que les canaux soient entretenus,

et que les plantes poussent en abondance".



pp. 355-357, vers 1200/1100 av. J.C. Assyrie.
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Henri-l-oiseleur   04 novembre 2017
Atra Hasis de W.G. Lambert
Le lecteur moderne ne doit pas s'attendre à trouver notre traduction immédiatement agréable ou pleinement intelligible. Le goût littéraire a changé depuis 3000 ans et, si l'on peut se servir d'une analogie musicale, passer des classiques anglais à Atra-Hasis est comme aller de Wagner et Chopin au plain-chant. Le manque de dynamisme et de charme harmonique peut donner l'impression première que le plain-chant est simplement ennuyeux. Si les arts visuels peuvent avoir un effet immédiat, l'appréciation de la littérature et de la musique dépendent beaucoup de l'acclimatation. Notre texte est de la poésie, mais il n'a ni rime ni mètre. Son unité de base est le vers, qui est une unité de sens, et dans ce texte il est fait de trois ou quatre mots. Dans l'édition de Ku-Aya les vers sont regroupés en strophes (toujours selon le sens), mais les autres versions ne sont pas présentées si commodément. La brièveté du vers était un grand obstacle au style au sens moderne du terme, mais les anciens se plaisaient à la simplicité des formules. (...) Si le recours à un style littéraire élaboré pour exprimer la pensée est bien plus ancien que l'harmonie occidentale -- Platon était déjà un maître du style -- la tradition occidentale, venue de la Grèce et de Rome, est totalement étrangère à celle de l'ancien Orient. Il y avait bien sûr de grandes possibilités littéraires, mais les subtilités s'exprimaient dans le cadre d'une telle simplicité dans le choix des mots que presque tout se perd à la traduction. Il n'est pas question de traduire comme on le fait des discours de Cicéron, en extrayant la pensée et en la reformulant dans une autre langue. Sauf en modifiant quelques métaphores et en mettant les mots dans l'ordre de l'anglais, le traducteur doit se contenter du mot à mot. Tout le reste ne serait pas de la traduction. Si donc nos lecteurs trouvent le style de la traduction dépouillé et indigent, nous leur assurons que le style de l'original est plus gratifiant. Toutefois, de l'avis des auteurs le mérite littéraire de l'oeuvre originale n'est pas exceptionnel, même considéré dans son univers propre. C'est le contenu qui fait son intérêt unique.



pp. 6-7
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Henri-l-oiseleur   05 novembre 2017
Atra Hasis de W.G. Lambert
Depuis la littérature sumérienne jusqu'à Bérose, tout le monde s'accorde à penser que l'humanité était à l'origine, naturellement barbare. La civilisation était un don des dieux, et c'est ainsi qu'il faut comprendre pourquoi "la royauté descend du ciel". Les dieux la donnèrent comme une institution de régulation de la société. Les oeuvres de littérature sumérienne expriment ce concept plus précisément, par le don des "ME". Un ME était le modèle de tous les aspects de la vie humaine organisée, depuis le rapport sexuel jusqu'à la technique de l'orfèvre, et tous les ME avaient été donnés à l'homme et devaient être respectés comme des ordonnances divines. Les Babyloniens expliquaient qu'au début des temps les Sages avaient enseigné à la race humaine ce qu'elle avait besoin de savoir. Bérose nomme huit de ces sages et les associe aux rois antédiluviens. Le premier, par exemple, Oannès, émergeait chaque jour de la "Mer Rouge" pour un moment. Il avait l'apparence d'un poisson. Van Dijk a publié une liste cunéiforme de sept Sages (c'est le nombre le plus courant) datés d'après les règnes des rois antédiluviens. Un texte médical confirme cela en affirmant dans le colophon qu'il est conforme aux "anciens Sages d'avant le déluge". Cependant cette idée fut exprimée autrement ailleurs. Un texte d'exorcisme offre une liste très différente de ces Sept sages. Quatre seulement sont nommés, mais aucun n'apparaît dans les autres listes. Le premier est rattaché à Enmerkar, roi post-diluvien d'après la Liste Royale Sumérienne. Le second serait né à Kish, qui n'avait gardé le souvenir d'aucune dynastie antédiluvienne. Cette diversité nous montre que les Sages étaient apparus au début de l'histoire humaine. C'était une tradition qui n'avait pas de rapport direct avec l'histoire du grand Déluge, mais seulement une relation incidente, et parfois synchronisée avec lui.



pp. 18-19
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Henri-l-oiseleur   07 juin 2017
Atra Hasis de W.G. Lambert
(Atra-hasis) fit embarquer sa famille, (à bord de l'arche)

Ils mangèrent et ils burent.



Mais il allait et venait : il était incapable de rester assis ou accroupi,

Car son coeur était brisé et il vomissait de la bile.



L'apparence du ciel changea,

Adad* rugit dans les nuages. * dieu de l'orage



Dès qu'il entendit la voix d'Adad,

Il se fit apporter du bitume pour sceller la porte.



(...) Les vents devinrent sauvages quand il se leva,

Il trancha le câble et le bateau partit à la dérive.



(...) L'inondation avança,

Sa puissance attaqua les peuples comme une ligne de bataille.



Chacun ne voyait pas son prochain,

Ils étaient méconnaissables dans la destruction.



pp. 94-95, traduit de la traduction anglaise
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Henri-l-oiseleur   07 juin 2017
Atra Hasis de W.G. Lambert
(A la fin du déluge, Atra-Hasis fait un sacrifice aux dieux affamés)



Les dieux sentirent l'odeur,

Ils s'amassèrent comme des mouches au-dessus de l'offrande.



Après qu'ils eurent mangé l'offrande,

Nintu* se leva pour les accuser tous : * nom d'une déesse



"Où est Anu, notre chef ?

Enlil s'est-il présenté à l'encens ?



Eux qui, inconsidérément, ont provoqué le déluge

Et condamné les peuples à la destruction ?



Vous avez décrété une destruction totale,

Et maintenant leurs visages propres sont devenus noirs."



p. 99, traduit de la traduction anglaise
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Henri-l-oiseleur   05 avril 2017
Babylonian Wisdom Literature de W.G. Lambert
Celle que tu aimes - tu portes son joug.



(Textes sumérien et akkadien p. 227, n°21-22, traduction II-21-22, p. 230)
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