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Anne Carrière

Les éditions Anne Carrière sont une maison d'édition fondée par Alain et Anne Carrière, fille de l'éditeur Robert Laffont. Elle fut la première maison française à publier l'auteur brésilien Paulo Coelho. C'est une maison d'édition généraliste.

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Dernières critiques
fuji
  22 octobre 2017
Une femme entre deux mondes de Marina Carrère d'Encausse
Par une journée lourde de soleil, une femme au volant de sa voiture arrive au bout d’une route. Elle a un rendez-vous aussi passionnant que troublant. Elle, Valérie, journaliste et écrivain, va à la rencontre d’un groupe de femmes en prison.

Valérie fraichement divorcé, vit avec ses deux adolescents et depuis quelques mois elle est amoureuse d’un écrivain rencontré lors d’une dédicace.

Valérie a conscience d’être chanceuse avec un métier qu’elle aime et qui lui donne son indépendance, ses enfants sont sources de bonheur, le seul ayant à ses yeux ses lettres de noblesse et même si elle a été blessée par la duplicité de son époux le divorce s’est bien passé. Depuis elle est amoureuse comme une adolescence.

Cette plongée dans le monde de l’incarcération est un révélateur. Les femmes qu’elles rencontrent ont beaucoup à lui dire, elles se confient, il y a un échange véritable avec du respect de part et d’autre. A part, une belle femme brune, ne participe pas, trop émue et trop fracassée par son incarcération qu’elle sait méritée mais… c’est Nathalie.

Entre Valérie et Nathalie un pont va s’ériger.

Valérie est un bout de femme qui derrière un sourire lumineux cache un manque d’assurance, une bonté à fleur de peau, elle ne feint pas de s’intéresser aux autres, elle ne pose jamais la question : ça va ? sans écouter la réponse, non elle sait ressentir et observer.

Nathalie révèle qu’elle a était psychanalyste avant et que sa solitude en prison est compensée partiellement par ses études pour devenir psychiatre.

Depuis cinq ans qu’elle est derrière les barreaux elle n’a eu aucune visite familiale ou amicale.

« Cette phrase suffit à me libérer. Les mots sortent tous seuls. Je lui raconte ce sentiment que j’ai de vivre sur un mensonge, d’être en danger permanent d’effondrement, de ne pas savoir aimer, de mériter des souffrances. »

Ce sentiment lecteur, vous découvrirez à laquelle de ces deux femmes il se réfère.

Ce duo de femmes, nous renvoie des émotions, des sensations, des réflexions sur des instants de vie que nous avons toutes eu à affronter.

Des beaux portraits, travaillés en finesse, générosité et humanité.

Marina Carrère d’Encausse a vécu le premier chapitre de son livre je n’en doute pas, tant la sincérité s’échappe de ce décor qui introduit une histoire de femmes avec ce concept d’enfermement. L’une est réellement enfermée derrière des murs, des portes fermées à clefs, des barreaux partout et le dénuement qui va de pair pour tous les objets du quotidien que les femmes trouvent normal d’avoir en leur possession. L’autre est-elle libre pour autant, n’a-t-elle pas construit des murs invisibles dès le moment où son regard croise dans la glace une personne qu’elle n’aime pas ? Où, lorsque qu’un incident se déclenche elle en porte la culpabilité entière ? Cette propension à se sentir coupable de tout, n’est-il pas un enfermement ?

S’il y a bien un secret dans cette histoire, cela va plus loin, plus en profondeur sur les mécanismes psychologiques des femmes.

Le final est comme le dernier accord d’une belle partition.

C’est une écriture gracieuse qu’il ne faut pas qualifier trop vite de simple.

Une belle rencontre avec l’auteur m’a donné envie de lire son livre de suite. George Sand écrivait : « Il y a des sourires dont la grâce parle à l'esprit, et qui vont droit au cœur. » et je trouve que cette image est la représentation de ce que l’on ressent en rencontrant Marina.

©Chantal Lafon-Litteratum Amor 22 octobre 2017.

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calypso
  22 octobre 2017
Je sais qui tu es de Yrsa Sigurdardottir
Tout d’abord, la classification « Policier » sur la couverture de la version poche est sans doute une erreur. Thriller, oui. Policier, non. Il y a une enquête, certes, mais l’auteur mise tout sur l’atmosphère et le suspense. Certains estiment même qu’il ne s’agit pas d’un thriller car des éléments surnaturels jouent un grand rôle dans le déroulement de l’histoire. Là, je ne suis pas d’accord. Thriller ne veut pas dire ancrage pur dans la réalité. Moi qui ne suis pas une grande fan du mélange des genres, j’avoue que quand le mélange est bien fait, il n’y a pas de problème. Ici, on est donc dans un thriller qui flirte avec le paranormal, et mon dieu que c’est efficace ! Deux histoires nous sont présentées au fur et à mesure des chapitres et je les ai appréciées autant l’une que l’autre. Il y a tout d’abord ce trio de personnages qui se retrouvent isolés sur une île battue par les vents. Ils souhaitent rénover une bâtisse afin de la transformer en gite. Ils sont les témoins d’étranges phénomènes, la tension est alors à son maximum et j’avoue que certains passages m’ont vraiment angoissée. On suit également la quête d’un père, Freyr, psychiatre de profession, qui a perdu son fils trois ans plus tôt. Il est lui aussi confronté à des événements inquiétants – école saccagée, suicide d’une vieille dame… – et doit en outre subir les épisodes psychotiques de sa femme qui prétend voir le fantôme de leur enfant. J’ai vraiment, vraiment beaucoup aimé voir le lien se tisser entre les deux histoires. L’ambiance est oppressante à souhait, je n’ai pas pu lâcher ce roman !


Lien : http://aperto.libro.over-blo..
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Jmlyr
  21 octobre 2017
Une femme entre deux mondes de Marina Carrère d'Encausse
Moi qui suis libre comme l'air, quand tant de femmes souffrent en silence, prisonnières entre quatre murs, je souffre avec elles.

La plume de Marina CARRÈRE D'ENCAUSSE a mis en lumière les dures conditions d'incarcération des femmes ; double peine. Emprisonnées et femmes, car l'auteure va bien le souligner dans son roman : la réalité est telle que le respect de la dignité n'est pas assuré quand elles n'ont même pas de quoi garnir leur intimité tous les mois lorsque leur corps saigne, comme saigne leur âme.



Dans tout le livre, il sera question de dignité. De respect. D'empathie. De tolérance. De la condition de la Femme des deux côtés du mur de la prison.



Une journaliste romancière est conviée à rencontrer un groupe de femmes incarcérées au long cours, pour une séance de dédicaces. (Les livres, toujours là pour aider). Jusque-là, point de fiction, c'est du vécu : Marina CARRÈRE D'ENCAUSSE a eu l'occasion de vivre cette expérience, après la parution de son premier roman « Une femme blessée » et en a été profondément marquée. Elle a reçu des lettres par la suite, de ces femmes. Mais tout le reste n'est que du roman, bien qu'à la lecture on soit dans le doute !



Une relation va se nouer entre elles, Valérie Molain, et une détenue, Nathalie. D'abord par correspondance, puis dans un parloir, de semaine en semaine.



Qui va aider l'autre en réalité ? Quel est le pouvoir des secrets de famille ? Jusqu'où une femme peut-elle être le jouet d'un manipulateur pervers ? Pourquoi accepter d'être malmenée, harcelée, maltraitée ? Inconsciemment, sent-elle qu'elle le mérite, qu'elle doit être punie ? Mais de quoi ?

Doit-elle consulter ? L'EMDR*, technique de thérapie développée par des psychiatres initialement pour les traumatisés de guerre, peut-elle l'aider ? L'esprit peut fabriquer de faux souvenirs, mais le corps, lui, ne ment pas. Jamais.



Et le sentiment trouble qui peut se développer à l'insu de deux femmes, est-il blâmable ? Comment inculquer la tolérance à ses enfants ? Comment justifier une amitié avec une femme qui a commis l'irréparable ? Et si c'était de l'amour, de l'homosexualité, faudrait-il les condamner pour autant ? Qui juge qui au final ?



La prison est parfois aussi celle dont les murs sont bâtis avec les pierres de notre esprit. La liberté n'est rien quand l'âme est captive d'un lourd secret.



Cette histoire est magnifique. Il m'a été impossible de retenir mes larmes à la fin, les derniers paragraphes sont d'une puissance indicible, je n'ai pas de mots pour décrire ce que j'ai ressenti. Être une femme et une mère a probablement contribué à ce ressenti, mais l'écriture m'a emportée littéralement !!!



C'est groggy, K.O., H.S. que je suis allée l'écouter parler ensuite, avant sa séance de dédicaces, juste après cette lecture bouleversante. J'avais encore les yeux bouffis ! Et je lui ai dit que d'habitude, sur les plateaux TV avec Michel Cymes, elle me faisait beaucoup rire, mais que là elle m'avait sacrément fait pleurer !



Un roman qui fait réfléchir sur bien des sujets, bien d'actualité aussi quand les femmes subissent tant d'assauts non punis. Certaines se feraient-elles justice elles-mêmes ?



Je ne connais pas le milieu carcéral, mais pour avoir lu des témoignages, dont ce titre : « Femmes-hors-la-loi-Le-banditisme-au-féminin », de Maria POBLETE et Frédéric PLOQUIN, deux journalistes, je sais combien les femmes peuvent aussi être dures, à l'instar de certains hommes, et combien leur vie est difficile en prison, où la violence règne aussi.



Elles écrivent beaucoup, du fond de leurs cellules, noircissent bien des feuilles de papier, et là aussi, je me demande s'il ne faut pas créer le métier de biographe carcéral, comme celui de biographe hospitalier qui est en train d'émerger. Les aider à laisser une trace, pour leurs enfants (elles en ont aussi), leurs familles, leurs amis.



*EMDR : Eye-Movement Desensitization and Reprocessing, ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires.

Pour aller plus loin, cliquer sur le lien ci-dessous.


Lien : http://www.emdr-france.org
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